28 décembre 2012

Les Brèves

Bonne nouvelle pour nos amis belges : 
Vol quotidien low-cost Bruxelles-Venise 
La compagnie aérienne Air One a annoncé la prochaine ouverture (prévue le 4 mai prochain) d'une base à Venise, sa troisième en Italie après Milan et Pise. A la clé le lancement de onze nouvelles liaisons. La filiale low cost d’Alitalia va ainsi baser deux Airbus A320 sur l’aéroport de Venise-Marco Polo, et y lancera ses quatre premières routes. Bruxelles sera desservie quotidiennement avec un départ de Venise à 7h50 et un retour de Belgique à 10h25. ligne créée pour concurrencer la compagnie Brussels Airlines. Air One desservira aussi Barcelone chaque jour. Venise sera également reliée à Prague et à Tirana. Enfin, dès le 15 juin 2012, la low cost lancera d'autres lignes : Athènes, Bucarest, Istanbul, Sofia et Varsovie. Venise sera ensuite reliée à Mahon dans l’île de Minorque et Palma de Majorque, faisant de l'aéroport de Venise une véritable plate-forme européenne. Cela voudra dire encore plus de visiteurs sur la lagune, mais permettra aussi à l'aéroport Marco Polo de devenir une place de transit ce qui présente de nombreux avantages. A noter que la France n'est pas desservie par cette compagnie. . 

La Saint Sylvestre 2012 
sous haute surveillance à Venise 
La mode est au sécuritaire même à Venise. Cette année, prévoyant que le traditionnel Love kiss de minuit au pîed du campanile de San Marco animé par la charmante Betty Senatore, attirera du monde, le Commandant Marini, chef de la police municipale a pris des mesures draconiennes. Les habitants sont prévenus que la circulation pédestre pourra être déviée si besoin et que certains axes seront à sens unique. En cas d'une affluence trop massive de véhicules, le stationnement sera interdit Piazzale Roma et les automobilistes déviés vers le Tronchetto. Cela ne devrait pas décourager les 100.000 personnes attendues sur la piazza où sont prévues cette année encore de nombreuses attractions : concerts, théâtre, bal avec le célèbre DJ vénitien Maci, et brindisi avec le Bellini dans sa fameuse bouteille rose et argent de la société Canella, en attendant le compte à rebours et le feu d'artifice sur le Bacino di san Marco. Bonne soirée à tous ceux qui se rendront sur la piazza le 31 décembre ! . 


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Dialecte vénitien et leçon de sciences naturelles

C'est vrai qu'on ne dit plus Sciences Nat, mais SVT pour Sciences et Vie de la Terre (toujours cette bêtise de vouloir être moderne, à tout crin) ... Mais on dit toujours brouillard et brume, ce qui se traduit en vénitien par le mot très imagé de Caìgo et quand il est assez dense pour sembler se matérialiser devant nous on rajoute le mot "fisso".

Caìgo fisso donc à Venise ces jours-ci. Rien à voir avec le Smog londonien qui du temps de ma jeunesse anglaise collait à la peau et suintait la tourbe et le charbon. Sur la lagune, il est comme un épais rideau de toile, comme mille couches superposées de mousseline blanche, presque argentées. Il sublime tout, le moindre poteau, une simple barque et amplifie les bruits, les odeurs... Quand il  se taja col corteo (se taille au couteau), il recouvre toute la ville et rend Venise encore plus mystérieuse, féérique. Se promener dans le brouillard, être surpris à l'angle d'une rue par un passant qui surgit de nulle part, percevoir le son des cloches au loin par bribes, ne plus voir que les dalles du sol qui brillent et à certains moments ne plus entendre que le bruit de ses pas et les battements de son cœur. expérience unique quand on la vit pour la première fois. Un régal toujours.

17 juillet 2012

Délices à la vénitienne : la poêlée d'anguilles

 "Magna e bevi che la vita xe un lampo" ..

 Quand vient l'été, le temps des vacances et du farniente, on a souvent envie de changer un peu ses habitudes. Le train-train quotidien, qui laisse peu de place à la fantaisie, est loin derrière nous pour de longues semaines. C'est souvent le désarroi au début. On ne sait plus très bien où on en est. Autre rythme, autres lieux, il faut tout réinventer mais bien vite le corps et l'esprit s'adaptent au nouveau décor. Finies les contraintes, les coups d’œil nerveux à la montre, le stress. C'est enfin le temps pour soi, pour ceux qu'on aime. L'occasion de concocter de bons petits plats et de les savourer. Bien que le temps jusqu'ici n'est pas été des plus cléments, un repas en famille sous la tonnelle, dans le jardin ou un pique-nique sur la plage, quoi de plus sympathique ? Pour nous ce soir, c'était un festin de doge. Jugez vous-même : un gargantuesque plat de polenta fumante couverte d'une épaisse couche de bon beurre fondu et de parmesan frais pour accompagner des Bisati in teglia(anguilles à la poêle) comme on les savourait déjà du temps de Casanova. La recette - qui diverge un peu de la mienne - est d'ailleurs citée dans l'excellent ouvrage "Casanova, un Vénitien gourmand".
 
..Il vous faut : 1 kg d'anguilles préparées et coupées en tranches, des gousses d'ail, un bouquet de ciboulette et un de persil, du romarin frais, et de la sauge (fraîche aussi), huile d'olive, beurre frais, vin blanc, sel et poivre, polenta.

Bien nettoyer les tronçons de poisson, les faire dorer à feu vif dans l'huile d'olive mélangée au beurre. Ajouter ensuite l'ail et les herbes finement ciselées et après avoir bien mélangé le tout, ajouter les feuilles de sauge. Remuer puis ajouter peu à peu le vin blanc en prenant soin de déglacer complètement la poêle pour avoir une sauce très dense. Saler et poivrer. Servir aussitôt sur de la polenta fumante couverte de beurre et de parmesan. Une autre possibilité est de servir les anguilles avec des grandes tranches pain blanc, genre Ciabatta (à faire à la maison, c'est meilleur) que l'on imbibera de sauce. C'est un plat divin.
..Comme je disposais d'oignons et de poireaux frais coupés du jardin des voisins, j'avais garni les assiettes avec une fondue de poireaux et d'oignons cuite doucement avec du poivre dans de l'huile d'olive et du beurre avec un peu d'ail haché . Cette compotée allége parfaitement la polenta et les anguilles couvertes de leur onctueuse sauce. N'ayant plus de polenta sous la main, j'ai servi cette poêlée avec des pâtes simplement juste agrémentées de jeunes tomates bien mûres, d'ail et de romarin frais du jardin. Un délice.

