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Articles

Affichage des articles du novembre, 2016
"Il ne s'est jamais présenté à mon esprit la plus légère contradiction entre la vie de l'âme et celle des sens" Henry de Montherlant  (Earinus, Troisième Olympique, 1929)

Livia Tivoli, une vénitienne de coeur et une artiste de talent

Livia Tivoli était l'épouse de Guido Cadorin qu'une magnifique exposition, inaugurée il y a quelques jours, célèbre au Palazzo Fortuny. TraMezziniMag reviendra bientôt sur ce couple d'artistes et sur toute leur famille, ascendants et descendants qui occupent une place de choix dans le paysage artistique vénitien de la fin du XIXe à nos jours. Voici, en guise d'amuse-gueules, deux peintures de l'artiste que j'ai toujours beaucoup aimé et qui sont visibles jusqu'en mars prochain au Fortuny.

Un jeune homme à Venise. Notes retrouvées. 1982

Mardi 1er juin 1982  Assis à la terrasse d’un café devant l’église dei Ss. Apostoli, entouré de vénitiens tranquilles, je reçois le merveilleux cadeau que Venise m’offre à chacun de mes retours : le spectacle de la rue, ce brouhaha qui en fait ne perturbe en rien le silence immuable de la ville. Partout ailleurs, le bruit, infect poison de notre époque – et l’odeur – des automobiles anéantit la paix et la sérénité de tous lieux jusqu’aux quartiers que le société moderne cherche à restaurer et protège comme par désespoir. Les plus belles villes du monde de vaudront jamais dans mon cœur le charme et la tendresse de Venise. 
Au risque de paraître ridicule, je chante avec emphase cette amante fidèle et patiente ! Que vouloir d’autre ? Que chercher en plus ? Le reste n’est que perte de temps, fausses illusions, vains combats… 
[…]  Seul dans Venise, j’ai retrouvé ma liberté et le goût d’espérer, le désir de créer ! 
Mercredi 2 juin.  J’ai su dès mon arrivée lundi matin que c’était ici. Nulle par…

Venise, l'oiseau du songe que l'Italie a lâché sur l'Europe (1)

Ces mots d'André Malraux figuraient en exergue des premières pages de Tramezzinimag en 2005. Elles venaient faire le lien entre mon engagement de l'époque en faveur du Non au référendum sur la constitution européenne et mon amour pour Venise qui a toujours représenté le parangon de l'idée que je me fais de ce que devrait être l'Europe. Je les retrouve ce matin dans une note oubliée dans Les Voix du Silence que je n'avais pas ouvert depuis des années. L'idée m'est venue de rassembler les idées et les sentiments de Malraux sur Venise...
L'allegro du concerto pour deux violoncelles d'Antonio Vivaldi magnifiquement interprété par Julian et Jiaxin Lloyd-Webber résonne dans la maison. Il sonne parfaitement bien avec les réflexions que je me fais depuis hier sur les propos de Malraux au sujet de Venise et des arts que la République a savamment mis en scène, avec le sérieux et la précision d'un communiquant moderne - je ne veux pas dire propagandiste - o…

Vacances à Venise (1955)

Après un weekend dévolu aux documentaires avec la découverte de l'extraordinaire Trilogy of Solitude réalisé par Glenn Gould et Journal de Voyage avec André Malraux, qui feront l'objet chacun d'un billet prochainement sur Tramezzinimag), détente avec Summertime de David Lean, film de 1955 qui est un de mes films favoris que j'aime beaucoup revisionner pour me détendre et retrouver l'idée de la Venise qui existait encore lorsque j'étais un tout petit enfant mais que je ne connais que par ce qu'ion m'en a raconté. Si j'y avais vécu alors m'en serai-je souvenu ? 

