18 septembre 2005

La Mostra del Cinema 2005 a l'accent yankee

Photographies de Paolo Pedinelli

Drôle de voir Massimo Cacciari, le pétulant maire-philosophe de Venise en grande conversation avec Georges Clooney qui ne l'a certainement pas lu, passer devant une haie de fans au Lido l'autre jour. Cette année, le cinéma américain était omniprésent à Venise. Les temps changent. 

Je me souviens des grandes années où avec les derniers soubresauts du cinéma indépendant italien, on accourait du monde entier pour voir les créations françaises puis celles du reste du monde. L'Amérique allait se faire applaudir à Deauville chez le vicomte d'Ornano. Le festival à l'époque était bon enfant, on croisait les stars et leurs producteurs sur la plage, dans les couloirs de l’Hôtel Excelsior où était installée la salle de presse et où avaient lieu les conférences. Pas de service de sécurité, pas de barrières. L'atmosphère était nonchalante et amicale. 

Souvenirs aujourd'hui incongrus : Ionesco presque mort, tassé sur une chaise, bavardant avec Fabienne Babe et Olivier Assayas, Marie Laforêt et Solanas croisant Monique Lang qui bronzait à la piscine, Pontus Hulten essayant d'expliquer au ministre Léotard et aux énarques de sa suite, l'influence du futurisme italien sur l'art contemporain pendant que son prédécesseur Jack Lang signait des autographes... Rob Lowe saluait en levant la tête Depardieu un peu éméché soutenu par son fils Guillaume à peine adolescent, suivaient mais déjà resplendissant, Sabine Azéma et Danièle Mitterrand. Tout ce joli monde entouré d'une foule de gamins bronzés pépiant comme des moineaux. Il y avait le soleil, les thés glacés servis par un personnel impeccable et discret.  Un univers enchanté.
On me dit que maintenant la police est partout, qu'il est impossible de parler avec une vedette sans avoir à faire à son agent et à dix gardes du corps. Et puis où sont les vénitiens, ces jolies filles et ces beaux garçons pas très intelligents qui rêvaient d'être remarqués par un metteur en scène et se prenaient déjà pour indispensables quand nos photographes les faisaient poser aux côtés des plus jeunes vedettes ? 

Je me souviens de l'année ou Claudia Cardinale devait venir présenter la Storia de Comencini. Le jeune garçon qui jouait le rôle de son fils aîné n'avait pas été invité. Il arriva quelques heures avant la projection avec une demi-douzaine de jeunes apprentis modèles, bellâtres romains très pasoliniens, persuadés d'être les nouveaux Mastroianni. La réception de la production avait lieu au Palais Labia, le magnifique palais de la Rai aux fresques somptueuses de Tiepolo. Des bateaux étaient affrêtés pour les invités au départ du débarcadère de l'Hôtel des Bains. Les invités étaient placés, bristol gravé et numéroté. Partout ailleurs on aurait refoulé le jeune acteur et ses sbires. Pas à la Mostra. Lambert Wilson le prit avec lui sur le motoscafo qui conduisait aussi Luigi Comencini, sa fille, Suso Cecchi d'Amico et Daniel Toscan du Plantier. Nul ne leur tint rigueur de cette attitude pique-assiette. Comme dit une journaliste milanaise "sono tanti carini" (ils sont tellement mignons). 

Le diner, somptueux, se transforma vite, comme la plupart du temps, en une soirée délicieusement conviviale où vedettes, producteurs, journalistes, invités et incrustés se mélangèrent et firent la fête jusqu'à tard dans la nuit... Plus rien de cela aujourd'hui. Tout est devenu compassé, protocolaire, commercial, mais on va certainement encore dire que je suis devenu un vieux râleur désabusé. Mais bon, les choses ne changent pas toujours dans le bon sens, il faut le reconnaître. 
Beaucoup d'américains donc à cette 62e Mostra. Mais c'est Ang Lee qui a remporté le Lion d'Or pour son film battant pavillon canadien. De belles choses pourtant par ailleurs mais beaucoup de polémiques sur l'organisation, la direction du festival avec un patron de gauche dans une Italie gouvernée à droite qui exigeait sept films en compétition mais le cinéma italien n'est plus que l'ombre de lui-même. 

Sur ces polémiques, il faut lire l'article de Jean Luc Douin paru dans Le Monde du 2 septembre dernier dont le lien est : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-684658@51-629238,0.html

posted by lorenzo at 15:59

Venise insolite au fil des pages, pour les enfants et pour les grands

On me demande souvent des livres qui traitent de Venise différemment, des histoires inconnues, des bandes dessinées, des livres d'art... Je ne suis pas le meilleur spécialiste. Cependant, il existe quelques parutions plus ou moins récentes dont j'aimerai vous parler.

Gallimard, dans la collection "le sourire qui mord" a publié en 1986 et réédité en 1999, un excellent petit album de Christian Bruel et Anne Bozellec (les créateurs du sourire qui mord), "Venise n'est pas trop loin"

J'aime beaucoup ce petit livre car il a été écrit pendant ma période vénitienne. les lieux qui servent de décor à l'histoire sont les lieux que je fréquentais, les illustrations rappellent les scrap-books que nous rédigions étudiants. Une mère et sa fille partent pour Venise. Rien que de très banal au départ. Puis une aventure se dessine, palpitante, décrite par la narratrice sous forme d'un journal de voyage.

Des livres pour enfants qui parlent de Venise ou dont l'histoire se déroule à Venise, il y en a des tas. Je suis tombé l'autre jour sur un petit album dans la bibliothèque de ma fille Constance, neuf ans, très drôle. Publié chez Gautier-Languereau (2003), "Mon album de cartes postales" écrit et dessiné par Titus Oubrerie est vraiment très drôle. Nous l'avons feuilleté avec les enfants en lisant le texte des cartes à haute voix. C'est vraiment, vraiment, amusant. En bref, un petit garçon se casse le bassin en jouant. pour lui, pas de vacances. Sa maîtresse, Mademoiselle Bonnifait, demande à toute la classe de lui adresser une carte postale racontant les vacances de chacun.



C'est cet album que Tom, notre héros, a constitué qui nous est présenté. Un de ses copains, Hugo, petit noir souriant était à Venise cet été là et il raconte... Les autres cartes sont du même acabit. Lisez-le vite, ce n'est pas que pour les enfants !


posted by lorenzo at 21:15

Vue romantique de la Ca'Dario

 
posted by lorenzo at 15:52
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