02 janvier 2020

Paraît qu'à Venise...: Moi, les gros bateaux, je ne peux pas les encadrer...

Vu sur le site de J@M, Paraît qu'à Venise... ce clin d’œil savoureux sur une idée de liliforcole, autre ami et fidèle lecteur, membre de notre vieille confrérie des Fous de Venise. Si vous ne connaissez pas encore le site "Paraît qu'à Venise" né en 2011, abonnez-vous, sa vision décalée de Venise et de sa lagune, vaut souvent le détour.

"Venice in oil" de Bansky (reprise de FB), sur une idée de Liliforcole / © J@M - 2019.

01 janvier 2020

Capodanno 2019


TraMeZziniMag souhaite à ses lecteurs 
et à leur famille ses meilleurs vœux pour 2020.
Que cette nouvelle année soit pleine de joie et de bonheur !

30 décembre 2019

Les variétés de pigeons à Venise. Réflexions pour servir à un inventaire

Monet et sa seconde épouse Alice Hoschedé
N'est-il rien de plus agaçant qu'un pigeon ? Tout le monde apprécie les petits moineaux, ces petites créatures qui semblent toujours joyeuses, qui volètent joyeusement et pépient à longueur de journée exprimant une joie de vivre contagieuse. Mais les pigeons qui du ras du sol semblent toiser les humains, persuadés de leur irrésistible beauté, imbus d'une supériorité dont ils sont seuls à avoir conscience, nous sommes nombreux à s'en agacer. Venise et les pigeons. Une image d’Épinal passablement éculée. Ce volatile plein de vices s'emploie à pourrir les moindres rebords des édifices, sans aucun respect pour la splendeur des monuments, qu'ils savent transformer en quelques mois en un amas de fumier qui les fait roucouler de plaisir. On les a donc chassés de la Piazza - ou du moins on a essayé - et ils sont enfin moins nombreux. Plus question de les nourrir et du coup, plus question non plus de se faire photographier avec quelques spécimens sur la tête, les épaules ou les mains. Alice Hoschedé, la seconde madame Monet, ne pourrait plus poser comme elle le fait sur la photo.


Cela me rappelle une anecdote qu'on m'a un jour raconté. Un ami de la famille, surnommé Cab, artiste bohème, très ami de mon arrière grand-mère et de ses sœurs, se rendait très souvent en Italie. Il fit un séjour dans les années 20 - ou bien peut-être était-ce avant la première guerre mondiale - avec deux frères d'origine suisse, jeunes auteurs rencontrés chez les Flammarion où il était illustrateur. Les jeunes gens ont le regard aiguisé et les commentaires acerbes comme souvent les voyageurs aisés et cultivés qui arpentaient les hauts-lieux de l'art en Europe. Cab fit beaucoup de dessins et écrivit de nombreuses lettres. Max et Alex Fischer firent de leur séjour à Venise cette année-là un charmant petit ouvrage, les notes de leur journal de voyage.

Il s'agit d'un photographe qui opère en plein air... Nous sommes sur la Piazza où tous les touristes déjà se devaient de passer pour se montrer, par un après-midi ensoleillé, en dépit d'un début de journée tout en grisaille. L'été touche à sa fin, partout les glycines se mêlent aux lilas, persistant à répandre sur toute la ville un délicieux et entêtant parfum. Nos jeunes messieurs, attablés à la terrasse de Lavena, observent le palcoscenico. A cet endroit, comme aussi sur la Piazzetta, au marché du Rialto le matin et à l'arrivée des trains à Santa Lucia, le spectacle est quasi permanent. Un même décor pour des scènes à chaque fois différentes. Comme dans la Commedia dell'Arte, le canevas est souvent identique, les protagonistes changent, mais "the show is going all again and again". Il fait beau. Les badauds passent, s'attardant devant les vitrines des boutiques, admirent les mosaïques sur la façade de la basilique que le soleil fait briller comme une chasse couverte d'or et de pierreries. Un photographe a installé son attirail à deux pas du Café. Son appareil posé sur le châssis avec le lourd rideau de toile noire, son enseigne de bois peint à ses pieds posée contre un grand sac de cuir un peu fatigué. L'homme n'est plus tout jeune. Il porte une blouse verte et un chapeau pointu en feutre clair qui le font ressembler à ces paysans que l'on voit sur les toiles des Macchiaioli, ces peintres qui initièrent la peinture italienne moderne. Il a la peau hâlée, une large moustache, une barbe de quelques jours et des cheveux en bataille sous son feutre. L'homme interpelle les passants dans un français approximatif. La pancarte écrite dans la langue de Molière, mais aussi en italien et en allemand, annonce la couleur :
Faites-vous photographier ! Ressemblance garantie !
Retouches possibles avec supplément
15 Lires seulement les six cartes,
(20 Lires avec les pigeons)
Les couples passent et le frôlent sans s'arrêter, des enfants regardent l'imposante machine aux cuivres rutilants. Quelques volatiles tournent autour de sa sacoche, certainement attirés par le sac de grain qui permet d'attirer les volatiles pour la photographie. L'orchestre a repris son récital, il règne sur la piazza une atmosphère bon enfant, les serveurs s'affairent, obséquieux et semblent danser autour des tables, les ombrelles tournent sur les épaules des dames, des messieurs passent en fumant leur cigare. Le photographe tournait autour de son appareil, répétant à chaque passage de touristes : "Venez, venez donc vous faire photographier ! Prenez la pose, Belles Dames, Honorables Messieurs, Excellences, c'est le moment ! 20 lires avec les pigeons ! "... Et il ajoute : " Venez, venez ! Ressemblance garantie. 15 Lires les six cartes sans les pigeons ! Arrêtez-vous ! Prenez la pose ! C'est le moment, c'est l'instant !"...

