01 novembre 2005

Deux novembre

par Paolo Barbaro

Ils sont combles, ces jours-ci, les bateaux pour San Michele, l'Ile des morts : cimetière de Venise, gonflé d'arbres et de tombes jusque sur les eaux. Une île lumineuse et obscure, entre les mouvements continus de la marée et les coups de vent, hantée par les barques funèbres argentées qui foncent avec anges et trompettes. Mais aujourd'hui, il y a trop de gens, nous changeons de direction, nous allons rendre visite aux plus antiques lieux des morts, aux cimetières abandonnés, encore dissimulés dans la cité.
Notre recherche commence un peu au hasard, en tâtonnant : nous savons qu'il y a çà et là des campisanti (cimetière au pluriel). A Venise, prend le sens de place sacrée où coexistaient les vivants et les morts comme dans ces cimetières antiques en Egypte) et des calli dei Morti : certains espaces solitaires à côté des églises, des renflements subits ou des affaissements sur de petites places cachées, sont souvent d'anciens cimetières. De certains, on se souvient, d'autres non; parfois ils surgissent brusquement, avec une terrible évidence, à un pas des carrefours les plus fréquentés. Tant la présence des morts a pénétré pendant des siècles la grande et dense ville des vivants.
Dans ce dédale, la recherche est plus difficile que prévue, l'amalgame vie-mort résiste : il faut dépasser le double silence des pierres encore vivantes et des souvenirs qui s'enfoncent toujours davantage dans le temps. Les lieux existent, mais ils nous échappent, les guides et les cartes parfois ne nous aident en rien. La seule référence précise est très lointaine : une île sur la lagune nord, Sant'Ariano, qui tirait son nom de ces lieux fantomatiques. Le vert de l'île rassemblait tous les fils des labyrinthes que nous recherchons : quand les cimetières de la ville débordaient sous l'effet de la succession des générations ou des tourbillons de la peste, on les vidait et on les déchargeait dans cette île qui, au long des siècles, s'est gonflée en une courte colline. Lesrestes de nos ancêtres se retrouvent sur l'eau en strates régulières. On les découvre sur un bon bout de lagune, mais il semble impossible que si peu de traces soient restées de tant d'histoires, de drames, de folies. De temps en temps, même en pleine ville, resurgissent des restes humains oubliés depuis lors : peut-être ici aussi, quand on traverse ces belles places, marche-t-on sur les lieux des morts, échappés à Sant'Ariano. 
Mais voici un endroit sans équivoque, selon nos cartes : le pont des morts, à San Nicolo dei Mendicoli, l'église la plus ancienne de Venise. Le pont est devant l'église, entre le campanile des temps barbares et l'oratoire raffiné. Le lieu est désert, extraordinairement paisible et légèrement sinistre avec ces orbites creusées que présente le port désarmé. Des bandes de verdure de chaque côté du canal; un portique-crypte émouvant, avec la réunion de restes de tombes, de sculptures rongées. Le campo-santo de San Nicolo se trouvait par là. Deux jeunes s'embrassent passionnément, contre les montants du campanile, avec ce désir ardent de poursuivre la vie, même si l'inscription terrible du cadran solaire là-haut, memento fugis, etc..., ne laisse pas d'issue. Peut-être est-ce, dans l'absolu, le plus beau lieu des morts de Venise fréquenté par quelques vivants; et en même temps le plus incertain : est-il uniquement d'un côté du canal, ou aussi de l'autre ?
Nous cherchons les noms des rues, cela devrait nous aider. Finalement, on découvre quelques traces de lettres noires sur le mur, à l'angle et sous les réverbères ; mais on ne lit plus rien. "Le pont des Morts" est donc devenu, pour qui passe, ignorant, un pur moyen anonyme de franchir le canal.
L'église a été restaurée depuis peu, les noms de rues alentour ont disparu. Qu'est-ce qu'une inscription sur un mur, nous demandons-nous, quand en fait le lieu parle tout seul. Et pourtant les noms donnent une réalité aux choses, l'écriture perpétue la mémoire, la maintient vivante. Et ce sont les rares souvenirs de nos morts les plus lointains, auxquels nous sommes tous apparentés. Là où les noms de leurs lieux ont aussi disparu, les morts sont morts deux fois et à jamais.
Derrière l'église de san Nicolo, nous prenons le pont de la Piova et nous arrivons à l'Angelo Raffaele pour trouver, ainsi que le marquent les cartes, le Campo "derrière le cimetière". L'endroit est à l'écart de toute circulation; ici s'interrompt cette suite intermittente de pas qui, à Venise, ne cesse jamais. Il n'y a qu'un magasin de fleurs, vide, sur toute la place, et il n'y a même pas de fleuriste. Pas une âme, entre ces cubes blancs, en surplomb, de l'église. C'est rare à Venise qu'ils soient aussi blancs et aussi brillants, surréels : plus habités par eux peut-être que par nous. Mais l'inscription "derrière le cimetière", l'énorme inscription blanche et noire, dont nous nous souvenons bien, a été effacée : elle se trouvait là, sur une maison gothique. Une belle couche de peinture rouge-marron, et tout a disparu. Le grand crucifix mural sert en vain de signal : par là, amis, vers les morts. Personne ne le suit plus.
alors nous allons à San Basilio, dans le Campiello, à côté des fameux squeri. Ici, c'est encore plus évident. Les vieilles marques ont été volontairement recouvertes par de nouvelles, le Campiello dei Morti est devenu un quelconque Campiello Sartorio. L'espace en terre battue qui, dans notre mémoire, marquait l'ancien cimetière entre les maisons, a été recouvert d'un vilain pavement; seule la bande de pierre grise est restée, où autrefois les vieux allumaient à cette époque de l'année de petites lumières rouges et vertes...
posted by lorenzo at 19:52

