07 septembre 2007

Venise la joyeuse et non pas Venise la morbide


En 1869, mon arrière grand-père qui était parti se marier en Allemagne, fit son voyage de noces en Italie et notamment à Venise. Il a tenu le journal de ce périple et quelques documents retrouvés dans le cahier de moleskine noire (une ou deux photos réalisées, des cartes postales, un billet de vapeur, la facture de l'hôtel, etc...) rendent leur séjour très vivant. Nous avons toujours, dans un bel album relié, les photos qu'ils ramenèrent de leur voyage, magnifiques tirage sur carton, devenus aujourd'hui des raretés pour collectionneur.

Cela me donne l'occasion de vous parler des archives Filippi léguées par la famille à l'IRE, l'Istituto di Ricovero e di Educazione di Venezia où la dernière fille du grand photographe termina ses jours. Tomaso Filippi (1852-1948) était un photographe vénitien élève de Carlo Naja, qui passa sa vie à faire des clichés de Venise, des gens et des monuments. Une extraordinaire collections de souvenirs d'un monde disparu. En noir et blanc ou colorisée, les premiers clichés conservés datent de la fin du XIXe, les plus récents de la fin des années 40. C'est une incroyable source de documentation qui couvre toute cette période somme toute assez noire pour Venise, au propre comme au figuré. Après les années de la domination autrichienne et les débuts de l'Unité italienne, Venise n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle se paupérise. 
Psychologiquement, elle se méprise et se sent déconsidérée. Sa jeunesse devient ce qu'a été un temps la jeunesse misérable des Philippines. Elle se donne au plus offrant. Non, plutôt, elle se vend. Les murs s'effritent, les canaux sales ne sont plus nettoyés et les grandes familles désertent les palais pour Rome et se pavanent au Quirinal, (les mêmes qui avaient glané titres et couronnes à Vienne). Le petit peuple se sait abandonné. Les Richard Wagner, Thomas Mann, Maurice Barrès, Jean Lorrain, Jacques d'Adelsward-Fersen et tant d'autres se repaissent de cette atmosphère déliquescente qui va si bien à leur dandysme décadent. Ils vont répandre dans la mentalité universelle cette contre-vérité qui veut que Venise soit mélancolique, morbide et moralement décatie. Ne l'a-t-on pas appelé le "royaume des invertis" ou "Notre Dame des Mers Mortes"? Ceux qui la connaissent savent qu'elle est tout le contraire, la vie, la lumière, la fête, la joie, le rire. Derrière son apparente décrépitude, elle découvre à ceux qui l'aiment vraiment les restes grandioses de ce qu'elle fut des siècles durant, la reine de l'Adriatique. 
















Le pain des pêcheurs


L'excellentissime Venise Daily Photo présentait hier ce délicieux biscuit vénitien qu'on trouve dans les vraies pâtisseries comme celle que le webmestre mentionne à Cannaregio sur la Lista di Spagna, mais aussi sur celle qui est voisine du ghetto près du pont des Guglie, sur la calle Barbarie delle Tole, près de la maison de retraite de San Zanipolo, en face de l'école primaire du quartier. En fait c'est une sorte de macaron croustillant à la pistache et aux amandes. Comme sa couleur rappelle les produits de la mer et qu'il est assez dur et s conserve longtemps, on dit que les marins l'emportaient avec eux sur leur bateau. Il existait au Lido une petite pâtisserie spécialisée dans les produits à base d'amandes qui en faisait de délicieux : dur en dehors et moelleux à l'intérieur. A se rouler par terre. Cette même pâtisserie proposait une sorte de petite puits de fine pâte sablée garnie d'un onctueux mélange comme la torta di mandorla mais d'un parfum unique. Je vais rechercher l'adresse pour la communiquer aux amateurs de ce genre de délices.

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1 commentaire:


Pierre a dit…
Merci Lorenzo pour cet "Excellentissime" qui me touche même si mon blog n'en mérite pas tant... Et merci pour toute cette culture vénitienne que tu nous transmets avec régularité au fil des pages de Tramezzinimag.

06 septembre 2007

Polémique sur le Grand Canal.


Peut-être serait-il plus charitale de ne pas revenir sur l'échange violent entre le maire et l'un des vainqueurs de la Regata Storica l'autre jour sur La Macchina. Mais comme le Gazzettino en rajoute une couche aujourd'hui en annonçant l'ouverture d'une information judiciaire contre les protagonistes de cette malheureuse affaire, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter ce qui s'est passé.

