25 novembre 2010

Une dernière promenade. Journal (extraits)



6 mai 1981
Revenir de Venise est à chaque fois plus difficile. La certitude que ma vie n'est que là, qu'ailleurs tout est simulation, faux-semblants et perte d'énergie. Ne penser qu'au retour.
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7 mai 1981
C'est aujourd'hui. Irrémédiablement. Mes bagages attendent dans l'entrée. Il faut y aller. Regarder une dernière fois l'animation sur le grand canal du haut du pont des Scalzi en attendant l'heure de mon train. Voir Federico repartir avec la barque bleue. Son salut de la main, le vaporetto qui le croise et le cache à ma vue.
[...] Point de tristesse en fait puisque je sais que je reviendrai bientôt mais une immense lassitude. Pourquoi doit-on toujours partir, aller ailleurs, laisser ce qu'on a commencé et ne jamais rien finir vraiment ? Pour quelle raison pressante laisse-t-on ce qui nous rend heureux et nous apporte la plénitude ? La hantise du tombeau qui importune, pour paraphraser Patrice de la Tour du Pin ?
[...] Pourquoi ne pas s'installer sur un banc un jour, sous le soleil du matin, devant la porte d'une modeste demeure et ne plus jamais en bouger. N'avoir d'horizon que les façades des maisons de l'autre côté du campo et le campanile se détachant sous un ciel éclatant ?
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(dans le train) L'homme se déplace sans cesse, emportant avec lui à chaque voyage davantage de regrets et ne parvenant jamais à s'éloigner de lui-même... Le bonheur ne consiste-t-il pas finalement dans Ithaque ? "Si peu console"...
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(Écrit en écoutant Recuerdos de la Alhambra de Tarrega par John Williams)

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7 commentaires:

Anne a dit…
Vous avez écrit un très beau texte, mais Venise est en vous et vous l'emportez dans votre cœur jusqu'à votre retour vers elle.
Anonyme a dit…
Si "partir c'esr mourir un peu", combien de fois suis-je morte de tous ces départs ?
Mais quel bonheur de revenir ! de re-découvrir chaque fois, à la descente du train, ce pincement au coeur qui vous fait dire "me voici de retour chez moi".
Les larmes d'émotions me viennent aux yeux en l'écrivant.
Bonheur de partager cette émotion.
Merci à Lorenzo et à tous les amoureux de la sublime Reine des Mers. Gabriella
Vichka a dit…
Partir quand même et revenir, bien sûr.... On ne peut pas quitter la beauté quand elle   s’appelle   "Venise" et Lorenzo, vous la portez en vous, c'est indéniable! Je suis d'accord avec Anne. A bientôt
 Michelaise a dit…
Et combien de fois êtes-vous revenu Lorenzo ? Et combien de fois y reviendrez-vous encore ? C'est ainsi la passion !
FRANCOIS a dit…
C'est toujours une énorme émotion lorsqu'on quitte VENISE...on a le sentiment de laisser sa bien-aimée...on souffre de la solitude soudain,la nostalgie nous envahit et on n'a plus qu'une envie revenir au plus vite car on ne peut pas rester sans elle même si loin d'elle on l'ait toujours au fond de son ëtre,on a besoin d'elle en vrai pour vivre en vrai....VENISE ne signifie-t-il pas littéralemnt "reviens".......
"Les Idées Heureuses" a dit…
L’homme est chagrin…Toutes ces émotions à contenir.
Regret de l’ultime journée, si ensoleillée, si souriante…
Ventre qui se crispe, pincement cruel dû au futur éloignement; les volets sans doute bien fermés, la porte est tirée, verrouillée, aucune raison, aucun oubli pour faire marche arrière, se réinstaller comme à l’arrivée, il y a bien plus d’un mois …
Mais il faut y aller.
A chaque départ, c’est plus terrible, cela ne va pas le quitter de si tôt : les dentelles de pierres aux couleurs passées se reflètent une dernière fois dans sa vision qui se veut claire pour ne pas s’embuer de la pluie du chagrin, elles se pâment avec volupté dans ces entrelacs de mirages colorés, froissés par le balancement des gondoles amarrées ici et là, le souffle léger venu de la mer ou des îles voisines ; l’eau tranquille, elle, ne connait pas les regrets, elle n’est là que pour bercer l’âme des poètes.
Le son des cloches, soprani en puissance, ne réveillera plus ses pensées, à midi ou en fin de journée.
Le brouhaha du Grand Canal ne le fera plus s’échapper vers les quartiers calmes et silencieux, où, à son propre rythme, chaque pas le dirige vers une destination hasardeuse, réinventant ainsi une nouvelle fois un parcours oublié… sotoportego, calle, campo, puits ne seront plus qu’image floue, la sensation froide de la pierre disparaissant de la mémoire du toucher…
Lecteur assidu, que ne feras-tu pour adoucir sa peine du moment, lui qui t’a donné tant et tant par les mots écrits, les images partagées, les impressions retrouvées, quel cadeau peux-tu lui offrir pour qu’il retrouve son élan, et n’ait plus de peine au cœur ?
Lui faire savoir que cette émotion du départ, nous la connaissons, et nous la partageons, nous tous amoureux de Venezia, notre bien aimée, lui dire que la vie est ainsi faite de séparations, d’éloignement, moyens inventés par l’humain pour affirmer volonté et désir du retour ; qu’un jour ou l’autre, avec certitude, nous nous y croiserons sans doute, sans nous reconnaitre, peu importe…
Anonyme a dit…
Ces quelques passages de carnets oubliés, ont des accents de Chateaubriand. Tout simplement, magnifiques! Merci!

