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Articles

Nous ne serons jamais seuls !

Une fois n'est pas coutume, un son d'aujourd'hui destiné aux jeunes filles en fleur et aux jeunes garçons en ébullition qui seront demain à notre place, diffusé sur TraMeZziniMag. Ceux qui entendent l'anglais comprendront vite : Never be alone, n'être jamais seul... C'est ce que proclame Shawn Mendes, ce jeune chanteur canadien bourré de talent. Des paroles découvertes au moment où je rédigeais l'appel que nous venons de publier, préambule au lancement effectif, matériel, palpable de ce projet éditorial médité depuis 2010 et, timidement, initié avec la publication de Venise, l'hiver et l'été, de près et de loin... Pas de hasard, ce " tu ne seras jamais seul" : on a beau le savoir, cela fait du bien de l'entendre à la radio au moment où on décide de sortir de sa zone de confort pour démarrer, vraiment, une nouvelle aventure. Se savoir porté, sentir avec plus ou moins d'acuité, que c'est la bonne voie, le bon choix et se jeter à …
Articles récents

Editions Tramezzinimag : et si nous lancions la machine tous ensemble ?

Variations en guise d'avant-propos. Il y a quelques semaines, j'étais assis à une terrasse en train de lire Le Gazzettino quand le non de TraMezZiniMag fut prononcé. Bien évidemment je dressais l'oreille, cherchant en même temps à me cacher derrière les feuillets bien pratiques du quotidien vénitien qui ne fois déployés devaient me faire ressembler à l'inspecteur Clouzot cherchant à passer inaperçu. En réalité, j'étais installé sur une table haute, devant l'une des fenêtres du bar largement ouvertes sur la rue et les deux dames qui venaient de mentionner le sésame qui ouvrit ma curiosité étaient installées un peu plus loin en contrebas de ma place. 
Elles ne pouvaient me voir, assises à l'angle de la terrasse et ne devaient apercevoir tout au plus qu'un pan du journal avec derrière un homme en train de le lire. Il y avait du bruit dans le café. Je ne parvenais pas à tout bien entendre. Les deux dames parlaient français. l'une dit à l'autre : "…

Lectures, considérations diverses et cousinage...

Lire le dernier Joël Dicker à l'ombre d'une glycine centenaire avec comme fonds sonore le pépiement des oiseaux, un ciel bleu sans nuage. Une douce paix comme je les aime. Bien sûr, il est encore très tôt. les touristes ne sont pas encore levés ; certains entament leur petit-déjeuner, les pendulaires s'excitent à l'approche du pont. Celui de leur liberté et notre aliénation. Bientôt l'été, la plage, le silence de la mer à l'aube ou au crépuscule quand tous s'en sont allés.. Mille rêveries qui me prennent soudain à l'ombre de la vieille glycine...

Joël Dicker, jeune auteur talentueux qui a l'âge de ma fille aînée, m'agace un peu. Non pas parce qu'il semble éructer avec tellement de facilité plusieurs centaines de pages sans jamais lasser le lecteur, non pas parce qu'il a réellement du talent. un vrai talent fait d'une maîtrise de la langue, d'une imagination polymorphe, d'un enthousiasme et d'une énergie incommensurables. O…

Venise en avril : su et zo i ponti, fleurs de ciment et autres promenades

On peut à Venise se contenter d'errer le nez au vent de San Marco au Rialto, de la pointe de la douane aux confins des Fondamente Nuove et se sentir loin de la vie habituelle, loin du monde courant et oublier tout le reste. C'est agréable certes, et beaucoup s'en satisfont, mais c'est assez réducteur pour cette ville unique au monde. Y vivre est un bonheur qui se paye. 

Aucune allusion aux prix pratiqués par les commerces et restaurants chinois - et s'il n'y avait que dans ces lieux-là... - mais aux difficultés rencontrées pour trouver du pain frais, des lacets de chaussure ou du dentifrice. Capable d'abriter plus de 100.000 habitants, Venise fut jusqu'à récemment dotée de toutes les facilités nécessaires à la vie quotidienne, des commerces de proximité à foison, des écoles, des crèches, des hôpitaux. On y vivait mieux qu'ailleurs car sans le stress du trafic automobile et dans un décor unique au monde, entouré d'eau comme dans une matrice. L'…

Et si montrer le beau devenait criminel ?

30 millions de touristes par an à Venise, cela fait un peu plus de 558 visiteurs pour un habitant (si nous nous en tenons au chiffre déjà dépassé de 53. 672 habitants rescapés de la grande hémorragie vers la terraferma). Imaginons la scène, cauchemardesque, de 535 personnes qui envahissent le salon de cette vieille dame, le chat effrayé qui se jette par la fenêtre dans l'eau du canal voisin, la pauvre vénitienne qui suffoque et les touristes qui braillent, remuent dans tous les sens, laissent papiers gras et canettes vides sur les napperons en dentelle... Pire encore, pensez à un vaporetto un matin avec seulement quatre passagers et soudain arrivent en se bousculant  2.140 touristes armés de leur sac à dos et de leurs téléphones fixés sur les perches que leur ont vendu les vendeurs clandestins, habiles et souples bengalis qui eux aussi dont tendance à se démultiplier ces dernières années partout dans le centro storico (on en recensait 2379 en 2014 . L'enfer de Dante en pire...…

Un adagio pour accompagner la douce lenteur d'un dimanche...

