15 avril 2006

Notizie di Venezia : la décrépitude u pont del Vin, à San Marco

Le Gazzettino de ce matin rappelait au bon souvenir de l’administration l’état d’un des ponts emblématiques du quartier San Marco. Il y a un peu plus d’un an que les gondoliers de l’embarcadère voisin de San Zaccaria signalaient à l’administration l’état pitoyable du ponte del vin, situé sur la rive des esclavons, au pied du palais Dandolo, l’actuel Hotel Danieli, à deux pas de Saint Marc.
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Quelque chose a bien été fait pour protéger les splendides chapiteaux endommagées. Un filet tenu par une sorte d’échafaudage prévient la chute des pierres dans l’eau. Aujourd’hui le pont se pressente aux touristes tout de crêpe vêtu, en deuil de sa splendeur. Mais à part cela, rien. La toile peu à peu se désagrège augmentant l’impression de misère du monument... Passage obligé pour qui débarque à Venise entre les jardins de la Biennale et Saint Marc. Et les passagers des navires venus du Tronchetto ou de Punta Sabbioni ne peuvent pas ne pas voir cette triste verrue. Il s’agit pourtant d’un lieu inévitable par où tout le monde passe et qui ne peut être caché aux visiteurs. Gageons que cet article fera bouger les services concernés ! 

A propos du ponte del Vin, je cherche depuis des années une photographie de ce pont avec des marchands de bonbons et d'eau parfumée, qui au début du siècle arpentaient les Esclavons pour vendre leur marchandise aux visiteurs et aux passants. C'est un magnifique cliché qui a aussi été éditée en carte postale, aux alentours de 1880. Si un de mes lecteurs sait où trouver un exemplaire, qu'il me le fasse savoir.

Voici pour nos lecteurs italiens et les italianisants l’intégralité de l’article :
“Anche un ponte è, per la città, un biglietto da visita importante. Purtroppo non è il caso della situazione che si può constatare al Ponte del Vin, ai piedi di Palazzo Dandolo - vicino all'Hotel Danieli - ovvero a pochi passi dall'area marciana.
E' passato un anno da quando i gondolieri dello stazio, adiacente alla fermata del vaporetto di San Zaccaria, hanno detto all'amministrazione che è necessario intervenire. Qualcosa è stato fatto nel senso che "il ponte è stato fasciato" per evitare che i preziosi capitelli si staccassero e precipitassero in acqua, come è accaduto invece l'anno passato al ponte degli Scalzi.
Qualche anno fa Franco Mazzon, gondoliere, insieme a un suo collega, ha consegnato a una vigilessa una colonnina che si era staccata proprio dal Ponte del Vin ma da allora poco è stato fatto. I mesi passano e a oggi il ponte si presenta con crepe, evidentissime, che lentamente si sgretolano e aumentano a dismisura.
La città si presenta agli occhi dei "foresti" con un ponte che in realtà è un passaggio obbligato per chi sbarca dai lancioni negli approdi dislocati in Riva degli Schiavoni, arrivando dal Tronchetto e da Punta Sabbioni e, vuole raggiungere, in una splendida passeggiata, Piazza San Marco.”
[Traduction de la rédaction : "Un pont, c'est une importante carte de visite pour une ville Malheureusement, ce n'est pas le cas du ponte del Vino qitué au pied du Palazzo Dandolo, tout  près de l'Hôtel Danieli, à quelques pas de San Marco.
Voilà près d'un an que les gondoliers de la station de San Zaccaria, ont informé l'administration de la situation du monument. Jusqu'ici la seule intervention a consisté à envelopper le pont a été enveloppé par un échafaudage pour empêcher les précieux chapiteaux qui le soutiennent de tomber dans l'eau, comme cela s'est passé l'an dernier pour le pont des Scalzi.
Il y a quelques années, le gondolier Franco Mazzon avait remis à un policier avec un de ses   collègues,  une colonneune colonne qui s'était détachée du pont. Depuis, rien n'a été fait. Des mois sont passés. Aujourd'hui, le pont présente d'importantes fissures,  Les pierres s'effritent de façon spectaculaire.
Avec ce pont, passage obligé sur le parcours san Marco -Riva degli Schiavoni, la ville offre aux visiteurs débarquant des bateaux en provenance u Tronchetto et de Punta Sabbioni, un bien piètre acuueil sur la Piazza San Marco".
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04 avril 2006

Le promeneur de Venise Par Mazarine Pingeot, Ida Barbarigo, le 22 décembre 2004.

