06 décembre 2009

La Dolce Fiamma par Philippe Jaroussky

Philippe Jaroussky vient d'enregistrer des très beaux airs écrits pour les castrats. Parmi son répertoire, il y a chez EMI records, un très beau coffret consacré aux opéras oubliés de Jean Chrétien Bach, le Bach de Londres.Un régal. Cette vidéo promotionnelle nous permet d'entendre un aria magnifiquement interprété par le jeune haut-de-contre. 
 
 Ce disque, couronné d'un Choc de Classica, a reçu aussi  un Diamant d'Opéra Magazine et d'un Diapason d'or, est un vrai bonheur, tout est paerfait : "la technique à toute épreuve de Philippe Jaroussky, la délicatesse qu'il apporte aux ornements, son intonation expressive mais sans excès donnent à cette musique une élégance hors pair, faite de subtilité et de délicatesse." pouvait-on lire en novembre dernier sur l'excellentissime blog Jefopera. Qu'ajouter à cela sinon que j'espère que vous aurez autant de plaisir que moi à écouter cet extrait et vous conseiller de courir chez votre disquaire préféré !
 
 

10 commentaires:

Thierry a dit…
maite a dit…

Pour les plus fauchés...(dont je fais partie), on peut écouter ce disque sur "deezer".
Merci pour tous vos billets toujours agréables à lire, bon dimanche

Les Idées Heureuses a dit…

Il est vrai que le dernier fils de Bach est à redécouvrir. Pour la petite histoire, Mozart tout jeune enfant, lors de "sa tournée " en Europe fut présenté à Londres à Jean Chrétien compositeur dans le nouveau style "galant".
Une anecdote illustre leur rencontre:
"Johann Christian Bach, professeur de la Reine, a pris le petit Mozart sur ses genoux et a joué quelques mesures puis l'enfant a continué et c'est ainsi que à tour de rôle, ils ont exécuté une sonate entière avec une précision merveilleuse."
Le jeune Mozart emportera dans ses bagages trois sonates pour clavecin de Johann Christian , qu'il transcrira en petit concerto pour clavecin adjoignant simplement deux parties de violon et une partie de basse.
Un travail d'un jeune compositeur en devenir sur de magnifiques pièces fort peu jouées.

 
Anne a dit…

La beauté de cette voix donne des frissons! Merci, Lorenzo, pour cette vidéo. La référence est notée pour mon disquaire.
Merci aussi à Martine pour cette anecdote charmante.
Bon dimanche à tous les deux.
Anne

J F F GrandsLieux a dit…

Merci Maïté,
Vous êtes la preuve qu'on peut être fauché et détenir des infos en or !
Merci aussi à Lorenzo pour cette perle...
Bonne Journée

J F F GrandsLieux a dit…

J'ajoute que cette vidéo est une superbe façon de découvrir une grande ville comme Londres sous un aspect inattendu... et enchanteur. La rencontre d'une capitale, de l'histoire, de l'art, de l'écriture et de la musique...
La gestuelle dans l'interprétation tient du ballet aussi.
Zut ! j'aurais aimé être le premier à la montrer dans GrandsLieux!

VenetiaMicio a dit…

Quelle voix magnifique, merci Lorenzo pour la vidéo.
J'espère que votre dimanche a été excellent.
Merci à Martine, pour son petit texte complémentaire à votre billet de ce jour.
Danielle

Enitram a dit…

Superbe ce coffret ! Et depuis que j'ai vu et entendu cette voix sublime qu'est celle de Philippe Jarousky, j'en suis encore plus éblouie chaque fois. Meraviglioso !
Cette plage musicale accompagnerait bien la photo de mon dernier billet !!!!!!!

Marie G a dit…

Eh bien moi, au risque de vous décevoir tous, je trouve que Jaroussky chante très bien, mais c'est un peu trop ampoulé, efféminé... Il ne faut pas oublier Alfred Deller et James Bowman, surtout Bowman qui pour moi est le plus merveilleux haut-de-contre. tellement de classe... Dans le Salve Regina de Vivaldi...

