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Joie à Venise : Il revient notre lampadaire, c'est le maire qui l'a dit !

Le maire Orsoni l'a confirmé dans un entretien paru le 23 novembre, dans le Gazzettino : non seulement la sculpture la plus photographiée de Venise restera le temps de l'exposition des collections Pinault, mais après son retrait, le lampadaire dont nous sommes des milliers à réclamer le retour, reprendra effectivement sa place.

C'est une bonne nouvelle qui a été accueillie avec satisfaction par les vénitiens et tous ceux qui regrettaient de ne plus pouvoir s'installer à la pointe de la douane, la nuit, pour contempler l'un des plus beaux paysages urbains du monde, les amoureux qui aimaient s'asseoir au pied du lampione, les rêveurs, les musiciens qui parfois, loin de toute habitation, venaient gratter leur guitare ou souffler dans leur flute. Il va donc être remis en place et Tramezzinimag s'en félicite.

Combien de fois, la nuit, après un dîner, une soirée, ou simplement en revenant de la bibliothèque Querini-Stampalia, avec des amis, ou le plus souvent seul, suis-je venu m'asseoir au pied de ce lampadaire. A droite la longue façade de la Giudecca avec le Redentore éclatant de blancheur, en face, San Giorgio et son campanile, le petit port de plaisance d'où parvenaient le cliquetis des drisses et le grincement des coques contre les pontons, et à gauche, la Piazza, illuminée, avec le palais des doges , les coupoles byzantines de la basilique, le campanile, "Il paron di casa"... L'eau noire du bassin, du Grand Canal et du Canal de la Giudecca, comme un appel du large. Les quelques bateaux qui passaient, le dernier vaporetto, une vedette de la police, plus rarement une ambulance. Puis, plus rien que le silence et le clapotis de l'eau. 
 
 
Le plaisir de tirer une longue bouffée odorante de la pipe qui ne me quittait jamais alors. Le ciel étoilé. Le silence. La paix. La beauté du décor. Et le lampadaire contre lequel j'appuyais mon dos, qui éclairait cette pointe de la douane et répandait l'ombre de mon corps en de multiples directions, symbole de mon désir d'être partout à la fois dans cette ville tant aimée, de tout voir, de tout posséder. Chaque fois, en me relevant, j'avais l'impression d'être le capitaine à la proue de son navire, scrutant l'horizon de ses jours. Les rares fois où un chagrin, une angoisse, un problème m'empêchaient de dormir, une promenade jusqu'au lampione suffisait pour tout apaiser en moi...
 

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