09 mai 2012

On ne peut devenir qu'autant qu'on soit déjà

9 mai 2012 
C'est Novalis qui écrivait cela. Profitant d'un beau soleil, je relisais assis sur l'herbe des poèmes de Rainer Maria Rilke. Leur beauté m'a renvoyé, par un de ces mystères de la pensée, vers Louis Émié, cet auteur bordelais peu connu encore, mais qui est l'un des plus grands poètes de notre époque.

..Dans Le Mémorial, son journal, édité en 2000, j'avais trouvé le texte suivant qui date de 1941 je crois, quand la France était occupée. Il m'avait paru alors tellement en adéquation avec ma vie. Plus de dix ans après, ces lignes restent tout aussi fortes. 

.."Est-ce un bonheur ou un malheur que de savoir qu'il y a des choses que l'on ne pourra jamais faire, qu'on demeure toujours limité à soi-même malgré tous les efforts que l'on accumule pour se dépasser ? 

.."Il y a des livres que je ne lirai jamais, des villes que je ne connaîtrai jamais. J'en éprouve par instant un regret aussi douloureux qu'un soudaine brûlure. Et puis, je jette un coup d'oeil sur moi-même, sur mon passé et mon présent. Je reprends ainsi conscience du peu que j'ai réussi à être - et, alors, je me résigne. 

.."Naguère, la résignation me paraissait la plus lâche, la plus méprisable des solutions. En ce temps-là, il y avait en moi des sursauts, des révoltes. Tout cela est mort, maintenant. Au courant de la vie, quelque chose de nous s'émousse, s'évanouit peu à peu. J'ai cessé d'être un révolté ; j'accepte les évènements et je m'accepte tel qu'ils me font. Philosophie assez rudimentaire, prudente et facile, sans aucun doute ; mais du moins, m'évite-t-elle de tomber dans le pêché d'orgueil et me permet-elle de connaître mes véritables limites, au-delà desquelles je ne puis sans danger m'aventurer." 


..Un jour de mai tout pareil à aujourd'hui, j'allais avec un ami sur les eaux de la lagune, en direction de Pellestrina. Le ciel était d'un bleu très doux, l'air plein de senteurs nouvelles. Il n'y avait pas de vent et l'eau sur laquelle notre barque glissait semblait faite d'une soie précieuse, d'un joli vert aux reflets mordorés. Tout était douceur et silence. Nous avancions comme dans une prière. Cette plénitude qui nous prenait tout entier, je ne saurai l'exprimer. Nous étions à la fois joyeux et inquiets. Portés par l'effort qu'il faut donner sans cesse pour avancer, amplifier le rythme et se caler dans cette profonde harmonie qui unit vite les rameurs et leur donne une sensation de sereine plénitude. J'avais la sensation qu'un moment comme celui-là était une bénédiction et qu'il fallait en absorber chaque bribe. Savourer l'instant où fondus dans un même effort, nos deux êtres s'unissaient dans la même ferveur, lançant à l'unisson une même louange au Créateur pour toutes ces merveilles. 

,,L'impossibilité au retour d'expliquer aux autres cette expérience, fit éclater cette triste vérité : je ne pouvais pas, je ne pourrai jamais, donner en partage cette émotion, cette joie profonde que j'assimilais naturellement à Dieu. Le texte de Louis Émié résume bien cette incapacité. C'est peut-être pour cela que, depuis toujours, j'écris sans cesse...

Louis Émié Mémorial 
Préface de Pierrette Sartin 
Présentation et appareil critique de Francesco Maria Mottola 
Éditions Opales 


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02 mai 2012

"Gelido in ogni vena", Vivaldi chanté par Cecilia Bartoli


,,En relisant mes notes sur l'Ospedale della Pietà, j'ai eu envie d'écouter ce magnifique disque enregistré par la grande Cecilia Bartoli, The Vivaldi Album, paru il y a un certain temps déjà (en 1999 !) chez Decca. Une merveille que tous les amateurs de musique baroque connaissent. Tout est beau dans ce disque. Avec l'enregistrement du Nisi Dominus de James Bowman, les Gloria et Magnificat dans la sublime version de Riccardo Muti avec la grande Teresa Berganza, c'est un des plus extraordinaires enregistrements consacrés à la musique du prêtre roux. Dans son Dictionnaire amoureux de Venise, Philippe Sollers décrit parfaitement la beauté émouvante de cette musique et le portrait qu'il dresse de la cantatrice est totalement justifié par ces images. Qui disait si bêtement qu'Antonio Vivaldi avait passé sa vie à écrire le même concerto ?

..Il m'est impossible de parler de Vivaldi sans évoquer la mémoire d'Olga Rudge et d'Ezra Pound. Sans eux, le compositeur serait considéré à l'aulne de ce qu'en a écrit Goldoni dans ses mémoires, ("un bien médiocre compositeur", sic). Johan Sebastian Bach lui, qui avait transcrit nombre de pièces du vénitien, ne s'y était pas trompé : Vivaldi est un grand compositeur, un poète et un précurseur. Son œuvre est mystérieuse comme sa vie. Ce qui est évident, c'est le rôle de Venise, de la lagune, de cette ambiance unique, dans l'inspiration du musicien. Quand on tend l'oreille - et le cœur - à l'écoute d'une de ses pièces, c'est la lumière, les odeurs, les sons de Venise qui surgissent soudain. Et puis cette musique divine ramène toujours le soleil et une sérénité joyeuse... 

