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Rialto no se toca ! (Pas touche au Rialto !)




En février dernier, on a appris que la municipalité envisageait de déplacer le marché en gros de poissons du Tronchetto, actuellement situé non loin de la Piazzale Roma, à Fusina, sur la Terre ferme, ce qui aurait de graves conséquences en terme de coûts et de temps pour les revendeurs du marché du Rialto. 

La plupart d'entre eux se verraient contraints d'arrêter leur activité. Si les autorités maintiennent leur décision, ce sera un coup très dur porté à la ville au nom d'impératifs économiques qui une fois encore font fi de l'intérêt public au profit d'intérêts financiers privés. Non seulement cela fera périr à plus ou moins brève échéance ce qui reste de commerces de détails dans le centre historique et conduira à la disparition pure et simple du marché du Rialto, supprimant un service public en fonction depuis mille ans, mais cela portera aussi atteinte à l'image même de la ville car ce marché,depuis des siècles, attire des visiteurs. Son pittoresque et son authenticité amènent au Rialto un flux touristique quotidien deux fois plus élevé qu'à San Marco. Cela n'a pas de prix. Les médias ont à plusieurs reprises alerté l'opinion mais on ne sait pas vraiment ce qu'il en est à ce jour. De nombreuses organisations se mobilisent, à commencer par les associations de commerçants, mais aussi les nombreuses associations de défense de Venise qui se battent pour sa survie en tant que ville normale, comme mes amis de Venessia.com ou les 40xVenezia. Les mêmes qui ont réussi à faire réduire les épouvantables publicités géantes qui couvrent les façades en cours de restauration. Tramezzinimag se joint à eux pour que ce projet soit abandonné. 

Il s'agirait en fait d'accorder à une société privée l'organisation et la gestion du marché de gros déplacé dans une zone industrielle à côté de dépôts de déchets pétrochimiques, (dans la proximité immédiate des bouches de rejet des eaux usées de Marghera) loin du centre historique. Les revendeurs qui ont leur ban au Rialto, à Sta Margherita ou à Castello seraient obligés d'affréter des camions pour aller chercher la marchandise et le prix de revient s'accroitrait obligeant à une augmentation du prix des denrées pour le consommateur. Cela signifierait aussi la disparition des poissons pêchés dans la lagune qui proviennent aujourd'hui des pêcheries artisanales des îles voisines. Nombreux sont les revendeurs qui travaillent seuls et ne pourront aller s'approvisionner à Fusina... 

Rien que de très banal à l'ère de l'ultra-libéralisme qui touche aussi les italiens. Mais les gens s'indignent aussi de l'autre côté des Alpes et les vénitiens sont très déterminés. Quelque chose est en marche qui semble aller vers un renouveau, une prise de conscience des abus et de trop d'années de laisser-faire qui peu à peu contribuer à la confiscation de la démocratie et des libertés au bénéfice des grands groupes financiers et de leurs actionnaires. Les images ci-dessous (en dialecte et en italien seulement, désolé !) montrent le désarroi des vénitiens et les explications des meilleurs experts sur le sujet, les marchands de poissons du marché du Rialto.

Parce que les défenseurs du marché aux poissons du Tronchetto et de l'avenir du marché du Rialto savent qu'il faut rester aux aguets face à une administration taisante, la population est invitée - et les amis de Venise avec elle - à se mobiliser. Un court-métrage documentaire vient d'être réalisée par une jeune et brillante réalisatrice vénitienne. Il sera projeté le 6 juin à 22 heures 30 au Rialto, aux Beccarie (la halle aux viandes). 

 

  




2 commentaires:

Anne a dit…
Encourageons les Vénitiens à résister!
Anne
Anonyme a dit…
bonjour
n'y a-t-il pas de pétitions pouvant être signées en ligne? Pour les vénitiens, pour les commerçants, pour éviter que Venise devienne une vitrine sans vie ?
Et pour les touristes comme moi qui adorent, une semaine dans l'année, aller faire leurs courses du soir au Rialto !
Merci

Commentaires