Gérard a dit…

Quelle musique extraordinaire que celle-là . Qui sort , ici , d'un coup , du rideau de nos ténèbres d'Européen enfoui . Notre mémoire artistique s'en trouve emplie . Bel extrait . Quel talent ! Au disquaire , donc !

05 décembre 2009

Connaissiez-vous Kuba le gondolier ?


Les lecteurs de Tramezzinimag connaissent bien Eric Valmir, le sympathique et brillant correspondant de Radio France en Italie. Dans un de ces derniers billets (22 novembre 2009, jour anniversaire de l'assassinat de J.F. Kennedy), il décrit une promenade en gondole avec Kuba, un gondolier francophone un peu à part, dont la barque attend le client dans le quartier de Cannaregio et que les connaisseurs s'arrachent (au passage, dès que vous êtes à Venise, appelez-le pour réserver une ballade un peu différente de celles que vous proposent les trains de gondole sur le Grand Canal avec accordéon et chansons napolitaines !). En attendant, je vous invite à lire ce texte sur le blog d'Éric : cliquer ici.

Pour réserver la barque de Kuba :
041 72 12 30 ou 33 34 22 06 31



3 commentaires:


Anne a dit…
Merci pour cette information et pour le lien avec un reportage très paisible et intéressant. Je note tout de suite ces références pour mon prochain voyage, d'autant plus que nous aimons beaucoup Cannaregio. Anne
Michelaise a dit…
Oups... je ne suis jamais montée sur une gondole, sauf bien sûr pour un traghetto ! faut-il vraiment succomber aux charmes de Kuba ?
Catherine a dit…
Je connais un peu Kuba qui a été charmant quand je l'ai pris en photo en Mai dernier; mais j'ai été un peu décue qu'il ne réponde pas a mon mail quand je lui ai envoyé ses portraits!Jirai le voir en Février. Avez vous recu mon mail du 11 novembre?

04 décembre 2009

Matin d'hiver ou presque...

5° ce matin au thermomètre sur le rebord de la fenêtre. Ciel clair mais pluie fine. Frisquet. Décembre est là. La bouilloire siffle dans la cuisine et l'odeur de pain grillé donne des envies de farniente. 

Voilà bien la saison du repli vers le terrier, la chaleur du poêle et les lectures revigorantes. Le chat n'a pas daigné se lever. Après avoir regardé par la fenêtre, il s'est retourné tranquillement sur son coussin. Journée couette pour lui apparemment. 

Les pas dans la rue raisonnent, peu à peu la ville se remplit des mille petits bruits du jour. La pluie n'arrête pas. Le petit déjeuner est prêt. Vous prendrez bien une tasse de thé avant de commencer la journée ?


6 commentaires:
Anonyme a dit…
Froid et pluie ce matin. M.17
VenetiaMicio a dit…
Volontiers,une petite tasse de thé, merci Cher Lorenzo. Le message est d'aujourd'hui, êtes-vous à Venise enfin ? Ici après la tempête et la pluie hier toute la journée, enfin un beau soleil qui fait briller mille petites perles sur les feuilles de l'arbre de Judée et sur le laurier-rose...Micio dort profondément dans sa nouvelle résidence, une niche de la cheminée ! Bonne journée
La tortue légère a dit…
Merci de la chaleureuse invite, bien chaud le thé, oui. Ici, de ma fenêtre, je vois des masses grises et épaisses envahir le nez des montagnes pour y déposer la neige, sans nul doute, sur ce cher Vercors. Lôlà PS : Vous nous aviez parlé d'un site pour 2010, comment se porte-t-il ?
Michelaise a dit…
Volontiers le thé... et l'hiver quant à lui, est une bien belle saison qui incite aux feux de bois, aux tartes et aux boissons chaudes, le plaisir de regarder dehors quand il fait gris et mauvais et de s'offrir, comme le chat, une journée "couette", virtuelle !!
Les Idées Heureuses a dit…
Pour moi ce serait un café! sans sucre avec un petit verre d'eau fraiche. L'hiver est une saison qui fait prendre conscience du bien être d'avoir un chez soi. Il y en a qui n'ont pas cette chance, dehors, faisant de cartons entassés leur "résidence d'hiver"; Le thé ou le café au "resto du cœur" ou à la soupe populaire. Même pas de chat pour se réchauffer, peut-être un chien pour dissuader les autres de venir squatter leur "quartier". Vous ne trouvez pas qu'il y en a de plus en plus?
Lorenzo a dit…
merci de rappeler cette horrible réalité qui ne doit pas être oubliée, surtout en ces temps de bombance. Des millions de gens n'ont ni toit, ni nourriture, ni ressources, ni espoir.