Toussaint 2005

C'est quand même plus agréable de fêter la Toussaint plutôt que cette pseudo réjouissance de Halloween qui n'appartient qu'aux américains. Aujourd'hui Saint-Paul, l'église des dominicains où nous allons le plus souvent, était bondée. Il y a toujours beaucoup de monde pour la Toussaint.

 


Comme l'a dit ce matin le prédicateur : en cette fin d'année liturgique, fêter chacun des 155.000 saints qui peuplent la nuée des témoins et qui sont nos modèles, est comme un commencement. Ce sont des références. Ils sont allés jusqu'au bout d'eux-mêmes au nom de leur foi. Mais je ne veux pas faire de la théologie ici. Juste témoigner de notre joie à tous d'avoir été là, sous ce ciel bleu avec ce soleil automnal incroyablement pur, qui donne ici une lumière qui me rappelle à chaque fois les dimanches ensoleillés de Venise, sur le parvis de San Giorgio, à la sortie de la grand'messe... Les enfants joyeux, les passants tranquilles, et après le recueillement d'une très belle liturgie, la cérémonie du parvis : ce moment sympathique où tous les fidèles se retrouvent pour se saluer, familles d'habitués et amis de passage, touristes entrés par hasard et frères venus du monde entier. 


Jeunes et vieux, tous milieux confondus - encore que Saint-Paul abrite une grande majorité de pratiquants de milieux aisés et traditionnels - Les enfants courent pour défouler leur corps engourdi par une heure de liturgie, les vieillards se chauffent au soleil, les adolescents se retrouvent. Un moment important dans la vie d'une communauté. Puis, après, le retour à travers les ruelles du vieux Bordeaux, les passants qu'on croise et qui répondent au salut des enfants, les rires des petits qui jouent dans les rues désertes, les bonnes odeurs qui sortent des maisons et annoncent un repas de fête, parfois une musique qui s'échappe : une guitare, un piano, la radio. Et les cloches qui sonnent... Plus loin, près du Grand Théatre ravalé comme la plupart des bâtiments du centre, les brasseries qui se remplissent, la queue habituelle devant l'Entrecôte, le doux fumet qui s'échappe des cuisines du Noailles et la vitrine de Cadiot-Badie le confiseur qui attire toujours les enfants avec ses monuments en chocolat et ses boîtes de Tourny, de calissons et de truffes. Et ce ciel d'un bleu limpide... Une bonne journée vraiment.

posted by lorenzo at 13:05

31 octobre 2005

Un dimanche comme les autres, place Saint Marc

posted by lorenzo at 23:20

Instantanés

Prendre un verre ou un café au pied du pont de l'Accademia, avant de visiter le musée des Beaux Arts et de se perdre dans le dédale des ruelles de Dorsoduro...

posted by lorenzo at 23:17

Flâneries automnales...

Il y a des sujets qui fâchent et je crois que nous devons exprimer nos humeurs et dire notre pensée. Nous n'avons pas fini d'entendre parler de la grippe aviaire et les passions vont se déchaîner une fois de plus. Mais bon, il y a aussi Venise et le plaisir que nous trouvons à en parler, à nous y rendre, à la photographier, la peindre ou la décrire. C'est sacrément réconfortant de penser aux tramezzini tonno-uova que l'on sert dans le petit café où je vais lire les journaux le matin, et au délicieux verre de soave ou de prosecco du milieu du jour.

Dimanche, nous fêtions les anniversaires des natifs d'octobre de la famille: mes nièces Amandine et Maud, et moi-même. Belle journée à Barsac, au milieu des vignes, avec un temps très agréable. Mis à part les chasseurs qui faisaient pétarader leurs pétoires autour de la maison, la tranquillité de l'endroit fait du bien. La nature y est encore splendide à cette période de l'année. De la propriété, on voit les collines de la rive droite ses bois, ses vignes et ses châteaux : Langoiran, Cadillac... Un succulent repas arrosé d'un merveilleux Haut Brion 1969 au sommet de son arôme, encore plein de vigueur et tout en rondeur et une longue promenade dans les bois des environs pour finir par un thé assorti de madeleines, de cake et de strudel faits par ma belle-sœur et qui fit les délices de toute la famille. Ramassage de noix, passage par le potager pour goûter de délicieuses tomates, du coriandre, de la menthe... Rires des enfants jouant avec les chatons et les chiens. Et la présence toujours sensible de ceux qui nous ont quitté et qui aimèrent ces réunions de famille sans enjeu, sans conflit, sans compétition. Bref des moments sans histoire, faits de ces petits riens qui apaisent et rechargent nos batteries de citadins stressés.