Le maire avait prévenu tout le monde : si les régates ne se déroulaient pas dans l'ordre et si les décisions des juges sont contestées, la commune annulerait toute la stagione remiera, saison sportive que les vénitiens attendent comme d'autres les internationaux de tennis ou la coupe de football. La journée semblait s'être parfaitement bien passée. Le cortege historique avait été très applaudi et sur la machina, si on s'ennuyait un peu entre deux courses, on appréciait la qualité des prestations sportives qu'offraient les différentes équipes, depuis les moins de 14 ans, les équipes féminines jusqu'aux anciens et aux gondoliers professionnels. Mais tout a basculé quand les vainqueurs sont arrivés sur le ponton officiel. La tradition veut que soit remis aux gagnants un fanion de couleurs ; l'équivalent des médailles d'or, d'argent et de bronze. Et soudain, le drame : un des protagonistes, classé troisième, a jeté son trophée dans l'eau du grand canal et en hurlant a voulu s'en prendre physiquement au jury, devant l'assistance médusée. Massimo Cacciari, qui a un tempérament bouillonnant et ne s'en laisse jamais compter (pour un philosophe, je l'ai rarement vu rester stoïque !), s'est mêlé de l'affaire et les deux hommes en sont venus pratiquement aux poings. En tout cas les injuers et les noms d'oiseaux ont fusé entre le rameur et le premier magistrat de la ville, plus petit mais teigneux. Bref, scandale sur le Grand canal. Et l'affaire apparemment ne va pas en rester là puisque la justice est saisie. 
Ne riez pas, il ya dans Venise les partisans et les opposants au vaincu râleur et cela discute sec dans les bars et les osterie. Tout cela en fait reste dans la bonne tradition des nicolotti contre les bartolotti. La République sérénissime savait faire : elle laissait ses administrés en découdre de temps à autre et d'une manière très officielle afin d'éviter ce genre de tensions qui persiste et finit un jour par permettre une de ces tragédies à l'antique, vous savez l'histoire éternelle des Capulet et des Montague (après tout Vérone n'est pas loin !). Mais l'échange entre le rameur et Cacciari n'a pas grand chose à voir entre le dialogue de Juliette avec son Roméo...

Pavarotti est mort : Venise en deuil


Les drapeaux ont été mis en berne sur la façade de la Fenice ce matin à l’annonce de la mort du grand ténor Luciano Pavarotti et ce soir, une minute de silence sera observée au début de la représentation du Prince de la Jeunesse. C’est sur cette scène mythique que l'artiste, tout jeune chanteur venu de Modène, fit ses débuts dans le rôle d’Alfredo de la Traviata, le 3 décembre 1961... Il avait été découvert par Mario Labroca, alors directeur artistique du théâtre. L’émotion que suscite cette disparition, pourtant pressentie depuis quelques jours, parmi la population vénitienne est perceptible dans toute la ville. Les gondoliers ont décidé de porter un ruban noir en signe de deuil et l’orchestre du Florian a joué toute la journée un pot-pourri des plus fameux airs qu’interpréta le maestro. A Vienne, un drapeau noir a été hissé à l’Opéra et à Londres, la fanfare royale de Buckingham Palace a joué "Nessun dorma" pour la relève de la garde. Romano Prodi a fait applaudir les membres du gouvernement rendant ainsi un hommage officiel à celui que beaucoup considèrent comme le plus grand ténor du XXe siècle. "Le monde a perdu un grand ténor, mais j'ai perdu un grand ami, un frère", a déclaré sa grande amie d'enfance, la soprano italienne Mirella Freni, "Nous avons grandi ensemble, étudié le chant ensemble, et Dieu nous a offert de grandes carrières. J'ai perdu un frère". Il venait de se voir décerner par le gouvernement italien le prix de l’excellence pour la culture italienne. C’était une grande star, une voix divine et comme des millions de gens dans le monde, je n’ai pu m’empêcher de verser une larme en apprenant la nouvelle. Ecoutez son interprétation de "Nessun dorma". Bonne route, maestro et merci !


1 commentaire:

condorcet a dit…
Oui, avec la Callas, ce sont des voix qu'on ne peut s'empêcher d'entendre sans être ému jusqu'au plus profond de son âme.

05 septembre 2007

Journée Tim Burton mercredi à Venise



Le réalisateur Tim Burton, spécialiste des films macabres et rigolos a été honoré par la Mostra par un Lion d’Or décerné pour l’ensemble de son œuvre. Les organisateurs du festival l'ont cité comme "le plus visionnaire et innovant réalisateur parmi les meilleurs cinéastes américains” .
Interrogé par la presse sur la terrasse de l'Excelsior, le cinéaste a commenté son séjour à Venise : "Je suis souvent venu à ce festival et à chaque fois j’ai ressenti ici quelque chose de vraiment spécial”, les yeux cachés par de superbes lunettes de soleil très fashion. C’est Johny Depp, son acteur fétiche qui a été chargé de lui remettre le prix.

Journée Tim Burton au Lido donc puisque après la cérémonie, on présentait au Lido une version 3D de son film de 1993 "the nightmare before Christmas”, (TNBC pour les afficionados et "l'Etrange Noël de Mr Jack" en français) son plus fameux dessin animé musical. On projetait aussi quelques rushes de son prochain film "Sweeney Todd, the demon barber of Fleet street" , une adaptation de la comédie musicale de Stephen Sondheim avec Johny Depp dans le rôle titre et Helena Bonham-Carter, la compagne de Burton, encore plus radieuse que d'habitude (le couple attend un deuxième enfant !).