Un touriste s'arrête. Il porte beau ses cinquante ans, vêtu d'une redingote de drap gris, avec une splendide Lavallière d'un splendide vert. Une fleur à la boutonnière, son Baedeker à la main, il brandit sa canne en direction de sa femme et d'une jeune femme, presque une fillette. leur fille sûrement, pour qu'elles le rejoignent.

-  Avec pigeons 20 lires ?"

- Oui signore !" répond l'artiste dans une courbette un peu ridicule. Il a enlevé sa jaquette. A gesticuler ainsi autour des passants, il a chaud. Le gilet et le chapeau posé sur le sac de cuir, il s'éponge le front avec un mouchoir rayé. Son visage cramoisi est mouillé de sueur. Il sort trois ou quatre grains de maïs de son sac et les jette aux pieds des dames, puis en glisse trois cinq ou six autres dans la main de l'homme, après lui avoir fait tendre le bras devant lui. 

Et aussitôt, d'un coup d'ailes, trois, quatre, cinq pigeons accourent. Ces figurants ont du métier. Ils sont prestes, légers et se font élégants, ravis de cet encas improvisé. Il y a toujours d'autres touristes pour observer la scène, parfois un artiste qui en profite pour faire un croquis.

-  Ne bougeons plus surtout, Madame, Monsieur, Mademoiselle !" recommande le photographe en se couvrant du drap noir et la poire à la main, il déclenche l'obturateur. Un clic. Un déclic... 

- Voilà, Monsieur., Merci Monsieu ! et l'homme s'incline de nouveau. Les pigeons traînent encore autour du groupe. "Avec pigeons, seulement cinq Lires de supplément : 20 Lires, Monsieur"...

Les frères Fischer, en bons parpaillots, savent compter. Ayant observé la scène, ils ont vite tiré des conclusions : Puisqu'on compte environ trois cent grains dans une livre de maïs et qu'à Venise, celle-ci coûte une lire et demie, le prix de revient des dix grains pour le photographe est de cinq centimes. Bénéfice net : 150 lires par livre. "Avec pîgeons..."
 



Le lendemain soir, lors de la passeggiata, Max et Alex buvaient un cordial dans un caffé à la mode de la Frezzeria, quand ils reconnurent le photographe. Visiblement éméché - peut-être un verre de chianti de trop, il faisait si chaud ! - disait à des gondoliers installés comme lui au comptoir : 

- Des pigeons, Place Saint-Marc ? il n'y a que ça !... Mais ce sont ceux qui n'ont pas d'ailes qui, seuls, se laissent plumer.

Et il éclata de rire, rejoints par ses acolytes. Rien de nouveau sous le soleil de Venise, vous en conviendrez, amis lecteurs !...

Librement inspiré de Venise, Pages d'un carnet de notes 
écrit par les frères Max et Alex Fisher, 
paru chez Flammarion en 1928.