Joie à Venise : Il revient notre lampadaire, c'est le maire qui l'a dit !

Le maire Orsoni l'a confirmé dans un entretien paru le 23 novembre, dans le Gazzettino : non seulement la sculpture la plus photographiée de Venise restera le temps de l'exposition des collections Pinault, mais après son retrait, le lampadaire dont nous sommes des milliers à réclamer le retour, reprendra effectivement sa place.

C'est une bonne nouvelle qui a été accueillie avec satisfaction par les vénitiens et tous ceux qui regrettaient de ne plus pouvoir s'installer à la pointe de la douane, la nuit, pour contempler l'un des plus beaux paysages urbains du monde, les amoureux qui aimaient s'asseoir au pied du lampione, les rêveurs, les musiciens qui parfois, loin de toute habitation, venaient gratter leur guitare ou souffler dans leur flute. Il va donc être remis en place et Tramezzinimag s'en félicite.

Combien de fois, la nuit, après un dîner, une soirée, ou simplement en revenant de la bibliothèque Querini-Stampalia, avec des amis, ou le plus souvent seul, suis-je venu m'asseoir au pied de ce lampadaire. A droite la longue façade de la Giudecca avec le Redentore éclatant de blancheur, en face, San Giorgio et son campanile, le petit port de plaisance d'où parvenaient le cliquetis des drisses et le grincement des coques contre les pontons, et à gauche, la Piazza, illuminée, avec le palais des doges , les coupoles byzantines de la basilique, le campanile, "Il paron di casa"... L'eau noire du bassin, du Grand Canal et du Canal de la Giudecca, comme un appel du large. Les quelques bateaux qui passaient, le dernier vaporetto, une vedette de la police, plus rarement une ambulance. Puis, plus rien que le silence et le clapotis de l'eau. 
 
 
Le plaisir de tirer une longue bouffée odorante de la pipe qui ne me quittait jamais alors. Le ciel étoilé. Le silence. La paix. La beauté du décor. Et le lampadaire contre lequel j'appuyais mon dos, qui éclairait cette pointe de la douane et répandait l'ombre de mon corps en de multiples directions, symbole de mon désir d'être partout à la fois dans cette ville tant aimée, de tout voir, de tout posséder. Chaque fois, en me relevant, j'avais l'impression d'être le capitaine à la proue de son navire, scrutant l'horizon de ses jours. Les rares fois où un chagrin, une angoisse, un problème m'empêchaient de dormir, une promenade jusqu'au lampione suffisait pour tout apaiser en moi...
 

15 novembre 2010

COUPS DE CŒUR N°38

Caterina Falomo
Quando c'erano i veneziani
Racconti della città e della laguna
Edizioni Studio LT2 - 2010
Dans la lignée des billets consacrés à la terrible problématique que Venise et les vénitiens qui y demeurent encore doivent affronter, voici un ouvrage écrit par une charmante vénitienne, et qui aligne, sans nostalgie ni rancœur, les faits, analysant la situation de l'intérieur, argumentant à l'aide d'exemples
Comment était la Venise d'hier et comment est-elle aujourd'hui ? A travers le témoignage de nombreux vénitiens, nés ou vivants à Venise, le livre veut décrire les mutations profondes d'une ville qui a vu sa population réduite de moitié en l'espace de cinquante ans. Avec cet ouvrage, Caterina Falomo, a voulu mettre en avant les vénitiens eux-mêmes, plutôt qu'énoncer une fois encore les profondes mutations qui transforment une ville qui s'est tellement ouverte au monde qu'elle en a oublié ses propres habitants. Sans la moindre volonté de dramatisation des faits, à une époque où beaucoup de villes d'Italie - et du monde- vivent le même phénomène de désappropriation des lieux urbains au bénéfice de foules de plus en plus nombreuses qui ne font jamais que passer, les histoires publiées dans ce livre nous montrent comment fut la vie sociale d'il y a encore quelques années. Souvenirs, réflexions, anecdotes personnelles, manifestations publiques, évènements d'hier et problèmes d'aujourd'hui racontés par des vénitiens, célèbres comme Arrigo Cipriani ou Fulvio Roiter, ou inconnus , l'auteur rassemble la mémoire historique et sociale de la ville pour que Venise soit vue avec un autre regard que celui d'une banalité affligeante qui s'est répandu à travers le monde : Venise qui s'enfonce, les mauvaises odeurs de ses canaux, les pigeons de San Marco et les canotiers des gondoliers qui posent sur les calendriers.
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Judith Martin
No vulgar hotel