Au-delà des opinions politiques, des mœurs et des philosophies, l'amour que d'autres portent à Venise, attire la sympathie. François Mitterrand aimait beaucoup la Sérénissime. Il y a passé son avant-dernier Noêl au Palais Balbi-Valier, la demeure de Zoran Music et d'Ida Barbarigo. J'ai découvert ce texte par hasard, envoyé par un ami magistrat italien. Il m'a beaucoup ému. François Mitterrand aimait l'Italie. Il avait bien compris Venise et s'y plaisait. Sa fille, Mazarine Pingeot était avec lui lors de ce dernier séjour. Elle a recueilli le témoignage d'Ida Barbarigo. Voici l'intégralité de ce texte : 

«Ida Barbarigo et Zoran Music sont les plus chers amis vénitiens de François Mitterrand. "Vénitien" n’est pas là un adjectif restrictif, mais qualitatif. François Mitterrand les voyait ailleurs, cela s’entend, à Paris ou à la campagne, mais ils portaient en eux où qu’ils soient, les couleurs, les parfums, l’âme de Venise. Les villes souvent se livrent grâce aux êtres qui les habitent. Et Ida comme Zoran incarnent mieux que quiconque l’esprit, la lumière, l’histoire de Venise. Il faut dire qu’ils sont peintres tous deux, qu’Ida vient d’une grande famille vénitienne, et que son appartement à Venise est un résumé de la ville, de son passé, de sa gloire et de sa mélancolie. C’est donc auprès d’elle que j’ai recueilli tout naturellement le témoignage de la relation intime que François Mitterrand entretenait avec Venise. Le Président François Mitterrand venait souvent à Venise. Il était heureux dès son arrivée, il souriait, tournait le regard autour de lui, à chaque fois surpris et enchanté par l’atmosphère souvent brumeuse et humide de la ville. L’air marin, le silence, le lent écoulement de l’eau dans les canaux ; au lieu de remparts, cette Venise offrait une imposante enfilade de palais bâtis directement sur l’eau. Il connaissait tout, désormais. Il pouvait faire part de son expérience des ruelles, ponts, places, monuments, musées et églises aux personnages que parfois, à cause de sa fonction, il était tenu de rencontrer. Et il en était assez fier. Mais ce qu’il aimait c’était passer des heures dans l’atelier, après avoir marché et visité ses lieux préférés - il prenait ses livres puis, assis sur son fauteuil près des fenêtres qui donnent sur le canal, il se renfermait dans son être. Le matin de bonne heure, il aimait faire une énergique promenade jusqu’à la pointe de la Salute, le long de la "fondamenta" qui longe le canal de la Giudecca. Il s’entretenait volontiers avec les personnes qui le reconnaissaient. D’ailleurs il y avait quelque chose en lui, dans son aspect (il avait un art d’arriver avec douceur et silence, comme une apparition) qui ne pouvait pas manquer d’être remarqué. Tous le regardaient, comme étonnés. Si par chance, parmi les passants il se trouvait des Français, il était au comble de la joie.» C’est avec une grâce et une gentillesse spéciale qu’il se laissait aborder, qu’il prêtait attention à leurs dires. Lorsqu’il s’agissait de petits groupes de jeunes Français, alors il entretenait des longues conversations, et il était parfaitement comblé. Car le Président Mitterrand à Venise devenait encore plus Français que lorsqu’il était à Paris. Loin d’être le "Vénitien" - il était et restait l’image, le condensé de la France. Il était clair qu’il aimait Venise car il en percevait toute la longue histoire, la force d’un État resté intouchable, libre, pendant un millénaire. Puis Venise s’était effondrée. Napoléon aida sa chute, et sa partielle destruction. Dans les églises il y a les monuments, les sépulcres, les statues des condottieri, des Doges. Venise laisse ainsi lire son histoire dans les tableaux, les architectures, les décors qui sont encore partout dans la ville. C’est cette lecture qu’il appréciait si fort. L’histoire des vicissitudes humaines, dans chaque petite parcelle de Venise. Il aimait à entrer dans les nefs solennelles des cathédrales. Il percevait l’enchantement des proportions parfaites des architectures, dans ces énormes espaces où règne l’harmonie, figurations de l’univers inconnu, et il y trouvait la paix, la dignité que la grande beauté peut inspirer.»

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Commentaires : 
 
     Anonyme a dit… 
Merci, Laurent. 
     28 mai, 2006 

     Cyane a dit… 
Et bien je vais découvrir Venise à la fin de ce mois et j'ai hâte ... j'espère y faire de belles découvertes dans l'univers "gravure" qui est le mien ici à Paris ... qui sait ... la logique du Labyrinthe semblant s'appliquer à la ville tous les hasards semblent possibles ! 
     09 novembre, 2006
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