21 septembre 2006

Pinault contre Guggenheim : à qui reviendra la pointe de la douane ?

L’appel d’offres lancé le 24 juillet dernier par la ville de Venise pour la restructuration des Magazzini del Sale à la pointe de la douane a provoqué la surprise en mettant en pleine lumière le futur affrontement des deux géants de l’art contemporain : d’un côté François Pinault pour le Palais Grassi et de l’autre, Philip Rylands pour la Fondation Solomon R. Guggenheim avec le soutien du financier Alberto Rigotti au nom de la Région Veneto.
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Mais le concours orchestré par la ville (un cahier des charges en quarante points et pas n’importe lesquels) sera avant tout une joute entre deux des architectes les plus en vue du moment : Tadao Ando pour le Palais Grassi et Zaha Hadid pour la Guggenheim. Deux pointures aux vues et au style complètement opposé.
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Si le milliardaire français confirme ainsi sa confiance au japonais qui a rénové le Palais Grassi, la Fondation Guggenheim crée la surprise en sortant un joker en la personne de cette architecte très en vogue. Originaire de Bagdad, installée à Londres et devenue en quelques années une véritable star de l'innovation architecturale.
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Choix prestigieux mais très antithétique de la part de la fondation. Si Tadao Anto est le porte drapeau du minimalisme, de la grande élégance formelle et du respect absolu des existants historiques, Zaha Hadid fait partie de cette école qui prônent un signe fort, une insertion violente dans le contexte architectural, un peu comme la construction de Beaubourg, signé par Renzo Piano et Richard Rodgers, sorte d'éclaboussure à l'origine, devenu aujourd'hui un des édifices contemporains les plus appréciés. La Biennale d'architecture 2006 - qui n'est pas une réussite transcendante - présente d'ailleurs son projet MAXXI pour Rome.
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"Elle ne va pas démolir la pointe de la Douane, c'est évident - certifie en souriant Philip Rylands, le directeur du musée Peggy Guggenhein - pas plus qu'elle ne fera des ajouts visibles à l'extérieur de l'édifice. Il s'agit, avant tout d'un travail sur le design des locaux".
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C'était à l'origine Vittorio Gregotti, pourtant de renommée internationale mais peut-être moins fashion (il va fêter ses 86 ans cette année) qui avait été pressenti dès 1999 pour prendre en charge la restructuration de la Pointe de la Douane. Jean Jacques Aillagon, l'actuel directeur du Palais Grassi (et ancien ministre de la Culture français) avait d'ailleurs salué le travail de l'architecte piémontais, envisageant même une possible collaboration.
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"Le prestige et la reconnaissance de Gregotti ne sont pas mises en question - précise Rylands à Lidia Panzeri (du Gazzettino) - et nous souhaitons qu'il intervienne dans d'autres projets vénitiens".
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La région Veneto, promoteur du projet, marche avec la fondation Guggenheim, avec le soutien financier (et technique) de Alberto Rigotti, administrateur de la société Munus et de ABM Merchant, qui s'est engagée à soutenir financièrement le projet, estimé entre 20 et 30.000.000 de dollars. Gageons que le combat va être chaud et violent. En attendant, nous aimerions bien avoir un aperçu des projets qui vont sortir de l'imagination et du savoir-faire de ces deux architectes.
posted by lorenzo at 21:22
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