..Cet aria, Gelido in ogni vena ("Chacune de mes veines se glace"), extrait de Farnace, est en fait une citation d'un texte de Metastasio écrit pour Siroe, cantate du compositeur napolitain Leonardo Vinci, représentée en 1726, que le librettiste a repris dans l'opéra de Vivaldi




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La Venise d'avant (1)


,,L'église de la Pietà que l'on peut voir aujourd'hui sur le quai des Esclavons n'est pas celle où Antonio Vivaldi dirigeait les jeunes musiciennes du couvent. Elle a été construite après sa mort. L'église qu'il connut et où eurent lieu les nombreux concerts qu'on venait écouter de toute l'Europe n'a été démolie que plus tard et remplacée par un palais aujourd'hui transformé en hôtel, l'Albergo Metropole. La gravure ci-dessus montre l'entrée de la chapelle de l'Ospedale della Pietà telle que Vivaldi et ses jeunes musiciennes l'ont connue. 

,,On peut encore voir des colonnes de l'ancien bâtiment dans le hall de l'hôtel. Est-ce l'esprit du prêtre roux qui fit décider le propriétaire de l'hôtel d'organiser chaque semaine des concerts de musique de chambre ou des récitals de chant dans un salon à côté du hall où trônent les deux colonnes vestiges de l'église reconstitue plus loin ? CertainementMais ce fut surtout à la mémoire de son fils, mort dans un accident de voitures et jeune violoniste.



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01 mai 2012

Premier matin de mai


"Quelle ville pour les marins ! Tout flotte, et rien ne roule. Un silence divin. l'odeur de la marine, partout. Même ignoble, aux carrefours de l'ordure croupie, des choux pourris, des épluchures et de la vase, l'odeur salée se retrouve encore ; et toujours monte la douceur sucrée du filin et l'arôme guerrier du goudron, cet Othello des parfums. C'est un bonheur d'aller grand'erre sur les eaux dociles : le charme de Venise contente tout caprice. Et moins l'on sait où l'on est, moins l'on sait où l'on va, plus l'issue a de grâce, le plaisir s'y parant de la surprise. Il n'est canal qui ne mène à la lumière." 
André Suarès  

30 avril 2012

Dimanche. Un livre, un gâteau, et la musique de Bach.

,,Les dimanches que j'aime sont toujours de la même couleur. Celle d'un bonheur tranquille que rythment joyeusement les Suites anglaises de Bach sous les doigts de Glenn Gould. Peu importe le temps qu'il fait au dehors, dans la maison le soleil brille de tous ses feux. Le chat ronronne de plaisir, la table pour le thé réunit toute la famille. Scones dorés, thé fumant et parfois, un de ces gâteaux qui réveillent en nous mille souvenirs d'enfance. Hier, c'était un Fondant à l'orange. Constance qui s'est prise de passion pour ces petits bracelets de ruban qu'on garnit de breloques retrouvées dans les tiroirs et les vieux coffrets de sa Bonne-maman (comme la recette du délicieux Fondant), s'affaire près de la fenêtre. Tout autour d'elle, fils et tissus dans un joyeux désordre, illuminent de couleurs acidulées le gris du ciel. 

,,La sarabande de la Deuxième Suite se glissent dans toute la maisonnée. Dehors, la pluie continue sans arrêt depuis plusieurs jours. Une accalmie ce matin nous a permis d'aller à la messe sans parapluie. Joie de ce moment de soleil si doux. En rentrant, petit détour par des ruelles silencieuses pour admirer quelques vieilles pierres, rajouts très anciens qu'un architecte habile a utilisé autrefois, nous permettant aujourd'hui d'admirer là une fresque gallo-romaine, ici un arc médiéval. Le temps passe vite quand tout est en harmonie. La panique et l'angoisse de vendredi envolées, le blog retrouve peu à peu l'ensemble de son contenu. Ouf... 

..Dix sept heures sonnent au clocher voisin. L'heure sacrée du thé. Les scones, la confiture de poires faite l'été dernier, la gelée de coings, celle de mûres un peu liquide. Le roman découvert par hasard et qu'on ne peut plus quitter. Hier, c'était La liste de mes envies de Grégoire Delacourt (à lire toutes affaires cessantes !). Un petit bijou d'émotion et d'humour aussi. Comme la vie ordinaire. Un passage émouvant sur un père retombant en enfance, des pages sur l'utilité des blogs. Dehors, des enfants rient en pataugeant bruyamment dans les flaques. Leurs rires répondent à la musique du Kantor de Leipzig. Même rythme, même ton. Combien j'aime ces dimanches tranquilles tout remplis d'âme et de paix. 

Le Fondant à l'orange de Bonne-maman : 
Il vous faut : 175 g de bonne farine tamisée, 1/2 sachet de levure, 3 œufs frais, 80 g de beurre frais, 175 g de cassonade, 125 g de sucre glace, 3 oranges à jus, une pincée de sel, 1/2 cuillère à soupe de rhum ou de Cointreau. 

..Commencez par mélanger le beurre ramolli avec le sucre jusqu'à obtenir un mélange bien crémeux. Ajoutez le zeste d'une orange, puis les œufs en remuant vigoureusement, puis la farine, la levure et le sel, quand l'appareil est homogène, versez-y le jus d'une orange. Bien mélanger. Versez la pâte ainsi obtenue dans un moule à manqué beurré et fariné. Cuire à feu doux (th 4, 150°) pendant environ 40 minutes (jusqu'à ce que le dessus soit joliment doré et qu'une pointe de couteau ressorte sèche du gâteau (tout le monde sait ça, pourquoi me sentir obligé de l'écrire une fois encore ?). Pendant la cuisson, faire un sirop avec le jus des trois autres oranges et le sucre. Laisser bouillir plusieurs fois et maintenir au chaud. le sirop est prêt quand le sucre a entièrement fondu. Inutile d'écumer, après cuisson le sirop va s'éclaircir et la mousse disparaître. Quand le gâteau est cuit, le démouler aussitôt et le renverser sur une grille que vous poserez sur un plat. Imbibez-le avec le sirop de façon à ce que toute la surface et les côtés soient mouillés, recommencez tant qu'il y a du sirop dans le plat. Servir tiède ou froid. Les deux manières ont leurs partisans. Personnellement, je le préfère tiède. Servi avec une crème anglaise peu sucrée (la vraie), c'est absolument à se damner ! 