04 septembre 2007

Spritz et Caffe latte



Un clin d’œil à Claire de Marco Polo Vetro qui, sous le fallacieux prétexte d'aller compléter ses commandes passe à Venise la semaine en solitaire pendant que nous sommes tous contraints de reprendre le chemin de la routine bordelaise...

Vie quotidienne


Pour éviter qu'on me reproche de ne jamais voir tout qu'en noir et montrer que je ne passe pas mon temps à dénigrer les temps modernes ni leur (triste) impact sur Venise, voici un petit montage qui fait bien ressortir le quotidien dans la cité des doges. Cette atmosphère unique faite de la même vie que partout ailleurs, avec en moins le bruit immonde des voiture, la pollution et le stress. Ce rythme de vie imposé par les ponts, les tours et détours qu'il faut faire pour se déplacer d'un point à un autre, les rencontres qu'on ne manque pas de faire sur un campo ou au marché, tout rend ici la vie meilleure et plus joyeuse. Et cet air, mélange indescriptible de senteurs urbaines et marines... 
Crédits photographies : © Dan Helle. Tous droits réservés.

3 commentaires:

condorcet a dit…
Jan Morris aussi était très lucide sur Venise revisitée par les temps modernes. On peut aimer passionnément et couler un regard en biais sur la Sérénissime.
Pourquoi pas ? Les deux me paraissent conciliables. Chaque époque charrie son lot d'inquiétudes et d'incertitudes. Heureusement, l'histoire a plus d'un tour dans son sac. Et qui sait ? Peut-être Venise connaît-elle en ce moment les premières effluves d'un renouveau démographique et d'un tourisme plus maîtrisé ?
condorcet a dit…
Évidemment, à lire Venessia.com, votre blog ou même "Le Moniteur des travaux publics" ou dans un genre plus grand public "Le Monde", il est probable que le lecteur ne sera pas saisi d'un optimisme grandiloquent sur l'apport de la modernité à Venise.
Venessia évoque en effet ce jour la fermeture d'un magasin de jouets remplacé par un magasin de chaussures. Remarquez, on a échappé au sempiternel magasin de masques et autres souvenirs.
"Le Monde" évoque quant à lui le pont de Calatrava et le futur funiculaire.
Pour se remettre de ces nuages qui pèsent sur la Ville, une bonne bouffée d'air lagunaire vient à point nommé.
Lorenzo a dit…
Sage conclusion !

03 septembre 2007

Le temps des vacances est passé

N'allez pas vous moquer mais voilà que me reprend cette horrible sensation pas du tout à l'ordre du jour des mentalités d'aujourd'hui. Si j'ai chaque année beaucoup de mal à lever le pied au début de l'été et qu'il me faut envisager de dételer pour quelques semaines, couper avec les préoccupations matérielles et oublier les préoccupations de ma vie professionnelle, si cette petite mort périodique me perturbe et me rend de très mauvaise humeur, le lâcher-prise qui suit et me prend tout entier, fait de moi un animal heureux qui se blottit vite dans ce cocon tissé de mille petits bonheurs et cela me renouvelle à un point tel qu'il m'est presque impossible de reprendre le collier. Je traîne, j'hésite, je passe au bureau, je repars, sans regarder les mails ni le courrier, je prétexte mille impondérables pour refuser dîners et rendez vous. Pourtant il faut bien s'y remettre. La vie doit être gagnée, du moins pour la plupart d'entre nous et ce n'est pas toujours de gaieté de cœur que nous devons nous atteler au joug, nous mettre au travail. Notre campagne me manque. Les journées sans but précis, les longues promenades sur la plage, les jours de marché, les petits plats préparés en famille. 

Et puis Venise aussi me manque terriblement, mais c'est la rentrée et je ne puis plus prolonger mes séjours lagunaires tant que les enfants vont à l'école et que mon entreprise ne peut fonctionner sans moi... Alors, hauts les cœurs. La Régate Historique marque la fin de l'été, du moins de l'été du farniente et de la sérénité retrouvée. Les images, les mille petits riens qui font les jolis souvenirs serviront à pallier le stress et l'ennui de la vie sociale. Le costume de Peter Pan est remisé dans la penderie avec les maillots de bains, les serviettes de plage et les romans faciles. Soyons sérieux, mettons-nous au travail et point de nostalgie, l'été reviendra. Le temps des vacances aussi. More Veneto (*)...
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(*) : More Veneto : littéralement "selon l'usage vénitien". Du temps de la République, l'année commençait le 1er mars. Pour distinguer les dates du calendrier vénitien du calendrier en vigueur dans le reste du monde, on ajoutait les initiales MV, après la date. Selon cet usage, mars étant le premier mois de l'année, c'est février qui en était le douzième et les mois de septembre, octobre, novembre et décembre étaient effectivement les septième, huitième, neuvième et dixième mois comme leur étymologie l'indique. Cet usage a été aboli par Buonaparte en 1797 avec l'assassinat de la République.

