Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du 2008

Quand le froid arrive, viennent aussi des envies de cuisine

L'hiver à Venise peut-être rude. Qu'il s'agisse de ce brouillard tellement dense qu'on en perd son chemin et qui vous glace les os, de cette pluie fine comme en pleine mer accompagnée d'un vent glacé ou de la neige qui tombe parfois en abondance. Il est agréable ces jours-là, quand rien ne nous contraint à sortir, de se mettre aux fourneaux. La cuisine vénitienne dispose de toute une série de plats roboratifs, faciles à réaliser et drôlement bons à déguster. Laissez donc votre quotidien belge, canadien, suisse ou français et rejoignez-moi dans une cuisine de Venise.

Mon premier geste est de mettre de la musique. Avec internet, il est facile d'avoir à tout moment le programme que l'on désire. Pour ma part, je cuisine en compagnie de Otto's baroque radio, une radio américaine qui diffuse 24 heures sur 24 de la musique ancienne. Vivaldiet Bach y sont à l'honneur. Mise à part la minute de publicité réservée aux sponsors de la radio (je baisse…

La Parmigiana di melanzane

Alors cette fameuse parmigiana. Il y a autant de recettes que de maitres-queue en Italie. Juste pour l'information, les italiens du sud, notamment ceux de Sicile, prétendent que la vraie recette ne comportait pas de parmesan, mais du cacciacavallo (délicieux fromage au demeurant), d'autres n'y mettent que de la mozzarella. certains en font uniquement un antipasti, d'autres un plat de résistance en développant le côté gratin. à vous de choisir. Il y en a même qui utilisent des tranchez d'aubergines préalablement grillées. Dernière chose : à Venise, on ne met pas d'ail. Trop rustique pour les palais vénitiens. Mais personnellement, faire la cuisine sans ail me perturbe ! 
Pour réaliser ce plat, il vous faudra 1 ou 2 belles aubergines, 1 gros oignon, 1 belle tomate cœur de bœuf mûre à point, du parmesan frais, un flacon de passata di pomodoro (celle que je préfère depuis que nous n'en faisons plus nous-même est celle de la marque Giaguaro), de l'huile d'…

L'art décoratif à Venise

L'art à Venise aujourd'hui est le plus souvent dans l'esprit des gens lié à son passé. Sans parler des trésors que contiennent ses musées, ses palais et ses églises, il y a partout, chez les quelques antiquaires qui restent, dans les galeries ou les boutiques, des objets d'autrefois ou inspirés par le passé, cette période où la Sérénissime rayonnait dans le monde par la magnificence de ses tissus, de ses décors, de sa production typographique manutienne qui fait aujourd'hui les délices des bibliophiles avertis. Mais l'art décoratif, comme la peinture ou la sculpture ne sont pas figés dans l'hier de la cité des doges. Il existe de nombreux artistes qui créent des choses nouvelles, souvent hasardeuses, parfois de très bon niveau. je pense aux tissus de Norelène dont je vous ai déjà parlé, des peintures et des gravures de certains artistes. Il faudrait tout un article pour les mentionner en en dressant la liste. Mais je voudrais insister sur les…

Le Foie de veau à la vénitienne d'Emilio Baldi

L'Antico Martini est un restaurant fameux dans le monde entier. J'ai déjà parlé dans ces colonnes d'Emilio Baldi, son directeur. Lorsque je travaillais à la galerie Graziussi, située juste en face, j'ai eu de nombreuses fois le bonheur de m'entretenir avec lui et mes incursions dans les cuisines comme dans celles du bar-restaurantvoisin, Al teatro, m'ont appris beaucoup de tours de mains que j'utilise souvent dans mes péripéties culinaires.

Créé en 1820, le restaurant continue d'attirer les amateurs du monde entier et sa réputation est méritée. Les prix sont certes presque trop en accord avec cette réputation, mais il faut y aller au moins une fois lors d'un séjour à Venise. La vedette de la carte en est depuis longtemps le fameux fegato alla veneziana, plat traditionnel devenu avec la maestria du maître des lieux une icône. Comme l'écrit un critique gastronomique américain au sujet de ce plat, "ne confondez pas authentique avec tr…

La Vergine dei Dolori de Scarlatti à l'opéra de Bordeaux

De retour à Bordeaux, j'étais invité ce soir à la répétition générale de l'oratorio d'Alessandro Scarlatti que produit le théâtre San Carlo de Naples, sous la direction de Rinaldo Alessandrini dont j'ai enfin fait la connaissance. Son ensemble Il concerto italiano entourait les excellents chanteurs que sont la sublime Sara Mingardo (Marie), Romina Basso (Nicodème), Anna Simboli (Saint Jean) et le ténor Daniele Zanfardino (le prêtre Onia). Des moments d'émotion dans cette salle à l'acoustique idéale pour ce type de musique qui pourtant aurait bien mieux résonné dans une de nos magnifiques églises baroques bordelaises comme Saint-Paul ou Saint-Bruno. Sara Mingardo était comme d'habitude émouvante et grandiose dans sa douleur retenue et très digne. L'aria où elle décrit sa douleur était à pleurer. Magnifique aussi le "tu piangi, io piango". Le moins bien ? Une sorte de retable humain, où s'agitaient parfois inutilement de jeunes comédiens de …