22 décembre 2019

La ville qui n’existe presque plus par Linda Lê

Paolo Barbaro, Les deux saisons

Linda Lê est un écrivain qui aime les livres et la langue française qui a été pour elle un refuge quand il lui fallut quitter, très jeune son pays natal en guerre. Cette femme formidable que  l'on découvre livre après livre et dont les mots frappent parce qu'ils défendent ou honorent. Sur le site de Christian Bourgois son éditeur, cette citation :
« La littérature n'est pas faite pour les acquittés, elle n'est pas faite pour les élus. Elle est dans le camp des victimes et des sacrifiés, dans le camp des condamnés qui essayent, comme moi, de trouver leur salut et qui se cassent les dents. »
Je ne l'ai vraiment découverte qu'à travers une interview de Catherine Argand pour l'express en 1999. Ce qu'elle disait de son rapport à son père disparu m'avait bouleversé. J'ai quatre enfants, à l'époque la dernière de mes filles avait à peine trois ans, j'étais terrorisé à l'idée de partir trop tôt, de les laisser sans avoir eu le temps de leur offrir mon amour, ma passion, mes mots et mon soutien. Je voulais ne jamais avoir à les laisser, ni à les blesser jamais. Je n'ai pas vraiment réussi. Si Dieu m'a prêté vie jusqu'à aujourd'hui, l'atomisation de notre famille quelques années plus tard ne les a pas épargnés, et je ne m'en guéris pas. Linda Lê exprimait cela dans cet échange. Plus tard, elle a écrit « Cronos », chant d'amour d'une terrible puissance.

Je citais dans un précédent billet parmi les livres qui ont pris les saisons comme prétexte et dont leurs auteurs, tous trois différents, présentent au fil de leurs pages le même amour, la même passion, le même enthousiasme pour la cité lagunaire. Pour le site/revue littéraire En attendant Nadeau, avec qui elle collabore régulièrement, Linda Lê a écrit en février 2018, un bel hommage à Paolo Barbaro en nous offrant une lecture très sensible de son dernier livre, qui va vers l'essentiel. Une bel hommage que nous sommes heureux de reproduire ici, avec nos remerciements à l'auteur, aux photographes et au site www.en-attendant-nadeau.fr, sans qui nous n'aurions pas découvert cette critique d'un ouvrage que je vous invite à lire au plus vite.

« La ville qui n'existe presque plus» par Linda Lê.

En exergue à son essai Si Venise meurt, l’archéologue et historien de l’art Salvatore Settis a placé cette citation extraite des carnets de notes d’André Chastel : « On ne conquiert pas Venise. On ne l’invente pas. Elle a son dieu sur les campaniles. Son démon partout.

Et le démon de Venise, qu’il se confonde désormais dans l’esprit de certains Vénitiens avec le touriste, ou qu’il prenne l’aspect d’une modernité synonyme d’uniformité, risque bien d’avoir raison du « murmure d’eaux et de voix sur le flanc de basilique » qui faisait, d’après André Chastel, la beauté de la ville. D’aucuns voudraient continuer à croire que la beauté sauve le monde ; or la beauté ne sauve rien, pas même la Sérénissime, car le peuple de Venise, prédit Salvatore Settis, est menacé de disparaître, non pas, rappelle-t-il, « par la main d’un ennemi sans pitié ni sous les coups d’un conquérant », mais parce que l’oubli de soi lui aura été fatal.
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Dans son Journal à deux, qui date de 1987 et donne à lire les confidences de Dario le géomètre et celles de sœur Adriana, la supérieure d’un couvent de Padoue, Paolo Barbaro laisse deviner à quel point il est fasciné par ce qui décline, ce qui est sur le point de périr, d’être englouti. Préférant traquer autour de lui ce qui se situe dans les marges, il a un regard qui s’attache moins aux splendeurs qu’aux tanières solitaires. Tout comme il avoue volontiers un intérêt certain pour les rejetés, les égarés, il n’est attiré que par les fissures, les coins d’ombre, les paysages désolés. Il doit à sa formation d’ingénieur de n’être pas resté toute sa vie en Vénétie, sa terre natale, mais d’avoir élargi son horizon en travaillant en Afrique ou en Iran, même s’il est toujours revenu à Venise pour écrire, non pas uniquement des récits ou des romans, mais aussi des essais sur la construction des barrages.

Paolo Barbaro, Les deux saisons
© Philippe Roos




Parfois effaré par la transformation de Venise, « ville de l’imaginaire », ville-œuvre d’art, en Luna Park où des armadas de jeunes travaillent pour le tourisme et traitent avec une grossière désinvolture les visiteurs pressés d’une ville dont les habitants les plus clairvoyants déplorent qu’elle soit devenue la ville de l’exode (les Vénitiens s’exilant loin du centre, se sauvant dans les marges), la ville de l’abandon, la ville de la dégradation continuelle, la ville du retour au Moyen Âge, la « ville qui n’existe plus », Paolo Barbaro ne rallie toutefois pas le chœur des prophètes du pire : en témoignent au moins deux de ses livres, Lunaisons vénitiennes, paru en 1990, et Petit guide sentimental de Venise, publié huit ans plus tard. Venise y est décrite comme la ville la plus étrange et la plus belle, la plus artificielle et la plus naturelle, la plus parcourue et piétinée, la plus visitée et inconnue… « Elle est rêve, mais elle est encore ville, si seulement nous nous réveillons un peu. »

