26 novembre 2007

Scoop : La fermeture de Nico !

S'il est vrai que pour la plupart des français on ne mange des glaces que l'été, en Italie et particulièrement à Venise, c'est une douceur qui fait fureur tout au long de l'année. Bêtement en France les glaciers baissent leur rideau presque partout dès les premiers frimas. 

C'est le cas à Bordeaux où les enseignes de glaciers à l'italienne ou traditionnels sont apparues depuis quelques années. Presque tous sont fermés jusqu'au printemps maintenant. A Paris, Berthillon reste fidèle au poste et c'est avec raison. La glace est un dessert qui convient à toutes les saisons. Tout cela pour en arriver à un scoop dont peu ont entendu parler ces derniers jours : Nico est fermé !
Rassurez-vous, les amateurs de gianduiotto et autres crèmes glacées avec ou sans panna montata ne seront pas longtemps frustrés : C'est d'une fermeture provisoire (trois longs jours)dont il s'agit et c'est déjà passé. Le marchand de glaces des Zattere est maintenant ouvert et tout est oublié. Il s'agissait d'une décision de justice. L'explication : depuis un certain temps, suite à des plaintes de clients (étrangers évidemment) la brigade financière a dressé à plusieurs reprises des procès-verbaux. Rien à voir avec l'hygiène, la qualité des produits n'est pas en cause en dépit des règles byzantines que la bureaucratie bruxelloise essaie d'imposer à toute l'Europe - c'est un autre sujet que je préfère ne pas aborder, je deviendrais agressif voire grossier -. Les gens se sont plaint de ne pas recevoir de ticket et comme cela est obligatoire même pour une glace à 1 €, la punition est tombée : une forte amende (500 € par ticket non émis) assortie d'une fermeture obligée de trois jours car il y a récidive. Les faits remntent au printemps dernier, puis pendant l'été. Le temps que l'administration arrive à monter le dossier, de nombreux mois ont passé jusqu'au retrait temporaire de la licence de Nico.

La loi de 1997 revue en 2006, n'avait jamais été mise en application jusque là. Elle prévoit même la pose de scellés et tout et tout s'il y a récidive... On ne badine pas avec la réglementation européenne. C'est drôlement important un ticket de caisse... Les gens qui viennent en Italie (élargissons et disons les américains qui viennent en Europe avec leur dollar trop faible) ont toujours pour principe que l'italien, ici le glacier vénitien, est un voleur et que tout est toujours trop cher. Pas de ticket, le compte n'est pas bon, on s'est fait avoir. Cela donne des dialogues de sourd du genre : "Cameriere, vous vous êtes trompés" ..."no compris monsieur"... "Quels voleurs ces italiens"... Allez je plaisante, tout le monde n'est pas aussi soupçonneux, mesquin et désespérément étroit d'esprit.
Une pensée plutôt pour ceux qui étaient à Venise ces jours de fermeture et qui ont dû se passer des délicieux gelati de chez Nico ! Vous vous rendez compte : trois longs jours sans glace à la crème après déjeuner ni de cappuccino au soleil sur la terrasse. Le point de ralliement des nombreux lycéens et étudiants du quartier, des enfants et de leurs parents et des touristes avisés abaissé son rideau. Pas de vraie surprise ni d'émeute, la clientèle était prévenue et le Gazzettino l'avait annoncé dans ses colonnes.

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7 commentaires:

Luc a dit…
Nico n'est pas un cas isolé, des centaines d'autres commerçants ont été épinglés de la même façon dans le nord-est de l'Italie ces derniers mois. Et ce ne sont pas les touristes qui sont en cause puisque ce sont des brigades financières qui effectuent les controles. Il faut aussi savoir que ce qui est particulièrement visé au travers de l'application récente de la loi, c'est la contrefaçon et de nombreux commerces, tenus par des asiatiques sont plus particulièrement visés. Et ce problème est un véritable fléau à Venise en particulier. Même si Nico n'est pas un asiatique et (et on peut le prouver!) que ses glaces ne sont pas de la contrefaçon, il faut aussi savoir qu'avant fermeture il y a au moins deux procès verbaux préalables d'infraction. Ce n'est donc qu'à la troisième fois que la sanction de la fermeture est appliquée. Il était donc prévenu... Luc et Danielle
Lorenzo a dit…
Un bar (tenu par un asiatique) a aussi été visé au Lido comme le rappelait le gazzettino qui en a davantage parlé. Quand je fais le rapprochement avec les touristes qui réclament leur "scontrino", je ne mets pas en cause leur droit à un reçu de leur dépense, je déplore seulement le durcissement de la police financière - colpa des clandestins et des fraudeurs - mais démarche bien dans l'esprit ultra-libéral de notre époque ou le flicage ne souffre aucune exception. Je crois que la bureaucratisation "psychopathologiquement" pointilleuse qui nous vient de Bruxelles n'est pas un progrès ni un bien pour nous, pour Venise comme pour l'ensemble des pays européens. mais cela n'engage que moi. Reportez vous à mes premiers articles du temps du référendum dont on oublie allègrement ces temps-ci le résultat...
Lorenzo a dit…
"psychopathologiquement" voulais-je dire... Pardonnez ce barbarisme mais quand il s'agit de parler des barbares (de Bruxelles) je me retiens mal...
Anonyme a dit…
Hihi rigolote la polémique. Lorenzo votre blog est sublime mais de grâce pas de politique ! ils sont si tristes et pesants en Belgique comme en France ou chez vous en Italie. La poésie et la sensibilité de vos écrits valent bien mieux que tout ça !
Douille a dit…
" L'explication : depuis un certain temps, suite à des plaintes de clients (étrangers évidemment)" Morts aux étrangers!!! Seul les gens de Venise sont des exemples...
Lorenzo a dit…
je ne voulais pas vous faire croire que Tramezzinimag tombe dans une sorte de sectarisme. J'avoue que le commentaire sur les raisons était facile. Comme Luc l'a expliqué, il s'agit de l'application normale de la loi qui vise à protéger les consommateurs comme toute décision administrative elle peut être jugée superficiellement et paraitre injuste. C'est surtout l'épisode qui devait retenir l'attention : un des lieux emblématiques de Venise pour les vénitiens comme pour les touristes fermé pendant quelques jours. Cela valait un article. Mais non, douille, les étrangers ne sont pas à l'évidence des mauvais coucheurs, des méchants etc... J'ai simplement voulu dire que la majorité des gens ici, qu'ils soient vénitiens ou pas, n'ont que faire du ticket de caisse, le plaisir de la consommation est ce qu'on est venu chercher. En général me semble-t-il pas besoin de vérifier si le chiffre et la TVA sont corrects après s'être régalé et je témoigne que souvent certains touristes râlent parce qu'il sont peur d'avoir été volés parce que c'est dans leur esprit une évidence : à l'étranger (et en particulier en Italie) ce sont tous des voleurs qui nous entourent ! Je voulais critiquer cet état d'esprit mesquin. Désolé de vous avoir choqué.
douille a dit…
Sincèrement je pense qu'il est plus "logique" qu'un habitant de Venise (concurrent ou voisin) en veuille à Nico... Plutôt qu'un gars de passage qui ignore certainement les lois italiennes ainsi que l'existence des GDF...

Un de mes lieux préférés : La Zucca

"Les Vénitiens ont dans le caractère un immense fond de joie ; leur péché capital est la gourmandise, mais une gourmandise babillarde et vive." 
(George Sand). 

On parle de glaces et ma gourmandise reprenant le dessus, j'avais envie de vous vanter les mérites de cet excellent petit restaurant qui existe depuis de nombreuses années et qui, en dépit des effets de mode et de son inscription dans pas mal de guides internationaux, reste un lieu authentique, sympathique et abordable. J'en ai déjà parlé sur TraMeZziniMag, il s'agit de la Zucca, situé un peu en retrait des circuits touristiques, assez difficile à trouver quand on ne maîtrise pas encore la topographie de la Sérénissime. Fort heureusement. Son authencité préservée, la Zucca la doit justement en bonne partie à sa situation géographique. Et puis, comme il n'y a pas de menu touristique ni de pizza affichée au menu... 