Cela me donne envie de parler cuisine. Je voudrais vous recommander un livre très bien fait, paru chez Casterman et signé par Alvise Zorzi, historien vénitien et Pino Agostini : La table des doges, Histoire et recettes de la grande cuisine vénitienne.
Très documenté, avec des recettes de qualité et une iconographie recherchée. Chez Marabout, un joli petit livre récemment paru sur le risotto, intitulé tout simplement Risotto.
Quelques authentiques recettes italiennes et des inventions plus françaises. L'essentiel cependant y est : les ingrédients de base, la méthode et les petits secrets pour les réussir. Ce primo piatto ne peut pas attendre, il faut le servir aussitôt terminé, sinon il change de consistance. Le meilleur, c'est le risotto au champagne qu'on peut servir avec des écrevisses fraîches poêlées au champagne, pour un repas de fête. le risotto aux truffes blanches, celui au potimarron, le risotto vénitien classique aux fruits de mer et l'original risotto noir à l'encre de seiche... Autant de plats qui se rapprochent de l'esthétique culinaire japonaise ! Demandez moi ces recettes authentiques que les vénitiens réservent pour leur cuisine casalinga.
posted by lorenzo at 21:24

La citation du jour

"Les esclaves volontaires ont fait plus de tyrans que les tyrans n'ont fait d'esclaves forcés."
Tacite

30 octobre 2005

Humeur : la bêtise n'a plus de limites !

La bêtise décidément nous vient bien de ce monde ultra-libéral assoiffé de profit individuel au détriment de l'humanité entière ! Que dis-je, l'escroquerie mentale, l'impitoyable acharnement des médias et de certains dirigeants à prendre les peuples pour des bœufs ignares et imbéciles : Après la tremblante du mouton qui devait faire trépasser des millions de victimes humaines et n'a fait qu'envoyer ad patres des centaines de milliers de bêtes déjà torturées de leur vivant, voilà la grippe aviaire qui va décimer l'Occident. Heureusement, il y a l'OMS et les industries pharmaceutiques. Vive le TAMIFLU qui va nous sauver et rapporte déjà des milliards aux laboratoires et à leurs actionnaires !

Et puis, quelle aubaine : quand les populations se préoccuperont des nez qui coulent et des pauvres poulets suspects de la ferme du pépé qu'il faudra planquer pour qu'on ne les abatte pas comme la Milice le faisait pendant la guerre des indésirables, elles ne s'intéresseront plus à ce qu'on trafique avec les lois, ni aux dérèglementations, pas plus qu'aux confiscations de liberté et les atteintes irréversibles à leur souveraineté !

En Italie, selon des estimations syndicales, les ventes de poulets auraient diminué de 20% à 50%.. A Bordeaux, les pauvres canards du Jardin Public ont été bouclés, par précaution... Dans quelques semaines, pour rassurer ses concitoyens, le maire va sûrement les faire piquer !!!

Voici un article de Laurence Kafalidès, qui dénonce combien tout cela est tellement gros que ça donne envie de pleurer ! Sans commentaire.

Quand Donald Rumsfeld profite du canular sur la grippe aviaire

Mercredi 26 octobre 2005
(Adaptation des articles du Dr Joseph Mercola et de Michel Chossudovsky)

Finalement, les pièces du puzzle s’assemblent. Depuis quelque temps le Président Bush sème une certaine panique dans ce pays en nous disant que la pandémie de grippe aviaire pourrait tuer, aux Etats Unis, entre 200 000 et 2 million de personnes. Ce canular a servi à justifier l’achat immédiat de 80 millions de doses de Tamiflu, un médicament sans valeur qui sert uniquement à réduire le nombre de jours de maladie et qui pourrait contribuer à la mutation du virus. Les USA ont donc passé commande de 20 million de doses de ce médicament sans valeur au prix de 100$ la dose. Coût total : 2 milliard de dollars.

La principale question qui se pose est : qui possède les droits de propriété intellectuelle sur le Tamiflu ? Selon les média, seule la société pharmaceutique suisse Roche ferait des milliards de bénéfice. Bien que le médicament soit produit par Roche, il a été développé par Gilead Sciences Inc, qui en possède les droits de propriété intellectuelle. Maintenant un profil bas, Gilead a cédé à Roche, il y a dix ans les droits exclusifs pour la commercialisation du Tamiflu.