Les pieds dans l'eau

Cliché © Enzo Pedrocco - 2009
Les Idées Heureuses a dit…
Comment dit-on "Allo" en italien? Car il semblerait que ce vénitien est un souci avec son téléphone portable...pour en arriver à faire appel à un taxiphone, les pieds dans l'eau...
Lorenzo a dit…
"pronto"

Quotidien


1 commentaire:

Les Idées Heureuses a dit…
Futur lumbago!

Pas de panique !

ou "le déjeuner express & dernière minute"...
Je pensais passer la journée seul, à écrire. Enfin presque seul, puisque Mitsou et Ulysse, nos deux chats, écœurés par le mauvais temps et la froidure, ont décidé de s'installer le plus près possible de moi, l'un sur le scanner, l'autre sur mes dossiers. La proximité du radiateur certainement. Où ma compagnie, mais là, j'ai tout de même un doute. Bref, journée studieuse en perspective. Soudain, le téléphone ! Changement de programme, les enfants s'invitent à déjeuner... Il était question - pas très bien entendu, ni bien compris en fait...- de "grèves des gardiens de musée" et "il y a des cours qui sautent", "pas envie de manger un sandwich," "papa on vient déjeuner avec toi, mais on n'a pas beaucoup de temps"...
..Annonce faite aux alentours de 12 heures 20, ! soit dix minutes avant l'arrivée des ventres affamés. Branle-bas de combat. Top chrono ! Je n'ai donc que vingt minutes pour trouver la solution et servir le déjeuner...
..Idées, notes et carnets vénitiens abandonnés à la surveillance distraite des chats (qui n'ont même pas ouvert un oeil !), je me précipite dans la cuisine pour voir ce dont je dispose et préparer à l'arrache, un déjeuner pour trois. Je vous livre le résultats, histoire de partager avec vous les solutions trouvées au stress du repas-dernière-minute, baptisé aussi "à l'infortune du pot" ! Et au diable la fausse modestie : nous nous sommes (tout de même) régalés !
Revenons au stress d'il y a une heure : Me voilà dans la cuisine. Passage en revue du contenu du placard, du frigo et des paniers à fruit : évidemment, je n'ai pas fait de courses depuis une semaine...
..Mais l'inventaire achevé, il y a quand même de quoi improviser. A ma disposition : de la semoule cuisson express, un flacon de Worcester sauce, une boite de purée de tomate, des bouillons-cubes, de l'huile d'olive, des épices, des Digestive (nos fameux biscuits sablés anglais), un reste de yaourt turc, du basilic surgelé, du parmesan, des lardons, une moitié de concombre, un poireau, de l'ail, du beurre, des noix, 2 kiwis, 1 grosse poire Doyenné du comice et des carambars... Cela donne :
.
Çaçik minute,
Semoule à la diable,
Tartelettes poire-kiwi sauce Carambar.
...
..Un peu d'huile dans une casserole, où j'ai versé le poireau finement tranché puis le contenu d'une demie boite de purée de tomate; puis un peu d'ail haché. Quand le mélange est devenu bien chaud et bien onctueux, j'ai ajouté du bouillon (j'ai fait vite bouillir de l'eau à laquelle j'ai ajouté un cube de Dado bio - mais Maggi, Kub ou Oxo feraient aussi bien l'affaire), et quelques gouttes de Worcester Sauce. Quand c'est arrivé à gros bouillons, j'ai déposé les sachets de couscous, en vérifiant l'assaisonnement. Quelques minutes de cuisson (jusqu'à ce que les sachets soient bien gonflés).
..Pendant ce temps, j'ai mélangé le concombre épépiné et coupé en petits morceaux, l'ail haché au yaourt. J'ai ajouté un peu de quatre-épices, sel et poivre et une goutte d'huile d'olive. Le tout bien remué et hop, au frais.
..La semoule sortie et étalée pour que les grains se détachent a été réservée bien au chaud avec un gros morceau de beurre. J'ai fait dorer les lardons dans un poêlon, sans graisse, puis je les ai mélangé à la semoule, il a fallu ajouter quelques cuillères du bouillon devenu assez onctueux, pour que la semoule ne soit pas sèche un peu de basilic et du parmesan. "Bien remuer et servir chaud" comme le préciserait Ginette Mathiot.

