02 novembre 2011

La foule

Un lecteur que j'avais aujourd'hui au téléphone me disait ce matin son désarroi devant les nombreux gros navires qui déversent chaque jour des milliers de visiteurs à Venise. la foule ainsi débarquée se rue vers San Marco et le Rialto, flot ininterrompu et désordonné de touristes pressés comme un ouragan. Comme mon amie Claire qui se rend régulièrement à Venise et à Murano pour ses affaires, revenue atterrée l'autre jour devant cette marée humaine débraillée et bruyante qui se répand à la vitesse d'un cheval au galop dans toutes les rues du centre historique. Personne ne put nier l'aberration de ce tourisme d'ultra-masse que personne ne semble contrôler. Mon interlocuteur s'interrogeait sur la responsabilité de la municipalité. Tout le monde a le droit de se rendre à Venise, sa beauté appartient à l'humanité toute entière mais comment ne pas s'interroger sur la finalité de ce mode de tourisme pendulaire à l'extrême qui ne permet pas de regarder mais permet au mieux d'avoir vu et de pouvoir le dire au retour à ceux qui ont déjà vu ou qui espèrent bientôt voir à leur tour... 


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8 commentaires: 

Micha Venaille a dit… 
Oui, moiau ssi j'ai des nouvelles de ces déversements de touristes par l'intermédiaire du site Facebook : Fuori le maxinavi dal bacino di San Marco, composé de Vénitiens très intéressants, dont Saverio Pastor, le " sculpteur " de forcole que vous connaissez certainement ou Matteo Secchi, je me demande comment ils font pour ne pas baisser les bras face à la puissance des armateurs quand le matin j'ouvre mon ordinateur et que je vois ce qu'ils ont devant leurs yeux, ces immenses paquebots (peut-on encore appeler paquebots ces monstrueux immeubles flottants ?) avec 3000 personnes à bord qui étouffent le canal, et que certains jours il y en a 3 ou 4 qui font débarquer leurs passagers en même temps dans la ville... Leurs débats avec la mairie n'avancent pas beaucoup mais ils ne se découragent pas. moi si. Et Costa annonce l'arrivée un paquebot encore plus grand, 3500 personnes, avec la promesse de partir de la plus belle ville qui soit : 
Venise. 02 novembre, 2011 

Robert M a dit… 
Il y aurait une solution : faire passer un examen d'entrée ! 
03 novembre, 2011 

Lorenzo a dit… 
D'une manière plus prosaïque, la municipalité avait pensé à un ticket d'entrée... Mais ne serait-ce pas s'engager officiellement vers la disneylandisation de Venise ? Nos amis de Venessia.com l'ont proclamé en organisant la fameuse opération Veniceland il y a quelques mois... 
04 novembre, 2011 

Sophie a dit… 
Hélas, cela me rappelle une conversation entendue dans le métro il y a quelques semaines, j'étais le nez dans un livre sur... Venise, deux personnes assises en face de moi cherchaient un lieu pour un voyage, le monsieur propose Venise, mes oreilles se tendent, et la dame répond : « ah non ! Venise je connais très bien, j'y suis allée trois jours, j'ai tout vu !!!! » Je suis resté sidéré, depuis des années je fais trois séjours par an à Venise et je n'estime pas en connaître le quart ! 
06 novembre, 2011 

Tietie007 a dit… 
Heureusement que la foule se concentre à deux, trois endroits ! Il y a encore plein de lieux déserts, à Venise. 
 15 novembre, 2011 

Christel a dit… 
Tout d'abord merci pour vos écrits. Ils décrivent si bien la Venise qui m'a éblouie. Je ne l'ai pas très souvent visitée, mais la dernière fois c'était pour le mariage d'amis, qui avaient décidé de noces intimes en décembre 2007. Nous nous sommes donc retrouvés une dizaine, pour une semaine à San Pietro . Nos appartements, le marché de la via Garibaldi, le café du campo de Ruga, la température "polaire", la neige dans le jardin sont restés gravés dans nos esprits à jamais. Une ville sans touristes pour les touristes que nous étions. Jusqu'au soir de la Saint Sylvestre où nous nous sommes rendus à San Marco. Et là… horreur ! Je me suis même demandée si le sol n'allait pas se dérober sous nos pieds avec tous ces gens qui bondissaient partout. Il est vrai que cette ville mérite mieux qu'une "muséification", mais quelle est la vraie solution ? En attendant je ne désespère pas de retourner poser mes valises à San Pietro. 
13 décembre, 2011 

