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Articles

Affichage des articles du mars, 2017

Délice de saison à Venise : c'est le temps des moeche

Il est à Venise un délice gastronomique rarissime qui demeure fort heureusement suffisamment rare pour ne pas devenir lieu commun et risquait de disparaître si la presque trentaine de millions de visiteurs en réclamaient lorsqu'ils débarquent à Venise. Il s'agit des moeche.
"Dis Monsieur, c'est quoi les moeche ?" m'a demandé un jour un petit garçon en visite au marché du Rialto. Le petit bonhomme dont j'ai oublié le prénom habillé comme un collégien anglais accompagnait ses parents avec sa grande sœur. J'avais sympathisé avec eux lors d' un des concerts hebdomadaires que donnait à l'époque le propriétaire de l'Albergo Métropole. Ce devait être en 1982 ou 83. Cette famille suisse me demanda de leur montrer Venise différemment. Ce que nous fîmes en commençant par le marché qui était beaucoup plus authentique et florissant qu'aujourd'hui. 
Chers lecteurs, laissez-moi reprendre l'explication que je lui donnais : les moeche (pluriel …

Simples pensées vénitiennes. Journal

Quoi de plus apaisant qu'un brouillard matinal, quand les paysages familiers s'enveloppent de mystère ? L'atmosphère est propice aux rêves comme au farniente. Qui prétend que la grisaille est triste. Tout prend un aspect différent avec la brume épaisse qui se répand tout autour de moi. Le chat qui s'était hasarde sur le balcon a vite recouvré son coussin au-dessus du radiateur. Même les deux pigeons réfugiés sur le rebord de pierre de la fenêtre ne l'ont pas intéressé. Comme lui, je suis bien au chaud, retourné dans mon lit, face à la fenêtre et aux deux pigeons. La lumière est elle, diaphane et à bien regarder, elle n'est p grise mais blanche avec des nuances de rose très pâle et de bleu tout aussi clair. Les branches dénudées des tilleuls ressemblent aux branches des cerisiers en hiver qu'on voit dans les peintures japonaises. Au fond, qui ferment le décor, les façades des maisons voisines, avec leurs grandes fenêtres pareilles à de grands damiers noirs e…

San Francesco della Vigna

(Billet initialement  paru le 14 mars 2012 sur Tramezzinimag I) :

« Mercredi matin, à San Francesco della Vigna. J’aime, à Venise, ces quartiers éloignés peu fréquentés par les touristes et où l’on comprend mieux – si tant est qu’il y a quelque à comprendre -, où l’on saisit mieux, devrais-je dire, la vie de la ville. Il y a, dans l’église, dans une petite salle sur la gauche, où l’on descend par quelques marches, une magnifique sacra conversazione de Giovanni Bellini : la Madone avec l’enfant, entourée des saints Sébastien, Jérôme, Jean-Baptiste et François d’Assise. Le paysage du fond, comme toujours chez Bellini, est d’un calme absolu, virgilien. Un cavalier sur le chemin, trois personnages descendant une colline et une ville avec sa tour. Aussi un assez beau Véronèse du début. Façade de Palladio, architecture qui me satisfait entièrement l’esprit. » Bernard Delvaille,
Journal, tome 3, page 360

Saint Patrick, paresse, gourmandises, souvenirs, fin d'hiver et autres considérations (2)

J'ai décrit à plusieurs reprises sans le premier Tramezzinimag ce temps du collège à Bushey, près de Watford, dans une institution typiquement britannique où je fus longtemps perdu avant que de trouver le biais qui me permit de quitter le brouillard moral dans lequel ce séjour inattendu m'avait tout d'abord projeté. Mon adolescence a vécu dans ces lieux assez impressionnant pour un enfant de quatorze ans toutes les saisons. Un hiver glacial, puis un bien joli printemps, un été rayonnant et joyeux puis un automne plein de poésie tout empreint de mélancolie. Tout cela au figuré bien entendu. 

Surnommé Froggie par les garçons de ma maison, j'étais le seul français de toute l'école, pas une gloire dans les activités sportives sauf à la course, aux barres parallèles et au cheval d'arçon, disciplines que j'adorais. Il me fallut jouer au rugby, découvrir les règles du cricket, cirer les chaussures des préfets, leur préparer thé et toasts après les cours et apprendr…

Saint Patrick, paresse, gourmandises, souvenirs, fin d'hiver et autres considérations (1)

Je ne sais pas ce que les gens ressentent quand le calendrier arrive à la presque fin de l'hiver. Sortir affronter la pluie et le vent, voir la nuit tomber quand la bouilloire siffle et devoir se lever avant que le coq ne se décide à chanter, tout cela a duré pendant des semaines mais bientôt ne sera plus qu'un vague souvenir. Habitué (résigné ?), notre corps fonctionne encore au ralenti et l'âme flotte dans une sorte d'entre-deux propice à l'introspection et à la mélancolie ; aux goûters plantureux- abondance de tartines beurrées et de crêpes, de confiture et de miel. Scones et biscuits à profusion, longues siestes près du feu, nécessaires contre-poids aux frimas et aux ciels bas.
On peut, quand l'hiver rugit sous les portes et fait claquer les volets, se pelotonner dans sa mauvaise humeur, se remplir de regrets devant l'été perdu et attendre, espérant vaguement qu'une lune favorable ramène pour quelques heures soleil et ciel bleu... Pourtant, se laiss…

Simples pensées vénitiennes

"Le principal, c'est que je veux devenir solitaire, inflexible et tendre" Jean-René Huguenin (Journal) Quoi de plus apaisant qu'un brouillard matinal, quand les paysages familiers s'enveloppent de mystère ? L'atmosphère est propice aux rêves comme au farniente. Qui prétend que la grisaille est triste. Tout prend un aspect différent avec la brume épaisse qui se répand tout autour de moi. Le chat qui s'était hasarde sur le balcon a vite recouvré son coussin au-dessus du radiateur. Même les deux pigeons réfugiés sur le rebord de pierre de la fenêtre ne l'ont pas intéressé. Comme lui, je suis bien au chaud, retourné dans mon lit, face à la fenêtre et aux deux pigeons. La lumière est diaphane et à bien regarder, elle n'est pas grise mais blanche avec des nuances de rose très pâle et de bleu tout aussi clair. Les branches dénudées des tilleuls ressemblent aux branches des cerisiers en hiver qu'on voit dans les peintures japonaises. Je pense à un haïku…

Les vénitiens et le racisme ordinaire

Au risque de passer une fois encore pour un réactionnaire, (au sens négatif qu'emploient les bien-pensants - quand j'y vois une qualité et un état d'esprit progressiste), les récents évènements montés en épingle presque continuellement par les médias internationaux et la tension qui se fait jour dès qu'on évoque la empêtrés dans la règne violence et lapauvreté, en servant d'enjeux politiques et de matière aux journalistes pour faire vendre leurs feuilles de choutrop souvent indigestes et cela n'est bon pour personne.

Lieux communs, pensée unique et raccourcis.
Une fois encore, on nous impose une façon juste de penser, un mode de réflexion qui s'il ne nous convient pas et que nous refusons d'y souscrire, fait de nous des ennemis du bien commun, de gros méchants nantis égoïstes. A entendre les grands-prêtres de la bien-pensance, nous autres qui nous entêtons à vouloir penser par nous-même et qui savons bien, par instinct, par expérience ou par simple bon se…