VENISE, UN LIEU MA ANCHE UN VIAGGIO NELL'EUROPA CHE MI PIACE NOT THE ONE OF THE GLOBALIZATION, MAIS CELLE DES NATIONS, DES PEUPLES, DES CULTURES, PATRIA DELLA DEMOCRAZIA DELLA FILOSOFIA DELLA STORIA LA REINE DES VILLES AU SEIN DE L'EUROPE, REINE DU MONDE
18 décembre 2025
Ma Venise en hiver II : Trois heures avec les mots de Mario Stefani
24 août 2025
Faire son marché à Venise
Les ruelles sont remplies de monde, les marchands de fruits, de légumes, d'aromates, mais aussi les bouchers, les poissonniers, les charcutiers, tous rivalisent d'ingéniosité pour présenter leur marchandise aux vénitiennes tirant leur chariot. Jusque dans les années 90, quasiment toutes les marchandises provenaient des environs proches de la Sérénissime : Mazzorbo, Padoue, Vicenza.... les étiquettes sur les caisses le signalaient. Du locavore avant que le mot soit inventé.
[Réédition après corrections d'un billet paru en novembre 2005 que Google n'avait pas indexé. Allez savoir pourquoi...]
18 juin 2025
Notes retrouvées (1) : La très singulière impression que San Giacomo del Rialto lui faisait depuis toujours
Au détour d'une page du journal de Nicolas Weyss de Weyssenhöff, Antoine découvrit une carte postale. Un vieux cliché jauni montrant une vue de l'église de San Giacomo del Rialto. Au verso était griffonnée au crayon une vue de l'église que quelques traits au pastel rendaient vivante. Elle portait la mention, « Pour mon ami plus vénitien que russe, de la part de son anarchiste préféré, Paul Signac, 28 avril 1908 »... Antoine n'en revenait pas, il avait entre les mains un dessin du peintre dont il avait découvert le travail en visitant le musée de l'Annonciade.
Plus il avançait dans sa découverte du journal de Nicolas, plus il s'émerveillait de la vie d'un garçon à peine plus âgé que lui aujourd'hui et qui avait déjà connu l' les grands-parents d'Antoine ne vivaient de romanesque que les expéditions dans les réserves de la maison pour voler des confitures où les baisers furtifs volés aux cousines quand la gouvernante tournait le dos. Eux passaient de la grande maison en ville au collège, de la propriété des grands-parents à la villa d'Arcachon. Il posa la carte postale sur la table et poursuivit sa lecture :
28 avril 1908.
« [texte en allemand rayé illisible, quelques mots en russe.] Aujourd'hui, visite des Miracoli en compagnie de Paul S. et de sa charmante épouse, rencontrés récemment au Florian et avec qui j'ai sympathisé. Le peintre et sa muse aiment beaucoup la ville.Paul, avec son regard aiguisé et sa muse à ses côtés, semble avoir trouvé en Venise une source inépuisable d'inspiration. Pris beaucoup de plaisir à leur montrer les lieux que j'aime particulièrement et qu'on ne cite pas dans le Baedeker. Ces recoins empreints de souvenirs et de significations personnelles.J'avais six ans quand notre mère nous amena avec elle à Venise. J'en garde l'impression d'émerveillement et de joie qui s'était emparée de moi quand nous sommes descendus du bateau.
« Les idées libertaires de Paul, bien qu'en décalage avec l'univers dans lequel j'ai grandi, éveillent en moi une curiosité et une réflexion stimulante. Berthe, avec son sourire bienveillant, semble apprécier nos échanges passionnés, où l'artiste et le jeune aristocrate russe confrontent leurs visions du monde. Il est fascinant de constater comment des perspectives si différentes peuvent se rencontrer et s'enrichir mutuellement.
Agréables moments donc qui m'ont inspiré quelques mauvais vers. Ma chère maman aurait voulu que je les conserve.
Le feuillet où était copié le poème manquait. On voyait nettement qu'on l'avait arraché du carnet. Mais certainement dans un repentir, Nicolas l'avait conservé. Antoine le retrouva plié en quatre, glissé entre des pages. Il était couvert de dessins et de graffitis à la plume. Le sonnet était en allemand :
Im sanften Schatten eines alten Traums,
Schleicht ein Flüstern, geheim und fern,
Die Schleier aus Nebel umarmen sich leise,
Enthüllen Welten, wo Seelen sich malen.
Die Sterne flüstern vergessene Geschichten,
Im ätherischen Himmel, ihre Lichter umschlungen,
Dort, wo die Zeit ihren leichten Atem anhält,
Finden verlorene Herzen endlich Frieden. (*)
La nuit venait de tomber. Le temps comme à chaque fois qu'il se replongeait dans les papiers de Nicolas, n'avait plus de prise sur lui, Antoine en oubliait le monde réel autour de lui. Surpris par l'obscurité, il alluma la lampe et reprit sa lecture, avide d'en savoir davantage.
«[...] Cette promenade matinale m'a rappelé une autre époque, un autre matin, où je m'étais aventuré à la rencontre d'Edmund, cet ami anglais.......... (mot illisible). Nous avions pratiquement le même âge. Je l'avais rencontré lors d'un thé chez les Giovanelli, chez qui nous résidions à l'époque. Une rencontre fortuite qui marqua un tournant dans ma vie. Il y a un peu plus de dix ans déjà.
Je me rends compte qu'à travers les années, Venise a toujours été pour moi le théâtre de rencontres significatives, de ces croisements de destin qui, à leur manière, sculptent le cours de notre existence. Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de me demander quelles nouvelles aventures et quels nouveaux liens cette ville magique me réserve encore. [...]»