Des palais aux usines de Marghera, de l’île de San Michele, l’île cimetière, lumineuse et obscure, au nœud coulant que forment les ruelles de la cité, des hérons aux tableaux d’Arcimboldo, de Sant’Ariano, l’île refuge des exilés, à la Scuola dei Morti, où l’on étudiait les Offices des morts, des îles disparues au dédale des canaux, en déambulant çà et là, Paolo Barbaro nous dévoile ce qu’il nomme son image de la ville intériorisée, et reste convaincu qu’en comparaison des métropoles, des « innombrables fourmilières de la Terre », semblables à d’étranges lieux de folie, Venise reste vivable. Ou alors, se demande-t-il, n’est-ce pas dans la Cité des Doges qu’est la folie ? Quoi qu’il en soit, chacun s’y promène avec une part du labyrinthe qu’il porte en soi et se persuade que Venise « résiste parce qu’elle est ce qu’elle est : un cas de beauté, un paysage mental, presque insupportable durant ces jours difficiles ».

Paolo Barbaro, Les deux saisons
© Yann Gar
Livre posthume, paru en 2016, deux ans après la mort de son auteur, Les deux saisons est une de ces œuvres à double face qui évoquent l’arrière-saison d’un amour et celle d’une vie, avec une délicatesse infinie. Dans ces pages, le magnifique guide vénitien qu’est Paolo Barbaro dans ses autres textes se fait élégiaque, racontant mezza voce la fin d’une liaison : Dario, un assureur habitant Trieste avec sa femme et ses deux enfants, rencontre Bruna, une Vénitienne, sur un pont de pierre blanche, le pont Tordu ou le pont des Voiles. Commence alors une idylle entre l’« assureur sensible » et Bruna l’esseulée, qui attend la visite de ce dernier un jour par semaine, à 16h54. Jusqu’à cet après-midi où Bruna annonce son intention de quitter Venise pour Milan, où son amant pourra toujours, lui dit-elle, lui rendre visite : « Je t’attends » est son antienne. Elle n’en disparaît pas moins. La première partie du diptyque se termine ainsi, rien n’est résolu ni scellé, tout reste en suspens, comme si rien à Venise ne pouvait se dénouer. Dans le deuxième tableau du diptyque, « Journal d’hiver », rien non plus ne se dénoue vraiment, quoique celui qui tient ces carnets ne trouve son bonheur qu’en écrivant. Il note presque uniquement des détails insignifiants, mais sa manière de se mettre à l’écoute du monde et du silence de Venise, quand le promeneur s’éloigne du centre et de la piazza San Marco, rend ces fragments pareils à des poèmes en prose où l’on peut, entre autres merveilles, contempler « l’arbre muet », « haut d’une vingtaine de mètres, vert sombre, fuselé, compact », et qui reste immobile, élancé, replié sur lui-même, sans bruit.

Paolo Barbaro n’a rien d’un oiseau de mauvais augure, il possède ce don, précieux entre tous : il s’en tient à l’essentiel avec la légèreté de qui ne s’appesantit jamais. De lui et de ses doubles, qui ont quelquefois l’air de fantômes au gai savoir, nous pourrions dire ce que lui-même dit d’Arcimboldo : « L’artiste, ironique et intellectuel, humoral et enchanteur, déplace et confirme, attire et détourne nos incertitudes mouvantes ».
© Linda Lê


15 décembre 2019

Venise, des saisons et des livres !



Le hasard des envois, des descentes chez les libraires et les brocantes m'ont fait réunir en quelques jours plusieurs ouvrages en rapport avec Venise dont le titre contient le mot "saisons". Le mauvais temps que nous connaissons depuis quelques semaines, le ciel bas et grisâtre, le soleil toujours timide qui ne parvient plus à s'imposer, et la pluie qui ne s'arrête jamais, autant d'éléments factuels qui m'ont peut-être rendu sensible à ce qui n'est après tout qu'un hasard précisé au fil des jours. Mais y-a-t-il seulement un hasard ?

Le premier ouvrage m'a été adressé par un lecteur érudit et fidèle. Paru en 2014, "Trois saisons à Venise" de l'écrivain et cinéaste suisse allemand, Matthias Zschokke est un texte rare. A la fois récit de voyage (ou plutôt de séjour), roman épistolaire et carnet de notes composé de juin 2012 à janvier 2013. L'homme est trop peu connu en France, en dehors de "Maurice à la poule" qui à reçu le Fémina étranger en 2009. Un maître allemand du petit rien, du banal et de ceux que personne ne voit, qui met en scène des lieux et des êtres sans gloire, parfois blessés par la vie avec tendresse, empathie et humour. 

