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Weltanshauung



Connaissez-vous Oomph, ce groupe de metal ? Une musique bruyante exprimant le mal-être d'une certaine frange de la jeunesse d'aujourd'hui... En 2006, un jeune lecteur visiblement agacé par mes propos publiait un commentaire acerbe, me conseillant d'aller au diable avec ma conception de la vie et des choses. Se proclamant lui même niemand (personne), comme dans un air de ce groupe de rock, il se préoccupait de mon équilibre mental et croyait voir poindre à travers mes propos l'ennui qui pousse parfois à écrire des choses sans autre intérêt que panser des plaies ou canaliser une hémorragique mélancolie.

Cet aimable personnage au pseudonyme transparent et vaguement philosophique, n'avait donc rien compris et en relisant ses propos, j'ai compris que son humeur, toute cette acrimonie n'était que la projection d'un dégoût pour les choses bonnes, tranquilles, positives, qui rendent nos vies agréable et bonnes à vivre plutôt que simplement tolérables. Un romantique en mal de d'existence pour qui Venise et la vie qu'étudiant j'y vivais apparaissait trop solaire, lui préférant les affres d'un enfer présumé où tout est noir et mortifère.

Tramezzinimag procède d'un paradigme qui est sous-tendu par une conception paisible et positive des choses et de la vie. je le revendique et ceux qui connaissent bien Venise comprendront aussitôt là où je veux en venir : notre vie est courte, le monde est grand et les choses à voir et à découvrir sont légions. Comme les trilles joyeuses des concerti de Vivaldi, mon âme se faufile joyeuse dans tous ces bonheurs qu'il m'est donné de vivre. Cela me fait penser à une anecdote sur le peintre Pierre Bonnard rapportée par son neveu Antoine Terrasse : "C'est bien ainsi que Bonnard aura vécu. Dans le silence et dans l'étonnement. En contamplation et en observation perpétuelles"...  La petite musique de l'existence n'est pas violente ni douloureuse. Elle est faite des trilles du rossignol et des silences d'un midi de plein été. Qu'importe que notre vie ne soit qu'un passage fugitif dans l'immensité éternelle de l'univers, nous pouvons la remplir de mille joies et de pleins de petits bonheurs.

Même lorsque mes humeurs s'assombrissent, je ne serai décidément jamais un adepte du bruit et de la laideur. Se promener une journée dans les rues de Venise le rappelle, la beauté, le silence, la lumière, tout confirme que ce qui est beau est grand et paisible. Le bruit, la fureur, la violence tout cela ne sied pas à Venise. Le résumé de mon weltanshauung n'en déplaise à certains ! Et Tramezzinimag fait de cette penssée de C.G.Jung la morale qui préside à ces pages :
"Avoir une conception du monde (Weltanschauung), c'est se former une image du monde et de soi-même, savoir ce qu'est le monde, savoir ce que l'on est"


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5 commentaires:

Anonyme a dit…
les imbéciles et les aigris sont légion. Ne les écoutez pas Lorenzo. Pour ma part, j'adhère totalement et volontiers à votre paradigme !
Serge
douille a dit…
"Le bruit, la fureur, la violence tout cela ne sied pas à Venise." J'approuve cela...
Mais quand-même ce n'est pas "bon signe" pour une ville...
Lise a dit…
Il n'a juste rien compris ! La jeunesse d'aujourd'hui vous savez ! Continuez à écrire Lorenzo, pour moi c'est chaque jour un délice de vous lire et j'écoute en ce moment même du Vivaldi avec mon chat sur les genoux !!...
Lise
Lorenzo a dit…
Voilà un chat bien heureux !
liliforcole a dit…
Vous le dîtes : notre vie est courte, le monde est grand et les choses à voir et à découvrir sont légions.
Hors Venise, Le Tintoret et Vivaldi, point de salut pour l'âme ?
A mon humble avis, on peut aimer successivement, voire tout à la fois, la musique de Nina Hagen, d'Owen Pallet, de Rokia Traore ou de Vivaldi (4 saisons, version Europa Galante !), bien que musicalement tout ça n'ait pas grand chose en commun.
(Evitez les apéros spritz du Guggenheim, vous risquez la crise cardiaque...). 
 02 juin, 2011

Commentaires