..Le soleil est revenu faire un petit tour, jouant avec les miettes sur la nappe sous le regard ravi du chat qui n'aime pas toute cette humidité. Des images iconoclastes qui nous parviennent de Venise n'entameront pas notre bonne humeur. Pourtant il y a de quoi enrager. Ces horribles grandi navi qui se font chaque jour plus nombreux et dont personne ne veut dans le centro storico et ces (superbes) vieux modèles d'automobiles qui ont envahi le parvis de San Giorgio, à l'occasion de l'arrivée d'un rallye parti de Monaco et dont les prix étaient remis en grande pompe lors d'une soirée de gala, dans les salons de la Fondation Cini. C'était la maison Vuitton qui était l'instigateur). Voir des voitures à Venise qui a su lutter depuis toujours contre ce qui enlaidit les autres villes du monde, à de quoi faire hurler. Exactement comme la vitrine Ferrari qui faisait tâche (rouge) sur la Piazza ! heureusement, Buonaparte n'a pas eu le temps de mettre ses menaces à exécution, et le petit Attila corse est parti vers Sainte-Hélène avant que de transformer le grand canal en boulevard carrossable !

Crédits photographiques © OliaiKlod




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29 avril 2012

La pluie, encore et toujours...

29 avril 2012


Bordeaux et une partie du pays sont noyés sous des trombes d'eau. pendant ce temps, Venise pendant ce temps voit la température monter et le ciel se dégager. Ce printemps est bien surprenant.


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La pluie, encore et toujours...


Bordeaux et une partie du pays sont noyés sous des trombes d'eau. pendant ce temps, Venise pendant ce temps voit la température monter et le ciel se dégager. Ce printemps est bien surprenant.

25 avril 2012

COUPS DE COEUR (HORS SERIE 28) : "Autant la mer" de François Matton

Découvert par hasard ce très bel album-livre comme je les aime, où l'histoire mêle les mots et le dessin. Un trait acéré et plein de poésie, sans fioritures ni concessions. c'est moderne et très classique en même temps. L'histoire est belle et parlera certainement à beaucoup. Une parenté indirecte avec Venise qui parlera aux lecteurs de TraMeZziniMag. Voici ce que l'auteur a écrit sur cet opus dans son blog :
"Vouloir partir vivre sur l'eau est un rêve d'enfant qui ne s'encombre pas du réel. C'était le rêve de mon frère Benoît, tel que je le raconte dans Autant la mer. Partir vivre sur l'eau, loin de l'agitation des villes, loin des habitudes bourgeoises, loin de ce qui se répète sans qu'on le remette en question, loin des moules dans lesquels, après quelques fanfaronnades, on se coule si vite (c'est tellement pratique), loin des responsabilités compliquées, loin des enjeux d'argent, loin de la nécessité de se battre pour travailler, loin de la nécessité de jouer des coudes pour être, sinon le premier, celui qui sait passer sans scrupules au-dessus des autres (tous les coups bas sont bons), loin des stratégies honteuses nécessaires pour se faire passer pour celui sur qui compter, loin de tout les arrangements véreux - sans parler de la vie de couple, de la sexualité arrangée, cadrée, fichée, tristement réglée. Partir loin de tout ça qu'il est répugnant d'endosser à son tour : le monde bavard des hommes qui produisent, réclament, vendent, mentent, se réjouissent de réussir un coup, se désolent outre mesure d'en avoir raté un autre. Cette misère que mon frère, encore très jeune, n'avait pas connue directement mais qu'il devinait facilement par l'observation des autres (The Others), il voulait la fuir au plus vite, et je le comprends." 
 Autant la mer 
François Matton 
Éditions P.O.L. - 2009 
128 pages, 17 €

16 avril 2012

Statistiques


..Entre 1951 et aujourd'hui, le centre historique a perdu plus de 65% de sa population et la répartition des habitants entre Venise, les îles et la Terraferma s'est inversée : en 1951 55% des vénitiens habitaient la ville historique et seulement 21% la Terraferma. Aujourd’hui, c'est le contraire avec 66% pour la Terraferma et seulement 23% dans le centre historique. 

..Des données démographiques très précises permettent de comparer les chiffres à travers l'histoire : 
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,.,1422 : 199.000 habitants. 
..1509 : 115.000 (dont11.164 courtisanes !) 
..1797 (année de la chute de la République) : 141.000 
..1931 :  163.559 
..1960 : 145.402 
..1970 : 111.550 
..1980 :  95.222 
..1990 :  78.165 
..2000 : 66.386 

..Le compteur de la Pharmacie Morelli, campo San Bartolomeo au Rialto, installé presque comme une boutade par Venessia.com, indique aujourd'hui à peine un peu plus de 58.000 habitants. Du jamais vu dans l'histoire de la Sérénissime même au temps des grandes épidémies !
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Venise, belle et triste vitrine, par Aldo Cazzulo

Un fidèle lecteur nous a signalé cet article d'Aldo Cazzulo paru dans le Corriere della Sera et publié par Courrier International, le 12 avril dernier. Point de vue réaliste certes mais assez pessimiste traduisant bien la situation actuelle de la Sérénissime, réalisé à partir d'un entretien avec l'ancien maire, le philosophe Massimo Cacciari, adepte du pragmatisme dont l'administration est aujourd'hui très controversée. Sa vision en tout cas s'avère juste et la réflexion de l'auteur, une bonne base pour les dbats actuels sur l'avenir de la Sérénissime. Boutique de souvenirs à Venise. 