L'autre m'est tombé - littéralement - sur le pied sur un marché. Un bouquiniste déballait des caisses de livre, je farfouillais quand des ouvrages sont tomés dont ce gros roman paru chez Laffont en 1996, "Quatre saisons à Venise", écrit par Alain Gerber, critique de jazz et journaliste à France Musique, qui lui aussi a eu de nombreux prix littéraires. De nombreux journalistes de radio écrivent. D'autres se contentent de publier. Maître Gerber fait partie de la première catégorie. S'il demeure un grand spécialiste du jazz et un parleur passionnant, c'est avant tout un écrivain, un vrai. 
«J'ai eu la sensation très nette que l'écriture me retirait de la vie. Je m'en console en me disant que ce qu'un écrivain a de meilleur à donner, c'est son écriture»
Je ne sais plus où j'ai lu cette citation de l'auteur, notée dans mon journal de 1996 à propos de la parution d'un autre de ses livres, Les Débuts difficiles de Nathan Typpesh. Son épais roman vénitien (324 pages) est musical autant que littéraire. Les quatre saisons c'est bien évidemment une allusion aux concerti de Vivaldi, mais le thème musical ne s'étend pas sur une année et respecte encore moins l'ordre des saisons ni des ans. Il fait voyager le lecteur du printemps 1916 à l'été 1926 en passant par l'hiver 1949, l'automne 1974... quatre écrivains se croisent au fil des pages de ces quatre petits romans qui s'imbriquent dans une seule et même histoire autour d'une seule femme que l'auteur fait se transposer dans le temps "identique à elle-même car elle a le visage d'un mythe, sans cesse poursuivi, sans cesse délaissé." Venise n'y est pas seulement un décor, comme souvent avec les meilleurs. Agréable promenade dans le temps, dans les rues de Venise et le cœur des protagonistes : d'Annunzio, Hemingway, Visconti, Italo Svevo.


Sur la même page de mon journal d'alors, je notais : Lu: Carnets de jeunesse, René Fallet, Ed. Denoël, s'en suit une page de notes et de citations. C'est en cherchant ces notes pour un de mes récents billets, que j'ai retrouvé cette phrase de Gerber sur l'écriture, cette obsession qui nous ronge et nous fait vivre ou survivre.

Le troisième ouvrage en lien avec Venise où les saisons figurent au titre, est un texte splendide de Paolo Barbaro. Les deux saisons, ouvrage posthume de l’auteur, "élégie à l’immuable et poignante brièveté du temps humain, célébrée dans le décor d’une ville sans égale", a fait l'objet l'année dernière à un très bel article de Linda Lê, pour l'excellentissime En attendant Nadeau, l'un des meilleurs sites consacrés à la littérature. TraMeZziniMag a invité l'écrivain française d'origine vietnamienne, celle qui aime que "les livres soient des brasiers." Elle aussi savait qu'elle écrirait un jour et son enfance fut celle d'une dévoreuse de livres. C'est aujourd'hui un auteur remarquable. Avec l'aimable autorisation du site En attendant Nadeau, nous publions à la suite de ce billet, son commentaire sur l'ouvrage de Paolo Barbaro.

En attendant de vous faire découvrir le texte de Linda Lê, et en cette fin de dimanche, un peu de musique. Avec le temps qu'il fait, cela ne peut qu'aider à mieux se sentir apaisé et tranquille : Maurizio Pollini dans l'andante du concerto 21 de Mozart. Même derrière mon écran, j'applaudis à chaque fois comme le public de la Scala !

14 décembre 2019

René Fallet et Bonnot. En hommage à Mitsou, défunt roi des chats.


Je viens de terminer la lecture des Carnets de Jeunesse de René Fallet. Assistant à un délicieux petit concert l'autre soir chez un mien voisin, je réalisais soudain que quelque chose manquait dans cet appartement improbable et délicieusement bohème. Il y avait autour de notre hôte de jolies femmes, de jeunes musiciens talentueux et passionnés, quelques garçons un peu mauvais genre à la Pasolini, deux trois snobinards au regard arrogant, un merveilleux acteur de cinéma à la voix fascinante et sa charmante et brillante compagne. Le programme était bien monté, le Steinway remarquable et le vin délicieux. Mais il manquait quelque chose et je parvenais pas à savoir quoi... 

Etait-ce un feu dans la très belle cheminée du salon où nous écoutions des lieds ? Oui bien sûr, mais ce qui manquait, c'était un chat. De ceux qui savent naturellement montrer qu'ils sont les vrais maîtres des lieux et qui reçoivent parfois avec dédain mais toujours avec élégance. Mon esprit évoqua Baudelaire, puis Léautaud et Colette. Puis au détour d'un mouvement plus grave du morceau qui jaillissait des doigts du jeune pianiste, mon regret d'avoir perdu Mitsou, pourtant dernier épisode d'une chronique de la mort annoncée et libération pour ce vieux roi qui commençait de souffrir et n'était depuis quelques jours que l'ombre de lui-même. Il attendait son vrai maître qui devait arriver de Vancouver d'un jour à l'autre. Chaque matin, en le lavant et en le soignant, je le lui rappelais : Notre Jean sera bientôt là. Attends-le si tu le souhaites. Nous nous étions focalisés sur le jeudi - il y a à peine un mois - et Mitsou depuis la veille ne s’alimentait plus, ne ronronnait même plus comme pourtant le font tous les chats malades. 

