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Articles

Affichage des articles du mai, 2016

Chronique de ma Venise en mai (2)

4 mai 2016.  Teatrino Grassi.
Plaisir de retrouver Francesco en arrivant au teatrino. Une autre vision de Venise après celle, alternative, qui rêve de changer les choses et s'y essaie avec beaucoup de lyrisme et d'inventivité. Un monde relativement préservé entre les murs de béton de l'auditorium Pinault dont nous sommes,Francesco comme moi - et beaucoup d'autres - mais en périphérie finalement. Dans un entre deux voulu et choisi, ou parfois aussi imposé par les accidents de la vie et la conscience de l'inanité de certains de nos choix ou le rejet d'un conditionnement qui pèse et aliène plus qu'il ne nous porte... D'un côté la Sérénissime éternelle avec ses élites bien mises, leurs réseaux, une esthétique sans rien qui dépasse, l'assurance que donne l'habitude du pouvoir et de l'aisance partagée. La Venise dans laquelle je vivais il y a trente ans. Et puis cette Venise nouvelle, sans préjugés, née des tentations que l'homme a toujours eu …

Chronique de ma Venise en mai (3)

Samedi 7 mai.
Journée harassante comme toutes celles que ce reportage nous fait vivre. Antoine semble ne pas en souffrir. l'habitude du rythme parisien certainement. Rien à voir pourtant avec la manière de vivre à la vénitienne, où retards et reports sont monnaie courante, où l'on ne peut faire dix pas sans rencontrer un ami ou une relation. Impossible de passer à la va-vite et se contenter d'un simple échange de saluts. L'usage veut qu'on s'arrête, même di fretta, pour échanger quelques chiacchierate, s'informer de la santé et des affaires de l'interlocuteur, le plus souvent autour d'un café pris au comptoir et, selon l'heure - bien qu'on puisse penser que cela se fait dès potron-minet et jusqu'à la fermeture des bars quand on voit le nombre au comptoir des bars - devant un verre de vin ou un spritz... Au lieu de ça, nous courrons. 

Heureusement, il ne fait pas trop chaud bien que le temps devienne orageux. Je laisse Antoine à ses rendez-…

Chronique de ma Venise en mai (1) .

Lundi 2 mai 2016. Lorsqu'on a vécu quelque part, qu'on s'en est éloigné et puis que l'on revient, il y a toujours un moment de flottement et de malaise. L'impression diffuse de ne plus trop savoir d'où nous sommes qui paralyse nos sens et empêche parfois les plus sensibles d'entre nous de profiter des retrouvailles avec l'endroit chéri dont on rêve aussitôt qu'on s'en éloigne. Venant moins souvent qu'avant à Venise, je vis à chaque fois cet état. Mes premiers jours dans la cité des doges sont tout sauf agréables. J'ai la sensation d'être à la fois perdu dans la masse informe des hordes de touriste, invisible pour les vénitiens, absent de moi-même, égaré. Je rase les murs, je cours, me faufile, évitant soigneusement la foule mais aussi les vénitiens eux-mêmes...
Mon corps se sent chez lui, mes pas me portent sans aucune hésitation vers là où j'ai besoin d'aller, ma bouche prononce les mots qu'il faut pour ordonner, commander…

Venise, histoire, promenades, anthologie et dictionnaire : un Bouquin indispensable

Petit événement franco-vénitien l'autre soir au Palazzo Grassi auquel je me suis rendu par un pur hasard. Je feuilletais la brochure du Teatrino Grassi quand j'ai lu dans le programme la présence à une présentation de bouquin de mon ami Francesco Rapazzini que je ne pensais pas voir ici, puisqu'il vit à Paris depuis une quinzaine d'années et que c'est là-bas que nous nous voyons depuis. Il était à Venise pour participer à la présentation d'un ouvrage, de la série Bouquins justement , dont j'avais entendu parlé il y a plusieurs années. L'un des avantages - et miracles - de Venise est de permettre des rencontres imprévues sans avoir pratiquement à les chercher. J'allais revoir mon ami Francesco et en même temps découvrir ce nouvel ouvrage dont le projet, initié il y a plus de cinq ans par une universitaire bordelaise, Delphine Gachet.
Venise, Histoire, promenades, anthologie et dictionnaire est donc le dernier ouvrage en date sur le thème de la Sérénis…