Boutique de souvenirs à Venise.  
Crédits photographiques © spirosk. 
 Chaque année, des centaines d’habitants fuient la lagune, l’abandonnant aux multinationales et aux spéculateurs de l’art et la transformant en ville fantôme. Les tentatives pour raviver son économie se heurtent au manque de fonds publics et au fatalisme de ceux qui sont restés. 
Pour Massimo Cacciari, son ancien maire, Venise est sous l’emprise de deux malédictions : les comtesses qui s’agitent pour la sauver; et le caractère de ses habitants. “Venise se meurt !” déplorent les aristocrates et les Vénitiens. 
En réalité, Venise est déjà morte. Elle a ressuscité, et est devenue une vitrine. Le jour, Venise n’a rien de triste, ni même de mélancolique. Au contraire, elle n’a jamais été aussi belle, aussi vivante. Jamais autant d’argent n’a conflué vers elle, du Nord-Est, de Milan, de l'Europe, de l'Amérique. Mais c’est de l’argent privé. Celui des marchands, et pas celui des mécènes. Partout fleurissent les restaurations et les fondations. 
L’exemple le plus éclatant est celui de Pinault, qui a acheté un morceau de Venise - la merveilleuse Punta della Dogana, face à la place Saint-Marc, pour y exposer les artistes de sa collection qu’ensuite il vendra dans sa maison d’enchères. 
Des rats qui courent dans tous les sens 
Aujourd’hui, la polémique enfle à propos du Fontego dei Tedeschi, acheté par les Benetton sur lequel Rem Koolhaas, la grande star hollandaise de l’architecture, a dessiné une terrasse controversée avec vue sur le Pont du Rialto. Il est vrai aussi que personne n’avait plus mis les pieds dans la Punta della Dogana depuis des décennies. 
La nuit, Venise redevient elle-même : une ville dépeuplée, comme d’autres centres historiques. Mais ici, entouré par la beauté, le spectacle de volets fermés et des boutiques closes, des lumières éteintes, du silence, est plus triste, tandis que le flux des Vénitiens “de l’extérieur” et des touristes désargentés se déplace vers la terre ferme. 
Seuls restent animés les endroits où se retrouvent les étudiants : le Campo santa Margherita, San Giacomo dell'Orio, le marché du Rialto. Mais les résidents se sont plaints et la municipalité a imposé le couvre-feu à minuit. 
Massimo Cacciari raconte : "Vous n’avez pas idée de ce que j’ai trouvé à l’intérieur de la Punta della Dogana ! Des rats qui couraient dans tous les sens, des employés reclus dans leurs petits bureaux. Dans la tour qui fait face à San Marco, peut-être le plus bel endroit du monde, quelqu’un s’était même discrètement taillé un appartement. Le jour où les travaux devaient commencer, on a trouvé dans les remises un dépôt de vieilles planches. J'ai dit : enlevez-les. On m'a répondu que ce n’était pas possible, que c’était du ressort de la Surintendance [équivalent de la Direction du Patrimoine]. J’ai alors appelé la Surintendance pour qu'elle vienne les reprendre. On m'a répondu que ce n’était pas possible car il s'agissait des restes d’un ancien plancher. A ce moment là, je me suis mis à hurler. Une scène hystérique. Je suis devenu fou”. 
La même chose s’est produite pour le piazzale Roma, où se dressera le nouveau palais de Justice, dont le prix a triplé depuis le devis initial. "Des terrains contaminés. Des chantiers retardés. Et des obstacles de toutes sortes, dont celui-ci : les travaux sont sur le point de commencer quand on m’annonce une découverte sensationnelle. Des caisses pleines d’os d’animaux. J'explique alors que la chose est pourtant bien connue : jusqu’au XIXe siècle c‘était là qu’étaient installés les abattoirs. On me répond que l’affaire est de la plus haute importance puisqu'on va pouvoir reconstituer toute la chaîne alimentaire de Venise au XVIIIe siècle. J’y vais et on me montre un os de chèvre, de veau, de bœuf… Cette fois encore, je me suis mis à crier. Une autre scène d’hystérie. A nouveau, je suis devenu fou : "Si les travaux ne commencent pas tout de suite, je prends un marteau et je détruit tous ces os, un par un !”. 
Les écoeurantes pleurnicheries sur Venise 
Massimo Cacciari explique qu’il ne supporte plus les "écoeurantes pleurnicheries” sur Venise, les jérémiades que répandent "ces maudits snobs” et un peuple qui aime tant se plaindre. Il rappelle ce qui a été fait ces vingt dernière années : le nouvel Arsenal avec le centre de recherches Thetis ; la reconstruction du théâtre la Fenice - en dépit de toutes les péripéties ; la restauration de Ca' Giustinian, siège de la Biennale d’art. Le problème, c’est que la municipalité n’a plus un sou. Les deux sources historiques qui l’alimentaient se sont taries : la loi spéciale et les casinos. L’Etat a diminué sa subvention et tout l’argent part dans le projet Mose : la plus grande réalisation d’ingénierie hydraulique au monde, censée protéger Venise de la montée des eaux de la lagune. Cinq milliards d’euros y ont déjà été engloutis et il reste encore deux années de travaux. L'autre coffre-fort, c’est le casino. Autrefois les smoking blancs des joueurs de chemin de fer accourraient au Lido, aujourd’hui ce sont les Chinois qui, a Ca'Noghera, sur la terre ferme, se pressent autour des machines à sous. Entre la crise et la concurrence de l’Etat avec les jeux d’argent en ligne, cette manne qui était de 200 millions d’euros par an n’est plus, ces dernières années, que de 145, dont il faut soustraire 100 millions de coûts fixes. Les revenus de la ville se sont écroulés.
La longue hémorragie
Aujourd’hui, Venise doit faire face à deux grands défis : le dépeuplement du centre historique et le destin de la plus grande zone industrielle d’Europe, Marghera. Le compteur numérique de la pharmacie Morelli sur le campo San Bartolomeo, rappelle aux passants la longue hémorragie de Venise qui ne compte plus aujourd’hui que 58 855 résidents. 
Le problème, c’est que les Vénitiens ne veulent plus vivre à Venise, non seulement parce que les appartements dans les étages élevés sont extrêmement chers, et que personne ne veut de ceux qui sont au niveau de l’eau, trop humides, ni de ceux qui sont sous les toits, surchauffés en été. 
Les Vénitiens veulent comme nous tous : avoir leur voiture en bas de chez eux [et non pas dans les immenses parking du Piazzale Roma]. La mairie possède 6 000 appartements, pour la plupart loués aux Vénitiens modestes. C’est la classe moyenne qui fait défaut, les bourgeois qui habitaient entre l’étage noble et les mansardes. 
Les Vénitiens partent vivre sur le continent, à Mestre, la ville la plus laide d’Italie, du moins jusqu’à ces dernières années. On a récemment transformé la piazza Ferretto en espace piéton, planté des bois aux abords de la ville, transformé en parc paysager la décharge de San Giuliano, doté l’agglomération de l’Internet à haut débit et bientôt s’ouvrira le chantier du futur pôle culturel de Mestre, le M9. 
Pierre Cardin, qui en réalité s’appelle Pietro Cardin est né à Sant'Andrea di Barbarana (près de Trévise), voudrait avant de mourir ériger à Marghera, la "Tour Lumière", un bâtiment d‘un milliard et demi d’euros, de 240 mètres de haut et de soixante étages qui abritera l'université de la mode. La mairie ne s’y oppose pas. 
Certes Venise demeure une destination privilégiée pour les voyages de noces, et pour beaucoup la basilique Saint-Marc est le plus bel édifice du monde. Il suffit, pour s’en convaincre, d’admirer la coupole de la Création, la Genèse des analphabètes où Dieu pose la main d’Adam sur la tête du lion pour signifier la primauté de l’homme sur les animaux ; le même lion qui, sur la mosaïque voisine sort de l’arche de Noé et, après des mois d’inertie, étire ses pattes avant de se mettre à courir. 
C’est cela que Venise devrait faire, se remettre dans la course, malgré le poids d’un tâche immense : préserver toute cette beauté et faire renaître une ville autour d’elle.
Aldo Cazzulo
Traduction : Françoise Liffran 