Donald Rumsfeld a été nommé Président de Gilead Sciences,Inc en 1997, position qu’il a conservé jusqu’à sa nomination au poste de Secrétaire à la Défense de l’administration Bush. En fait Rumsfeld est membre du conseil d’administration de Gilead depuis la création de la société en 1987. Principal actionnaire de Gilead Donald Rumsfeld, va considérablement s’enrichir grâce à la tactique du gouvernement Bush qui aura permit l’achat pour 2 millions de dollars de Tamiflu."
"Finally, the pieces of the puzzle start to add up. Not long ago, President Bush sought to instill panic in this country by telling us a minimum of 200,000 people will die from the avian flu pandemic, but it could be as bad as 2 million deaths in this country alone. This hoax is then used to justify the immediate purchase of 80 million doses of Tamiflu, a worthless drug that in no way shape or form treats the avian flu, but only decreases the amount of days one is sick and can actually contribute to the virus having more lethal mutations. So the U.S. placed an order for 20 million doses of this worthless drug at a price of $100 per dose. That comes to a staggering $2 billion.
We are being told that Roche manufactures Tamiflu and, in a recent New York Times article, they were battling whether or not they would allow generic drug companies to help increase their production. But if you dig further you will find that a drug was actually developed by a company called Gilead that 10 years ago gave Roche the exclusive rights to market and sell Tamiflu. Ahh, The Plot Thickens..."
(NB : pour les non anglicistes, le jeu de mot qui termine ce papier est délectable comme une cuisse de poulet rôti : le complot des poulets (chicken) devient le complot s'épaissit (thickens) !)

Les vétérinaires en congrès mettent en garde contre l'amalgame entre peste aviaire et pandémie grippale qui n'est pas à craindre dans les conditions annoncées en France

"Le ministre de la santé doit être bien mal conseillé", a estimé vendredi soir Jeanne Brugère-Picoux, professeur à l'école vétérinaire de Maisons-Alfort et membre des Académies vétérinaire et médicale. "Nous sommes en présence d'un problème typique de santé animale, celui de la peste aviaire", a-t-elle précisé. Cette maladie, selon la spécialiste, "sévit de façon pratiquement constante au Mexique, au Canada ou aux Etats-Unis, pays où l'on vaccine régulièrement les animaux". "Le virus H5N1 chez l'homme a beaucoup ému parcequ'il se présentait immédiatement après le SRAS. L'aurait-on seulement découvert dans un autre contexte ?", a-t-elle interrogé.

"Les cas de contamination de l'homme sont liés à un contact étroit avec l'animal, comme chez les éleveurs de coqs de combat. On fait alors l'amalgame entre la peste aviaire et une pandémie grippale qui en serait la conséquence directe", commente Madame Brugère-Picoux.

Pourtant, avertit-elle, "le virus est très peu contaminant pour l'homme. La contamination de la grippe emprunte les voies aériennes, celle de la peste aviaire est fécale, passant notamment par des eaux contaminées"... "Quand bien même y aurait-il recombinaison du virus, elle serait très différente. Il est peu probable qu'elle se produise, on ignore quand et ce ne serait vraisemblablement pas H5N1", prévient la spécialiste.


Le Professeur Brugère-Picoux estime que la meilleure parade contre l'évolution de la peste aviaire réside dans "un maillage vétérinaire efficace". "Elle se développe très peu à Taiwan ou au Japon alors qu'elle évolue rapidement dans des pays voisins en voie de développement, qui ne disposent pas des moyens, où les petits élevages ne sont pas suivis par des vétérinaires et où abattre le bétail revient à couper les propriétaires de leur seul moyen de subsistance", analyse-t-elle, déduisant que "les questions économiques sont cruciales". Aussi demande-t-elle aux médecins de ne pas se saisir d'un "problème animal" et avertit-elle, pour conclure, contre un risque de "psychose de santé humaine sur un problème typique de santé animale".

Une note glanée sur le net :

"La peste aviaire ne présente pas de danger pour l'homme. Le type viral H7N1 décelé en Italie n'a notamment aucun lien avec la "grippe aviaire" constatée en novembre 1997 à Hong Kong (appelée à l'époque l"la grippe du poulet"). La peste aviaire est une épizootie virale hautement contagieuse qui touche la volaille etd'autres espèces aviaires; l'agent pathogène appartient au groupe Ades, virus de l'influenza. Les oiseaux aquatiques, qui peuvent être réceptifs à l'infection sans présenter de symptômes, constituent un réservoir du virus."