The desire and pursuit of Venice
Editions W. W. Norton
ISBN :978-0393059328
Pardonnez de traiter encore d'un livre qui n'existe pas en langue française. C'est que mes coups de cœur dépassent les rayons des librairies francophones bien pauvres sur le sujet qui nous réunit. L'ouvrage de Judith Martin, vénétophile émérite, plus connue dans le monde anglo-saxon comme "Miss Manners", spécialiste de l'étiquette et des usages, a été publié il y a quelques années maintenant mais il n'a pas pris une ride. Le titre se réfère à la phrase de Milly Theale l'héroïne des Ailes de la Colombe d'Henry James, donne des instructions à son majordome pour la préparation de son séjour à Venise. Fatiguée de Londres, elle désire cet exil paisible mais pas à n'importe quelle condition. Le ton est donné. Mais ne vous y trompez pas, rien dans ce livre n'est snob, suranné ou décalé. Il s'agit vraiment d'un manifeste d'amour pour Venise et les vénitiens. Écrit dans un anglais très limpide, il se lit d'une traite, et chaque page transporte le lecteur sur les bords du grand canal ou aux Zattere. Ce gourou des bonnes manières est certes assez directive avec son lecteur, toujours prête à donner des leçons de comportement face aux situations diverses qui peuvent amener le visiteur à entre en contact autrement qu'en passant, avec les vénitiens. Les conseils fusent et les avis tranchés aussi. mais c'est sympathique, bien documenté, cultivé. L'auteur laisse son adoration pour Venise prendre le dessus et c'est bien. Dona Leon a dit de l'ouvrage qu'il était indispensable pour celui qui se rend à Venise, tellement il contient des vérités que tout visiteur devrait faire siennes. L'idée tout d'abord qu'avant de devenir vénétophile, voire vénitien d'adoption, tout le monde passe par l'état de touriste. Il y a toute une éducation qui doit se faire pour qui n'est pas là qu'en passant, celui qui pris par le charme unique de la Sérénissime sait qu'il va revenir encore et encore. L'idée aussi que l'amour que l'on porte à Venise est banal mais que cette banalité rendant la passion plus profonde encore, impose des obligations.
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Mikhaïl Glinka
Oeuvres orchestrales

Olga Sendershaïa (soprano), Alina Shakirova (mezzo), Petr Novikov (basse)
Ensemble Musica Viva dirigé par Alexander Rudin
Édition Fuga Libera
2010 - FUG 571.
On connait peu ce compositeur dont on dit pourtant qu'il est le père de la musique russe. Ce disque s'avère un outil parfait pour compléter nos connaissances et c'est un régal. Mes coups de cœur me portent généralement vers la musique baroque ou vers le jazz, mais j'ai été fasciné par la qualité des œuvres présentées par Alexander Rudin et ses musiciens. Le programme est assez vaste : Ouvertures en ré majeur et en sol mineur., fragments de la symphonie en si bémol majeur, quatre romances, trois Danses extraites d'Une Vie pour le tsar, Kamarinskaïa et la valse-fantaisie. les musiciens sont parfaits, la prise de son très élégante et les voix très belles. Un bijou qui nous transporte dans la Russie du XIXe siècle, bouillonnante et inventive avant la catastrophe.
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Bar Ai Do Draghi
Campo Santa Margherita

Dorsoduro, 3665

Tél. : 41 52 89 731
Ceux qui lisent Tramezzinimag depuis longtemps connaissent bien ce lieu. Ce fut le quartier général de ma jeunesse vénitienne. Les propriétaires nous faisaient crédit et l'établissement était le lieu de retrouvailles quotidien des étudiants. En ce temps-là, il n'y avait pas de terrasse à l'extérieur ou seulement une ou deux tables. Nous restions au comptoir le soir, mais la journée, tout se passait au fond, dans l'arrière-salle que peu de gens connaissent. Crostini à la tapenade maison, tramezzini ou sandwich au speck faisaient bien souvent l'ordinaire de nos repas. Aujourd'hui on y trouve en plus une quarantaine de vins au verre, de très bonnes bières et un excellent spritz. Comme partout ailleurs, le café est bon, l'ambiance familiale. Pourquoi ce nom à consonance asiatique ? Simplement parce qu'il donne sur le vieux campanile de l'ancienne église de Sainte Marguerite, qui est orné d'une très ancienne sculpture montrant deux dragons héraldiques. Pour ceux qui ne s'orientent pas bien, c'est au bout de la place en allant vers San Pantalon et la Ferrovia. On l'appelle aussi il Baretto.
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Il Nuovo Galeon
Castello 1309,