1 commentaire:

condorcet a dit…
Même pour les activités qui nous sont chères, il est difficile de reprendre le rythme et l'allant habituel. Il y a des signes qui ne trompent pas : un ticket de musée, un livre de la Toletta, un numéro du Gazzettino et l'irrésistible envie de courir, toutes affaires cessantes, à brides abattues, vers la lagune.

La Régate Historique 2007

Posted by Picasa

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1 commentaire:

Luc et Danielle a dit…
Bonjour Lorenzo et merci pour ces photos.
Nous étions presque en face de vous, entre les Fabriche Nove et les Camerlenghi.
Nous avons également mis en ligne pas mal de photos sur la Régate 2007 sur notre site e-Venise.com
Comme nous habitons maintenant à Venise, nous serons heureux de vous rencontrer lors de votre prochain passage, n'hésitez pas à nous contacter !
Bien cordialement,
Luc e Danielle

01 septembre 2007

Chioggia : la webcam



Dans la série "ne gardons pas les bonnes choses et les petits secrets pour nous seuls", voici une webcam que j'aime bien regarder de temps à autre, surtout quand la vie en ville à Bordeaux me pèse et que la perspective d'un séjour sur la lagune est bien trop éloignée pour que je sois dans l'euphorie qui me prend lorsque le retour est proche.


31 août 2007

Dimanche prochain, la Régate Historique

Le toujours très apprécié défilé historique qui précède la régate.
Le 2 septembre aura lieu la traditionnelle régate historique, grande fête très appréciée des vénitiens et des touristes. Elle retrouve cette année sa configuration traditionnelle puisque les travaux de restauration de la Ca'Foscari sont terminés et que la "Machina", la grande installation somptueusement décorée qui abrite depuis le temps des doges, les autorités de la ville et leurs invités de marque, sera de nouveau dressée sur le grand canal, à l’endroit où la vue est la meilleure pour assister à cette grande course. 
 
Aujourd'hui devant la Salute, comme le veut la tradition, le patriarche de Venise, le Cardinal Angelo Scola bénira les embarcations et les équipages qui participeront aux différentes compétitions. 
 
Dans une conférence de presse donnée à la Ca'Farsetti mercredi, Massimo Cacciari a souligné combien la municipalité avait fait en sorte que tout soit fait pour que cette fête appartienne avant tout aux vénitiens. C'est ainsi que de nouvelles courses ont été mises en place, dont notamment celle pour les très jeunes rameurs, réservée aux garçons de moins de 14 ans, les futurs champions. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de maintenir un esprit de bonne conduite et de fairplay. Souvent dans les années passées,  trop d'incidents avaient eu lieu : contestation de la décision des juges, mauvais esprit entre équipes, tricheries et gros mots échangés. Cette année le maire a menacé d'interdire la prochaine stagione remiera (la saison 2008) s'il se produisait la moindre nouvelle incivilité.

Lady Diana, dix ans déjà

Le matin du 31 août 1997, j'allumais machinalement la radio de la cuisine. La maison dormait encore et comme tous les dimanches, que ce soit à Venise, à Bordeaux ou ailleurs dans nos lieux de vacances, je m'étais réveillé avant tout le monde pour préparer le petit déjeuner familial, moment sacré du week-end. Il devait être 8 heures et le journal venait de commencer. 

Les mots prononcés très lentement par le journaliste avec beaucoup d'émotion dans la voix : "La Princesse de Galles est décédée cette nuit des suites d'un accident de voiture à Paris", je les entends encore résonner dans ma tête. Le pot de lait que je tenais à la main m'échappa et comme des millions de gens ce jour là, je fus suffoqué. Les enfants et leur mère réveillés par le bruit du pot fracassé sur le carrelage, furent eux aussi atterrés. Nous avons su plus tard combien la réaction fut partout dans le monde, instantanément la même.

Cette femme magnifique qui occupait la scène médiatique tant par ses mésaventures conjugales que par la générosité de ses combats, disparaissait brutalement au moment où on la disait prendre son destin en main. Elle rayonnait. 
En un instant je pensais aux morts célèbres qui m'avaient profondément marqué dans ma jeunesse : l'assassinat de John F. Kennedy, appris un soir ( j'avais à peine huit ans) avant de m'endormir au moment où ma mère venait m'embrasser, laissant la radio allumée comme un rite. Nos larmes soudaines. La mort du Général de Gaulle en 1969, la foule des chefs d’État du monde entier à Notre Dame. Puis un matin de septembre 1982 où je tenais l'accueil du petit Hôtel Biasin près du ponte delle Guglie à Venise, l'annonce de la mort de la Princesse Grace... 