Christel a dit… 
Mais pourquoi mon commentaire apparaît trois fois ? 
C'est pas de ma faute, promis, juré ! 
19 décembre, 2011 

Lorenzo a dit… cela arrive et même trois fois identiques, c'est un plaisir d'avoir votre commentaire ! 
Bonne semaine. 
 20 décembre, 2011

30 octobre 2011

C'est une histoire qu'on a peine à croire et qui fait froid dans le dos. Bien sur, nous savons tous que les commères et de nombreux esprits faibles, de tout temps ont aimé colporter des rumeurs fantasmagoriques et se faire peur. Venise est une ville où le surnaturel est à l'aise. Entre les mythes et la réalité, il y a le plus souvent bien plus que la largeur du grand canal. Mais pourtant, parfois... Fait réel et avéré, tout droit sortie des rapports de police et des journaux vénitiens de l'époque, l'histoire du campo san Boldo laisse pantois. Mais lisez plutôt.

Quand Tullio Gioppo se rendit à la questure ce matin de juillet 1929, il ne savait pas que la malheureuse affaire qui l'amenait sur la Fondamenta San Lorenzo ferait la une de tous les quotidiens de la ville. Agacé par une mésaventure qu'il ne comprenait pas, il venait déposer plainte pour des troubles de voisinage. Chaque jour depuis plusieurs jours des pluies de pierraille s'abattaient sur la maison qu'il occupait à Santa Croce, sur le campo San Boldo avec sa femme et ses deux enfants. Venu de Toscane, le sieur Gioppo âgé de cinquante-sept ans (il était né à Florence en 1872) n'est pas homme à s'en laisser compter. On sait peu de chose sur lui. Son nom apparait sur les liste du bureau de recrutement de Venise où il est inscrit comme élève sergent au 54e bataillon d'Infanterie. On apprend aussi que son père Pietro Gioppo, était ingénieur et que sa mère se nommait Adalgisa Brandani.
Ce florentin avait d'abord pensé à des plaisantins du quartier qui se moquaient souvent de l'accent de ses enfants. pour les petits vénitiens, la pureté de la prononciation toscane - qui est à l'italien ce qu'est la manière de parler angevine au français - est objet de moquerie.

De tout temps la différence attire les quolibets et la haine des esprits simples et obtus. Mais, même en surveillant depuis la fenêtre de son salon ou celle de la chambre, les persiennes tirées pour ne pas être vu, il n'a pu trouver le ou les lanceurs de pierre. Peu à peu l'affaire a pris des proportions très dérangeantes : des vitres brisées, la porte de l'immeuble endommagée, sa femme et un de ses enfants touchés par ces jets de pierre. Heureusement à chaque fois, plus de peur que de mal, les cailloux ne blessèrent jamais personne. Mais ce n'était pas une raison.

Dans la Nouvelle Italie (nous sommes l'été de l'An VII de l'ère fasciste), on ne plaisante pas avec la loi et la sécurité. L'affaire est prise au sérieux à la questure, au point que l'on envoie plusieurs policiers pour surveiller les lieux et arrêter les coupables. Jour et nuit, les équipes se relaient afin de surprendre les voyous qui s'en prennent avec autant d'acharnement à la famille Gioppo. Mais, malgré leurs efforts, cela ne servit à rien et ils ne purent trouver les coupables. On affirma que els pierres qui parfois tombèrent sur madame Gioppo ou sur ses enfants, ne les blessèrent jamais. Il apparut même que l'impact ne faisait jamais mal en dépit de la taille des cailloux et des morceaux de briques.

Selon les articles parus alors dans la Gazzetta di Venezia, la police fasciste parvint seulement à maintenir à distance la foule de badauds qui venaient voir chaque soir la pluie de pierres tomber sur la maison de la pauvre famille toscane… Comme le précise le rapport de l'officier de police chargé de l'enquête dont la Gazette se faisait l'écho : "la pluie de pierres semblait tomber du ciel"... Dans les derniers jours du mois d'août, un témoin certifia que des trous apparaissaient sur le mur qui entourait la maison puis se refermaient. C'était depuis ce mur que les pierres étaient lancées d'après l'enquête de la police. Mais on ne trouvait toujours pas qui les lançait… Puis l'automne arriva, et le phénomène s'arrêta.