Antoine était un peu perdu. Il tourna les pages du journal en espérant avoir le détail de ce à quoi Nicolas faisait référence. Soudain, il trouva. L'entrée portait la date du 14 octobre 1897 :
« Rialto ce matin. J'avais craint que le brouillard ne s'attarde, mais il était à peine neuf heures lorsque je posai le pied sur le ponton. Le marché battait son plein, bien que les couleurs familières me parussent délavées, telles une aquarelle estompée. J'espérais croiser le jeune Anglais avec lequel j'avais échangé quelques mots l'autre soir chez les Giovanelli. Il m'avait confié qu'il se rendait chaque matin dans ce quartier animé, dans l'espoir de revoir une jeune femme dont l'allure l'avait, selon ses propres termes, ensorcelé. Il prétendait connaître son adresse, et la contrada San Zuane ne lui était plus étrangère. Ce vieux quartier, partiellement insalubre dès que l'on s'éloigne des placettes bordant le canalazzo, abrite la chiesa San Giacometo, si vieille qu'on la croirait prête à s'effondrer, à l'instar du pauvre campanile de San Marco. La grisaille de ce matin accentuait cette impression de décrépitude [mots illisibles en russe].
« Un mendiant s'empara de la manche de mon manteau. Son apparence était repoussante, avec une large bouche dévoilant deux dents jaunes. Il marmonna des paroles que je ne compris point. Un prêtre finit par le chasser. Derrière ce triste personnage, deux jeunes femmes avançaient, chacune la tête et les épaules recouvertes d'un châle de cachemire. Leurs motifs si semblables me donnèrent d'abord l'impression qu'elles partageaient une même écharpe. le vieil accordéoniste qu'on croise souvent sur les Schiavoni, jouait au pied des marches du pont, tandis que la messe semblait s'achever. Peu de fidèles en sortaient. Parmi eux, je ne remarquai que ces deux jeunes femmes.
« Je ne sais pourquoi, mais dès l'instant où je posai les yeux sur elles, je compris pourquoi Edmund cherchait à revoir cette jeune fille dont il avait parlé dans le salon du prince. Il s'agissait certainement de la plus jeune. Elle se tenait droite, le visage protégé des miasmes de la rue par son châle. Il émanait d'elle une sorte de lumière. Le prince Alberto s'était gentiment moqué de notre pauvre anglais; J'avais ri avec lui sans entendre vraiment le motif de la plaisanterie. Giovanelli a notre âge. Il est drôle, impétueux et débonnaire. C'est un bergamasque. Un peu l'équivalent des cosaques chez moi.
« Toutes ces pensées qui m'étaient venues en cheminant du palais jusqu'au Rialto s'évanouirent quand je vis sortir les deux jeunes femmes. Je sus aussitôt qu'elles me plaisaient. Je m'empêchais de les dévisager davantage. Juste derrière, Edmund suivait à quelques pas des jeunes femmes. Il ajustait son chapeau. Impossible de ne pas le reconnaître pour un Anglais, non seulement à cause de ses cheveux roux et bouclés, mais aussi par son manteau dont le ton tranchait avec ceux des gens qui sortaient comme lui de l'église. Ah, ses vêtements ! Je lui fis un signe, et lorsqu'il me vit, il agita son chapeau avec un large sourire. Des manières fort anglaises, ma foi.
06 novembre 2024
Fortuny, un prince de l'esthétique à Venise
« Les hommes et les femmes de la Renaissance» sont rares qui vécurent après le XVIe siècle jusqu'aux temps modernes. Et lorsqu'ils honorent le siècle de leur présence, ils sont exceptionnels ! C'est le cas de Mariano Fortuny y Mandrazo, de l'entreprise éponyme Fortuny. Artiste, designer, photographe, graveur, architecte et peintre, il est arrivé à Venise en provenance de Grenade, à la fin du XIXe siècle, à l'époque où la ville était l'une des plus riches du monde, et il a fini par créer un empire textile.»
30 mars 2023
Orafi, argentieri, les maîtres vénitiens de Sant'Antonio
En passant l'autre jour devant l'église San Salvador, perdu dans mes rêveries comme souvent, j'ai soudain vu, comme sur un film qui aurait été projeté dans l'air, une scène de l'ancienne Venise... A la place des hordes de touristes qui se bousculaient, les uns pour rejoindre San Marco qui est à deux pas, les autres pour regagner la Stazione avec leurs épouvantables valises à roulettes, se déroulait devant mes yeux une procession d'un tout autre ordre.
19 novembre 2022
Chronique de ma Venise en novembre : La Festa della Salute
16 février 2022
Petite Promenade comme en rêve... (3eme et dernière partie)
Il y a si longtemps. Les yeux remplis de toutes les merveilles que ces deux palais contiennent, après un passage par la librairie de la Querini Stampalia qui présente de bien belles choses, le café au pied de l'église est le meilleur endroit pour entamer la passeggiata. Le spritz y est amoureusement prépare et servi avec le sourire, tout le monde se connait ou presque, les enfants jouent autour sans gêner les parents et les autres. Quelques patatine, et beaucoup de choses à se raconter. les vénitiens adorent les potins et les échangent vont bon train. Un régal permanent que d'entendre mêlées les conversations autour de soi, en dialecte ou en italien mais toujours avec cet accent délicieux qui me rappelle toujours combien nous sommes différents en France où Louis XIV, qui rrroulait les rrr pourrrtant nous a privé du délice gourmand de la musique des dialectes, les « langues régionales» comme on disait à Science Po - avec un léger mépris dans la voix - quand ici, quelque soit son origine sociale, on s'exprime dans la langue qu'utilisait Goldoni et Casanova. Nulle condescendance chez les italiens.


















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