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Articles

Affichage des articles du juin, 2011

Le progrès fait trop de vagues à Venise

Dans Venise la rouge, pas un bateau ne bouge... La rime n'est pas des plus élaborées mais le génie d'Alfred de Musset fait de ces vers une clé pour nos mémoires. Fermant les yeux, le lecteur voit le môle au petit matin nimbé d'un léger brouillard aux senteurs primavériles, que percent peu à peu les rayons incarnats du soleil. Sur l'eau qui scintille, les gondoles immobiles attentes le réveil. Mais soudain, un bruit étrange, mélange de pétarade et d'eau qui bruisse sort le lecteur de sa rêverie. Une vedette de la police ou bien est-ce un taxi, fend l'eau du bassin à grande vitesse, créant tout autour de son sillage des vagues de plus en plus hautes, l'eau rouge il y a un instant comme un miroir pour le soleil levant devient verte, puis noire et l'écume blanche et mousseuse éclate comme de rage sur la bordure de pierre des Esclavons, comme une protestation rageuse. La réalité éloigne la paisible vision de Musset : le moto ondoso est un poiso…

Venise à Bordeaux, le retour de l'ambassadeur

Pendant 25 ans, il y eut à Bordeaux une élégante petite boutique dans le quartier Saint Pierre à l'enseigne de Marco Polo. Sa fondatrice en avait fait une sorte d'ambassade de la Sérénissime. On y trouvait tout l'artisanat vénitien - l'authentique - signé des meilleurs : masques, cadres et miroirs, vases, lustres et lampes, bracelets, colliers et pendentifs. Les plus grands noms étaient représentés et toutes les bourses pouvaient s'y satisfaire, depuis les bagues en verre colorés jusqu'aux lustres à girandoles entièrement soufflés à la main, en passant par la verrerie de Nason & Moretti, des vases et des lampes de créateurs, de Fortuny à Hans Peter Neidhard, le fondateur de Dimensione Vetro. Mais vingt cinq ans c'est long et ClaireNormand décida il y a un an de fermer boutique pour pouvoir enfin disposer de temps pour elle entre Venise et le bassin d'Arcachon où elle décida d'acquérir une petite maison. Et c'est là que l'histoi…

Venise en juin avec Henry James

[...] Pour ce qui est de venir à Venise, si vous le pouvez, je n'ai qu'une seule réponse, enthousiaste : oui, mille fois oui. Ce serait pour moi, dans certaines circonstances (si j'étais libre, et ma vie, sur cent autres points, différente) la solution de tous mes problèmes et la consolation de mes jours déclinants. Jamais la ville entière ne m'a semblé plus délicieuse, plus chère, plus divine. elle laisse tout le reste loin derrière. Je voudrais pouvoir rêver de venir m'y mettre dans mes meubles [...], près de vous. Je caresserais cette idée avec un attendrissement bouleversé. Que vous êtes heureuse de pouvoire envisager un tel bonheur !..." Henry James,  Lettre à Laura Wagnière-Huttington,  23 juin 1907

Venise, le résultat du moto ondoso

On pourrait publier des milliers de clichés des conséquences du moto ondoso. Celui-ci est un exemple flagrant des conséquences indirectes de cette maladie des temps modernes, la vitesse. Ce pontile placé sur le grand canal non loin du Rialto est agressé jour et nuit par les vagues que provoquent les embarcations à moteur à grande vitesse. Cela ne se voit pas tout d'abord, puis peu à peu les dommages apparaissent. Conjugué à la pollution des eaux, à la pourriture naturelle, les poteaux de bois résistent mal. Au point que certains envisagent de les remplacer par des poteaux moulés... en plastique ! Mais il en est de même pour les pierres qui soutiennent les quais ou forment les soubassements des édifices de la ville.

Les délices du Rialto : recette du fricandeau di storione

"[...] Je jouis de la plus belle rue et de la vue la plus animée du monde. Je ne peux me mettre à la fenêtre sans voir des milliers de gens et autant de gondoles à l'heure du marché. A droite, la vue découvre le campo delle Beccarie et la Pescheria, le champ gauche embrasse le pont et le Fondaco dei Tedeschi ; à la croisée des deux, le Rialto où se pressent les marchands. Il y a pour moi des vignes sur les chalands, le gibier à poil et à plume dans les boutiques, le potager sur le sol. Peu m'importent les ruisseaux arrosant les prés quand à l'aube je regarde l'eau couverte de toutes sortes de produits de saison. Quel joli passe-temps, le manège des convoyeurs distribuant des tas de fruits et de légumes aux porteurs qui les acheminent ! "
Dans une de ces lettres, Pietro Aretino (1492 - 1556) dit l'Arétin, décrit le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la chambre où il logeait, ca'Bollani, un palais aujourd'hui disparu dont les fenêtres ouv…

Voyage d'initiation : Venise en hiver, novembre 2011

A la demande de lecteurs qui ne connaissent pas ou peu Venise, Tramezzinimag envisage l'organisation d'un voyage d'une semaine à Venise en novembre prochain.  Rien de très original, une simple approche de la cité des doges pour ceux qui veulent en voir l'essentiel ou pour ceux qui connaissent mais voudraient y amener des amis ou leurs enfants et petits-enfants (à partir de 10 ans)
Le nombre de places sera limité à seize personn personnes
Au programme : découverte des principaux monuments, visite commentée de musées et collections d'art, concerts, mais aussi promenades dans la Venezia sconosciuta en hiver, découverte de lieux et de jardins secrets, et farniente, le tout dans l'esprit Tramezzinimag. En fonction des demandes, nous retiendrons une des dates suivantes : 
du 7 au 14 novembre, du 14 au 21 novembre ou bien du 21 au 28 novembre.
Les personnes intéressées peuvent nous écrire à l'adresse suivante : viaggio.tramezzinimag@virgilio.it


E 05 juin 20…

Rialto no se toca ! (Pas touche au Rialto !)

En février dernier, on a appris que la municipalité envisageait de déplacer le marché en gros de poissons du Tronchetto, actuellement situé non loin de la Piazzale Roma, à Fusina, sur la Terre ferme, ce qui aurait de graves conséquences en terme de coûts et de temps pour les revendeurs du marché du Rialto. 
La plupart d'entre eux se verraient contraints d'arrêter leur activité. Si les autorités maintiennent leur décision, ce sera un coup très dur porté à la ville au nom d'impératifs économiques qui une fois encore font fi de l'intérêt public au profit d'intérêts financiers privés. Non seulement cela fera périr à plus ou moins brève échéance ce qui reste de commerces de détails dans le centre historique et conduira à la disparition pure et simple du marché du Rialto, supprimant un service public en fonction depuis mille ans, mais cela portera aussi atteinte à l'image même de la ville car ce marché,depuis des siècles, attire des visiteurs. Son pittoresque et son a…