Finalement tout le monde se rendit à l'évidence : Il n'y avait aucune explication logique et la présence à plusieurs reprises de policiers et de témoins de chaque côté du mur, sur le campo et dans la maison des victimes le confirma, on voyait les pierres jaillir mais personne ne les lançait… On déclara avec beaucoup de sérieux qu'il s'agissait d'un phénomène de Poltergeist, en d'autres termes, d'une manifestation d'esprit frappeur. L'histoire ne dit pas ce qu'est devenue la famille Gioppo. Quant à l'affaire, laissons à chaque lecteur conclusion et interprétation.





Cette histoire
est magistralement racontée par
Gianni Nosenghi dans son ouvrage
"Il grande libro dei misteri di Venezia risolti e irrisolti".
Éditions. Newton-Compton
2010
J@M a dit…

Nota:
L'histoire est aussi racontée par Alberto Toso Fei dans VENEZIAENIGMA
2008 Editions Elzeviro

Lorenzo a dit…

J'oubliais effectivement cet ouvrage de mon ami Alberto. Merci de ce rappel !

20 octobre 2011

Du côté de Santa croce


4 commentaires:

Maïté a dit…

Buon compleanno ! Buona giornata !
A presto !

Coco a dit…

Buon compleanno Lorenzo !

venise a dit…

Joyeux anniversaire Lorenzo :) l'idéal aurait été de le fêter à Venise sans doute !

Lorenzo a dit…

Merci beaucoup à vous !

19 octobre 2011

Quand la nuit envahit la ville…

Qui ne s'est jamais promené la nuit sans but précis ne peut prétendre connaître Venise. Il faut sortir marcher, après dîner, en ayant si possible pris du plaisir à la nourriture servie. Que le vin égaie votre esprit. Alors, d'humeur joyeuse ou un brin nostalgique, laissez vous porter par vos pas.

Allez droit devant, sans hâte et seul. C.S. Lewis, l'auteur du magnifique Narnia, disait dans «Surpris par la joie» combien il est difficile de se promener en compagnie de quelqu'un. Tellement rare sont les compagnons d'errance qui voient instantanément les mêmes choses que nous et s'en émerveille au même moment. Rare celui ou celle qui sait avancer en silence et communiquer dans une même harmonie. Si vous ne pouvez trouver ce parfait complice dans votre entourage, partez seul à la rencontre de la Venise nocturne. Mais prenez garde et prévenez votre monde, vous pourrez peut-être en avoir pour la nuit entière ! 


Cette sensation unique, je l'ai ressenti la première fois alors que je n'avais pas quinze ans. Nous logions avec mes parents au Londra, sur les Schiavoni. Après le dîner, un soir, j'avais eu l'autorisation de sortir seul. J'ai marché vers San Marco puis contournant le palais épiscopal, je suis allé vers San Giovanni e Paolo, puis vers l'arsenal pour revenir par la fondamenta qui mène à l'hôtel. Deux heures dont j'ai encore en moi la marque. J'ai souvent erré depuis dans les rues la nuit et parfois, sur les canaux quand la barque éclairée d'une simple lanterne, glissait presque au hasard de l'aviron. 

Connaissez-vous Joseph Bodin de Boismortier, ce compositeur français du XVIIIème siècle ? Il a écrit de merveilleuses pièces notamment pour flûte. C'est cette musique là qui illustre le mieux la nuit vénitienne. N'emportez pas avec vous Mahler ni Wagner, sauf si vous êtes de ceux dont l'humeur romantico-romanesque aime à entretenir un secret et délectable désespoir. Peut-être des pièces religieuses de Vivaldi (j'écoutais souvent dans mes périples nocturnes le gloria et le magnificat du Prêtre roux) ou des motets de Monteverdi. Mais pour apprécier le silence plein de rumeurs qui caractérise la nuit à Venise, la flûte de Boismortier est parfaite. 

Partez du restaurant, raccompagnez la femme (l'homme) que vous aimez, vos amis, à l'hôtel. Rassurez-les en expliquant que tout va bien mais que vous avez envie de prendre un peu l'air en solitaire et partez. 

Vous marcherez au hasard, en suivant les itinéraires que vous avez repéré dans la journée. Rien ne sera pareil. la calle del XXII marzo ou les Mercerie n'ont plus rien à voir quand la nuit est tombée et les rideaux des boutiques sont baissés. Chaque campo est comme une scène de théâtre abandonnée sous les projecteurs encore allumés. 