Il restait étendu dans un cageot recouvert du plaid qu'il préférait. depuis longtemps, Mitsou ne voyait ni n'entendait plus vraiment, sauf à de rares occasions. Plusieurs épisodes ischémiques dans les dernières semaines rendaient son quotidien difficile. C'est ainsi que nous l'avions retrouvé paralysé de l'arrière-train le dimanche avant, puis après quelques heures d'un profond sommeil, il avait de nouveau sauté du canapé pour aller vers sa pitance que je venais de servir. Parfois, il se cognait aux meubles et nous ne pouvions nous empêcher d'en rire. Il restait digne. D'autres fois, après nous être persuadés qu'il n'entendait plus, nous avions eu la surprise de le voir se lever au bruit de la sonnette... J'en arrivais à penser qu'il attendait son jeune maître pourtant vivant depuis longtemps loin de Bordeaux.
 
Un autre Mitsou, le chat de Balthus conté par Rainer Maria Rilke
Mitsou est apparu  dans notre vie un jour d'été à la Moignerie, la maison de famille dans le Cotentin, où nous passions les vacances. J'étais retourné à Bordeaux. Les enfants étaient autour de la table du petit-déjeuner et, venant du jardin, un jeune chat rouquin, élégant et mince qui semblait sourire comme m'avait dit ce soir-là mon fils, s'est avancé dans la cuisine et a salué en miaulant avec beaucoup d'élégance. Ce n''était ni une prière ni une injonction. Certainement une manière de saluer. Une bolée de lait tiède plus tard, le chaton - il n'avait pas un an - s'installait définitivement dans la maison et devenait le compagnon de jeux des enfants. 

Notre famille traversait les premiers coups de vent de la tourmente qui emporta mon mariage et notre vie d'avant. Mitsou a été là, très présent. Câlinant Jean et ses sœurs plus qu'on ne le câlinait et plus tard, quand l’œil du cyclone nous rattrapa tous, je sais combien il a été précieux pour l'enfant qui le prenait souvent sur son lit. Je me souviens à plusieurs reprises de l'entendre renifler au moment où je venais lui dire bonne nuit et, à chaque fois le joli pelage roux était mouillé et Mitsou ronronnait et me regardait, ses yeux verts m'interrogeant. "Alors qu'est ce que tu attends pour arranger tout ça, regarde combien il est malheureux, regarde ce que nous sommes en train de devenir"...

Bien des fois, à mon tour, je me suis épanché sur Mitsou qui ne bougeait pas et restait lové contre moi bien après que mon désarroi se soit apaisé et que la maisonnée dorme. Dix-sept ans après son arrivée chez nous, il a rejoint ses ancêtres. Réalisant que notre Jean ne serait là que le lendemain, je lui ai annoncé. Il était allongé dans sa caisse et respirait difficilement. "Mitsou, Jean va venir mais demain". Le chat a tressailli et j'ai cru voir ses pupilles bougeaient et son regard qui se dirigeait vers moi. Il s'est mis à respirer plus lentement. Je me suis entendu dire "Tu peux partir si tu veux, je ne veux pas que tu souffres". Je l'ai caressé longuement. Il a émis un son qui ressemblait un peu au ronronnement d'avant. Je suis parti vaquer à mes occupations. 

Quand je suis rentré, le chat s'était tourné - il ne bougeait plus depuis plusieurs jours - et semblait dormir paisiblement, les yeux clos. Il n'avait pas pu attendre encore. Jean ne l'aura pas revu mais je sais qu'avec les chats il se passe des choses que nous ne pouvons imaginer mais que nous savons réelles. Le vendredi, lorsque Jean est venu et que je lui ai raconté les derniers moments de Mitsou, quelque chose voletait autour de nous, comme un souffle d'air très doux, très paisible. J'ai pensé qu'il s'agissait de l'esprit du chat qui s'envolait, apaisé et tranquille. Il repose depuis dans le petit cimetière familial où plusieurs des bêtes de la famille reposent. Voilà ce qui me passa par la tête, dans ce salon musical. 

Ma lecture du jeune Fallet (il n'avait pas vingt ans dans ces carnets que j'ai été heureux de relire) m'a rappelé son amour pour les chats. Ce petit bijou de l'INA, TraMezziniMag vous le présente comme un hommage à notre cher Mitsou, sacré il y plus de quinze ans par mes enfants et par quelques vénitiens qui ont eu la chance de le connaître, Roi des Chats.