Ceci expliquerait l'internement de ces pauvres et innocents canards du Jardin Public, ici à Bordeaux. On nous explique que la seconde étape ne serait pas l'abattage de ces pauvres bêtes mais leur vaccination, comme cela s'est déjà produit dans d'autres pays. Que Brigitte Bardot, ma belle-sœur et tous les amis des animaux se rassurent. Quant à ceux qui se sentent gagner par la psychose, qu'ils sachent que le monde abrite plusieurs dizaines de milliards de volatiles... Qu'ils évitent de prendre chaque ami ailé pour un terroriste capable de les contaminer !


posted by lorenzo at 23:03

San Giorgio par Roger de Montebello




Roger de Montebello me fait l'honneur de me compter parmi ses amis. Lorsqu'il s'est installé à Venise, je venais de me marier et nous correspondions, c'était encore l'époque où les amis s'écrivaient de vraies lettres avec un beau timbre... Dans l'une d'elles, il s'inquiétait de la vie à Venise en hiver. Il venait de terminer ses études en Espagne et, revenu à New York, il cherchait où s'installer pour vivre, et travailler... Il me demandait mes impressions, moi qui venait de passer les cinq précédents hivers sur la lagune. Nous nous étions connus à une réception du 14 juillet au palais Clari, sur les Zattere, chez Christian Calvy, le Consul de France. Je lui ai montré les coins et les recoins de cette ville, les meilleurs reflets, les plus belles lumières. Maintenant, il en sait bien plus que moi sur la lumière et les reflets, sur la magie des couleurs qui explosent ou se fondent selon les saisons, puisqu'il vit là-bas toute l'année... Nous nous revoyons de temps à autre à Venise. Il travaille beaucoup et je vous reparlerai de sa peinture qui me touche énormément. Je travaillais pour Bobo Ferruzzi qui l'inspira, ses grands-parents me reçurent à plusieurs reprises, nous formions une bande de jeunes happy few encore à la recherche de ce que nous étions vraiment et nos après-midis dans le jardin du palais Polignac, ou sur les Zatter au Cucciolo (disparu aujourd'hui mais que nous préférions à Nico)... Doux souvenirs de notre jeunesse révolue...

posted by lorenzo at 00:46

Le tiramisù fait couler bien de l'encre...

Personne n'ignore le délicieux dessert appelé Tiramisu. Peu savent son origine véritable. Présent sur toutes les tables du monde, on en perd sa trace originelle et la recette possède aujourd'hui des milliers de variantes. Comme une musique célèbre, il y a presque autant de variations sur ce dessert vénitien qu'il y a de cuisiniers de par le monde de la gastronomie. Comme en musique, il y a ses gourous, ses experts qualifiés et reconnus et se détracteurs haineux et virulents. Pour ma part, je connais deux ou trois lieux à Venise ( restaurants et maisons particulières) où il est interprété stricto sensu, selon la partition d'origine. Comment savoir en fait ? Je vous livre mon critère : en prendre et en reprendre sans sentir cet écœurement qui nous vient avec les desserts mal faits ou faits avec de médiocres ingrédients. Un kilo de tiramisu bien fait ne vous rendra jamais malade. Une cuillère de ce qui vous est servi dans certaines gargotes de Bordeaux, de Venise ou d'ailleurs, suffit à rendre malade un foie sérieusement entraîné au pire !

Bon, mais si je vous donnais ma recette (dérobée après maintes et maintes discussions à une charmante cuisinière vénitienne native de Sardaigne servit dans les plus grandes maisons du Grand Canal dans les années 50, la Signora Enrietta, qui s'occupait de mon linge et me faisait la cuisine quand j'habitais calle delle Spezier, à Cannaregio) :

Pour le réussir selon l'authentique recette, voici les ingrédients : 200 g de mascarpone / 100 g de sucre glace / 5 jaunes et 3 blancs / 100 g de sucre semoule / un pan di spagna (remplacé en France par des biscuits à la cuillère)/100 ml de crème, du café expresso / du cacao amer. Comme vous le voyez, il n'y a pas d'alcool.

Travailler ensemble le mascarpone et le sucre glace. Ajouter un à un les jaunes et battre jusqu'à obtenir une émulsion lisse. Monter la crème, puis monter les blancs en neige ferme, en ajoutant peu à peu le sucre. Mélanger le tout délicatement jusqu'à obtenir un appareil bien ferme et monté. Garnir un plat à gratin avec les tranches de pan di spagna, les imbiber de café froid, recouvrir de la préparation. Laisser reposer au frigo au moins 24 heures et saupoudrer de cacao amer avant de servir.

Une variante, ma foi assez bonne, consiste à alterner des tranches de biscuits imbibés d'un mélange de café et d'amaretto (ou de grappa), pour finir par le reste d'émulsion. Version plus adulte et plus au goût des français quand ils croient manger italien et ne pensent pizza qu'avec de la sauce piquante et donc Tiramisù avec plein d'alcool dedans ! ne faut-il pas de tout pour faire un monde ?




Les photos illustrant cet article proviennent du net. Un grand merci à leurs auteurs.



posted by lorenzo at 00:24

29 octobre 2005

C'est le blog de Martine & Olivier, les correcteurs du Monde !

Je viens de découvrir ce blog de qualité. C'est celui de Martine Rousseau et Olivier Houdart qui sont les correcteurs du site du Monde. Ils nous parlent des mots et de tout plein de choses qui tournent autour, avec humour et rigueur. C'est le blog des correcteurs :

http://correcteurs.blog.lemonde.fr/correcteurs/

Je vais bien me relire, je ne voudrais pas qu'ils trouvent à redire et se hérissent en dénichant dans mes articles des erreurs et des fautes !