Des êtres d'exception qui deviennent pour les peuples du monde entier des sortes d'icônes, des modèles voire des références. On peut se moquer de cet attachement qui efface tous les défauts, les erreurs ou les manquements de ces héros des temps modernes. Ils occupent l'esprit et réchauffent le coeur de bien des malheureux, un peu comme les saints pour les gens d'autrefois. Ne nous gaussons pas. 
Sur la photo ci-dessus, la Princesse de Galles sortait d'un déjeuner à la Locanda Cipriani de Torcello avec le Prince Charles et leur suite, lors de leur visite à Venise. Un déjeuner dans un cadre bucolique par une belle journée d'été. C'était en 1984.

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8 commentaires:


condorcet a dit…
Le Général de Gaulle mort en 1969 ? Une mort politique alors : après le référendum du 27 avril 1969, il démissionne de ses fonctions de Président de la République. Il nous a quitté le 9 novembre 1970. Ce qui illustre bien la théorie du "double corps" s'appliquant aux monarques capétiens (on peut l'étendre aux monarques républicains) chère à Kantorowicz, un corps charnel d'un côté et une essence divine de l'autre... Les saints, les rois thaumaturges. Je ne sais pourquoi mais les Annales me manquent tout d'un coup. C'est le bonheur des classiques que de pouvoir être relu sans perte et sans abus de l'arguement d'autorité.
condorcet a dit…
"argument" : mille excuses. Ce clavier est une erreur. "Ne nous gaussons pas" : l'attraction du grand public ne saurait constituer un sujet de moquerie mais au contraire celui d'une étude historique dans les règles. Cordialement. F.
condorcet a dit…
"erreur" et surtout horreur, le clavier et pourtant il ne s'agit pas d'un QWERTY !!
Lorenzo a dit…
Oui pardon 1970. Je devrais davantage me relire.
condorcet a dit…
Mais non, mais non (on fait tous des erreurs et celle-là est bien menue) : vos commentaires sont excellents et stimulent l'esprit. C'est au lecteur de mobiliser ses ressources. Continuez ainsi, vous nous offrez une belle fenêtre sur la vie vénitienne, dans toutes ses dimensions. Cordialement. F.
Gérard a dit…
Ce qui était terriblement prenant lors des funérailles de De Gaulle n'était peut-être pas à Paris , mais se trouvait à Colombey . Il y eut d'abord l'affût sortant de la Boisserie et portant le cercueil français drapé en bois des chênes de Clairvaux ou des forêts qu'il parcourut alentour . Et puis . Il y eut le silence du village, le froid. Il y eut la famille , la toute petite église , les Saint-cyriens, le vent, les Compagnons, la population. Il y eut la simplicité, cet honneur qu'il voulut et qu'il reçut : absolu ! Un très grand moment d'Histoire qui nous ramène tout d'un coup à ce que nous sommes. Face à lui ! Je l'avoue , j'ai pensé à Diana Spencer ; elle fut littéralement broyée et ceci du début jusqu'à la fin par une effroyable machination, la pire de toutes. La raison d’État. Perfidie. Secrets inavouables. Son allure, son feeling, sa jeunesse m'imposent d'ailleurs un jugement à ce sujet certainement erroné. Alors tant pis. Irrationnel, tant mieux ! Ce fut terriblement injuste. Et c'est pour cela que je pense très fort à elle ! Les "Mémoires" commencent ainsi, et en un lieu où tout se rejoint : "... le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison . Ce qu'il y a d'affectif en moi imagine ..... "
condorcet a dit…
Quelques éléments troublants entourent la disparition de Lady Di : mort rapide de certains témoins, disparition des prélèvements sanguins du chauffeur, incohérence entre les résultats communiqués et la possibilité de conduire. Il y a quelques années, un historien s'est penché [dans la revue "Vingtième siècle, revue d'histoire" - malgré des recherches sur Persée et Cairn, impossible de retrouver ses références exactes] sur ces doubles funérailles qui renforçaient selon lui la théorie du "double corps du roi", d'un côté une essence divine à Notre-Dame et de l'autre l'enveloppe charnelle à Colombey. Alain Peyrefitte le raconte avec soin dans ses "Mémoires" : le testament de 1952 et la simplicité voulue : http://perso.orange.fr/colombeyles2eglises/testament/testament.html.
Gérard a dit…
Non. L'enveloppe charnelle rejoignit le divin et ceci précisément dans un seul lieu : le village tant aimé de la Haute-Marne. Celui des terres pauvres, landeuses, crayeuses. Pas à Notre-Dame. Qui fut un rendez-vous politique ou des politiciens, de notables, c'est comme on veut. Le divin voulu par ce militaire pour le moins curieux, mais fidèle à l'irradiation qu'il reçut, peut-être d'instinct d'ailleurs, du vieux pays hexagonal, le divin vint se manifester ici dans sa véritable expression majeure : le dépouillement exigé. Afin que tout le superflu en fut définitivement chassé ! Et le recentrage final eut lieu sur l'essentiel en fait : une parcelle de la terre de France, la famille et l'Ordre, quelques gens anonymes. C'est à dire le point origine de son départ. L'éternel constituant d'une véritable nation. Celui de Péguy, celui de Bergson, celui de sa famille, celui de ses professeurs, celui de Jeanne, celui des villageois proches. Et pour toujours, jusqu'au bout, cette incroyable rébellion atavique. Ce pied de nez aux corps constitués du pouvoir. Qui est aussi parfois une manifestation terrestre du divin recherché  Afin que ceux qui vont la quêter, ceux qui la sentent en eux, puissent un jour - dans mille ans certainement - s'y reconnaître. Qui sait ? 
Les cérémonies de Westminster avaient quelque chose de déplacé, comme un malaise, et ce ne sont pas les commentaires des journalistes mondains d'aujourd'hui qui changeront mon jugement. La destinée de cette jeune femme fut terriblement injuste ; mais le propre des trajectoires de l'Histoire se nomme souvent Tragédie. La Félicité, dans ce domaine - et elle sut l'irradier comme bien peu - , ne peut être qu'un chanceux Miracle. Que l'on reçoit. Mais qui, hélas, s'évapore et ne dure. Et que finalement jamais elle ne reçut . Ce Miracle , On y croit . Nous aussi . Et faut y croire : c'est nécessaire !

