09 mai 2005

Venetia AEtatis

Doge par Sergio Fergola
acrylique sur toile. 80 x 100 cm
Coll. privée




Comme prétexte, un voyage à Venise

Dix jours à Venise, un retour longtemps prémédité. S'éloigner de la routine, oublier le quotidien. Cette atmosphère pesante qui règne ici. En dépit des embellissements, Bordeaux m'ennuie. Il pleut. Les gens sont tristes. Tout est trop bruyant, pollué. Je ne suis plus sûr de rien : dans moins d'un mois il y a le référendum. Oui, Non ? Je ne supporte plus cette foule qui arpente la rue Sainte Catherine, temple de la globalisation. Comme toutes les rues piétonnes de France et bientôt d'Europe, les mêmes enseignes, les mêmes visages las.

Nous partons. Paris, l'horrible gare de Bercy - comment peut-on accepter d'être parqué là lorsqu'on part pour l'une des plus belles destinations d'Europe. Une nuit dans le train. Le wagon restaurant avec Cesarina, la serveuse qui vit à Mestre. Le prosecco offert par la compagnie a disparu et il n'y a plus que deux personnes pour assurer le service. 26 € pour un plat de pâtes, du rôti de veau et des pommes de terre, une crème dessert. le vin est en plus. Avant l'euro, le repas était à 35 Francs et il y avait le choix entre plusieurs plats... Il y a deux ans encore, le menu était joliment imprimé. Au moins les serviettes et les nappes sont encore en tissu et c'est un délice de dîner en voyant défiler le paysage, assis à une vraie table, avec de vraies fleurs dans les vases. Rien à voir avec l'infâme Paris-Rome, où dans un vulgaire wagon corail avec trois tables trop hautes dans un couloir sale, un steward (français) agressif et désagréable, propose dans des emballages en plastique des plats insipides hors de prix. Ici au moins subiste un reste de tradition.

Cesarina me confie "ils veulent nous supprimer comme ils veulent supprimer ce train". Le seul qui reste. Les adeptes du voyage reconnaîtront qu'une nuit en wagon-lit, un dîner dans un restaurant roulant, les cahots du train, les pays traversés, font partie des délices du voyage. Tout vaut mieux que ces aéroports si froids, et ces voyages ultra rapides qui en nous dépaysant ne nous laissent pas le temps d'apprécier notre situation de voyageurs... Mais cela n'engage que moi.

Bref, délices du voyage avec le roman d'Hiromi Kawakami, "Les Années douces" , que je termine vers deux heures du matin, dans les environs de Domodossola. Et l'arrivée. Le retour plutôt. Le premier cappucino au buffet de la gare. Les croissants chauds. Le vaporetto. Ligne 82, arrêt Accademia. Quelques mètres, la fondamenta Nani, le pont, la rue de la Toletta. Quelques maisons, l'école Venier. Dorsoduro 1177 : La maison enfin !

Lundi 2 mai 2005, le campo della Stazione Sta Lucia



C'est une place devant une gare de Chemin de fer mais pas n'importe laquelle, vous en conviendrez. Un lieu emblématique. Un bâtiment moderne, de grandes portes vitrées et, au-delà de la foule toujours nombreuse dans le hall, le parvis qui s'ouvre sur un paysage unique. Là, devant vous, un canal, une église, des palais, les bateaux qui vont et viennent et une lumière incroyable, forte, comme parfumée. Qu'on arrive ou qu'on parte, cet endroit est magique. C'est un baiser de la Sérénissime, comme celui qu'on dépose sur la joue de celui qui arrive ou qui s'en va... Le mouchoir blanc qu'on agite quand le train s'éloigne. Comme une larme, de joie ou de tristesse... Oui, s'il est vrai que la plus belle entrée à Venise se fait par la mer, l'arrivée par le campo della Ferrovia dit aussi della Stazione ou di Santa Lucia, est aussi un miracle.

Le retour de Massimo !

Je vous présente un texte excellent, dans sa version originale, sur le nouveau maire de Venise en qui beaucoup espèrent. Ecrit par un vénitien d'adoption, Norman AJJAR, photographe, vivant à Venise le plus souvent, et qui publie un des meilleurs blogs sur Venise. Sur demande, je vous adresserai la traduction mais, l'anglais étant devenu notre "passe" à tous, je ne pense pas que cela soit -hélas - utile ! Bien entendu, pour se la jouer à l'américaine, les idées énoncées ci-dessous n'engagent que son auteur et certainement pas la responsabilité de TraMeZziniMag, mais je les partage à 100% !

Massimo's Back, par Norman Ajjar.
This week, the old mayor of Venice became the new mayor of Venice. Massimo Cacciari, 59, narrowly beat local magistrate Felice Casson to return to the office he held from 1995 to 2000 . This is good news.
He's my kind of mayor .... a poet, professor, philosopher, and ex-student radical from the 60's. He was mayor the entire time I lived in Venice. I'd bump into him from time to time on the vaporetto as he went to visit his girlfriend on La Giudecca.
He was mayor when the La Fenice opera house was torched in 1996 by electricians Enrico Carella and his cousin, Massimiliano Marchetti (both currently serving a 6-year stretch), and was even himself indicted for negligence in the blaze, a charge he easily beat in 2001.
He's a pal of Woody Allen, and officiated at his marriage to Soon-Yi Previn on Christmas eve, 1997.
He was rumored to have slept with the wife of Prime Minister Silvio Berlusconi, something they both deny.
Most mayors are civic cheerleaders, whooping it up for commerce and tourism. Cacciari, on the other hand, openly hates mass tourism and its affect on Venice. Cacciari, on the other hand, launched what CBS' 60 Minutes called "the first anti-tourist campaign in history", commissioning a Benetton photographer to shoot posters showing "Venice at its worst: the dead rats, the polluted waterways, the tackiest souvenirs".
Welcome back, Massimo.
Extrait de http://veniceblog.typepad.com
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