Allez donc visiter mon voisin...

Philippe X..., un mien concitoyen, fort disert, érudit, pensant juste au milieu des bien-pensants, commet depuis un certain temps un blog des plus agréables. Où il est question de musique, d'art et de principes. Bordeaux y a la part belle, en bleu comme en rouge mais Venise s'y fait depuis le voyage de ce monsieur, une place confortable. Voilà qui devrait ravir plus d'un lecteur. Allez donc sur ce site et vous m'en direz des nouvelles :

Bellini - Pietà. Musée de l'Accademia, Venise

posted by lorenzo at 01:04

Citation du jour

"Dans Venise la rouge, pas un bateau ne bouge"...

Alfred de Musset

posted by lorenzo at 00:41

28 octobre 2005

Du jamais vu depuis deux-cents ans : la délinquance serait en augmentation à Venise

Parcourant comme chaque matin le Gazzettino, je découvre des informations surprenantes. La société impitoyable qu'on tente de nous imposer fabrique de la violence et induit la délinquance. quand l'Etat, en Italie comme partout ailleurs ne joue plus son rôle d'éducateur, de fédérateur et se soutien social pour les plus démunis tout en vantant les mérites de l'argent et forçant la croissance pour n'enrichir au final que les actionnaires et pas les citoyens...

Entre les dizaines de mouettes qui rendent l'âme du côté de San Felice, après les canards de Torcello - ce qui fait bien sûr penser aussitôt tout le monde à la fameuse grippe aviaire (on attend les résultats de l'institut d'ornithologie) -, les règlements de compte de maris jaloux avec la complicité de la famille, et les frasques de la clique berlusconienne, il y a de quoi déprimer.

J'ai relevé cette information que je vous livre en italien (traduction abrégée à la fin). Elle me fait dire que décidément, à Venise aussi, les choses changent et pas en bien : Les vols augmentent ici comme partout ailleurs dans la péninsule. Pourtant Venise a toujours été une ville réputée pour sa tranquillité et sa sécurité, un lieu  où  tout le monde était habitué à laisser portes et fenêtres ouvertes, sans souci, il y a encore quelques années... A part l'invasion pendant la Haute Saison de groupes de pickpockets et les exactions de quelques petits escrocs, pas grand chose à citer dans les journaux !  C'était en attendant les barbares, la paix qui précède les tempêtes ...

Aumentano le truffe, soprattutto quelle su Internet. Crescono anche gli italiani arrestati.

Sono solo alcuni dati collegati al bilancio sull'ordine e sulla sicurezza redatto dalla Questura di Venezia. L'elenco dei numeri raccolti negli uffici di Santa Chiara, mette in luce un aspetto molto interessante di quello che avviene sul territorio della provincia di Venezia. Ma andiamo con ordine.
I reati contro il patrimonio sono in calo, con meno 4 per cento, con punte di meno 13 per cento dei furti in casa e meno 21 per cento dei furti d'auto. A complicare le cose sono soprattutto i borseggi che risultano in consistente aumento, forse anche i virtù della facilità con cui vengono compiuti.
Sul fronte delle lesioni dolose va segnalato un calo generale del 38 per cento, con 22 episodi contro i 36 dello stesso periodo dell'anno scorso. La Polizia ricorda di aver risolto 17 casi, con una percentuale di responsabili identificati pari al 77 per cento.
Poche le novità di rilievo sul versante delle rapine, con 42 segnalate e 16 scoperte a fronte della 40 realizzate e 14 scoperte dell'anno precedente. Due le rapine che sono state realizzate in banca, mentre le restanti 33 sono avvenute in abitazioni e all'interno di negozi. Dati tutto sommato positivi arrivano anche sul versante delle estorsioni, con una marcata flessione pari al 60 per cento e con due soli casi registrati.Altro fenomeno che segna una sorta di tendenza negativa è quello degli incendi dolosi, soprattutto ai danni dei cassonetti per la raccolta dei rifiuti urbani. Su questo versante si nota una preoccupante impennata del 50 per cento. In flessione anche i reati collegati alla droga.
Nell'ambito delle truffe si è passati dalle 32 denunce del 2004 alle 55 del 2005, con un evidente incremento dovuto alla costante diffusione di Internet.
L'ultimo capitolo è quello che riguarda gli arresti. Su questo argomento si segnala una flessione del 5,11 per cento (167 contro 176), mentre le denunce restano pressoché invariate.
«Aumenta la percentuale degli italiani arrestati e di conseguenza diminuiscono gli stranieri - afferma una nota della Questura lagunare - mentre l'esatto opposto avviene per le denunce: più stranieri e meno italiani rispetto al passato. I numeri parlano chiaro: ci sono stati 88 italiani arrestati contro 79 stranieri (86/90 nel 2004) e 368 gli italiani denunciati contro 302 stranieri (389/289 anno 2004)».
G.P.B.