29 août 2007

Peindre, l'été à Venise...

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1 commentaire:

Lili a dit…
Comme je comprends ces artistes là d'avoir choisi ce si joli coin pour modèle.. Le ponte Moro et le rio Trapolin.. un endroit que j'adore.... parmi tant d'autres !!!

Les films en compétition à la Mostra

En compétition pour le Lion d'Or

Douze de Nikita Mikhalkov
Les amours d'Astrée et Céladon d'Eric Rohmer
The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford de Andrew Dominik, avec Brad Pitt (voir la bande-annonce)
Expiation de Joe Wright, avec Keira Knightley et Vanessa Redgrave (voir la bande-annonce)
Le Chaos de Youssef Chahine
The Darjeeling Limited de Wes Anderson (voir la bande-annonce)
En la ciudad de Silvia de Jose Luis Guerin (voir la bande-annonce)
La graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche
Help me Eros de Lee Kang Sheng
Il dolce e l'amaro d'Andrea Porporati.
I'm not there de Todd Haynes, avec Richard Gere (voir la bande-annonce)
In the valley of Ellah de Paul Haggis, avec Susan Sarandon (voir la bande-annonce)
It's a free world de Ken Loach
Lust, caution d'Ang Lee (voir la bande-annonce)
Michael Clayton de Tony Gilroy, avec George Clooney (voir la bande-annonce)
Nessuna qualità agli eroi de Paolo Franchi
Nightwatching de Peter Greenaway
L'ora di punta de Vincenzo Marra (voir la bande-annonce)
Redacted de Brian de Palma
Sleuth de Kenneth Branagh (voir la bande-annonce)
Sukiyaki western tango de Takashi Miike (voir la bande-annonce)
The sun also rises de Jiang Wen (voir la bande-annonce)

Section horizonsSuely de Karim
Callas assoluta de Philippe Kholy

Hors CompétitionCassandra's dream de Woody Allen
La fille coupée en deux de Claude Chabrol (voir la bande-annonce)
Kantoku banzai ! de Takeshi Kitano (voir la bande-annonce)
Blood brothers d’Alexi Tan
 
Merci à La Panse de l'Ours qui a détaillé sur son site toute la Mostra 2007 !

28 août 2007

La Mostra du cinéma fête ses 75 ans !

Elle s'ouvre demain pour la 64e fois et fêtera cette année son jubilé : La célébrissime Mostra del Cinema est avec ses 75 années d'existence le plus vieux festival au monde consacré au 7e art ! Les festivals de Cannes, Deauville, Toronto, Sundance ou Berlin sont des benjamins à côté de la brillante manifestation créée au Lido par le Baron Volpi.
 
Présidée cette année par le cinéaste chinois Zhang Yimou ("épouses et concubines"), avec comme marraine la splendide Ambra Angiolini (photo ci-contre), la Mostra accueille comme chaque année une kyrielle d'acteurs et de metteurs en scène. La France y est traditionnellement bien représentée, mais le cinéma américain très présent depuis les années 80 sera là aussi avec Woody Allen notamment (qui présentera hors compétition son nouveau film, "le rêve de Cassandre". Le Lion d'Or est devenu au fil des années une étape obligée vers les Oscars d'Hollywood. 
 
Contrairement à Cannes, la Mostra reste plus simple. Bonne enfant. Les stars reconnues et les acteurs inconnus se cotoient au milieu du public et bien que - époque oblige - les services de sécurité soient omniprésents et parfois très insistants, il est facile de se promener dans le hall de l'Excelsior ou au Palais du Festival et de croiser au bar des vedettes. Les jeunes baigneurs continuent d'aller chaque jour à la chasse aux autographes sur la plage ou autour de la piscine de l'Excelsior. A mon époque (j'ai couvert le festival pour le journal Sud Ouest en 1985 et 1986), on pouvait boire un verre avec Depardieu, faire un brin de causette avec Sabine Azéma ou Marie Laforêt, écouter Maurice Pialat débattre avec Antonioni, parler avec Eugène Ionesco soutenu par sa femme qui s'affaissait sur une chaise, croiser Frank Capra et Pontus Hulten à deux pas de la piscine où Monique Lang décidait des interviews qu'accorderait son mari, notre pétulant ministre de la culture qui avait un faible pour Fabienne Babe, jeune débutante à l'époque. Il n'était pas le seul...
 