Je ne sais pas vous, mais sauf à de rares occasions, fêtes carillonnées ou retrouvailles familiales, le dimanche reste toujours pour moi un moment privilégié, une pause dans un quotidien dont le rythme ne nous appartient pas toujours. L'Ancien Testament nous rappelle que Dieu, satisfait - et fatigué - par sa Création, se reposa la septième jour. Avec un pareil exemple, comment oser courir, s'exciter, s'éparpiller ce jour-là aussi ? Le jour du Seigneur, quelle jolie formule. Le dimanche est bien un jour spécial. 

Même sans plus aucune obligation professionnelle, sans les contraintes de temps et de résultats d'avant, il m'aura fallu des années pour oublier cette sensation terrible du dimanche soir, ce frisson de dépit et de tristesse à l'idée de devoir reprendre le collier dès le jour suivant. Tous ceux que la retraite - mais non le retrait - a délivré d'un quotidien d'obligations ont savouré ce moment où, enfin, chaque jour pouvait être comme un dimanche.…

Tu seras un homme mon fils...

Une (fidèle) lectrice me demandait il y a quelques jours pourquoi toutes ces modifications dans la présentation de notre TraMeZziniMag. Elle n'avait pas eu vent des mésaventures ubuesques qui effacèrent de par la volonté d'un robot programmé pour n'être qu'imbécile à l'image de l'état d'esprit Trumpinesque (pardonnez le mot tout aussi grotesque que le chef de l’Exécutif yankee) qui prévaut depuis quelques mois dans l'administration américaine, déteint dans la gouvernance des Big Brothers qui dominent désormais le monde et notre mode de communiquer et tend à se répandre dans l'esprit dangereusement obtus des nouveaux dirigeants des pays encore libres (mais n'est-ce pas qu'une apparence trompeuse et pour combien de temps ?) dont le nôtre et, il y a de fortes chances, bientôt l'Italie. Bref le blog vieux de douze ans et riche de plusieurs milliers de billets et qui comptait par dizaines de milliers ses lecteurs hebdomadaires et possédait un…

Projection publique : The Venetian Dilemma

Réalisé en 2004, un documentaire présentait au monde une image inédite de Venise face à un tourisme de masse dont la croissance exponentielle n'échappait déjà à personne. Il y avait les gens avisés qui mettaient face à face la diminution de plus en plus rapide de la population vivant dans le centre historique et les affairistes au pouvoir qui prétendaient moderniser la ville pour la redynamiser et la faire entrer dans le monde de demain. 
C'est l'époque où on parlait d'un métro souterrain pour permettre une liaison entre l'aéroport et l'Arsenal en 7 minutes, mettant Venise à 80 minutes de Paris par exemple. Les élus qui se frottaient d'avance les mains parlaient de 5.000 créations d'emploi dans des secteurs de pointe. L'époque où la municipalité, alors propriétaire des 2/3 du parc immobilier du centre historique, s'empressait, quand des locataires âgés quittaient leur logement, de faire briser à coup de masse les tuyauteries et les installations …

Aux vénitiens la politesse

Voilà un document oublié qui rend aux vénitiens la priorité sur toutes les entités officielles ou non qui cherchent à "éduquer" les touristes mal élevés qui, l'été le plus souvent, se laissent aller et se répandent dans le centre historique comme une coulée liquide, mélange de soda, de sueur et de méprise sur l'endroit où ils débarquent, une sorte de junk place avec de la junk food, des commodités, de l'ombre et de la pacotille bon marché qu'ils ramènent en souvenir, pressés de tout voir avant la fermeture de ce parc d'attraction où les figurants sont renfrognés et bien impatients. Les esprits chagrins verront dans le texte de l'affiche des remugles d'une bien mauvaise époque pour l'humanité, quand on chuchotait que les murs avaient des oreilles, que l'ennemi partout veille et que tout un peuple était assimilé à travers le monde comme un ramassis de parias dangereux responsable du malheurs de tous.
Traduction de ce manifesto de la célèbre C…

Une âme et des ailes...

Je ne sais plus qui a écrit que lorsque nous sommes sur n'importe quelle place en Italie, c'est comme si un orchestre se mettait à jouer. J'ai toujours cette sensation lorsque j'arpente les rues de Venise. Monteverdi, Vivaldi, Caldarà, Marcello bien sûr,  mais d'autres musiques encore surgissent au détour du chemin, surtout la nuit ou le matin tôt...

La musique illustre ou oriente ma rêverie selon mon humeur mais avant tout selon les lieux. A l'inverse, je ne puis entendre certains airs sans penser aussitôt à Venise. L'encouragement et le réconfort de la musique renforcent l'exaltation qui me prend quand je vais à travers la ville, que mon pas soit celui du promeneur, ou d'un homme pressé. "La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée" a écrit Platon. Elle habite et embellit l'errance.
La voix de l'anglais Tim Mead et les instrumentistes de l'ensemble Nuova Musica qui interprétent l'aria Vergnügte Ruh de la C…