Viale Garibaldi

Tél : 041.520.46.56


Fermé le lundi et le mardi de novembre à avril fermé le mardi le reste de l'année.
Été comme hiver voilà un petit restaurant que les amateurs connaissent bien. On y est bien reçu et la cuisine mérite qu'on s'y attarde. Le local est sympathiquement décoré, avec la coque du bragozzo du célèbre Crea, gondolier qui gagna de nombreuses courses en son temps. A base de produits frais venant des environs, comme la plupart des vrais bons restaurants locaux, ce qu'on sert ici est traditionnel. Pas de nouvelle cuisine pétrochimique, pas de prétentieuses présentations. Une nourriture de (bonne) trattoria qui donne envie de revenir et l'une des meilleures fritures de poisson de toute la Sérénissime. Les prix ne sont pas très bas, mais on trouve plus cher aux alentours de San Marco avec de bien moins bonnes choses dans l'assiette. Il est prudent de réserver, d'autant que l'établissement ferme deux jours par semaine jusqu'en avril. Je préfère y venir pour déjeuner car la salle est presque exclusivement occupée par des vénitiens. Le soir, cela devient très cosmopolite avec énormément d'anglais et d'américains depuis que plusieurs éminents critiques littéraires anglo-saxons y soient venus goûter à leurs délicieuse cuisine. Il y a même un limoncello très particulier à base de crème de lait qui mérite le détour.
Recette gourmande :
Tagliolini alla granseola
du Ristorante il Nuovo Galeon
Pour 6 personnes, il vous faut 3 beaux tourteaux, 2 gousses d'ail, du persil, de l'huile d'olive vierge, 400 grammes de tomates en grappe, du piment doux, 500 gr de tagliolini au blé dur, du vin blanc, sel et poivre.
Faire bouillir les tourteaux dans de l'eau salée pendant environ 20 minutes après les avoir bien lavés. Quand ils sont refroidis, enlever les pinces et récupérer toute la chair et le corail, jeter tout le reste. Faire revenir dans une grande poêle l'ail et le persil dans l'huile d'olive.

Quand le mélange est coloré, ajouter la chair du crabe et son corail, laisser cuire quelques minutes en veillant à ce que la chair ne brunisse pas (elle est tellement impeccablement blanche), puis ajouter un demi-verre de vin blanc sec. laisser réduire. Ajouter des tomates en grappe préalablement coupées en deux et un peu de piment, du sel et du poivre. Réserver au chaud.
 
Pendant ce temps, faire cuire les pâtes dans beaucoup d'eau . Quand elles sont prêtes, les égoutter et les verser dans la poêle .

Bien mélanger et servir aussitôt. On peut décorer le plat avec les pinces voire la coque des tourteaux.
Nous avons accompagné ce délicieux plat avec un extraordinaire vin blanc du Frioul, un Collio Tocai Friulano de 2006 de Dario Raccaro.

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5 commentaires (archivées par Google sur Tramezzinimag I ) :

Michelaise a dit…
Un bon plat de pâtes, en lisant un bon livre, sur fond de bonne musique ! Il ne manque plus que le vin Lorenzo...
venise a dit…
j'aime tout particulièrement vos billets coups de cœur, et les endroits que vous recommandez. L'an dernier, nous préparions notre voyage à Venise, et nous avons marché dans vos pas, testant vos meilleures adresses. Quelle tristesse qu'aucun voyage ne soit en vue cette année ou les prochaines... il me reste à voyager par la pensée jusqu'à ma lagune chérie.
Lorenzo a dit…
Et si nous relancions l'idée d'un voyage Tramezzinimag ? Peu de monde, un programme un peu différent ? Promis, je vais y réfléchir dès que le livre sera enfin paru et distribué, je m'y attelle !
Anonyme a dit…
Je suis partante !
Amitiés vénitiennes à tous.
Gabriella
AnnaLivia a dit…
J'ai bien aimé le livre de Judith Martin, léger et souvent drôle. Humeur parfois pince sans rire que j'apprécie. J'ai noté l'adresse du bar à Santa Margarita. J'y passerai en décembre!
Ciao Lorenzo,
a presto!

03 septembre 2010

Gourmandise pour finir l'été en douceur : Succès d'Amalfi

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma petite famille, les vacances 2010 ne laisseront pas le souvenir d'un été caniculaire où il ne faisait bon que faire la sieste à l'ombre de notre beau mûrier ou se baigner sans fin. Pour une journée estivale, nous avions deux voire trois jours de frimas. Après la plage et les ballades, c'était chaque jour, un bon feu dans la cheminée ! L'idéal pour bouquiner certes, mais aussi pour cuisiner. C'était donc l'une de nos grandes occupations de l'été. 

Voici une recette que j'avais depuis longtemps l'intention de réaliser. La refaire aujourd'hui, maintenant que la rentrée est passée, les livres scolaires recouverts et les cartables remplis, c'est donc un peu prolonger les vacances. L'arrière-saison s'annonce belle et chaude. Demain la plage. Prenons des forces avec ce :

Succès d'Amalfi.
Ce qu'il vous faut : 4 belles poires parfumées et mûres à point (j'ai utilisé de belles Doyennés du Comice, mais d'autres variétés sucrées et parfumées peuvent aussi faire l'affaire : Beurré Hardy, Conférences, Crassanes...), 100 grammes de noisettes pilées, le même poids de blanc d'oeufs et 150 grammes de sucre glace, 400 grammes de ricotta, 100 grammes de fromage blanc genre Philadelphia (ou à défaut de Saint-Moret), de la gélatine, une pincée de sel et un peu de cassonade, un citron, 1 gousse de vanille.
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La préparation :

Faire cuire les poires au sirop (eau + sucre + gousse de vanille coupée en deux dans le sens de la longueur + filet de citron) en ayant soin de couper les fruits en petits morceaux.