Les producteurs américains l'avaient fiancé à Rob Lowe, à moins que ce fut Tom Cruise, qui était plus petit qu'elle et se montrait partout à ses côtés, sauf sur la plage (à cause des talonnettes !). Guillaume Depardieu, jeune adolescent, s'agaçait quand son père buvait trop et le président de la Gaumont s'énervait contre son attachée de presse que John Schlesinger consolait. Danièle Mitterand se promenait sur la digue en compagnie d' Agnès Varda, Daniel Toscan du Plantier recevait luxueusement ses hôtes à l'Hôtel des Bains. Je me souviens être rentréce soir-là sans carton d'invitation à la soirée Unifrance avec Fabienne Babe, Agnès Calvy, la fille du consul de France, d'autres (jolies) filles et deux ou trois amis dont Thierry Delettre (aujourd'hui costumier - Van Gogh, Vidocq, le bonheur est dans le pré, c'est lui), par un stratagème souvent imité depuis : Christophe Airaud, mon ami photographe nous mitraillait pendant que notre groupe s'avançait comme si de rien n'était... En quelques secondes, (cela ne loupait jamais en fait), une demi-douzaine de paparazzi firent comme lui et c'est sous les flashes que nous sommes arrivés au somptueux buffet d'Unifrance, tout le monde s'écartant pour nous laisser passer ! L'esprit "Dolce vita" venait encore de frapper !
 
 L'année d'après c'était Pontus Hulten qui faisait visiter à François Léotard, nouveau ministre de la Culture l'exposition sur le futurisme au Palais Grassi. Le ministre nouvellement nommé s'intéressait appremment davantage aux services d'alarme et d'éclairage du musée qu'au contenu des vitrines. Son prédécesseur était là aussi et l'échange avec Hulten fut d'une autre nature. Disons davantage culturelle... J'avais d'ailleurs mis au moint un article que le journal refusa : j'avais interviewé Jack Lang et François Léotard à la même table sur la terrasse de l'Excelsior, l'un après l'autre, de telle sorte que les réponses de l'un se trouvent en parallèle avec celles de l'autre et mon papier donnait l'impression d'un dialogue (de sourds) entre deux hommes que tout opposait. Il fut décidé à la rédaction que je n'étais là que pour le cinéma et pas pour la politique. Dommage. Vexé (et prétentieux), je n'ai donné au journal aucun article en 1986. Ce fut la fin de notre collaboration et de ma carrière de journaliste !
 
Tout ces "people" que l'on n'appelait pas encore ainsi vivaient à Venise le plus simplement possible et nous, les centaines de journalistes accrédités nous glanions les informations, passions des conférences de presse aux séances de pose sur la plage, des cocktails dans les jardins de l'Hôtel des Bains ou sur la terrasse du Danieli. C'était le temps où sur le campo San Polo les films en compétition étaient présentés en plein air au public vénitien qui ne se trompait pas souvent et savait faire un triomphe au film que le jury couronnerait quelques jours plus tard.

A cette époque, nous dictions nos articles par téléphone à une dactylo de la rédaction. Pas encore de fax encore moins d'ordinateurs. Il ne manquait que le chapeau avec l'étiquette presse comme dans les films américains... La grande salle de presse de l'Excelsior était munie de grosses machines à écrire manuelles prises d'assaut dès le matin et nous carburions au café ou au thé (dans les belles tasses blanc et or de la Ciga Hôtels que certains confrères passaient leur temps à faucher, se constituant jour après jour un joli service). Nos casiers débordaient de cartons d'invitations, de communiqués de presse et de dossiers. C'est ainsi que j'ai eu le bonheur d'assister au repas de presse de la Storia de Comencini en compagnie de Claudia Cardinale et de Lambert Wilson, dans un palais du Grand Canal, ou à celui de Tango de Solanas avec la sublime Marie Laforêt qui m'accorda un long entretien en tête à tête... mon premier interview. Mais laissons-là ces souvenirs d'ancien combattant. 
 
La Mostra ouvre ses portes demain, le tapis rouge est déjà prêt sur les marches du palais et les lions dorés se dressent fièrement devant le temple du cinéma. Que le spectacle commence ! Il débutera dans la grande salle avec "Atonement" ("Expiation") de Joe Wright, en compétition, d'après le best-seller de Ian Mc Ewan. Après minuit, ce sera la projection d'une version restaurée et intégrale du célèbre "Pour une poignée de dollars" de Sergio Leone. Et ce soir, en avant-première à l'ouverture du festival, sur le campo San Polo, dans "l'arena" sous les étoiles, comme autrefois, une projection de "Gli uomini che mascalzoni", un film de Mario Camerini datant de 1932, l'année du premier festival.