[Augmentation des vols, surtout sur internet. Davantage d’italiens parmi les responsables de ces rapines... Les cambriolages et les vols de voiture diminuent de 4%. Au contraire, le vol à la tire est en augmentation. 38% des vols se font avec agression physique. 77% des auteurs ont pu être identifiés. 42 vols signalés contre 40 l’an passé pour la cité de Venise, dont deux réalisés contre des établissements bancaires de la place, le reste dans des maisons et des commerces. Les violences diminueraient un peu mais les incendies criminels sont en augmentation, particulièrement ceux concernant les poubelles et les corbeilles répandues dans les rues, avec 50% de plus que l’an passé. En croissance aussi les méfaits liés à la drogue. On est ainsi passé de 22 plaintes en 2004 à 55 cette année, notamment pour ce qui concerne internet. Moins d’arrestations cependant. 88 italiens arrêtés, 79 étrangers et 368 italiens dénoncés contre 302 étrangers… ]

posted by lorenzo at 19:14

26 octobre 2005

Lieux méconnus...

La Madonna dell'Orto, belle petite église un peu retirée du sentier des touristes. C'est là que repose le Tintoretto, le magicien des couleurs. Il y a là l'une de ses plus belles toiles, Marie enfant allant au Temple. 

Une perspective époustouflante débordant de couleurs aujourd'hui malheureusement étouffées par le temps, la pollution, l'humidité. Jamais plus on ne retrouvera la force des couleurs, du vert notamment. 
Quand on regarde cette toile, on est projeté dans un monde mystique, très parlant. Quelque chose se passe, comme sur une scène de théatre. Le baroque n'est pas loin. Regardez le ciel au-dessus de la l'église, le vert des volets et le rouge de la barque, sur la photo, ce sont des couleurs comme celles-ci qui devaient jaillir des toiles du maître, sous le regard médusé des fidèles. Hélas, faites de matière organique sans préservatif ni conservateurs, elles se sont atténuées et forment souvent hélas un mélange presque informe difficile à discerner surtout au fond des églises sombres. Si vous passez dans ce quartier, promenez-vous autour de l'église, voyez la maison du Tintoret, les canaux tranquilles. Non loin de là, allez boire un verre ou dîner au Paradiso Perduto. L'hiver, un feu dans la grande cheminée éclaire la salle et parfois on y entend de la bonne musique.














posted by lorenzo at 23:22

San Geremia et le palais Labia peints par Sargent


Une peinture que j'associe depuis mon enfance au mouvement lent d'un concerto pour Violoncelle de Vivaldi entendu chez ma grand-mère. Me parlait-elle de ce peintre en écoutant cet air ou feuilletais-je un album du peintre tandis que le disque passait et repassait sur le vieux phonographe de son salon ?

posted by lorenzo at 23:08

Journal 1982. Extraits

Dimanche 6 juin 1982.
[...]Concert sur l'herbe dans le petit jardin secret de San Alvise. 
De jeunes musiciens du conservatoire proposent à un parterre de vieilles dames ravies et de gamins piailleurs, un bel échantillon de musique populaire vénitienne du XVème à nos jours. Trois bonnes heures de musique au son du luth et du hautbois. Ciel très bleu et magnifique soleil toute la journée.
 
Poésie des ruines dans ce jardin à la Hubert Robert. 
 
Dernière promenade. Halte au Florian, puis au Harry's bar et ce sera le départ. Demain soir, je serai bordelais à nouveau pour quelques semaines [...]
 
[...] Je n'ai pas vu ce matin Paolino, le petit boulanger qui porte avec tant de grâce son plateau de croissants sur la tête, pareil aux figures peintes dans les tableaux de Carpaccio. La boutique reste fermée depuis mardi. Congés annuels.
 
Heureux moments passés ce soir en compagnie de quelques danseurs de la compagnie de Ballet de Marseille. Maurice Béjart, sympathique, est un spirite très tendre, un maître joyeux. Ses élèves sont parfaits d'équilibre et de joie. "La danse... ce n'est pas une technique, c'est de la philosophie, une école du bonheur et de la sérénité" me disait-il lorsque nous revenions tous de la place Saint Marc où ils ont dansé hier. [...]
 
[...] 
 
J'ai dix ou douze cahiers et carnets écrits à Venise ou qui parlent d'elle. Ils disent tous la même chose : Mon désir d'y retourner sans cesse et mon plaisir d'y vivre maintenant depuis prés d'un an. Le décor de ma vie est posé maintenant. Mais quelle pièce vais-je y jouer ? Drame ou comédie ? Aujourd'hui tout est simple. Mais demain ?... (noté dans le train entre Vintimille et Nice)[...]
 