Battre les blancs en neige ferme en mettant dans le saladier une pincée de sel et une autre de sucre. Ajouter ensuite 50 grammes de sucre glace et les noisettes. Verser la pâte obtenue sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Faire cuire à 140°. La préparation doit brunir un peu mais ne pas trop sécher. sortir du four et laisser refroidir.


Pendant que la pâte refroidit, passer la ricotta au chinois (ou au tamis si vous en possédez un) et la verser dans un saladier, y ajouter 100 grammes de sucre glace et le fromage blanc. Faire fondre la gélatine, la mélanger à la préparation et ajouter en dernier les poires cuites au sirop. Bien mélanger.
Découper à l'emporte-pièce des ronds de pâte. Dresser sur chaque rond le mélange ricotta-poires et couvrir avec un autre rond. Laisser au frais (mais pas au froid)au moins 3 heures afin de laisser ramollir les ronds de pâte au contact de l'appareil, sans qu'ils deviennent trop mous. Saupoudrer de sucre glace et dresser sur un plat de service. Succès assuré. D'où le nom donné à ces petits gâteaux inspirés d'une recette almafitaine très réputée mais bien plus sucrée et riche que ma recette !
Un grand merci à Paola pour sa recette 
(légèrement modifiée ici !)

25 mars 2010

Bonheur tranquille

Réveillé par la jolie petite mésange bleue qui a passé l'hiver dans la cour, je savoure mon builder's tea du matin, avec Mitsou à côté de moi qui ronronne de plaisir devant la nouvelle journée qui s'annonce, une patte nonchalamment posée sur mon épaule. (ce qui signifie : "n'oublies tout de même pas de remplir mon écuelle de lait frais"). Elle sera belle cette journée. Après l'orage d'hier, le ciel est d'un bleu sans nuage et le soleil brille. Comme un vrai matin de printemps. A Venise, le sirocco souffle et il va pleuvoir.


Le temps du Carême s'achève, ce sera bientôt Pâques, moment unique et merveilleux du renouveau, la chance d'un nouveau départ pour nos âmes étouffées par tant d'inutiles préoccupations, joie de la Résurrection dont personne ne parle tant le monde n'a d'yeux que pour le médiatique Ramadan des musulmans. En attendant, l'air a changé. Il s'est fait plus léger, onctueux même, avec des senteurs que l'hiver nous avait fait oublier. Au Jardin, les arbres sont tous en fleurs. Le vieux magnolia nous a donné sa première fleur il y a déjà trois semaines. Les tulipiers sont resplendissants. Le vert des pelouses a quelque chose de lumineux, comme le sourire d'un enfant.

J'aime ces petits moments paisibles qui sont autant de rites pour commencer une nouvelle journée. Que ce soit ici, dans notre maison du Cotentin ou bien à Venise, les premiers geste du matin déterminent la manière d'appréhender les évènements des heures à venir. Le thé brûlant, les biscuits, et l'émission de Chris Evans à la BBC (miraculeux internet !), le chat qui ronronne, une patte posée sur mon épaule (toujours l'écuelle de lait !), le soleil qui fait danser les particules de poussière devant la fenêtre, tout est bonheur. Un de ces petits bonheurs qui n'ont l'air de rien, mais nous aident à survivre, vous ne trouvez-pas ? La pression des images, l'omnipotence des modes, et la tension qui règne dans nos vies d'occidentaux pressés et surmenés, tout concourt à nous éloigner de ces plaisirs simples qui sont pourtant le sel de la vie. Chaque matin après tout, est le premier de nos derniers jours... L'homme moderne a tendance à l'oublier.
Respirer la quintessence des choses, avidement, gaiement, avec tout notre être, n'est pas une attitude d'artiste coupé des réalités, mais la preuve d'une grande solidarité avec le monde et les êtres qui le compose. Le "joie, joie, pleurs de joie" du poète n'est pas un cri d'hystérie, mais l'affirmation que, partie d'un tout, nous nous sentons impliqués dans la marche des choses, le passage des saisons et devons, chacun selon nos talents, contribuer à ce que tout aille pour le mieux. Bonne journée à tous !

4 commentaires:


J F F GrandsLieux a dit…
Oui, l'arrivée du printemps est un vrai miracle. Un appel au plaisir présent.
Bonne journée à vous aussi, Lorenzo !
PS Finalement le chat a-t-il eu sa jatte de lait ?
maite a dit…
Mes journées sont faites de tas de petits bonheurs, ce qui constitue à eux seuls "Le Bonheur" ...A presto !
Anne a dit…
Merci beaucoup pour ce beau texte, Lorenzo. Vous avez raison et j'ajouterai que le soir est important également, en l'envisageant non pas comme la journée qui se termine, mais comme le début d'un nouveau moment à rendre agréable et à apprécier dans sa douceur.
Anne
NicoleA a dit…
Une philosophie de la vie qui est assez proche de la mienne , celle des "petits bonheurs de chaque jour ", comme celui de faire le tour du jardin au printemps pour voir la nature reprendre vie , pouvoir à nouveau déjeuner sur la terrasse ( et l'éte flaner au petit dejeuner ) . Merci aussi de parler du temps du Carême et de Pâques qui le suit ...notre culture européenne enfouie , oubliée , ringardisée !