COUPS DE COEUR N° 25

Voilà bien longtemps que je n'avais noté mes adresses favorites, des recettes et mes livres et disques que je voudrais vous faire connaître. Le temps des vacances m'en donne le loisir alors ne nous en privons pas.  . L'entretien des dieux  Aurélien Delage, clavecin  Livre-disque, juin 2008.  Éditions Les Chants de la Dore, Label 6/8.  La photo ne rend hélas pas la beauté de cette couverture. imaginez sur une toile blanc cassé l'illustration ( la rosace du clavecin du facteur Emile Jobin ) et le titre embossés en doré. Il fallait ce raffinement pour servir d'écrin au plus somptueux disque de musique baroque de la saison. Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises du jeune Aurélien Delage. Il n'a pas trente ans et c'est déjà un grand. Sans pompes ni fioritures, ce claveciniste élevé à la musique par les plus grands ( Pierre Hantaï, Olivier Baumont, Kenneth Weiss, etc...) nous transporte dans cet enregistrement (son premier en tant que soliste) à la cour du Roi Sole…

En coup de vent et sous la pluie

Infernal ce temps. Il fait atrocement chaud. pas un souffle de vent. Puis soudain la pluie qui tombe. Des hallebardes. Cela n'empêche pas les touristes de déambuler partout se répandant dans les ruelles comme des fourmis. Amusant ces cirés aux couleurs fluos et toutes ces ombrelles - pardon, ces parapluies - écossaises ou multicolores achetées à la hâte chez des boutiquiers avisés qui en ont toujours en réserve. Venise est engagée dans la pleine saison touristique. Comme un proverbe. Vous savez du genre "au Canada, il y a deux saisons, le mois de juillet et l'hiver". Ici on pourrait dire dorénavant, "à Venise, il y a deux périodes, le mois de novembre et la saison touristique". méchante langue fielleuse que la mienne. Si la foule déambule sans répit sur la Toletta, notre jardin reste paisible. Passage rapide dans la cité des doges. Quelques jours trop vite passés. Juste ce qu'il faut pour s'imbiber à nouveau de l'air et des parfums qui sont ma d…

La Phrase du jour

 "Venise est une ville de sensations, et non de concepts, on y vit à fleur de peau, à fleur de nerfs, et c’est pourquoi je l’aime."  . Gabriel Matzneff, "l’Archange aux pieds fourchus".

Bonne vacances !

Posted by Picasa  _______ 

6 commentaires (non archivés par Google).

A Venise aussi, voici les soldes

Les affichettes de chez Coin,  LE grand magasin de Venise, annonçant les soldes d'été. _______
3 commentaires (non archivés par Google).

La forme d’une ville

Dans son livre consacré à la ville de Nantes, "La forme d’une ville", le grand écrivain que fut Julien Gracq parle de Venise. Ce qu’il en dit mérite une place d’honneur dans les citations de TraMezziniMag, tant la perception que cet écrivain magistral a pu avoir de la Sérénissime est fine et profonde. Comme tout ce sur quoi il se penchait, Julien Gracq nous donne en quelques mots la manière idéale pour connaître et pénétrer une ville. Avec son âme. "Qui revoit dans sa mémoire une ville qu’il a visitée, que ce soit en touriste ou en pèlerin d’art, il s’attache d’habitude à quelques repères, aussi nettement distincts de la masse bâtie que le sont pour un marin les amers sur lesquels il se guide en approchant d’un port, et ces repères sont presque tous des monuments. Il est singulier qu’on concentre ainsi – par un mouvement moins naturel qu’il n’y paraît – le caractère et presque l’essence même d’une cité dans quelques constructions, tenues généralement pour emblématiques, …

Cupio dissolvi...

Extrait de mon journal. Juin 2001 :  "[...] Être hors du monde (1) [...] Est ce l'âge qui vient, la lassitude d'une vie ordinaire ? Non pas tant comme l'Apôtre Paul, l'envie de disparaître de cette terre où le chemin même pénible et rocailleux me parait toujours et me paraîtra certainement jusqu'à mon dernier souffle passionnant et joyeux, in spite of. Plutôt le désir profond de vivre autre chose. Pouvoir me consacrer entièrement à l'écriture, à la réflexion. Au silence. Cette envie omniprésente de prendre le temps. Enfin. Ne plus courir, ne plus m'éparpiller. Chercher vainement à satisfaire mille personnes, mettre en branle mille idées pour finalement n'aller jamais jusqu'au bout d'aucune [...] Venise représente depuis toujours pour moi, vous l’aurez compris, cet appel du silence et de la paix. Un temple où mon âme s’épanouit vraiment, ma pensée s’y reconstruit et mon esprit parfait sa connaissance. Car je sais bien aujourd'hui que je n…

Le concert d'Enrico Gatti : joie, joie, pleurs de joie...