Vacances à Venise c'est aussi pour moi l'affiche de Venezia Città del Cinema, l'exposition de photographies créée en 1985 par Roberto Ellero, alors  Directeur des Activités cinématographiques à l'Assessorat à la culture, (actuel responsable démissionnaire du Circuito Cinema), dont le catalogue, L'immagine e il mito di Venezia nel cinema (L'image et le mythe de Venise…

Venise chantée par Nietzsche

Friedrich Nietzsche rédige son poème 'Venise" en 1888. Il le recopie dans Ecce homo, en notant cette phrase devenue célèbre : "Quand je cherche un autre mot pour musique, je ne trouve jamais que Venise"(1)Il avait séjourné dans la cité des doges quelques années auparavant. En 1880, puis en 1884 et aussi en 1886. C'est à Venise qu'il écrivit Aurore, sous-titré Réflexions sur les préjugés moraux, avec en exergue cette belle citation du Rig Veda "Il y a tant d'aurores qui n'ont pas encore lui". dont il dicta les aphorismes sous le titre L'Ombra di Venezia, au musicien Frierich Köselitz (que Nietzsche avait rebaptisé Peter Gast). Philippe Sollers souligne, dans son Dictionnaire amoureux, combien les termes musique et silence reviennent souvent lorsque le philosophe parle de ses séjours à Venise, notamment dans ses lettres à l'ami Köselitz-Gast, "...Un seul endroit sur terre, Venise".(2) An der Brücke stand
jüngst ich in brauner…

Comme un musée imaginaire... (1)

Il est des œuvres d'art qui s'imposent à nous un jour et ne quittent plus notre panthéon intérieur. André Malraux qui inventa, ou du moins détaillera le concept du musée imaginaire disait : "Il n'est pas vain de savoir à quel appel profond de notre être répond une œuvre, ni de savoir que ce n'est pas toujours au même..." Dans un musée réel, l’objet d'art qu'on peut y admirer est détaché du contexte dans lequel l'artiste en son temps avait composé sa peinture ou sa sculpture. Il n'y a plus cette liaison fondamentale entre le monde réel et l’œuvre. Et une dimension nous manque donc. L'avantage du musée imaginaire est cette possibilité - démultipliée avec bonheur par les moyens techniques modernes - non seulement de constituer pour soi, au gré de nos trouvailles, de notre cheminement personnel, de nos attirances et de nos besoins, des objets d'art que nous pourrons contempler à loisirs, n'importe quand, n'importe où.

Mais cette jo…

Journal. Eté 2016. Extraits

Mardi 19.  9 heures. Il fait doux dans le jardin des chats, petit lieu secret ou j'aime venir depuis mon retour ici. Chaque jour ou presque, j'y viens passer un moment. Les chats commencent à me connaître et sont moins méfiants. Un jeune félin presque noir s'est installé sur le même banc que moi, sans aucune crainte. Il se lèche avant de commencer sa sieste. Toujours le chant des grillons qui semble vouloir se mesurer à la soufflerie de la climatisation. J'aime cet endroit loin des touristes et de l'animation du monde. Il y a certes des visiteurs mais, ils ne font jamais que passer et rares sont les gens qui s'attardent. Je peux y lire et écrire dans la plus grande tranquillité et même y somnoler. Comme mes amis chats qui eux aussi somnolent. 


Parmi eux, il y a un vieux matou que j'aime beaucoup. Il a dû été particulièrement beau avec son pelage écaille de tortue. Pas assez long pour être un persan, un angora dirions-nous. Il est vieux et malade. Ce matin, bi…

Venise inconnue : Le Punk Museum, un musée unique au monde !

On croit tout connaître de Venise, son histoire, ses monuments, ses légendes, ses habitants et tout ce qui a fait son histoire au cours des siècles. Pourtant, derrière les façades somptueuses ou misérables, derrière la communication parfaitement rodée et orchestrée de l'office du tourisme et les informations proposées dans les guides du monde entier, il existe des lieux inconnus, plus faciles à visiter que le monde parallèle de Corto maltese que Hugo Pratt n'a eut de cesse de vouloir nous faire découvrir mais que peu ont su trouver en réalité. Depuis longtemps, Tramezzinimag voulait vous parler d'un musée unique au monde, un lieu confidentiel et privé mais qui s'ouvre parfois pour notre plus grand plaisir. Un lieu étonnant. Détonant aurai-je envie d'écrire : le Venice Punk Museum. Et en plus, ce musée se paie le luxe d'être le plus grand du monde à ce jour ! 

Mais, pour être totalement honnête, vous ne verrez jamais de file d'attente devant l'entrée de c…