Bonnes fêtes pascales et bon printemps Lorenzo !Et merci pour la qualté de vos articles !

29 janvier 2010

Voici que revient enfin le temps des Galani !

Bientôt le temps du carnaval, et des gourmandises qui vont avec ! Personnellement c'est seulement ces dernières qui me rendent cette période agréable. En général, il fait froid, il pleut, Venise est envahie par des hordes de gens excités avec des déguisements ridicules et des attitudes saugrenues et la foule est tellement dense, qu'il est impossible d'avancer dans les rues. Mais tous les lecteurs connaissent mon mauvais caractère et mes sautes d'humeur. J'ai "fait" de nombreux carnavals. Les premiers notamment, spontanés et merveilleusement frais, quand débarquaient essentiellement de jeunes italiens d'abord venus des environs, puis de toute la péninsule, puis arrivèrent les français et les allemands, et puis le reste de la planète. Il y avait des bals partout et les palais s'ouvraient souvent aux inconnus masqués pour de somptueuses soirées où tout devenait possible. Comme avant, du temps de la République. L'essentiel des costumes reprenait l'idée qu'on se faisait - à juste titre - du carnaval vénitien d'antan : masques traditionnels, manteaux et tricornes, marquises et chevaliers enperruqués, saltimbanques de la Commedia dell'Arte

Partout des Polichinelles et des Colombines, des Pantalone et des Grisdelda. Trop de Pierrot ensuite, avec leur visage blanc marqué d'une larme noire, quand les français débarquèrent. Puis des Mickey et des Blanche-Neige arrivèrent, des travestis fantasques et ce fut le triste mélange d'une gay-pride salace et du cortège traditionnel du carnaval de Nice avec un peu de Rio. Beaucoup de bruit, beaucoup de vulgarité et plus aucune spontanéité. La description peut sembler bien noire mais c'est ainsi que je vois les carnavals d'aujourd'hui. Sauf à être invité à une de ces magnifiques fêtes costumées dans un des salons d'apparat du Grand Canal, de pouvoir assister au bal de la Fenice ou de se retrouver entre amis et de vouloir s'amuser entre soi, le carnaval de Venise n'est qu'ennui et odeurs de fritures.
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A propos donc de fritures, on me demande la recette des Galani, ces "merveilles" vénitiennes qu'on trouve partout pendant ce temps du carnaval. Voici celle de ma grand-mère.

Ingrédients (pour 6-8 personnes) : 6 œufs, 100 g de sucre en poudre, 15 cl de grappa, 15 cl de vin blanc, 100 g de beurre, 1 kg de farine, 1 gousse de vanille, 1 citron, sel, huile de friture.

Fouetter ensemble dans une terrine le sucre, les œufs, le zeste du citron, la vanille grattée, la grappa, le vin blanc, le beurre fondu et du sel. Ajouter ensuite la farine. Bien mélanger. Laisser reposer au moins une heure à température ambiante. Pétrir ensuite la pâte sur un marbre, puis l'étirer. L'appareil obtenu doit être très fin.

L'idéal étant une machine à pâtes qui permettra de réaliser de belles feuilles très fines, mais pas transparentes sinon elles se déchireraient à la cuisson. Quand les feuilles sont prêtes, les les plier en trois. Les aplatir de nouveau. Il faut refaire cela plusieurs fois, jusqu'à obtention de longues bandes bien fines et régulières. A l'aide d'une roulette, découper des rectangles de 3-4 cm de large sur 10 cm de long environ. faire un trou au centre de chaque pièce.

Verser dans l'huile chaude. Laisser gonfler et dorer 3 à 4 minutes en les retournant. Les Galani gonflent et se couvrent de grosses bulles qui mettent l'eau à la bouche des petits gourmands vénitiens. Après les avoir égoutter sur du papier absorbant, les saupoudrer largement de sucre et déguster froid.

 

9 commentaires: (Archives Google)