13 décembre 2019

La Venise mineure par Pasinetti

Venezia minore (la Venise mineure) est le titre d'une documentaire réalisé en 1940 par Francesco Pasinetti, réalisateur vénitien mort prématurément et qui était le frère du romancier Pier Maria Pasinetti. Comme l'écrivain, le cinéaste était un fou de Venise, leur ville, l'endroit où il avait grandi et il a su traduire son amour de la Sérénissime dans les images du film. La vie quotidienne de la ville est simplement filmée, la mise en scène légère et spontanée comme pour éviter les effets qui plombent le plus souvent les documentaires de voyage. On retrouve ainsi une Venise au fil de l'eau, des campi et et des ruelles,la caméra poursuivant son errance tout au long des images dans Cannaregio, Castello et Dorsoduro mais aussi du côté de la Giudecca. Un monde en partie disparu, mais qui survit tout de même dans notre regard et que nous aimons. Bon voyage en images et noir et blanc ! Un régal que TrameZziniMag est heureux de faire connaître à ceux qui ne l'auraient encore jamais vu. Bonne promenade.

04 décembre 2019

Ils s'en sont allés et Venise est un peu moins riche


Deux figures de ma vie et de ma jeunesse vénitiennes viennent de nous quitter et si la disparition de ceux des générations précédentes fait partie de l'ordre des choses, c'est toujours avec un pincement au cœur qu'on envisage la vie désormais sans eux. Ceux que nous avons aimé passent  simplement de l'autre côté. Il nous appartient de les garder en vie et présents en nous, avec le souvenir de ceux qu'ils furent de leur vivant, de ce que nous avons reçu d'eux et de continuer à rendre grâce pour ces rencontres et ce qu'elles nous ont apportèrent... Lucio Pelizzato était un grand libraire, amoureux du livre et des mots, commerçant avisé, il avait appris le métier juste adolescent avec son frère auprès de leur père. TraMeZziniMag a parlé de cette fameuse librairie de la Toletta qui est l'un des dernières librairies de la Venise de ma jeunesse. Toutes ou presque ont fermé leur porte, d'autres certes sont nées, mais la disparition de ces temples de la culture marque bien un changement d'époque. Toute mon amitié à sa famille et en particulier à son neveu Giovanni qui dirige aujourd'hui la librairie avec la même compétence et la même passion.

Disparu aussi, le sénateur Mario Rigo qui fut maire de Venise à la fin des années 80 à qui je dois en partie la réussite de la Première Semaine de Venise à Bordeaux que l'étudiant pauvre de vingt ans organisa en octobre 1985 sans une seule subvention et sans réseau aucun. Juste avec la détermination de la jeunesse et et une équipe d'amis conquis par mon projet et mon enthousiasme, en France comme à Bordeaux. Ses obsèques ont eu lieu il y a quelques jours à Caorle d'où il était originaire. Je le pleure aussi. Nous avons longtemps poursuivi nos échanges épistolaires et je l'avais rencontré à plusieurs reprises à Venise. Il regrettait de n'avoir pu venir à Bordeaux rencontré son homologue Jacques - Chaban-Delmas. C'est parmi les assesseurs qui avaient fait le déplacement, l'avocat Augusto Salvadori qui le représenta avec panache. Une autre histoire, racontée aussi sur le blog.

01 décembre 2019

Dans la famille Tramezzinimag, connaissez-vous Tumblr ?


Connaissez-vous le Tumblr de TraMeZziniMag, créé en décembre 2011 ? Vous y trouverez des photos reprises du blog ou provenant de différents photographes amis et collaborateurs, parfois des clichés inédits, des citations. L'adresse ? : http://tramezzinimag-blog.tumblr.com/

30 novembre 2019

Un adagio, des amis et du vin

Hier soir, dans un salon improbable du vieux Bordeaux s'improvisa un moment musical chargé d'émotion et de grâce comme souvent ce qui est inattendu se charge de joie et de félicité. Imaginez un ciel bas et un vent froid qui glace les rares passants. Nous arrivions d'un autre salon, une vaste nef blanche dans une grande maison d'un quartier bourgeois de la ville. Un bonheur n'arrive jamais seul. Il y avait là une centaine de personnes venue entendre un récital autour d'Etienne Péclard, naguère premier violoncelle de l'orchestre national de Bordeaux Aquitaine, professeur émérite dont il m'a été donné d'écrire la biographie. Le maître présentait à un public choisi, attentif et connaisseur, plusieurs de ses compositions accompagné par Laurence Dufour, elle aussi enseignante au conservatoire, avec qui nous avons créé il y a plus de dix ans maintenant Tempo di Cello qui eut son heure de gloire et lança le Festival International de Violoncelle Louis Rosoor et Stéphane Rougier, violoniste à l'ONBA. Les trois talentueux musiciens nous régalèrent d'airs parfois légers et drôles, d'autres plus sérieux, toujours parfumés de citations et d'inventions, toujours virtuoses. 