Un garçon de café balaie une terrasse et range les chaises, plus loin un vigile vérifie que tout est en ordre sur son chemin. Un chien errant renifle poubelles et réverbères. Des petits groupes vous croisent. certains discutent sur un pas de porte. Parfois des rires ou les bribes de conversation descendent vers vous d'une fenêtre ouverte. Le boulanger met son pain au four et une odeur délicieuse vous chatouille les narines. Des marches, un pont, le bruissement de l'eau contre un bateau amarré et toujours le martèlement de vos pas sur les dalles des rues. 

U
n autre campo, puis un autre encore, un sottoportego un peu sombre qui vous fait frissonner trente secondes, de longues ruelles prises entre de hauts murs qui semblent être le corridor silencieux et humide d'une maison abandonnée, puis une église, un puits, des marches encore qui s'ouvrent sur une grande salle déserte : le campo du théâtre. Une treille, le péristyle de la Fenice, avec quelques buveurs invétérés, assis sur l'escalier. Leurs voix qui résonnent et vous suivent longtemps après que vous ayez quitté le campo... Soudain un cul de sac. «Acqua, acqua» vous aurait crié une vieille femme du haut de son balcon. Là, le silence amplifie votre surprise. Personne. Peut-être un chat effrayé qui vous toisera avant de se glisser entre les grilles d'un magazzino. L'air se fera plus vif, la nuit sera bien avancée. 

Par une trouée entre deux immeubles, vous apercevrez des bateaux au loin qui laisseront une trace blanche comme argentée sur l'eau de la lagune. A l'horizon, la masse noire du cimetière San Michele et les lumières éclairant les chenaux qui mènent à Mazzorbo ou à Torcello : les Fondamente Nuove désertes s'offrent à vous. Vous resterez là un long moment. 

Si vous fumez la pipe, je recommande le pont qui fait face au Palais qu'habitait la mère de Casanova, ce pont où il fut arrêté en revenant de chez le Comte Bragadin, son protecteur. Face à la lagune, battu par les courant d'air du Nord, c'est un endroit magique. Paisible aussi. Derrière vous, l'hôpital et le campo Zanipolo avec la fière statue du Colleone... Je pourrais décrire ainsi des dizaines et des dizaines de lieux merveilleux à toute heure du jour mais particulièrement fascinants en pleine nuit, car ils sont alors à vous qui les contemplez dans le silence et la confidentialité de la nuit. 

Un autre bonheur - un des miens en tout cas - c'est le brouillard, l'incroyable brouillard qui les soirs d'hiver se répand parfois sur la ville. Il transforme tout et se frayer un chemin, même sur les lieux habituels connus par cœur, devient presque impossible. Parfois même votre seul mouvement crée une sorte de tunnel qui demeure ainsi ouvert jusqu'à ce que vous repassiez au même endroit. J'ai le souvenir d'un matin à Cannaregio, près du Ghetto. J'allais chercher des croissants et le journal. 
Entre la porte de l'immeuble où j'habitais et le kiosque, voisin de la boulangerie, il y avait deux cent mètres à peine. Un mur de coton semblait avoir été dressé devant moi et à chaque pas, m'enfonçant dans cette matière impalpable, je creusais comme un passage. Et à ma grande surprise, sur le chemin du retour, cette ouverture était toujours là, se refermant peu à peu derrière moi... Sensation très particulière je vous l'assure. Brodsky en a bien mieux parlé que moi dans un de ses livres. Je chercherais la page. Bonne promenade.


Cet article est la Reprise d'un billet paru sur ce septembre 2006

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11 commentaires: 

Les Idées Heureuses a dit… 
"La lumière veille quand les passants désertent la scène à la gloire de la nuit." Michel Ménaché 

20 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Belle citation. 
Merci de nous la faire partager. 

20 octobre, 2011 

Murissa Maurice a dit… 
Merci pour partager! 
Quand j'etais dans Venise l'anne derniere j'ai tombe en amour avec l'histoire, le vin, la nuit, mais je regrete quand j'ai manque le Ghetto. Je lit une livre qui s'appelle "The Midwife of Venice" par Roberta Rich. C'est magique et parle d'une femme de la 15e siecle. Elle est juif et tombe dans la trouble tres grave avec les Chrestiens et les regles contre les juifs. C'est tres interesant. Je m'excuse pour mes erreurs! Je suis Anglais, mais je sais un peux de Francaise Canadienne. 
The Wanderfull Traveler 

 20 octobre, 2011 

ytaba36 a dit… 
You have painted such a compelling picture of a solitary walk in Venice at night. I can hardly wait to see if I can produce a 'tunnel' in the fog, this winter. 
 Yvonne 

 21 octobre, 2011 

Mr Mustard a dit… 
j'aime beaucoup ces photos seul dommage : elles sont trop petites 

 21 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Il suffit de cliquer dessus pour les agrandir dans une nouvelle fenêtre. Mais effectivement, pour ne pas endommager la qualité de la vue, elles sont enregistrées en réduction. A l'époque de ce billet (déjà édité dans le blog il y a quelques années), je ne manipulais pas encore très bien les outils de blogger. 