13 avril 2012

COUPS DE COEUR N°43

Gabrielli, Jacchini, Vitali
La Nascita del Violoncello
Les Basses Réunies,
sous la direction de Bruno Cocset
Livre-CD - 136 pages.
Label Agogique - 2011 - AGO001
Découvert il y a seulement quelques jours, ce premier livre-disque d'un nouveau label est une superbe réussite que TramezziniMag recommande à 100% : belle réalisation éditoriale, iconographie somptueuse et une prise de son magnifique pour retracer la naissance du violoncelle."Avant que de connaître sa forme définitive au cours du XVIIIe siècle, ses origines multiples se déclinent à travers les instruments hybrides des siècles antérieurs. Au programme figurent des œuvres rattachées à l’école de Bologne de Domenico Gabrieli, Giuseppe Jacchini et Giovanni Battista Vitali, destinées à mettre en valeur une écurie de sept instruments différents, choisis et accordés en fonction des pièces. La facture robuste et primitive du violoncelle Gasparo da Salo convient à merveille aux passacailles et autres ricercare à l’écriture virtuose. Bruno Cocset varie les registrations et révèle leur polyphonie latente." peut-on lire dans la critique de Jérémie Bigorie parue dans Classica. Basse de violon alla bastarda caractérisée par une tessiture très étendue, cousine des violes, violoncelle "Bel Canto", puissamment lyrique, enjôleur et voluptueux. Pour réaliser ce projet, Bruno Cocset est entouré de musiciens de talent, inaugurant d'une manière triomphale et somptueuse ce nouveau label. Un grand grand disque.
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Dix hivers à Venise
réalisé par Valerio Mieli
avec Isabella Ragonese, Michele Riondino
Sorti en salle en février 2012.
C'est l’histoire de deux jeunes qui, n’arrivant pas à s’aimer tout de suite, doivent apprendre à le faire, tout en essayant de se frayer un chemin dans le monde des adultes... Cela se passe à Venise, personnage du film à part entière comme souvent ; une Venise poétique et silencieuse, quotidienne. Les protagonistes côtoient les habitants, au marché, sur le vaporetto ou dans les bàcari. Réalisme et légèreté”, deux caractéristiques dont le jeune réalisateur a imprégné son film. Dieci Inverni était au départ un projet universitaire pour le diplôme de son auteur au Centro Sperimentale, l'école de cinéma de Rome. Tourné en huit semaines entre la lagune vénitienne et la Russie, il raconte l'histoire de Camilla et Silvestro, deux jeunes personnes à l'aube de leur vie d'adulte, qui font connaissance par hasard sur un vaporetto. Ce sont les premières images du film. Elle est timide, il est effronté, mais quelque chose passe entre eux. Le garçon va la suivre dans les ruelles embrumées... Ainsi débute une aventure qui pendant dix ans les mènera de Venise à Moscou. Les deux héros vont s’aimer de plus en plus fort sans jamais parvenir à se le dire. N'en disons pas davantage. Soulignons simplement l'intérêt du public et de la critique : Prix du Meilleur Réalisateur Émergent au David Di Donatello, Nastro d’argent et une sélection à La Mostra de Venise.
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Venise, Trésor d'îles
Documentaire de Pierre Brouwers
Coll. DVD Guides, EditionsTF1 Vidéo. 2012.
Un film et un guide pour découvrir ou redécouvrir la Sérénissime dans son quotidien, avec ses marchés, ses canaux, ses gondoles et ses vaporetti. Le documentaire permet également de voyager à travers toutes les richesses artistiques culturelles et artistiques que recèle la cité des Doges. Tout y passe, monuments, œuvres d'art, les îles, les souffleurs de verre. Le journaliste Pierre Brouwers, qui est aussi photographe se présente volontiers comme globe-trotter. Il est le créateur de la collection de documentaires Découvrir le monde et Le monde vu du ciel. "Pour moi, Venise est la plus belle ville du monde. A chaque pas, la beauté et la richesse culturelle sautent aux yeux. Filmer le carnaval, avec ses costumes délirants et ses masques sophistiqués, a été un des plus grands moments dans mon métier de cinéaste." Ses films sont diffusés sur les chaînes Voyage et France 5.
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Il Caffé dei Cioppi
159 rue du Faubourg Saint-Antoine
75011 Paris
01 43 461 014
Ouvert du mardi au vendredi.
Une fois n'est pas coutume,TramezziniMag tenait à présenter dans ses coups de cœur un établissement parisien. Ou plutôt une véritable enclave italienne dans Paris. Pour se remettre doucement d'un retour d'Italie ou pour patienter avant d'y retourner, rien de mieux que cette adresse découverte par hasard dans le très authentique quartier du Faubourg Saint-Antoine Lalanne-Desmet. Contrairement à son nom, ce n'est pas un simple café, mais un délicieux petit restaurant à l'ambiance milanaise (là, ce n'est pas péjoratif pour une fois). Quand on fait l'expérience d'un déjeuner gourmand installé à la terrasse de l'établissement inventé et animé par un jeune couple drôlement sympathique, Fabrizio Ferrara (sicilien) et Federica Mancioppi (milanaise). Caché dans le Passage Saint-Bernard, une des nombreuses petites ruelles du quartier, le restaurant, grand comme un mouchoir de poche, ne propose que seize couverts seulement, avec une carte assez réduite parce qu'elle change tous les jours et dont chacune des quatorze lignes met littéralement l'eau à la bouche. Une adresse qu'on voudrait garder pour soi mais quand on voit l'affluence, on se dit que les initiés sont déjà nombreux. L'endroit respire la bonne humeur et la simplicité. Le vrai chic. C'est bon, ce n'est pas cher. Pas une seule faute de goût. Une perle ! Les maîtres de maison qui opèrent devant vous, font ce qu'ils aiment, cela se voit et se retrouve dans les assiettes ! Charcuterie italienne (coppa et jambon délicieux, et le speck sublime), assiette de burrata aux asperges, soupe de courgettes à la menthe, un vitello tonnato qui touche à la perfection, risotto à l'encre de seiche (génial), Penne à la saucisse et aux oignons nouveaux, linguine aux palourdes et des polpette comme chez ma grand-mère... De très bons desserts aussi, dont la spécialité des lieux, la fameuse sbrisolana mantovana (voir la recette ci-dessous), sorte de tarte croquante aux amandes, servie avec une crème au mascarpone légère comme le souvenir d'un premier baiser. La carte des vins présente une bonne sélection (très bon prosecco) peut-être un peu chère par rapport au reste mais au diable le porte-monnaie, manger au Caffé dei Cioppi (pratiquement impossible sans réserver) en vaut bien la peine et ne ruine pas. Comptez 40 € par personne. On peut aussi commander des plats à emporter. Comme c'est à Paris, et que tout y va très vite, n'attendez-pas pour découvrir ce merveilleux petit morceau d'Italie.
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Recette : Sbrisolana mantovana
C'est vraiment délicieux et assez simple à réaliser, un peu comme un crumble. Son nom provient du dialecte mantouan et signifie "brisée". Chacun à sa recette, voici celle de ma famille. Le goût diffère un peu de celle du Caffé dei Cioppi mais c'est un régal aussi. Les ingrédients :
150 gr. de farine de blé, 150 gr. de fioretto (farine de maïs ultra fine), 150 gr. de beurre ramolli, 2 jaunes d’œuf, 150 gr. de cassonade, 150 gr. d'amandes fraîches pelées ou non selon votre goût, le zeste d'un citron, 1 petit verre de Liqueur Strega, 1/2 cuillerée d'extrait de vanille, 1 pincée de sel fin.
Hacher 3/4 des amandes et laisser le reste entier. Pétrir à la main tous les ingrédients jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène mais ne pas chercher à la rendre lisse. Laisser reposer quelques minutes. L'émietter ensuite et en former des morceaux comme pour le crumble, que l'on dispose dans un moule. L'appareil ne doit pas faire plus de 2 centimètres de haut. Égaliser en tassant la pâte légèrement (trop compacte, elle sera trop dure après cuisson). Cuire à four chaud (180°) pendant 45 minutes. Vérifier la cuisson avec la lame d'un couteau. La sbrisolana ne doit pas coller au couteau. Elle est cuite quand elle prend une jolie couleur dorée. Relativement molle au sortir du four, elle va durcir en refroidissant, donnant ce croquant dont mes enfants raffolent. Si on veut le servir entier comme une tarte, ne démouler le gâteau que lorsqu'il est refroidi sinon il se brise. Je le sers tiède (donc souvent brisé) avec une crème légère meringuée (en utilisant les blancs montés en neige) ou mieux - et plus léger - une coupe contenant pour moitié de la compote de pommes et du yaourt turc (bien ferme, peu gras et sans gélatine) qui est un de mes ingrédients fétiches.