Au risque de paraître trop sensible aux yeux de mes lecteurs en paraphrasant ce cher Blaise Pascal, je voudrais vous parler de la larme (presque) versée hier soir, à la fin du merveilleux concert donné par Enrico Gatti, Guillaume Rebinguet-Sudre et Aurélien Delage. Une larme, une vraie. Pas de tristesse ou de regret. Une larme de joie. "Que du bonheur" comme on dit trivialement. Cela vous fait déjà sourire. Pourtant je ne suis pas accoutumé à des débauches de sentimentalisme à la guimauve. Ce qui a motivé cette larme, je vais vous l'expliquer. 
La journée avait été longue, pénible. Il avait fallu courir pour éditer à temps les programmes, s'occuper des enfants, satisfaire quelques clients impatients, passer à la banque, aller à deux rendez-vous ennuyeux, ranger un peu, se laver, se changer et arriver sans trop avoir l'air défait sur le parvis de l'abbatiale Sainte-Croix. Ce n'était pas la foule des grands jours, mais peu à peu l'église se remplissait. …

Venise Moleskine Project

Un jardin

C’était le jardin clos d’un palais oublié 
Près d’un petit canal, au fond d’une ruelle 
Où les enfants venaient jouer à la marelle 
Dans l’ombre tranquille et muette des figuiers 

Personne jamais n’ouvrait la grille rouillée 
Où deux têtes de lion restaient en sentinelles 
N’entraient que les oiseaux, et quelques chats fidèles 
Du pas nonchalant des fantômes familiers 

Quel était le mystère des allées secrètes 
Quelle statue blanche gardait le puits mousseux 
Où gisait ignoré un espoir malheureux 

Un jour ont disparu le palais, son jardin 
Et même les enfants qui avaient tant d’entrain 
Sont morts, ou sont passés derrière la murette 
Poésie de Line Gingras, Maître-blogueur avec "Le chou de Siam" photo de Jas, extraite de l'excellent reportage du Campiello sur les jardins secrets de Venise 
_______
1 Commentaire (non archivé par Google)

Dans Venise la rouge, pas un bateau ne bouge...

Chat à Venise

Être chat à Venise n'est pas une mince affaire. Presque un devoir. Une situation. "Un état" dirait Monsieur Goldoni... I gatti veneziani eux aussi sont moins nombreux qu'autrefois. Toujours aussi paresseux et rêveurs, il semblerait que la nostalgie soit courante chez la gent féline autochtone. Il serait temps de repeupler cette colonie et de leur montrer à ces humains ce que c'est qu'être chat à venise ! 

_______ 2 commentaires (non archivés par Google) 


Chronique bordelaise

Il y a dans l'existence de ces petits moments de bonheur qui réconcilient avec la vie. Je viens d'en vivre un, sans préméditation. Il pleuvait des cordes ce matin sur Bordeaux. un de ces matins à faire broyer du noir aux âmes les plus optimistes. Une kyrielle de rendez-vous, des appels téléphoniques se succédant les uns aux autres et plein d'impondérables. Bref de quoi ruminer pendant des heures et rêver d'un retour immédiat au fond de son lit. 
J'avais cependant rendez-vous à treize heures dans un sympathique restaurant presque privé que j'allais découvrir, à l'invitation de Stéphane Felici, notre charmante et simpaticissima consul d'Italie à Bordeaux. Elle nous traitait, mes compagnons et moi, dans cet endroit drôlement agréable en l'honneur d'Enrico Gatti, le célèbre violoniste fondateur de l'Ensemble Aurora, qui arrivait de Bruxelles et donnera un concert demain, en compagnie de Guillaume Rebinguet et Aurélien Delage, (Mardi 17 juin, à 20…

Du côté de San Alvise

Un quartier peu fréquenté par les touristes où il fait bon vivre quand la douceur du printemps succède à la pluie. Déambuler dans les ruelles de cette partie un peu excentrée de Cannaregio est toujours un plaisir, tellement y est encore présente la vraie vie vénitienne.

____________
2 commentaires (non archivés par Google)

La Pescheria : Promenade et recette gourmande à Venise

Quand on a la chance de séjourner à Venise assez longtemps pour cuisiner, faire ses courses devient un réel plaisir. La cuisine vénitienne traditionnelle est simple mais savoureuse car elle profite depuis toujours d'excellents ingrédients qui poussent à portée de barques de la cité des doges.
Parmi les grands classiques, les cichetti, ces tapas vénitiens dont je vous ai souvent parlé et qui sont traditionnellement accompagnés d'un verre, la fameuse ombra (surtout du vin blanc). On y retrouve les fameuses sarde in saor (sardines marinées avec de l'huile d'olive, du vinaigre, du laurier et/ou des oignons, des pignons de pin, des raisins secs) dont j’ai déjà donné la recette, mais aussi quantité de préparations de poissons et de fruits de mer: bigorneaux, poulpes, polenta aux schie (petites crevettes)... Sans oublier la baccalà mantecàto, sorte de brandade de morue séchée (mais non salée, contrairement à ce que désigne le terme baccalà dans le reste de l'Italie) prépar…