..Quant au dessert, simplicité enfantine : j'ai pelé les kiwis et la grosse poire, mûre à point, puis j'ai haché grossièrement les noix et j'ai mis le tout dans du beurre chaud. J'ai retiré cet appareil du feu quand les fruits ont commencé à fondre, et j'ai couvert trois biscuits avec cette préparation, un par assiette. J'ai ensuite fait fondre les Carambars coupés en morceaux, mélangés au reste de yaourt turc, remuant jusqu'à obtention d'une crème à la jolie couleur. J'ai nappé de ce mélange les tartelettes improvisées. cela a donné une crème onctueuse qui en refroidissant avait fière allure. Il ne manquait que des feuilles de menthe et une boule de glace, mais hélas, je n'en avais pas.
..Tout le monde s'est régalé. Les serviettes à peine repliées (il faut insister pour qu'elles le soient bien sûr), les asticots étaient déjà repartis en cours, sous le regard placide des chats réveillés par les odeurs et les rires. Me revoilà enfin face à mes livres et mes carnets ! Si nous reparlions de Venise, après ce hors-sujet notoire ?

4 commentaires :

Les Idées Heureuses a dit…
-"Papa prêt à tout devant l'appel affamé de ses oisillons".
Bravo pour l'improvisation, cela arrive souvent quand on a beaucoup de boulot et que l'on en oublie de faire les sempiternelles courses... mais il y a toujours quelques astuces car on a ce que l'on nomme "les fonds de placards" et c'est souvent avec ces petits trésors d'ingéniosité que l'on arrive à surprendre son entourage.
Prestidigitateur, le Daddy! c'est pour cela qu'ils ne se gênent pas à tirer la chevillette...
Et cela devait encore sentir bon!!!
J F F GrandsLieux a dit…
Chapeau ! (je devrais dire Toque !) pour l'exploit. Les enfants en question doivent savoir que vous aimez faire et déguster de bons plats.
Et bravo aussi pour le texte qui a le même rythme.
VenetiaMicio a dit…
C'est vraiment génial, en un tour de mains, un petit repas bien sympathique. Quelle chance ils ont ces enfants ! Et bravo Lorenzo, j'adore cette fantaisie avec laquelle vous avez préparé les mets que vous venez de nous décrire.
Un petit bonheur de lecture, le sourire aux lèvres, et tellement bien décrit, j'avais l'impression d'être parmi vous, si j'avais pu être un des chats pour suivre la scène !
Vous avez bien mérité de retourner à vos billets et de nous reparler de Venise.
à bientôt
Danielle
Michelaise a dit…
Bravo Lorenzo, la cuisine impro, fonction du contenu du frigo, ça c'est du grand art !! et de bonnes idées à glaner pour nous au passage ! sympa comme tout l'idée de la crème au carambar !! ils sont vernis ces petits ! et vous aussi d'ailleurs d'avoir des ventres affamés à nourrir ! ça a toujours quelque chose de très valorisant !

