14 décembre 2012

Les lycéens vénitiens manifestent pour l'autogestion

Cliché © Yves Bauchy - 13 décembre 2012 - Tous Droits Réservés
De très jeunes gens qui marchent en groupe dans les rues de Venise, on en voit souvent. Ces gite scolastiche qui amènent dans la cité des doges des centaines de milliers de groupes scolaires du monde entier sont monnaie courante. Ce qui l'est moins et mérite d'être mis en avant, ce sont les manifestations d'indignation et de rogne. C'était l'indignation et la rogne justement qui ont amené deux cents lycéens du lycée Foscarini en colère.
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Mais qu'est ce qui a motivé cette démonstration de masse qui s'est déroulée calmement et avec un grand sérieux ? Le Liceo Foscarini, situé à Cannaregio, dans l'ancien couvent de Santa Caterina est un établissement de qualité et d'une grande réputation, qui accueille plus de 600 élèves. Un tiers d'entre eux avaient choisis de défiler dans les rues de la ville jusqu'au campo du Rialto, au pied du Gobbo, cette statue d'un bossu soutenant un escalier de pierre qui mène à une antique colonne de marbre venue de Saint-Jean d'Acre, monument symbolique pour les vénitiens, où étaient proclamées les décisions du Sénat, mais aussi lieu de rassemblement des mécontentements populaires.
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Cliché © Yves Bauchy - 13 décembre 2012 - Tous Droits Réservés.
Cortège bon enfant qui avance en bon ordre derrière une grande banderole au milieu des passants. Après l'occupation, hier, du lycée par les élèves, environs deux cents élèves ont défilé dans les rues organisant plusieurs flash-mob sur la Strada Nova, à Santa Margherita, sur le campo San Bartolomeo puis à San Giacometo, à l'Erbaria où un sit-in de protestation a réuni le plus grand nombre de manifestants. Un de leurs délégués est allé - geste à forte connotation symbolique - jusqu'à grimper sur le Gobbo, comme autrefois les tribuns pour rappeler la participation des lycéens à toutes les décisions concernant l'organisation des études et le fonctionnement de l'établissement.

© Poa Sara Manzoni - Tous Droits Réservés
Les lycéens protestaient ainsi contre le manque totale de transparence dans les choix et les décisions de la direction du lycée qui ne dispose pas d'un Conseil d'établissement. Après la décision, votée par 70% des élèves, d'occuper les locaux, les lycéens avaient obtenu entre trois et cinq jours d'autogestion, sur les bases du programme. Mais le recteur refusa de s'engager par écrit. Aussitôt l'occupation du lycée levée, celui-ci ne concéda plus officiellement que seulement deux jours... Cet engagement non tenu coupa court à tout dialogue poussant les jeunes gens déterminés dans la rue. Une démonstration joyeuse et roborative de l'exercice de la démocratie. De quoi se réjouir quand on entend si souvent parler de l'apathie sociale des nouvelles générations, plus occupées à échanger virtuellement sur les réseaux sociaux qu'à prendre position pour la communauté dans le monde réel. L'avenir leur appartient et les savoir si réactifs rassure !

© Poa Sara Manzoni - Tous Droits Réservés.