27 août 2007

Un nouvel endroit chic et sophistiqué : le 947 Club



C'est un évènement. On en parlait depuis plusieurs mois et ça y est, la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre (à canon) : le Club 947 est ouvert. Un endroit ultra raffiné, chic sans être snob, sophistiqué sans mauvais goût vient de naître.
 
Situé au 4228 de Castello, sur le campo Santi Filippo e Giacomo, à deux pas de San Marco, l'établissement a tout pour plaire : ambiance chaleureuse et raffinée, une décoration classique dans les tons crème et rouge selon l'étage, mobilier glamour-chic très new yorkais (les vénitiens adorent New York), une cuisine sophistiquée à l'extrême. Rien à voir avec la pizzeria du coin au menu casalinga. Ambiance lounge pendant le repas avec la musique du Dj Matteo Rossi (alias Rougedish) et les performances de Micky Moi’s au piano et au violon.

Pourquoi ce nom ?
Le propriétaire, Max Costa, nous l'a expliqué lors de sa conférence de presse : en 1947, son père et son oncle ont ouvert la Conca d'oro, première pizzeria de Venise. Il y servaient une nourriture raffinée et "évènementielle" (la pizza au mètre c'est eux) et créèrent un cocktail à base de basilic et de vodka (Il Basiliquito"). 
C'est cet esprit qui a présidé à la création du Club 947. La cuisine se veut simple, vraie et tendance... Tout, jusqu'aux couverts, a été dessiné par Max Costa pour le nouvel établissement. Pour commencer, 500 cartes de membres ont été délivrées, puis ces membres feront rentrer d'autres membres qui partageront la philosophie des lieux. Mais c'est ouvert aussi aux non-membres, à condition de réserver et d'apprécier l'ultra-chic somme toute un peu décadent de notre XXIème siècle. Comme le dit Costa "cela va si bien à Venise finalement"...
Seulement sur réservation donc. Déjà complet pour de nombreuses semaines ! Pour tenter votre chance, envoyez un courriel à : club947@hotmail.it ou téléphonez à Giacomo Gervasutti au 347 4279658. Inauguration en septembre, nous vous raconterons.

25 août 2007

Les pâtes, festin de roi

Je ne sais si vous êtes comme nous, mais il n'y a rien que nous préférons à une bonne assiettée de pâtes cuites al dente dans de l'eau aillée et bien salée que je sers aussitôt prêtes avec du coulis de tomates, du parmesan fraîchement râpé, des tranches de tomates crues bien mûres et du basilic. Un filet d'huile d'olive et Lucullus dîne chez Lucullus. Parfois des anchois fraîches que je fais griller au four avec un peu d'huile simplement assaisonnées avec du tamari, un hachis d'ail de basilic et de persil viennent raffiner le plat; ou bien des petits morceaux de blanc de poulet dorés à la poêle, voire du jambon de San Daniele en lamelles qui cuit un peu au contact des pâtes bouillantes (comme les tomates d'ailleurs)... Les recettes sont nombreuses. Il faut avant tout que les ingrédients soient de très bonne qualité. Des pâtes faites avec des farines de haute tenue et ce ne sont pas forcément les marques les plus connues qui sont les meilleures.

Voici un autre exemple, que mes amis ont baptisé la Pasta Lorenzo :

Il vous faut des penne rigate (100% blé dur italien). 150g. de noix; 2 belles gousses d'ail frais, du bouillon de poule, du basilic frais, de la marjolaine, du romarin, huile d'olive, sel et poivre, parmesan frais.

Faire cuire les pâtes dans le bouillon dégraissé avec une gousse d'ail. Pendant que les pâtes cuisent, râper le parmesan, hacher les noix fraîches avec l'ail, le basilic, la marjolaine et le romarin. Faire chauffer du beurre dans de l'huile d'olive. Une fois le beurre fondu, ajouter le hachis. L'ail ne doit pas se colorer. Bien mélanger. ajouter le vin blanc et le jus du citron (ou bien seulement d'un demi-citron selon la taille du fruit).  Ajouter le poivre. Quand les pâtes sont cuites al dente, les égoutter  Les verser aussitôt dans la sauce et bien mélanger. Dresser aussitôt dans les asssiettes, en saupoudrant généreusement de parmesan et en ajoutant une ou deux feuilles de basilic.

Un délice dont vraiment nous ne nous lassons jamais. Et puis au délicat fumet qui se dégage de nos assiettes se mêle le parfum de nos journées italiennes, à Venise, Sorrente ou à Capri... Dans le sud justement, quand il fait bien chaud on sert la crudaiola, variante froide de la pastasciutta. Je tiens la recette d'une vieille cuisinière capriote qui aimait beaucoup me raconter la vie dans l'Ile il y a cinquante ans. Elle faisait une tarte aux pommes extraordinaire qu'elle servait comme au café de la Belle Carmelina avec un Lacrima Tiberio des Fratelli Brunetti à se damner.