10 commentaires:

Anonyme a dit…
C'est toujours un plaisir, Lorenzo, de découvrir vos "coups de cœur" si variés ! Tout est noté dans mon petit carnet "spécial tramezzini".
Bon week-end
Gabriella
Lorenzo a dit…
Merci pour ce petit coup de pouce encourageant. La tâche reste ingrate : l'impression souvent renouvelée d'une bouteille qu'on jette à la mer et dont on ne sait jamais si elle parviendra à quelqu'un...
Maïté a dit…
C'est sûr, je vais faire la recette. Quant à vos billets, pas d'inquiétude, ils sont lus par nombre de personnes même s'il n'y a pas toujours des commentaires (Imaginez une centaine de commentaires par jour, vous seriez bien embarrassé....). Buona giornata, a presto !
(et ce séjour vénitien en mai ?)
Lorenzo a dit…
Effectivement, je n'avais pas vu les choses sous cet angle ! Merci Maïté de ce rappel salutaire ! Bonne dégustation.
Veneziamia a dit…
Vous êtes lu, Lorenzo, et apprécié. Je peux tout à fait comprendre votre sentiment "de bouteille à la mer". Cependant, je rejoins le point de vue de Maïté car trop de commentaires peut aussi tuer le commentaire. Je suis en train de terminer votre livre et vous en reparlerai prochainement ! Bonne fin de semaine à vous et à vos proches. Françoise
Gerard Duchemin a dit…
Trés bonne idée Lorenzo de nous fournir cette adresse du restaurant a Paris , je consulte très souvent soit par l'intermédiaire de Facebook ou de votre site toutes vos nouvelles et croyez bien que personnellement j'apprécie vos efforts. Etre membre représente déjà une marque de confiance. Amitiés. Gerard
Lorenzo a dit…
C'est très gentil à vous. Bon week end à tous.
Anonyme a dit…
Tous les jours 'je prends ' une petite dose de nostalgie et de beauté pour commencer ma journée ... je n'ai laissé que deux commentaires mais soyez sûr que je parcours les ruelles de mon rêve chaque jour et que les lumières de Venise me parviennent grâce à vous !
merci et bonne journée !
Estelle
Maïté a dit…
Quelle belle expression Estelle : "les ruelles de mon rêve" ; ça me laisse rêveuse...Bonne journée !
Lorenzo a dit…
Très belle image effectivement. Merci fidèle Estelle. N'hésitez-pas à vous inscrire !