J F F GrandsLieux a dit…
Glace, le sucre, n'est-ce pas ?
C'est le contraste entre le gras craquant soufflé de la pâte et la légèreté sèche et douçâtre du sucre glace qui rend ces bugnes - pardon ces galani si délicieuses.
A propos, savez-vous d'où vient ce non particulier de galani ?
J F F GrandsLieux a dit…
Je voulais dire ce nom
Florence a dit…
Ah les Galani que mon père faisait. Il les laissait s'égouter sur du papier jaune, que je ne trouve pas en France. Puis du zucchero velo et hum on se régalait. Moi, en cette période je fais des fritelle alla veneziana. Je peux vous donner ma recette familiale si vous le souhaitez.
A presto. Fiorenza.
VenetiaMicio a dit…
Miam, les Galani ! J'en ai vu ce matin chez l'Italien de St Rémy ...
Merci pour la recette de votre "Nano", je la garde.
Mais non, vous n'avez pas "mauvais caractère", qui dit cela ? Je dirai que aujourd'hui vous avez l'humeur chagrine, vous qui avez connu sans aucun doute de merveilleux et joyeux carnavals.
Je vous taquine, car je suis totalement d'accord avec vous, pour moi "Le" carnaval de Venise c'est celui des masques et costumes traditionnels de la Commedia dell'ArtE. En 2008, j'ai vu les 7 nains et Blanche-Neige comme vous le dîtes, ce n'est plus l'esprit de Venise, j'avais l'impression d'être dans le monde de Disney.
Bon week-end
Danielle
Michelaise a dit…
Toute la magie est, vous avez raison, dans ces fameuses bulles qui sont autant d'appels à la gourmandise ! je ne connaissais pas les galani, seulement, autres lieux autres noms, et recette toujours différente, les bugnes !
Lorenzo a dit…
Bugnes dans l'Est et le Midi, Merveilles dans le Sud-Ouest, Galani, orechini en Italie. Le plaisir gourmand reste le même. ce papier jaunâtre se trouve encore dans certaines drogueries italiennes.
maite a dit…
i gaeàni venexiane, i galài veronesi, i grostoi trentini, i cenci toscani, le bugie piemontesi, le frappe umbre, etc...et à Bordeaux, les merveilles !
anita a dit…
....et les "oreillettes" du côté d'Avignon !!!!

miam !!!!

anita
Lorenzo a dit…
Il faudrait organiser un concours de dégustation et comparer les mérites de toutes ces recettes ! C'est un peu comme avec les crêpes, il existe tellement de recettes différentes toutes aussi excellentes les unes que les autres !

12 janvier 2010

Quand il fait bien froid, le rôti de veau réconfortant s'impose

A Hubert D. et à sa compagne, Sophie.


Non seulement il fait vraiment froid mais le ciel s'est fait très gris et bas. Une sorte de neige fondue tombe et se transforme en verglas sur les dalles des rues. Peu de monde dehors, presque aucun bruit. Les chats dégoutés de ne pouvoir aller regardent par la fenêtre puis vont se lover dans les endroits les plus abrités de la maison. La panière de linge à repasser pour Ulysse, le noiraud, un gros pull-over tyrolien en laine bouillie laissé sur un fauteuil près du radiateur de la bibliothèque pour Mitsou, le roi des chats que tous les lecteurs de Tramezzinimag connaissent. N'est-ce pas le temps rêvé pour se mettre à cuisiner ? 

Concocter de bons petits plats est l'un des meilleurs remèdes contre la morosité. Puisque c'est de réconfort dont il s'agit ce matin, laissez-moi vous proposer un rôti de veau réconfortant (ou revigorant) : Arrosto di vitello detto di Casanova.

Il va vous falloir : un beau rôti de 1,5 à 2 kilos (noix ou quasi de veau), des gousses d'ail, des filets de harengs, des épices (romarin et thym), un verre de vin blanc, du beurre, de l'huile d'olive, du sel et du poivre.
Préparer une marinade avec du vin blanc, du romarin et du thym, poivrer le rôti avant de le tremper dans cet appareil. Ne pas saler à ce stade. Laisser mariner une ou deux heures dans un endroit frais (à l'abri des chats si vous en avez !). Puis égoutter légèrement la viande, la piquer d'ail, et barder le dessus du rôti de morceaux de harengs que vous aurez découpé comme du lard. Mettre au four dans le plat de cuisson avec deux cuillères à soupe d'huile et un bon morceau de beurre. Ajouter des herbes, la marinade. En milieu de cuisson saler et poivrer. Quand la viande est cuite, le hareng caramélisé et croustillant aura l'aspect et le goût relevé d'un morceau de lard rôti. Le suc du poisson se sera mélangé à celui de la viande, dégageant un arôme raffiné. Couper en tranche et servir aussitôt, nappé du jus que je déglace au dernier moment.

Comme accompagnement ? : Un plat de pâtes simplement cuites al dente avec de l'ail et du parmesan fraîchement râpé, ou bien une vraie bonne purée à la manière d'Alain Ducasse et vous allez vous régaler ! Pour la purée, voici le secret :


Prendre de belles pommes de terre, les peler et les laver, puis les mettre dans une casserole avec une branche de romarin et une gousse d'ail. Recouvrir d'eau froide (l'eau doit à peine couvrir les pommes de terre). Mettre une poignée de gros sel. Laisser cuire. Et mettre le lait à bouillir et le maintenir au chaud. Quand il n'y a presque plus d'eau dans la casserole, vérifier la cuisson des pommes de terre. La lame du couteau doit s'enfoncer facilement dans la chair devenue jaune pâle. Faire évaporer toute l'eau en remuant la casserole sur le feu, cela équivaut à égoutter les pommes de terre qui vont s'écraser une peu (ce qui est bon signe). Veiller à ne pas les faire accrocher cependant sinon elles prendront vite un goût de brûlé. 

