22 février 2007

Une recette expresse pour pallier les imprévus

Je ne sais pas vous, mais nous ici, lorsqu'un visiteur imprévu sonne à la porte à peu près à l'heure du dîner, il nous est difficile de l'accueillir sans lui proposer de rester dîner. Comme notre vie à Venise est en général sous le signe du farniente et que nous réduisons notre vie mondaine à un niveau genre en-dessous de zero, j'ai pris l'habitude de remplir mes placards d'ingrédients-secours qui me permettent d 'improviser un repas chic pour six, huit ou quinze. C'est vrai que la plupart du temps la cuisine de la Toletta se remplit du doux parfum des spaghettis à l'ail ou au sugo al tonno, mais la pasta à chaque repas ça peut finir par lasser. Il y a tellement de trucs comme dirait ma fille Constance qui peuvent rendre un repas improvisé digne de Lucullus.
Par exemple la pizza speedo... Je sais certains vont pousser des hauts cris connaissant mon adhésion totale (viscérale et sans concession) au mouvement Slow Food et ma sympathie pour l'Accademia Italiana della Cucina dont j'ai eu l'honneur et la joie de faire partie (mais je ne suis plus à jour de mes cotisations, je me contente dorénavant d'en porter l'élégante et très britannique cravate parfois !). C'est vrai que faire une vraie pizza n'est en rien sorcier mais quand il faut réagir au dernier moment devant l'arrivée d'amis français de passage à Venise débarquant à la maison avec grand-mère et enfants, harassés et affamés, cette recette fait mouche et tout le monde l'apprécie.
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Pour cela il vous faut des pains pitta que vous couperez en deux (on en trouve à Venise dans les super-marchés comme Billa et en France un peu partout aussi). Sur chaque tranche ainsi obtenue, étalez de la sauce tomate (pizzaïolo ou napolitaine), des olives dénoyautées (ou de la crème d'olive par petits tas), des anchois ou à défaut des petits tas de crème d'anchois, des morceaux d'artichauts, d'aubergines et de poivrons marinés (à l'huile d'olive bien entendu et pas ces ersatz à l'huile de tournesol), de la mozzarella râpée ou coupée en fines lanières et enfin des herbes séchées : origan, basilic, thym à votre convenance. Vous nappez le tout d'un filet d'huile d'olive et vous mettez au four une dizaine de minutes. Servies avec une salade verte et, si c'est la saison, avec des tranches de tomates bien mûres, vous ferez à coup sûr des heureux ! On peut faire cette recette avec des morceaux de pancetta, de provolone et de gorgonzola, des aubergines grillées, des champignons, un œuf...

J'ai toujours comme cela des produits de secours qui me permettent d'improviser des festins sans sortir toute la batterie de cuisine grâce aux bonnes inventions de ces cuisinières en vogue dont les livres apparaissent depuis quelques années sur les rayons des librairies (La cuisine de Sam qui est la bible culinaire de ma plus jeune fille et le bouquin rigolo de Julie Andrieu)... Les enfants qui m'aident le plus souvent, sont ravis de ces trésors qu'ils contribuent à faire naître. Et puis, nous inventons au gré de notre fantaisie et de ce que nous avons dans les placards. C'est plus rigolo. Nos favoris : les galettes irlandaises de Sam (vous savez le petit anglais qui lutte contre le fast food et la mal-bouffe des adolescents de la perfide Albion), les blinis rapides, le crumble de légumes, les rillettes de thon, les épaules de lapin aux oignons, le risotto aux quatre fromages, le traditionnel mais revisité risi bisi, etc, etc... Nous sommes une famille indécrottablement Slowfood même si nous avons baptisé la pizza de dernière minute pizza Speedo !

15 février 2007

Gourmandise : les fritoe comme à San Girolamo

En ce temps de carnaval, si nous goûtions à ces beignets typiques que l'on sert à Venise depuis la nuit des temps. Chacun à sa recette. En voici deux.  

La première se retrouve avec quelques variantes dans tous les livres de recettes vénitiennes. La seconde est celle que j'utilise, et qui me vient de ma grand-mère. C'est paraît-il la seule véritable. Ce serait celle de Zamaria, le célèbre fritolin dont on voit l'enseigne sur un tableau de Canaletto "qui lavora Zamaria" avec le môt "bigné"... Les fritelle qu'on déguste du côté de San Girolamo, à San Alvise ou à San Giobbe ont exactement ce goût-là. Essayez-les, c'est absolument délicieux. A consommer sans modération, accompagnées d'un Prosecco Valdobbiadene brut de Silviano Follador à petites bulles raffinées. C'est selon moi le meilleur vin de prosecco qui puisse se trouver actuellement sur le marché. L'azienda Follador produit des vins de belle qualité à des prix très abordables.. ....... ....
FRITELLE VENEZIANE
Ingrédients :
500 gr de farine blanche,
40 gr. de levure de bière,
2 œufs,
2 verres de lait,
100 gr. de raisins de Corinthe,
100 gr. de pignons, 50 gr. de cédrat, le zeste d'un citron, 1 cuillère à café d'anis moulu, vanille, sel, eau tiède, grappa, huile ou saindoux, sucre glace ou sucre semoule,
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Mettre dans un bol la levure et deux cuillères à soupe de farine délayées dans un peu d'eau tiède. Couvrir avec un linge et laisser gonfler près d'une source de chaleur. Faire tremper les raisins et le cédrat dans un peu de grappa. Dans une terrine assez grande, mélanger la farine, le sel, le sucre vanillé, les œufs, le lait, les raisins, le zeste, le cédrat, les pignons. Ajouter le levain gonflé. Remuer le tout énergiquement pour bien mélanger. On peut éventuellement ajouter un peu d'eau si la pâte semble trop dense. Couvrir la pâte obtenue, remettre près d'une source de chaleur et laisser monter au moins deux heures (certains prescrivent 5 heures de levée !). Faire chauffer à vif l'huile ou le saindoux et y jeter des morceaux de pâte de la taille d'une cuillerée à soupe. Laisser dorer. Égoutter les fritelle sur un papier absorbant. Saupoudrer de sucre glace ou de sucre semoule avant de les servir, disposées en pyramide. Déguster chaud. ....
BEIGNETS DI ZAMARIA
Préparer une pâte genre pâte à pain la veille avec levure, farine et un mélange lait, eau et grappa, sucre et sel. Quand elle est bien levée (le lendemain) , ajouter une poignée de pignons et une autre de raisins, des morceaux d'écorce d'orange et de citron, de l'anis moulu. Mouiller avec un verre de grappa et pétrir à nouveau. Laisser reposer pendant que l'huile chauffe. Y jeter la pâte en morceaux du volume d'une cuillère à soupe. Saupoudrer de sucre.

3 commentaires:

Nadine a dit…
hum ça a l'air bon je vais en faire ce week end.Je cherche la recette des baicoli ces biscuits secs qu'on trempe dans du champagne. Merci lorenzo pour ton blog qui me fait voyager !
guillaume a dit…
ciao lorenzo, ma sei a venezia in questi giorni? io sono "partante" per uno sprizzeto insieme! fammi sapere...buon fine carnevale intanto!
Rhea a dit…
You write very well.
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