C'est un lieu où j'allais souvent quand j'étais étudiant. Enfin quand mes finances me permettaient de mettre le nez dehors avec les copains. A l'époque une grande citrouille de bois peinte sur un panneau de bois accueillait les clients. Il y avait en guise de terrasse une grande table de bois et des bancs. 

On n'y servait que des plats végétariens. Un petit quelque chose d'alternatif à l'époque. C'était un lieu toujours paisible, surtout à l'heure du déjeuner. Le soir, des petites bougies éclairaient les tables rustiques. Un fumet délicieux attirait le passant qui s'aventurait sur le petit pont del Megio, juste en face qui mène au campo S. Giacomo dell'Orio. Rien n'a changé. Si ce n'est la carte qui, toujours aussi inventive, s'est ouverte à la viande : lapin, pigeons, canard, mouton... La cuisine reste quand même essentiellement végétarienne. 

Les deux cuisinières - et patronnes - Rossana Gasparini et Paola Salazàr, réinventent des plats traditionnels mais présentent aussi des trouvailles inédites à Venise. Leur canard rôti aux pommes et au Calvados est une merveille. Pas de poisson, peu de viande mais beaucoup de plats à base de légumes, comme les spaghetti aux aubergines fraîches servis avec une sauce à la ricotta assaisonnée au basilic, les tagliatelle aux artichauts et au Pecorino, les lasagne à la chicorée de Vérone, et avant tout à base de citrouille comme le flan de citrouille à la ricotta (à se damner). 

Mais mon plat préféré chez ces dames, c'est le flan d'asperges à la fondue de parmesan. Les desserts sont excellents notamment la très plantureuse mousse au chocolat noir aux noisettes. Quant à la carte des vins, si les prix moyens ont tendance à monter (plus rien à voir avec mon époque -bénie - où la carafe de rouge du pays coutait à peine 500 lires !), le sommelier Roberto Oran connait son métier et apprécie ce qu'il vous sert. Autre bon point, le restaurant est entièrement non-fumeur. A essayer été comme hiver. 

Voici la recette du flan aux asperges :

Il faut des asperges vertes surgelées en bocal ou mieux fraîches (mais ce n'est pas la saison), 450 grammes (environ 3 bottes), un peu de ciboulette, 150 gr de parmesan râpé, 250 ml de crème fraîche épaisse, 6 œufs, du sel et du poivre, du beurre pour le moule. Pour la fondue, il faut : 200 gr de parmesan frais, et du lait entier. 

Commencez par laver les asperges et les faire pocher dans de l'eau bouillante salée puis les passer sous l'eau froide pour préserver leur couleur. 
Mixer finement les asperges et la ciboulette jusqu'à obtenir une purée bien lisse. Dans un bol, battre les œufs avec la crème et ajouter le parmesan râpé, du sel et du poivre. 
Ajouter la purée d'asperges Bien mélanger le tout et mettre la préparation dans un moule à cake beurré. Cuire au four au bain-marie (th.160°) pendant 30 à 40 minutes (selon que les asperges sont fraîches, surgelées ou en bocal). 
Préparer la fondue au dernier moment : faire fondre de parmesan que vous aurez râpé au dernier moment en ajoutant peu à peu du lait entier jusqu'à obtenir une crème épaisse mais pas collante. On peut aussi adoucir en ajoutant du mascarpone (dans ce cas on mettra moins de lait). 
Dès que le flan est cuit (quand la pointe d'un couteau ressort sèche), le démouler. Couper des tranches épaisses, les napper de la fondue, décorer avec des brins d'asperges entiers. 

S. Croce, 1762, calle del Megio 
(entre S. Giacomo dell'Orio et S.Stae) 
ouvert à midi et le soir. 
Fermé le dimanche 
Prix moyens : 25 à 30 € sans la boisson 
Réservation recommandée au : 041 52 41 570 



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2 commentaires : (archives Google)

Anonyme a dit… 
Mi metti l'acqua in bocca Lorenzo ! 
27 novembre, 2007 
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