21 mai 2012

Alain Delon jeune Premier à Venise

 
Une amie italienne vient de retrouver dans ses archives cette photo de Delon jeune homme sur la Piazza. Il s'agit certainement d'un de ses séjours avec Luchino Visconti ou avec Romy Schneider pour la Mostra du Cinéma. Si les lecteurs de TramezziniMag ont davantage de précision sur l'année, qu'ils me le fassent savoir.

Accointance et familiarité

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..à A.B.
Si le fantastique se mêle aisément à la réalité sur la lagune, le quotidien demeure tout de même plus joyeux. Pas la moindre inquiétude, aucun frisson la nuit au détour des ruelles sombres, même avec le silence. Profond pourtant, il n’a jamais rien de poignant. Si des fantômes errent parfois dans les recoins de palais abandonnés, ils ne rendent pas les lieux sinistres comme peuvent l'être les salles humides des manoirs écossais ou les chemins creux au royaume de Mélusine. "On se sent heureux de vivre là, comme si vivre ne consistait qu’à avoir des heures charmantes à ne rien faire." L'auteur de ce blog vit avec Venise une relation fusionnelle faite d'accointance et de familiarité. D'autres aussi en sont ainsi devenus librement les esclaves.
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L’heureux farniente que pratiquent avec aisance - et sans faux-semblants - les peuples de la Méditerranée, est en contradiction avec la mentalité qui domine dans le monde occidental où il faut aller toujours plus vite, plus loin, plus fort. Je me suis toujours demandé si le rythme de vie qu’impose la topographie des lieux à Venise n’est pas à l’origine de ma résistance aux épreuves et aux échecs. Plus encore, je suis persuadé que ma résilience, que je crois être une bénédiction dont le ciel m’a honoré, n’a pu intégrer mon esprit que par cette incroyable alchimie qui s’opère quand on vit ici, dans cette lumière et ces reflets si plein des rumeurs du temps… Voilà pourquoi cette obsession de Venise n’est plus depuis longtemps une simple tentation, un choix à faire et encore moins un enfermement. C'est au contraire une délivrance, le décor de l’acceptation de ce que je suis et du peu que je vaux. La Sérénissime, comme pour beaucoup d'autres, est le terrain où je puise la fertilité de ma plume. L’œuvre est loin d’être magistrale pas plus qu’elle n’est fondamentale, mais en apportant au fil des pages que je livre à mes lecteurs, un peu de ce ressenti dont je suis joyeusement envahi, je crois contribuer, certes très modestement et d'une manière bien imparfaite, à la louange des jours, à l’oraison du monde reconnaissant à Dieu pour tant de bonheur, tant de beauté.
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Et tant pis si cela fait gnan-gnan aux yeux des gens d'aujourd'hui. C’est ainsi que je ressens mon accointance de chaque instant avec ma ville. Même réduite à ce qu’elle est aujourd’hui par les boutiquiers d’un monde vulgaire, Venise est à elle seule, avec son histoire, son peuple, son bâti, ses œuvres d'art, une civilisation ; c’est là d’où je viens, là d’où je suis. Considérant que la beauté sauvera le monde et que Dieu ne se manifeste que par la beauté, laissant au diable tout le reste, je ne suis qu’un parmi tant d’humbles servants de cette incarnation divine. Ne parlait-on pas du temps de sa puissance de la nouvelle Jérusalem, ne voyait-on pas en elle la véritable Cité de Dieu, couverte par le Paraclet ? Seul espace urbain placé sous la protection absolue d'un apôtre (et pas n'importe lequel !) ? En parler, la décrire, la faire connaître dans sa réalité, en détailler l’histoire et les fondements, est une mission quasi religieuse. Mon seul talent je le crains. Aussi ai-je choisi de m'y consacrer en entier. Je ne suis pas le premier. Je ne serai pas le dernier !

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