21 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Les photos sur votre blog sont magnifiques. 

 21 octobre, 2011 

Anonyme a dit… 
De quoi plonger dans de beaux rêves ! Merci, Lorenzo. Je pars à Venise le 9 novembre, entre San Martino et la Festa della Salute, deux petits moments de bonheur. 
Fidèlement Gabriella 

 21 octobre, 2011 

Anonyme a dit…
De quoi plonger dans de beaux rêves ! Merci, Lorenzo. Je pars à Venise le 9 novembre, entre San Martino et la Festa della Salute, deux petits moments de bonheur. 
Fidèlement Gabriella 

21 octobre, 2011 

Douille a dit… 
Je dois avouer qu'il y a 2-3ans, je suis allé me prendre une vodka-Martini au Hilton... Ces gens sont des malades... En fait le shaker est rincé au Martini et on te sert une vodka quasi-pure dans un grand verre à cocktail, elle juste parfumée au Martini... Purée, le retour fut dur... 
Mais ça permet de voir la ville autrement! :D 

22 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Je peux l'imaginer. 

 24 octobre, 2011

17 octobre 2011

Une heure de ton temps

[ Billet retrouvé 
par un lecteur fidèle et assidu 
qui nous fait l'honneur 
de suivre Tramezzinimag depuis 2005 
et nous croyait disparu. 
Joie de lire son courriel et de découvrir les liens conservés. 
Je reproduis cette publication à l'identique et adresse à cet ami lointain 
un chaleureux Merci !]

17 octobre 2011

Une heure de ton temps.

Giacomo a cinq ans. Une petite bouille mignonne qui fait fondre toutes les maîtresses de l'école maternelle Diego Valeri, sur la fondamenta du rio Brati à Dorsoduro. Son papa travaille dans une agence de voyage près de la stazione. Ce soir, le petit garçon est devant la porte du palazzo où vit sa famille. il attend son père. La nuit tombe déjà quand il aperçoit enfin une silhouette déboucher du sottoportego. "C'est lui, c'est papa", se dit-il joyeusement. Le père est sorti tard de l'agence. Il est fatigué, énervé aussi, rempli de lassitude et de frustration liées à son travail et à ses collègues.
- Depuis combien de temps es-tu là ?" demanda le père en le voyant devant la porte de l'immeuble.
- Seulement depuis une heure papa." répondit timidement le petit.
- Combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? Je veux qu'après dîner tu ailles te coucher" grogna le père.
- Mais papa, j'attendais que tu reviennes c'est pour ça que je ne suis pas couché !"
- Hmm" grommela le père pressé de rentrer pour se reposer de sa journée. Il se dirigea vers le hall de l'immeuble. L'enfant le suivit, en se faufilant pour rester à ses côtés.
- Papa, est-ce que je peux te poser une question ?
- Oui bien sur" répondit le père qui avait pris son fils par l'épaule et marchait vers l'escalier qui menait chez eux, "de quoi s'agit-il ?"
- Tu es payé combien pour une heure de travail ?" lança l'enfant en levant son joli regard vers son père. Surpris et agacé, celui-ci répliqua avec brusquerie, "Ce ne sont pas tes affaires. Pourquoi cette question ?"
- Je voulais juste savoir. Allez, dis -moi papa !" insista l'enfant tandis qu'ils pénétraient dans l'appartement.
- Je ne sais pas moi, disons 15 euros de l'heure" finit par répondre le père en posant ses affaires sur le canapé du couloir.
- Ah!" lâcha l'enfant en baissant la tête. Il resta un instant silencieux, puis il demanda : "Et si on te donnait davantage, tu ferais un autre travail ?"
- Oui peut-être" répondit le père, agacé par les paroles de l'enfant qui rejoignaient ses préoccupations du moment. Après avoir profondément respiré, le petit ajouta : "Est ce que tu peux me donner 10 euros, papa ?"
- Alors tu me poses toutes ces questions et tu m'attendais dehors au lieu d'aller te coucher seulement pour que je te donne de l'argent ! Juste pour t'acheter encore une de ces bêtises de chez Petenello! Va te coucher immédiatement"
gronda-t-il en montrant du doigt la porte de la chambre de l'enfant.
Le petit embrassa sa mère, puis son père qui s'était mis à table, et alla dans sa chambre. Il ferma la porte doucement, grimpa dans son lit, attrapa sa peluche préférée qu'il colla contre lui, et éteignit la lumière. Il cherchait encore son sommeil quand son père entra. S'approchant du lit, il demanda doucement à l'enfant : "Est-ce que tu dors, mon fils ?"
- Non papa"
répondit l'enfant.
- Tu sais, j'ai eu une rude journée au bureau. J'ai été un peu dur avec toi tout à l'heure... J' étais énervé."
En s'asseyant sur le rebord du lit, il caressa le front du petit bonhomme qui se redressa, se laissant un peu aller sous la main du père, comme un jeune chiot qu'on caresse. "C'est toi qui a pris, j'en suis désolé. Tiens, mon grand, voici les 10 euros que tu voulais."
- Oh merci papa !"
s'écria l'enfant. Il fureta sous son oreiller et en retira un porte-monnaie. En l'ouvrant, le père aperçut un billet de 10 euros. De nouveau en colère, il hurla : "Mais tu es incroyable ! Tu as déjà de l'argent et tu m'en redemandes ! Qu'est ce que cela veut dire ? "
- Et bien, maintenant que j'ai 20 euros, je voudrais t'acheter une heure de ton temps, papa !"
lança l'enfant, le regard brillant et les mains tremblantes. "S'il te plait, tu viendras plus tôt demain. Nous dînerons ensemble et je te montrerai les dessins que j'ai fait à l'école."

