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Articles

Affichage des articles du 2010

Une dernière promenade. Journal (extraits)

6 mai 1981 Revenir de Venise est à chaque fois plus difficile. La certitude que ma vie n'est que là, qu'ailleurs tout est simulation, faux-semblants et perte d'énergie. Ne penser qu'au retour. . 7 mai 1981 C'est aujourd'hui. Irrémédiablement. Mes bagages attendent dans l'entrée. Il faut y aller. Regarder une dernière fois l'animation sur le grand canal du haut du pont des Scalzi en attendant l'heure de mon train. Voir Federico repartir avec la barque bleue. Son salut de la main, le vaporetto qui le croise et le cache à ma vue. [...] Point de tristesse en fait puisque je sais que je reviendrai bientôt mais une immense lassitude. Pourquoi doit-on toujours partir, aller ailleurs, laisser ce qu'on a commencé et ne jamais rien finir vraiment ? Pour quelle raison pressante laisse-t-on ce qui nous rend heureux et nous apporte la plénitude ? La hantise du tombeau qui importune, pour paraphraser Patrice de la Tour du Pin ? [...] Pourquoi ne pas …

Joie à Venise : Il revient notre lampadaire, c'est le maire qui l'a dit !

Le maire Orsoni l'a confirmé dans un entretien paru le 23 novembre, dans le Gazzettino : non seulement la sculpture la plus photographiée de Venise restera le temps de l'exposition des collections Pinault, mais après son retrait, le lampadaire dont nous sommes des milliers à réclamer le retour, reprendra effectivement sa place.
C'est une bonne nouvelle qui a été accueillie avec satisfaction par les vénitiens et tous ceux qui regrettaient de ne plus pouvoir s'installer à la pointe de la douane, la nuit, pour contempler l'un des plus beaux paysages urbains du monde, les amoureux qui aimaient s'asseoir au pied du lampione, les rêveurs, les musiciens qui parfois, loin de toute habitation, venaient gratter leur guitare ou souffler dans leur flute. Il va donc être remis en place et Tramezzinimag s'en félicite.
Combien de fois, la nuit, après un dîner, une soirée, ou simplement en revenant de la bibliothèque Querini-Stampalia, avec des amis, ou le plu…

COUPS DE CŒUR N°38

Caterina Falomo
Quando c'erano i veneziani
Racconti della città e della laguna
Edizioni Studio LT2 - 2010 Dans la lignée des billets consacrés à la terrible problématique que Venise et les vénitiens qui y demeurent encore doivent affronter, voici un ouvrage écrit par une charmante vénitienne, et qui aligne, sans nostalgie ni rancœur, les faits, analysant la situation de l'intérieur, argumentant à l'aide d'exemples Comment était la Venise d'hier et comment est-elle aujourd'hui ? A travers le témoignage de nombreux vénitiens, nés ou vivants à Venise, le livre veut décrire les mutations profondes d'une ville qui a vu sa population réduite de moitié en l'espace de cinquante ans. Avec cet ouvrage, Caterina Falomo, a voulu mettre en avant les vénitiens eux-mêmes, plutôt qu'énoncer une fois encore les profondes mutations qui transforment une ville qui s'est tellement ouverte au monde qu'elle en a oublié ses propres habitants. Sans la moi…

Gourmandise pour finir l'été en douceur : Succès d'Amalfi

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma petite famille, les vacances 2010 ne laisseront pas le souvenir d'un été caniculaire où il ne faisait bon que faire la sieste à l'ombre de notre beau mûrier ou se baigner sans fin. Pour une journée estivale, nous avions deux voire trois jours de frimas. Après la plage et les ballades, c'était chaque jour, un bon feu dans la cheminée ! L'idéal pour bouquiner certes, mais aussi pour cuisiner. C'était donc l'une de nos grandes occupations de l'été. 
Voici une recette que j'avais depuis longtemps l'intention de réaliser. La refaire aujourd'hui, maintenant que la rentrée est passée, les livres scolaires recouverts et les cartables remplis, c'est donc un peu prolonger les vacances. L'arrière-saison s'annonce belle et chaude. Demain la plage. Prenons des forces avec ce:

Succès d'Amalfi. Ce qu'il vous faut :4 belles poires parfumées et mûres à point (j'ai utilisé de belles Doyennés du Comice…

Bonheur tranquille

Réveillé par la jolie petite mésange bleue qui a passé l'hiver dans la cour, je savoure mon builder's tea du matin, avec Mitsou à côté de moi qui ronronne de plaisir devant la nouvelle journée qui s'annonce, une patte nonchalamment posée sur mon épaule. (ce qui signifie : "n'oublies tout de même pas de remplir mon écuelle de lait frais"). Elle sera belle cette journée. Après l'orage d'hier, le ciel est d'un bleu sans nuage et le soleil brille. Comme un vrai matin de printemps. A Venise, le sirocco souffle et il va pleuvoir.

Le temps du Carême s'achève, ce sera bientôt Pâques, moment unique et merveilleux du renouveau, la chance d'un nouveau départ pour nos âmes étouffées par tant d'inutiles préoccupations, joie de la Résurrection dont personne ne parle tant le monde n'a d'yeux que pour le médiatique Ramadan des musulmans. En attendant, l'air a changé. Il s'est fait plus léger, onctueux même, avec des senteurs q…

Voici que revient enfin le temps des Galani !

Bientôt le temps du carnaval, et des gourmandises qui vont avec ! Personnellement c'est seulement ces dernières qui me rendent cette période agréable. En général, il fait froid, il pleut, Venise est envahie par des hordes de gens excités avec des déguisements ridicules et des attitudes saugrenues et la foule est tellement dense, qu'il est impossible d'avancer dans les rues. Mais tous les lecteurs connaissent mon mauvais caractère et mes sautes d'humeur. J'ai "fait" de nombreux carnavals. Les premiers notamment, spontanés et merveilleusement frais, quand débarquaient essentiellement de jeunes italiens d'abord venus des environs, puis de toute la péninsule, puis arrivèrent les français et les allemands, et puis le reste de la planète. Il y avait des bals partout et les palais s'ouvraient souvent aux inconnus masqués pour de somptueuses soirées où tout devenait possible. Comme avant, du temps de la République. L'essentiel des costu…

Quand il fait bien froid, le rôti de veau réconfortant s'impose

A Hubert D. et à sa compagne, Sophie.

Non seulement il fait vraiment froid mais le ciel s'est fait très gris et bas. Une sorte de neige fondue tombe et se transforme en verglas sur les dalles des rues. Peu de monde dehors, presque aucun bruit. Les chats dégoutés de ne pouvoir aller regardent par la fenêtre puis vont se lover dans les endroits les plus abrités de la maison. La panière de linge à repasser pour Ulysse, le noiraud, un gros pull-over tyrolien en laine bouillie laissé sur un fauteuil près du radiateur de la bibliothèque pour Mitsou, le roi des chats que tous les lecteurs de Tramezzinimag connaissent. N'est-ce pas le temps rêvé pour se mettre à cuisiner ?

Concocter de bons petits plats est l'un des meilleurs remèdes contre la morosité. Puisque c'est de réconfort dont il s'agit ce matin, laissez-moi vous proposer un rôti de veau réconfortant(ou revigorant) : Arrosto di vitello detto di Casanova.

Il va vous falloir : un beau rôti de 1,5 à 2 kilos (noi…