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Bonheur tranquille

Réveillé par la jolie petite mésange bleue qui a passé l'hiver dans la cour, je savoure mon builder's tea du matin, avec Mitsou à côté de moi qui ronronne de plaisir devant la nouvelle journée qui s'annonce, une patte nonchalamment posée sur mon épaule. (ce qui signifie : "n'oublies tout de même pas de remplir mon écuelle de lait frais"). Elle sera belle cette journée. Après l'orage d'hier, le ciel est d'un bleu sans nuage et le soleil brille. Comme un vrai matin de printemps. A Venise, le sirocco souffle et il va pleuvoir.


Le temps du Carême s'achève, ce sera bientôt Pâques, moment unique et merveilleux du renouveau, la chance d'un nouveau départ pour nos âmes étouffées par tant d'inutiles préoccupations, joie de la Résurrection dont personne ne parle tant le monde n'a d'yeux que pour le médiatique Ramadan des musulmans. En attendant, l'air a changé. Il s'est fait plus léger, onctueux même, avec des senteurs que l'hiver nous avait fait oublier. Au Jardin, les arbres sont tous en fleurs. Le vieux magnolia nous a donné sa première fleur il y a déjà trois semaines. Les tulipiers sont resplendissants. Le vert des pelouses a quelque chose de lumineux, comme le sourire d'un enfant.

J'aime ces petits moments paisibles qui sont autant de rites pour commencer une nouvelle journée. Que ce soit ici, dans notre maison du Cotentin ou bien à Venise, les premiers geste du matin déterminent la manière d'appréhender les évènements des heures à venir. Le thé brûlant, les biscuits, et l'émission de Chris Evans à la BBC (miraculeux internet !), le chat qui ronronne, une patte posée sur mon épaule (toujours l'écuelle de lait !), le soleil qui fait danser les particules de poussière devant la fenêtre, tout est bonheur. Un de ces petits bonheurs qui n'ont l'air de rien, mais nous aident à survivre, vous ne trouvez-pas ? La pression des images, l'omnipotence des modes, et la tension qui règne dans nos vies d'occidentaux pressés et surmenés, tout concourt à nous éloigner de ces plaisirs simples qui sont pourtant le sel de la vie. Chaque matin après tout, est le premier de nos derniers jours... L'homme moderne a tendance à l'oublier.
Respirer la quintessence des choses, avidement, gaiement, avec tout notre être, n'est pas une attitude d'artiste coupé des réalités, mais la preuve d'une grande solidarité avec le monde et les êtres qui le compose. Le "joie, joie, pleurs de joie" du poète n'est pas un cri d'hystérie, mais l'affirmation que, partie d'un tout, nous nous sentons impliqués dans la marche des choses, le passage des saisons et devons, chacun selon nos talents, contribuer à ce que tout aille pour le mieux. Bonne journée à tous !

4 commentaires:


J F F GrandsLieux a dit…
Oui, l'arrivée du printemps est un vrai miracle. Un appel au plaisir présent.
Bonne journée à vous aussi, Lorenzo !
PS Finalement le chat a-t-il eu sa jatte de lait ?
maite a dit…
Mes journées sont faites de tas de petits bonheurs, ce qui constitue à eux seuls "Le Bonheur" ...A presto !
Anne a dit…
Merci beaucoup pour ce beau texte, Lorenzo. Vous avez raison et j'ajouterai que le soir est important également, en l'envisageant non pas comme la journée qui se termine, mais comme le début d'un nouveau moment à rendre agréable et à apprécier dans sa douceur.
Anne
NicoleA a dit…
Une philosophie de la vie qui est assez proche de la mienne , celle des "petits bonheurs de chaque jour ", comme celui de faire le tour du jardin au printemps pour voir la nature reprendre vie , pouvoir à nouveau déjeuner sur la terrasse ( et l'éte flaner au petit dejeuner ) . Merci aussi de parler du temps du Carême et de Pâques qui le suit ...notre culture européenne enfouie , oubliée , ringardisée !

Bonnes fêtes pascales et bon printemps Lorenzo !Et merci pour la qualté de vos articles !

Commentaires