APPEL : Lecteurs de Tramezzinimag, Signez tous la pétition



Tramezzinimag se joint à Venessia.com et sollicite solennellement chacun de ses lecteurs, habituels ou occasionnels, rendez-vous tous sur le lien ci-dessous pour signer la pétition "Aspirants vénitiens". A ce jour, 374 signatures seulement (candidatures ?) ont été récoltées. Il faut signer en masse. Lisez pourquoi.

.."
Tu es fatigué de vivre dans une ville quelconque ? Tu veux sortir de la grisaille des villes modernes ? Tu souffres de la dégradation et du trafic de ta ville ? Tu es fatigué de vivre dans l'insécurité ? Tu as envie de sortir du train-train quotidien auto-boulot-dodo ? Tu cherches une ville sûre où élever ta famille ?
..Tu es un Vénitien qui est parti sur la terre-ferme et qui a, maintenant la nostalgie de sa maison? Tu es un visiteur qui est resté enchanté par Venise ? Enfin, tu rêves de vivre à Venise ?
..Cette pétition s'adresse à toi !
..Venise, la ville la plus belle du monde, aujourd'hui a besoin de toi ! Venise a besoin d'être repeuplée, elle a besoin d'une sève nouvelle qui lui apporte idées, enthousiasme et vitalité. Venise peut t'offrir un choix infini d'habitations, quartiers, îles, panoramas et rêves. Tu ne sera plus obligé de vivre dans un appartement identique à celui de ton voisin, tu ne sera plus contraint à l'homologation.

..Venise, ville modèle unique au monde par son art de vivre, sa sécurité, sa culture et ses traditions, sera honorée de t'accueillir toi et ta famille . En signant cette pétition internationale, tu contribueras à faire de ce rêve une réalité. Les signatures seront présentées publiquement à la Mairie de Venise à laquelle il sera demandé de mettre en œuvre une réforme radicale dans le domaine de la politique résidentielle pour repeupler la cité.

..L'initiative Aspirant Vénitien est organisée par un groupe de citoyens unis dans le mouvement Venessia.com, elle est indépendante de tout parti politique et s'adresse à quiconque voudra la soutenir. Elle naît en un moment critique pour Venise dont la population à demeure, à l'automne 2009, est tombée en dessous de 60.000 habitants contre plus de 150.000 pendant les années 60. Le dépeuplement de Venise a été aggravé par l'exploitation effrénée de la ville devenue destination touristique de masse, et en même temps par l'absence d'une politique soucieuse de la défense du droit des habitants et de la protection des activités économiques qui leur sont nécessaires.
..Pendant les dernières années, même les quartiers jadis populaires ont été ouverts au tourisme et, à cause d'une gestion insensée des permis, des centaines d'appartements, maisons, palais ont été transformés en bed & breakfast, pensions, hôtels. Cela s'est produit suivant le plan bien précis de transformer Venise de vraie ville avec des quartiers bien distincts ayant chacun des personnalités différentes, en un centre historique toujours plus adapté au tourisme de masse et duquel les habitants sont exclus. Aspirant Vénitien est une initiative qui s'oppose à cette opération menée contre Venise et les Vénitiens et par cette récolte de signatures, rappelle que Venise pourrait être une ville modèle pour le monde par son mode de vie, rêvé par des milliers de personnes qui y vivraient si les conditions économiques et les opportunités le permettaient. Nous croyons que de telles conditions peuvent être réalisées par une gestion correcte des flux touristiques, une interdiction totale du "changement du type d'utilisation" des immeubles d'habitation, la taxation exceptionnelle des résidences secondaires non louées à des habitants, le recensement et le contrôle extraordinaires des habitations vénitiennes, mais aussi et surtout par la relance de l'économie vénitienne et la création de liaisons efficaces vers les lieux de travail.
..Aspirant Vénitien recueillera les signatures de tous ceux qui veulent partager cette volonté de relance par un engagement symbolique. Les signatures seront recueillies jusqu'en avril 2010 et présentées à la nouvelle équipe municipale qui dirigera la ville dans les prochaines années Venessia.com, forte des adhésions reçues, pourra développer une pression sur les administrations publiques, les médias nationaux et internationaux, pour soutenir la relance de la politique du logement et permettre à tous les aspirants nouveaux citoyens de Venise de voir réaliser leur rêve."