Photographie © Servane Pauchenne - 2009

4 commentaires:

ytaba36 a dit…

That was a lovely, warm story!

Yvonne

Veneziamia a dit…

Quelle belle histoire. Les enfants sont souvent nos maîtres !

christophe a dit…

Emouvant dialogue. C'est incroyable combien vous savez rendre visible les situations et les attitudes. notre atelier d'écriture travaille sur l'émotion. Nous avons déjà utilisé certains de vos billets.
Christophe

Lorenzo a dit…

Merci Christophe, je suis flatté !


14 octobre 2011

Bonne nouvelle !

Le service de presse de la municipalité de Venise vient d'annoncer que les épouvantables publiciés géantes qui cachent les échafaudages entourant le plaias des doges et les Prisons vont être démontées. Le public va pouvoir enfin revoir les façades restaurées et nettoyées. une bonne nouvelle pour tous !

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Enfin une bonne nouvelle, de plus très symbolique je trouve. Souhaitons que ce soit le début d'une série dans le même esprit.
Merci de nous en avoir fait part.
Soazig

Veneziamia a dit…

Ouf, quelle bonne nouvelle, d'autant plus que nous serons à Venise au printemps prochain !
Merci de nous avoir passé le message.
Françoise

ytaba36 a dit…

Hurray!

Yvonne

Maïté a dit…

Une bonne chose en effet ; bonne fin de semaine, a presto !

anita a dit…

...autre bonne nouvelle ....peut-être ? le Thello : sera-t-il plus "avenant" que l'autre ?????

Lorenzo a dit…

Anita, vous me donnez l'occasion d'annoncer un prochain billet consacré à cette nouvelle société italo-française qui va remplacer Artesia.

Pour commencer la journée

Venise et l'Amour. Un lien qui remonte à des siècles et n'a pas toujours eu la même signification. De la licence entretenue par les somptueuses courtisanes qui attiraient les chauds lapins de toute l'Europe au nom de la raison d’État, à la vision romantique d'une promenade en gondole au clair de lune, en passant pas les frasques du fringant Giacomo Casanova, chevalier de Seingalt… Il y aurait beaucoup à écrire et certains s'y sont aventurés. Mais l'amour c'est la vie et tant qu'il se manifeste à Venise, Venise vit. 

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 1 commentaire: 

Douille a dit… 

J'ai demandé ma femme en mariage à Venise sur le balcon de la cathédrale Saint Marc… Qui peut en dire autant??? 

29 octobre, 2011