09 avril 2012

Repas dominical, repas pascal

Notre repas de famille est un moment important, surtout depuis 2005, Annus Horribilis qui vit l'éclatement de la famille, le départ de la "grande maison dans les arbres" comme nous l'appelions, et mille autres catastrophes domestiques très lourdes à vivre. Heureusement la Providence dès les débuts de ce cataclysme nous a toujours réservé de belles éclaircies : la découverte de Venise par Constance, alors seulement âgée de 9 ans, l'arrivée inopinée dans nos vies de Mitsou le roi des chats, et mille petits riens qui nous ont aidé à poursuivre ce chemin. Ne serait l'absence de ma fille aînée, partie dans les neiges du Québec, nos repas dominicaux (une fois par mois seulement hélas), ces moments privilégiés, sont toujours une pause, paisible et joyeuse à la fois. J'essaie à chaque fois de faire en sorte que le repas soit bon et original, que la table soit belle. Lors de notre dernière rencontre au sommet, pour Pâques, l'agneau bien évidemment était à l'honneur.

Polpette de Pâques
Pour changer du gigot pascal, j'ai réalisé cette année un plat de polpette maison, mélange d'agneau et de bœuf haché à la turque, traditions familiales obligent. Servi avec de la polenta en purée (cuite non pas à l'eau pure, mais dans un fonds de champignon) et des petits légumes en fondue, ce fut un vrai régal. La recette est en dessous.

Ingrédients : 800 g d'agneau de lait, 800 g de bœuf, 2 œufs, trois ou quatre petits poireaux nouveaux, deux grosses carottes, deux courgettes, 500 g de champignons frais, 1 gousse d'ail, 1 petit oignon, du cumin, de la coriandre fraîche, du persil, de la menthe fraîche, une pincée de piment de Cayenne, sel et poivre, Worcester sauce, chapelure, huile d'olive.

Dans un fonds de viande, faire cuire des champignons de Paris tranchés, avec ail, sel et poivre. Quand les champignons sont cuits les égoutter et les mettre de côté. Faire chauffer du beurre dans une sauteuse avec une cuillère à soupe d'huile d'olive. Y mettre les légumes coupés en petits morceaux (j'ai utilisé des courgettes, des carottes, des poireaux, puis les champignons). Laisser fondre et caraméliser sans brûler. Ajouter du bouillon pour éviter que le mélange n'accroche. Quand les légumes sont cuits, saler et poivrer modérément. Ajouter un hachis d'ail, coriandre et persil. Laisser au chaud.

Mélanger la viande, l'oignon, l'ail et les herbes finement hachées dans un saladier, ajouter les œufs un à un, la chapelure, mettre quelques gouttes de Worcester sauce, assaisonner. Quand le mélange est terminé, faire de petites boulettes rondes à l'aide d'une cuillère et les déposer sur un plat huilé. Mettre à cuire à four moyen pendant une vingtaine de minutes (ou plus selon les préférences pour la viande rosée ou très cuite).

Pendant la cuisson de la viande, préparer la purée de polenta en mettant 1/3 de lait pour 2/3 du bouillon de viande dans lequel on a cuit les champignons et une gousse d'ail. Quand la polenta se détache des parois de la casserole, ajouter de l'huile d'olive et une noix de beurre. remuer pour éviter que la purée de se dessèche.

Dresser la purée dans un plat, disposer tout autour les polpette et les légumes mélangés. napper du jus de viande déglacé avec un peu de vin blanc et une ou deux cuillerées à soupe de yaourt turc (sans gélatine) ou de crème fraîche. Vérifiez l'assaisonnement et servir aussitôt.

20 mars 2012

Effie, Emma et Rossini à Venise

Euphemia Chalmers Gray-Millais, (1828-1897), plus connue sous le nom d’Effie fut l'épouse de John Ruskin, l'auteur du célèbre "Pierres de Venise". Mariage non consommé qui fut annulé et permit à la jeune femme d'épouser le peintre préraphaélite John Everett Millais, protégé de Ruskin. Ils formèrent un triangle amoureux assez célèbre pour inspirer plusieurs pièces de théâtre et un opéra et... Emma Thompson, la rutilante actrice, qui est la scénariste du film consacré à ce personnage victorien réalisé par Richard Laxton, avec Dakota Fanning, Claudia Cardinale, Robie Coltrane, Greg Wise...
 
..Comme certains Fous de Venise le savent, c'est avec ce film (entre autres) que sera inauguré le nouveau Rossini, ce cinéma en travaux depuis plus de deux ans et qui va rouvrir ses portes. Totalement restructuré, le bâtiment accueillera un supermarché Auchan, une pâtisserie Marchini, un restaurant et plusieurs salles ultra-modernes. De quoi réjouir les amateurs du 7e art puisque Venise était devenue très pauvre en salles obscures. Fermé au début des années 2000, le Rossini, situé sur le rio San Luca, va être superbe, débarrassé de sa façade fifties, il sera doté de trois salles de 350, 150 et 100 places.

 
..Mais revenons au film qui sortira en Grande-Bretagne au début de l'été actuellement en post-production. Les vénitiens se souviennent du tournage qui a été le premier réalisé sous les auspices d'une nouvelle organisation vénitienne née à l'initiative de la Chambre de Commerce, la Venitian Film Opportunity, émanation de Venezia Opportunita présidée par la dynamique Maria Rafaella Caprioglio. Emma Thompson en a donc écrit le scénario et l'essentiel du tournage s'est déroulé à Venise. l'occasion pour Tramezzinimag de revenir sur un de nos sujets favoris, le cinéma et Venise. Depuis les Frères Lumière à la fin du XIXe siècle, de nombreux films ont été tournés sur les bords de la Lagune. Un livre en a d'ailleurs dressé l'inventaire, sous la direction de mon ami Roberto Ellero, responsable du Circuito Cinema. Nous en reparlerons bientôt.

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