[...] Henry de Régnier disait dans L'Altana ou la vie vénitienne : "Venise est un repos, un détachement momentané de tout ce qui nous occupe d'ordinaire. elle est propre à certaines heures de rêverie tendre ou mélancolique. Accueillez-les si elles se présentent à vous. Elle vous permet d'oublier que vous vivez à l'époque des chemins de fer et des tramways mais elle n'est pas seulement une ville d'art et du passé, elle a aussi sa vie actuelle et quotidienne où se superposent de l'hier et de l'aujourd'hui, et ce mélange est un de ses charmes. Elle continue humblement sa glorieuse destinée. elle n'est pas toute aux touristes, et sa vie populaire est charmante à observer..."

posted by lorenzo at 22:06

Citation du jour

"Quand le pouvoir pousse l'homme à l'arrogance, la poésie lui rappelle la richesse de l'existence. Quand le pouvoir corrompt, la poésie purifie."
John Fitzgerald Kennnedy


posted by lorenzo at 21:38

Anni fa...

Venise éternelle, aujourd'hui comme hier, le plus bel écrin des histoires d'amour... Tant pis pour la rengaine. C'est ce que m'inspire cette photo des années 50 prises sur la Riva dei sette Martiri, entre les jardins de la Biennale et les Esclavons. 
posted by lorenzo at 21:20

25 octobre 2005

Koisumi on The South China Morning Post

Reçu de notre grande amie Natsuko Fukue, étudiante de Fukuoka, actuellement à Hong Kong, un article d'opinion fort intéressant. Son premier papier d'envergure. Il concerne la récente visite du premier ministre de l'Empereur au mémorial de Yakusuni, pour se recueillir à la mémoire des siens morts pour la patrie et qui a suscité une levée de boucliers (pardon pour le jeu de mots involontaire) des chinois et des coréens, et en suivant de la presse internationale. Bien des japonais qui ne sont ni fascistes, ni nostalgiques de l'avant-Hiroshima, y vont régulièrement en famille. Pourquoi pas le premier d'entre eux en personne ? Faut-il tolérer cette dictaure des maîtres de l'opinion et des gourous de la pensée unique ? Je vous livre l'article tel quel. Donnez votre avis.

Saturday, October 22, 2005
Koizumi should consider history in shrine visits
I wish to comment on the leader "Koizumi must make amends for shrine visit" (October 18). Ordinary Japanese might say: "What is wrong if [Prime Minister Junichiro] Koizumi wants to visit the Yasukuni Shrine for personal reasons? The Chinese and Korean governments are too sensitive. It is Japanese tradition to go to a shrine to mourn for the dead." The issue of Yasukuni is very complicated and even most Japanese do not know what kind of shrine it is. Why is this shrine so controversial ? A Tokyo University professor points out that during the second world war, Yasukuni played a role as the "alchemy of emotion", transforming to happiness the sadness of death in action. Fallen soldiers were honoured and mourned in Yasukuni. Death in action had to be "glorious", not "tragic".
The issue of war criminals enshrined together with other war dead has often been discussed in Japan, but not the country's colonialism as a whole.
Some might claim that the war dead fought for the people and country, but we need to remember that the "country" meant not only Japan but its colonial empire.
Mr Koizumi says visiting the Yasukuni shrine is a domestic affair. However, the war dead mourned there are not only Japanese. And there are a large number of war victims outside Japan. Shouldn't condolences be offered for them, too?
Why does Mr Koizumi want to sacrifice bonds with neighbouring countries in order to "personally" visit Yasukuni? I would like the prime minister, as a politician, to consider the effects of diplomacy and history, rather than pursuing his personal interest in continuing to visit the shrine.


NATSUKO FUKUE, Western

 
 
posted by lorenzo at 23:14

Le XIXeme marathon de Venise


Depuis 1986, le marathon annuel de Venise attire des milliers de concurrents venus du monde entier. Un lieu magique pour une compétition très à la mode. Cela se passe à Venise, c'est pourquoi j'en parle, bien que personnellement je trouve un peu bizarre ce besoin de courir qui s'est emparé des gens.
Cette année, c'était le 23 octobre. Partis de la Piazza Marconi à Strà - une petite ville sur la Brenta à quelques encablures de Venise - les 6000 participants enthousiastes ont créé l'évènement en courant à travers les ruelles étroites de Venise, après avoir traversé la Grand Canal sur un pont de barques long de 160 mètres aménagé pour l’occasion pour finir Riva dei Sette Martiri, non loin de la place Saint Marc, noire de monde. Le Marathon organisé pour la première fois en 1986, est la seule manifestation du genre à attirer autant de monde, participants et spectateurs. Les coureurs viennent des cinq continents, faisant de cette course un spectacle très populaire. Le parcours cette année empruntait une quinzaine de ponts et de nombreuses ruelles inconnues de la Venise secrète. 

Voilà bien une manifestation que les vénitiens de l'époque des doges, toujours disposés à essayer de nouvelles activités sportives et ludiques, n'auraient pas désavouée. A défaut de tableaux de Bella ou de Longhi, voici quelques unes des photos reçues.



posted by lorenzo at 13:44