Texte officiel de présentation de la pétition.

02 décembre 2009

Un deux décembre au paradis





Combien il est merveilleux de pouvoir écrire et de prendre en même temps le soleil, assis devant un café macchiato bien parfumé, un deux décembre... Le soleil très haut sur la lagune inonde la ville d'une lumière assez crue, presque blanche, comme embrumée. A l'horizon, les lignes et les profils de toutes les îles et de leurs églises se dessinent parfaitement. C’est un véritable moment de plénitude qu'illustre parfaitement ce bel aria de Caldarà que j'écoute en sirotant mon café, face au bassin de Saint-Marc. Les senteurs sucrées de la vieille glycine qui fait le charme de cet endroit, ont laissé la place aux parfums un peu âcres des feuilles mortes et de l'herbe fraîchement coupée. En passant tout à l'heure devant le monument de la partisane d'Augusto Murer, le bronze brillant maculé de mousse, léché par l'eau de la lagune, j'ai repensé à ceux qui sont morts à cet endroit parce que d'instinct ils avaient compris que leur vie valait moins que la liberté des leurs. Descendus des montagnes, ces gens simples, souvent très jeunes, ont été fusillés sur cette rive baptisée aujourd'hui Riva dei Martiri. L'installation de Murer et Scarpa doit sans cesse rappeler à l'humanité que la liberté est un combat permanent. Le serveur du café écoute la radio en sifflotant. Je suis le seul client de la terrasse jardin. Devant moi, l'un des plus beaux spectacles du monde. Et le soleil, la lumière blanche, la brume au loin. Le délicieux parfum d'un café chaud. Mon carnet... Le paradis en ce deux décembre.

2 décembre 1984, Venise, Café del Paradiso.
(Journal 1981-1985 - Extrait)

4 commentaires:

Anne a dit…
Merci pour ce beau souvenir qu'on croirait presque chuchoté en confidence par les statues de votre photo.
Anne

VenetiaMicio a dit…
bonsoir, Lorenzo, je me joins à vous pour le petit machiatto, je vous laisse à votre carnet pour un nouveau billet, je profite seulement du Paradiso de ce 2 décembre ....
bonne nuit
Danielle

La tortue légère a dit…
Je viens, j'en suis, je reviens !!
MERCI pour le partage, comme cela nous y sommes...en toute discrétion, laissant chacun à son bonheur d'être seul à cette terrasse.
Tout ce que j'aime.
Lôlà

Evelyne a dit…
Je rentre de Turin...le retour est toujours difficile après ces instants de bonheur passés auprès de mes amies italiennes...un bel extrait, merci et à bientôt.


01 décembre 2009

Un étrange regard. Récit

Un étrange regard que celui qu'il lança à son compagnon. Le navire allait appareiller, rutilant et chargé de marchandises magnifiques, il ferait escale à Split, Corfou, Famagouste, Alexandrie et reviendrait chargé d'épices et de soieries, de pièces d'orfèvrerie et de belles esclaves aux cheveux roux. Mais Damiano ne parvenait pas à se réjouir. Il repensait sans cesse à cette rencontre, hier soir près de l'auberge où ils s'étaient enivrés en compagnie des marins et des ouvriers de l'Arsenal. La vieille qui avait surgi devant lui dans la ruelle ; son rire méprisant ; sa prédiction lancée comme un anathème. Il regrettait son engagement. Un étrange regard vraiment... 
 