L'après concert se déroula autour d'une dégustation de vins délicieux du terroir. L'un des invités invita à son tour ceux qui le souhaitaient à venir chez lui, de l'autre côté de Bordeaux, non loin de ma résidence bordelaise, afin de découvrir son magnifique piano. J'hésitais comme toujours à me rendre à cette invitation inattendue. Nous étions partis quelques uns mais tous les autres désertèrent. Je finis par me décider, avant de rentrer me coucher. Je restais indécis. il était tard, il faisait froid, mon lit m'attendait à deux pas... Je me persuadais qu'il n'y aurait plus personne. On n'entendait aucun bruit par la porte entrouverte. Une jeune femme très belle sortait avec son vélo et avant même que je lui demande quoi que ce soit elle me lança avec un joli sourire : "si c'est pour pour la musique, c'est au premier étage" . C'est ainsi que je pénétrais dans cette incroyable demeure. Je sonnais sans qu'aucun son ne sorte, je frappais. Finalement j'articulais la poignée. derrière, un couloir mal éclairé, le plancher qui craque, odeurs de cire et de poussière. L'hôte ravi de me voir m'invite à avancer et disparait aussitôt à la recherche d'une bouteille de vin et de verres. Des notes de musique se glissaient partout autour de moi et m'accompagnèrent jusqu'au salon où trône le piano. L'adagio du premier concerto pour violoncelle de Haydn emplissait l'air de sa douce mélancolie. Venu lui aussi assister au récital de son ancien professeur, le très solaire Jeremy Genet, avait comme moi accepté l'invitation à prolonger la soirée. Il était venu me saluer après le concert, souriant et plein de révérence. La dernière fois que nous nous étions vu, c'était à Malagar, la maison de François Mauriac où se déroulent chaque année les examens de fin d'année de musique de chambre. Il avait à peine vingt ans alors et son jeu déjà charmait les auditeurs. Minuit sonnait à l'église voisine et, dans la pénombre, il jouait. En guise de partition l'ami qui l'accompagnait,  avait posé sur le pupitre un ordinateur portable, seule marque des temps modernes dans ce lieu hors du temps. La voix très sensuelle du violoncelle chantait le second mouvement. Je m'installais sur un coin de canapé, totalement fasciné par l'archet qui glissait lentement sur les cordes et les mains qui s'animaient sur l'instrument. J'aimais tout de suite son interprétation de cet adagio langoureux et débordant de subtilité. La cadence de Britten ce me semble. Un peu à la manière de Rostropovitch. J'aime à la folie cet air où le violoncelle reste maître et peut exprimer toute son expressivité. Jeremy avec sa grande sensibilité servait joliment cet adagio. Un de ces petits bonheurs qui nous tombent joyeusement dessus et qu'on aimerait pouvoir faire partager.

La mélancolie qui se dégage, malgré le mode majeur de l'aria se confond fabuleusement avec les lieux. Je regarde Jeremy. La tête légèrement penchée en arrière, les yeux clos, le visage détendu et serein, les sourcils légèrement froncés, il fait corps avec l'instrument, et les lieux se fondent dans la musique. La salle est sombre et mal éclairée mais le jeune virtuose rayonne et irradie. Une bouffée d'émotion me submerge soudain et mouille un peu mes yeux. Cet air, nous l'avons tellement de fois écouté, mon père et moi, à la fin de sa vie. C'était dans le petit salon du second, à côté de ma chambre. Les 8 minutes 30 de l'adagio inlassablement répétées que nous écoutions parfois dans le noir comme dans ce salon d'une autre demeure bordelaise, où je pénétrais pour la première fois. Une belle soirée, le vin était bon et l'air rempli de bons mots, et le cœur inondé de musique. Un de ces moments inattendus et magiques qui m'aident à supporter l'exil quand mes obligations m'obligent à rester loin de Venise. Il est temps que je reparte. Jeremy et son violoncelle, Étienne, Laurence et Stéphane m'y rejoindront et les soirées seront pareillement douces et belles. 

Pour le plaisir d'entendre ce passionné parler du festival qu'il a créé à Bordeaux après avoir organisé un concert au Carnegie Hall à la mémoire des victimes du 11 septembre, cette vidéo publiée par une radio bordelaise :

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  • Il marchait seul dans la nuit (juillet 2006)
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  •  Venise ne veut plus des navires géants (janvier 2012) 
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