13 octobre 2006

Jean et Constance sur le campo San Maurizio


L'émotion qui m'étreint à chacune des rares fois lorsque je vois mes enfants jouer sur un campo ou courir le long d'une fondamenta. C'est un peu comme si le vieux rêve finalement s'était réalisé et qu'ils ne faisaient qu'un avec ma ville, et que leur vie avaient vraiment commencé là... (écrit en écoutant le très émouvant aria de Purcell, "When I am laid in earth").

© tramezzinimag, avril 2004 -Reproduction interdite.

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Campo Santo Stefano peint par Arbit Blatas


 Arbit Blatas - Musée de Boulogne 

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Telemann comme un souffle de joie sur le campo Santo Stefano

L'automne n'en finit pas de déployer ses fastueuses couleurs. aux brumes matinales succèdent de longues heures ensoleillées qui donnent envie de paresser en regardant passer les gens.
 
La lumière est belle à Venise en octobre aussi. Les femmes ne sont pas encore trop vêtues et laissent admirer leurs jambes bronzées, les enfants jouent sur les places et les touristes se font un peu moins nombreux. Une sonate de Telemann me parvient des hautes fenêtres du Conservatoire Benedetto Marcello.  



Le campo Santo Stefano est rempli du cri des gamins qui jouent. Les terrasses des cafés sont occupées par de jeunes parents qui ont fini leur journée de travail et boivent un verre en aérant leur progéniture, mais aussi de personnes âgées.  


Un violoniste chinois ou coréen sans âge joue du Vivaldi devant le portail de l'église. Les passerelles qui servent quand il y a l'acqua alta sont autant de présentoirs pour les africains qui vendent les faux Vuitton. Une journée comme les autres. Telemann me poursuit avec un mouvement lent où je distingue derrière la flûte, une viole, un alto, un violoncelle et bien sûr le clavecin. Un régal. Le vent est doux et le ciel très bleu. dans quelques heures, lorsque le ciel se fera plus sombre, les terrasses se videront, il fera plus frais.



Me reviennent ces lignes du Carnet vénitien de Liliana Magrini :

"C'est avec une sorte d'émerveillement que l'on retrouve, ces jours-ci, en Venise, une ville toute fraîche, comme retrempée par un souffle marin qui la rendrait à d'autres âges vigoureux. Il y a quelques semaines à peine, comme exténuée par l'été, elle s'affalait dans une lassitude cendrée. Mais déjà sous la danse de lumières dorées irisant ses lézardes, elle seùble rejaillir en logs traits blancs. Dans cette dure pierre d'Istrie qui forme la trame secrète et le plus tenace de la ville, celle-ci paraît choisir à chaque saison les lignes qui mieux lui permettent de se reconstruire - de se faire - dans une souple résistance aux mutations du ciel..."

Ce sera bientôt l'heure de la passeggiata puis chacun rentrera chez soi et sous un ciel d'encre, j'irai me promener au clair de lune. Je vais trouver ces concerti qui ne venaient pas en fait du conservatoire mais du disquaire de la calle en face. Tant de baroque dans une école de musique même à Venise avait de quoi surprendre en vérité... La Fondation Levi, de l'autre côté du campo reçoit beaucoup de spécialistes de la musique ancienne et de baroqueux célèbres. Cette musique paisible et joyeuse de Telemann est décidément une pure merveille, l'accompagnement parfait pour cette fin d'après-midi d'octobre sur le campo Santo Stefano... 



posted by lorenzo at 20:10
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