15 juillet 2006

Casanova en France le 26 juillet

"Méfiez-vous des apparences... Mise en garde délivrée aux jeunes filles des couvents quand passe dans les parages le débauché Casanova, mais que l'on pourrait appliquer au public s'attendant à une nouvelle chronique des exploits du plus célèbre tombeur de ces dames - a fortiori avec Heath Ledger, tout juste magnifié par Brokeback Moutain, dans le rôle titre", c’est ainsi que la Libre Belgique présentait au printemps ce film encore inédit en France (il sort le 26 juillet sur nos écrans ! du moins c'est ce qui est annoncé).
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Mais surprise, bien que pur produit hollywoodien, ce film a été abordé par le cinéaste suédois Lasse Hallström et son scénariste Jeff Hatcher, d’une manière originale et assez décalée... Oui, Casanova a séduit toutes les femmes de Venise, oui il passe pour revenu de tout , incapable de tomber amoureux. Son cynisme fait de lui, en apparence, un vainqueur perpétuel. Pas un jupon ne lui résiste ? Mais voilà qu'il va tomber sur un os : la pétillante Francesca (Sienna Miller en blonde... vénitienne), féministe avant l'heure, va repousser ses avances. Ce qui à l'heur de plaire à sa mère (Lena Olin), qui veut la marier au plantureux et riche marchand Paprizzio (Oliver Platt), seul moyen de sauver la famille de la ruine imminente... Classique, classique.


Casanova quant à lui, poursuivi par le Grand Inquisiteur Pucci (Jeremy Irons), n'a plus d'autre solution que de feindre de vouloir épouser la jeune Victoria (Victoria Dormer), très agréable tout de même (bref ce ne serait pas un calvaire pour Giacomo !), mais cette jolie promise tombe sous le charme de Giovanni, le jeune frère de Francesca (Charlie Cox qui jouait en 2004 dans Le Marchand de Venise)... 
C’est un peu compliqué mais finalement on s’y retrouve : En manipulant les uns et les autres, Casanova espère se rapprocher de Francesca le soir du carnaval où expire l'ultimatum de Pucci. L'imbroglio peut se mettre en place. Cela ne manquera pas de vous rappeler nos classiques : Shakespeare, Molière ou Goldoni revisités par Hollywood...
Avec sa foule de personnages et ses rebondissements en cascade, cet énième Casanova (souvenez-vous de celui de Comencini ou de Fellini), vire progressivement à la pantalonnade, plus commedia dell'arte que drame sentimental. Heureusement, le brio des acteurs, qui s'en donnent à cœur joie, sauve un scénario tarabiscoté. Les puristes en sortiront perplexes, on peinera parfois à accepter les accents anglo-américains (alors que le réalisateur a tenu à filmer dans les décors authentiques de Venise), mais, en restant positifs, on savourera tout de même cette comédie en costumes d'époque avec son final inattendu, entre le cinéma de Richard Lester et celui de Philippe de Broca, comme un plaisir estival. 

Vous savez ces soirées très chaudes où on projette sur de grands écrans en plein air des films que tout le public, bon enfant, commente. Certes pas de quoi faire un classique retentissant et inoubliable qu’il faudra avoir dans sa filmothèque, mais c'est une farce plaisante où brille en sérénissime comique Oliver Platt et d'où émerge Victoria Dormer, délicieuse en jeune fille de bonne famille coquine. Une image saine de Venise, comme au XVIIIème, toute de joie et de plaisir.

posted by lorenzo at 23:00
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