Jacopo lui n'avait en tête que l'amour de Lucinda, sa belle, sa promise. Messer Antonio avait été clair : l'équipée vers l'Égypte, la réussite des transactions qu'il lui confiait et ce serait, au retour, le paiement d'une commission dont il n'aurait jamais osé rêver. Mais plus que tout, ce seraient les fiançailles avec la belle Lucinda. Il ne l'avait pas revue depuis ce matin de mai, il y a un mois déjà, où il fut autorisé à l'accompagner jusqu'à la belle demeure de Castelfranco. Elle y resterait jusqu'à l'automne. La jeune fille avait tourné la tête pour cacher une larme qui perlait de ses yeux. Une larme ! quelle délicate enfant. Combien déjà il l'aimait ! Son regard était si doux alors, si plein de promesses. Il en fut retourné. La vieille, vautrée sur la margelle du puits, devant l'auberge lui avait souri. Elle lui prédit un mariage triomphant au retour de l'expédition. Pourquoi le regard sombre de Damiano ? La pythie était ivre ou folle. Personne ne l'avait jamais vue dans le quartier. Elle s'était éloignée dans la nuit en riant... 
 
Le lendemain, le navire traversa la lagune sous un ciel déjà clair. L'Adriatique était paisible. Le vent soufflait doucement, mais suffisamment pour permettre aux hommes de lever leurs rames. Silencieux, les deux amis regardaient s'éloigner les côtes italiennes. Le cinquième jour, après deux premiers accostages réussis, le ciel se fit sombre. Une tempête fit dévier le navire de sa route. La galère qui l'escortait se perdit. Au petit matin, cinq navires turcs les entouraient, menaçants. L'assaut fut bref. Il y eut de nombreux morts. Les blessés furent jetés par dessus bord par les ottomans enragés. Damiano et Jacopo, jeunes seigneurs bien constitués furent amenés par le capitaine au marché des esclaves. A Galatasarai, au pied de la tour génoise où jadis les vénitiens achetaient les belles musulmanes. Damiano devint le giton d'un pacha d'Anatolie en villégiature dans une des îles du Bosphore. Il resta chez les turcs, fut affranchi par son maître. Rendu cynique par la vie qu'on lui fit mener, se souvenant toujours de la prédiction de la vieille, il accepta de se convertir pour recouvrer sa liberté.

Jacopo travailla à la construction d'un palais, puis il fut enrôlé sur une galère. Il acceptait son sort, persuadé de retrouver un jour la liberté et sa belle. Tout ce qu'il endurait, il l'acceptait en pensant à Lucinda. Il savait qu'il la reverrait un jour. Il naviguait vers Alger quand son navire fut arraisonné. Avec ses camarades chrétiens, on ramena le jeune homme à Venise, après plusieurs mois de campagnes navales devant Candie. Il gagna dans ces combats la réputation d'un farouche combattant. Il accumula aussi un butin pris sur les bateaux ennemis qui faisait de lui un homme riche. Messer Antonio l'accueillit comme son fils et il épousa la belle Lucinda. Damiano parvint à s'échapper des mains potelées et baguées du pacha. Il quitta Istanbul et s'installa comme géomètre à Smyrne. il ne se maria jamais et on dit qu'il devint imam. à la fin de sa vie Il faisait peur aux enfants car un étrange regard l'habitait parfois. Ses yeux bleus s'assombrissaient soudain et un rire horrible sortait de sa bouche édentée, comme celui d'une vieille sorcière.

Photographie de Duane Michals.

2 commentaires:

Michel a dit…
Froid dans le dos dis-donc ce texte ! mais on s'y croirait. merci pour ce blog magnifique ! quelle belle langue.
J F F GrandsLieux a dit…
Une sacré histoire, ou une légende sacrée ?
Photos extraordinaires, choisies fort à propos.
Bonne journée,