Enlever l'ail et le romarin. Mettre les pommes de terre dans le moulin à légumes que vous aurez chauffé dans de l'eau bouillante et mélanger dans une terrine avec 15 cl de lait entier pour 1,5 kilos de pommes de terre. Mélanger les pommes de terre avec la préparation à l'aide d'une cuillère en bois. Ne pas trop remuer la chair écrasée des pommes de terre toute seule car elle risquerait de corder (la chair devient gluante et seulement bonne à coller du papier-peint !), ajouter ensuite 60 g. de beurre frai. Vérifier l'assaisonnement et servir aussitôt ou réchauffer à feu très doux au moment de servir. Vous aurez obtenu la meilleure purée du monde. Au Louis XV de Monte Carlo, Ducasse ajoute de l'huile de truffe mais cela n'irait pas avec notre rôti de veau d'aujourd'hui ! Bon appétit !


10 commentaires:


Anne a dit…
Merci pour ces recettes. Je n'aurais jamais osé mettre du hareng avec du veau! Mais pourquoi le titre "di Casanova"?
Anne
Lorenzo a dit…
dans le nom est la réponse : rôti réconfortant ou revigorant. Censé donner des forces à qui en a besoin. Recette vénitienne du XVIIIe, on pense aussitôt aux ébats dont Giacomo se vantait... Ce plat était souvent préparé aux jeunes mariés pour le souper du milieu des noces. Un clin d’œil des cuisinières d'autrefois, à une époque où sous des airs affranchis, le monde est bien plus prude qu'il n'était alors. Il y a aussi les anchois qui bardent la viandes sensées donner force et vigueur et donnent un goût génial à celle-ci dans la recette du Fricandeau Remedio de jean Clausel. Un rappel des pratiques culinaires des anciens temps.
VenetiaMicio a dit…
Miam ! Miam ! Vous êtes une perle, comment peut-on se passer de vous ?
Voilà un plat qui m'aurait bien ravigotée...surtout que j'ai travaillé à l'extérieur, car nous sommes toujours bloqués dans notre belle Provence. Déjà la pelle est presque trop lourde pour moi, mais j'y suis arrivée !
Puis-je me permettre de vous donner une excellente recette de purée de pommes de terre à l'huile d'olive.
1 kg de pommes de terre moyennes (charlotte, ratte) 2,5 dl d'huile d'olive extra vierge -150 gr de lait -150 gr de beurre frais- sel de mer -4 pincées de fleur de sel
Choisir des pommes de terre de même taille et les peler. Les couvrir d'eau salée. Cuire à petite ébullition durant 20 à 25 min.Les égoutter soigneusement et les transvaser dans un moulin à légumes. Les passer immédiatement dans un plat chaud. Incorporer à l'aide d'un spatule le lait bien chaud et le beurre. Rectifier l'assaisonnement en sel. Incorporer petit à petit l'huile d'olive en mélangeant. Conserver au bain-marie. Au moment de servir, ajouter sur l'assiette un filet d'huile d'olive et une pincée de fleur de sel.
Voilà c'est la meilleure purée que j'ai mangé et elle est la recette de Wout Bru, l'excellent cuisiner de mon village chez Bru
Corinne a dit…
Du veau et du hareng ! C'est audacieux. Je remercie Patrick de m'avoir permis de découvrir ce blog. Il me semble qu'il existe aussi une sauce dite "ravigote", pour rester dans le même esprit. Que Casanova ait eu souvent besoin de recharger ses accus, nul n'en doute !
C'est un plaisir de vous rendre visite.
Lorenzo a dit…
Vous êtes la bienvenue Corinne. VenetiaMicio, cette variante de la purée de pomme de terre me semble délicieuse, nous allons l'essayer à la première occasion.
Corinne a dit…
Merci !
J F F GrandsLieux a dit…
Et voilà, je découvre que Venise a encore une recette inventive à son actif (au delà des macarons, du tiramisù, du foie au lard et des spaghetti aux clovisses).
Magnifique recette.
Dommage, ma cuisinière (oui, j'ai cette chance, mais pour combien de temps ? ) ne veux préparer que ses plats à elle...
Il va falloir que je m'y mette si je veux goûter à ce veau-là !
Anonyme a dit…
Bonjour
je voulais faire votre plat ce week end sauf que je n'ai pas su choisir entre les filets de hareng "nature" et les "fumé". J'imagine que si vous n'avez pas précisé c'est qu'il s'agit des nature .. mais j'aimerai bien en être certaine!
merci
Lorenzo a dit…
C'est avec des harengs "frais" mais les fumés font aussi bien l'affaire de même que l'on utilise selon son propre goût du lard fumé ou non dans d'autres recettes. Si vos harengs ne se laissent pas effiler jusqu'à ressembler à de belles bandes de lard (cela dépend de la qualité du produit), vous pouvez aussi essayer de larder la viande avec des lanières de poisson. personnellement je préfère barder le rôti, le poisson finit par caraméliser et le suc en devient d'autant plus subtil. Attention cependant à ne pas mettre trop de harengs. Pour un beau rôti quatre ou cinq bardes suffiront.
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