15 février 2007

Gourmandise : les fritoe comme à San Girolamo

En ce temps de carnaval, si nous goûtions à ces beignets typiques que l'on sert à Venise depuis la nuit des temps. Chacun à sa recette. En voici deux.  

La première se retrouve avec quelques variantes dans tous les livres de recettes vénitiennes. La seconde est celle que j'utilise, et qui me vient de ma grand-mère. C'est paraît-il la seule véritable. Ce serait celle de Zamaria, le célèbre fritolin dont on voit l'enseigne sur un tableau de Canaletto "qui lavora Zamaria" avec le môt "bigné"... Les fritelle qu'on déguste du côté de San Girolamo, à San Alvise ou à San Giobbe ont exactement ce goût-là. Essayez-les, c'est absolument délicieux. A consommer sans modération, accompagnées d'un Prosecco Valdobbiadene brut de Silviano Follador à petites bulles raffinées. C'est selon moi le meilleur vin de prosecco qui puisse se trouver actuellement sur le marché. L'azienda Follador produit des vins de belle qualité à des prix très abordables.. ....... ....
FRITELLE VENEZIANE
Ingrédients :
500 gr de farine blanche,
40 gr. de levure de bière,
2 œufs,
2 verres de lait,
100 gr. de raisins de Corinthe,
100 gr. de pignons, 50 gr. de cédrat, le zeste d'un citron, 1 cuillère à café d'anis moulu, vanille, sel, eau tiède, grappa, huile ou saindoux, sucre glace ou sucre semoule,
...........
Mettre dans un bol la levure et deux cuillères à soupe de farine délayées dans un peu d'eau tiède. Couvrir avec un linge et laisser gonfler près d'une source de chaleur. Faire tremper les raisins et le cédrat dans un peu de grappa. Dans une terrine assez grande, mélanger la farine, le sel, le sucre vanillé, les œufs, le lait, les raisins, le zeste, le cédrat, les pignons. Ajouter le levain gonflé. Remuer le tout énergiquement pour bien mélanger. On peut éventuellement ajouter un peu d'eau si la pâte semble trop dense. Couvrir la pâte obtenue, remettre près d'une source de chaleur et laisser monter au moins deux heures (certains prescrivent 5 heures de levée !). Faire chauffer à vif l'huile ou le saindoux et y jeter des morceaux de pâte de la taille d'une cuillerée à soupe. Laisser dorer. Égoutter les fritelle sur un papier absorbant. Saupoudrer de sucre glace ou de sucre semoule avant de les servir, disposées en pyramide. Déguster chaud. ....
BEIGNETS DI ZAMARIA
Préparer une pâte genre pâte à pain la veille avec levure, farine et un mélange lait, eau et grappa, sucre et sel. Quand elle est bien levée (le lendemain) , ajouter une poignée de pignons et une autre de raisins, des morceaux d'écorce d'orange et de citron, de l'anis moulu. Mouiller avec un verre de grappa et pétrir à nouveau. Laisser reposer pendant que l'huile chauffe. Y jeter la pâte en morceaux du volume d'une cuillère à soupe. Saupoudrer de sucre.

3 commentaires:

Nadine a dit…
hum ça a l'air bon je vais en faire ce week end.Je cherche la recette des baicoli ces biscuits secs qu'on trempe dans du champagne. Merci lorenzo pour ton blog qui me fait voyager !
guillaume a dit…
ciao lorenzo, ma sei a venezia in questi giorni? io sono "partante" per uno sprizzeto insieme! fammi sapere...buon fine carnevale intanto!
Rhea a dit…
You write very well.

Un gatto travestito !

Lors d'un des premiers carnavals, je me souviens d'une anecdote qui avait fait rire tous ceux qui en furent les témoins. La scène se passe sur le pont de l'Accademia. Il faisait terriblement froid et le brouillard très dense ne s'était pas levé de la journée. Les débuts du Carnaval s'avéraient bien moroses. Quelques masques, des costumes très clairsemés aux alentours de San Marco mais ailleurs, le calme plat. Un groupe de jeunes vénitiens se dirigeait vers les Zattere, des touristes passaient. Nous venions de croiser une toute jeune fille déguisée en Mickey Mouse (...), "Topolino" en italien, puis deux travestis devenus deux marquises felliniennes en rose barbie et jaune fluo à vous donner mal au foie.



Soudain, une vieille dame arriva en haut du pont tenant en laisse un petit chien, une espèce de roquet minuscule et vraiment très laid. Il portait autour du cou une sorte de fraise en tissu soyeux. L'animal avait froid et semblait assez mécontent de cet encombrant ornement qui remplaçait son habituel collier. Un des garçons qui avançait dans l'autre direction s'écria joyeusement : "varda, un gatto travestito ! " (regardez, un chat déguisé !)... Et tout le monde éclata de rire. Un rire qui résonna sur le pont et aux alentours pendant quelques minutes. La vieille dame vexée hâta le pas, les deux travestis qui avaient d'abord cru qu'on parlait d'eux ricanaient avec les autres et Topolino, effrayé par le bruit partit en courant, semblant confirmer ainsi l'allégation du jeune homme spirituel. 

Cette photo reçue ce matin (datée du 11 février) m'a remis en mémoire cette petite histoire que je revois encore parfaitement. Il faisait un froid de gueux ! Maurice Béjart et sa compagnie dansaient au son du Boléro de Ravel sur la Piazza, le campo San Polo accueillait un extraordinaire bal macabre et I solisti Veneti jouaient emperruqués et poudrés à la Fenice.

Carnaval 2007 : Les réjouissances continuent


Le Doge et la dogaresse étaient là, parmi le peuple rassemblé sur la Piazza San Marco, pour accueillir les masques les plus originaux et le cortège traditionnel des Maries, conduites par le Maestro Bruno Tosi. La pluie avait bien voulu cesser. On notait moins de costumes que les autres années. Moins de monde aussi semblait-il. Mais la fête n'est pas finie, il y en a encore pour une semaine. jusqu'à mardi gras. Le temps de gonfler les effectifs au fur et à mesure des attractions nouvelles.

Je reçois de nombreux clichés. Tous ne pourront pas être publiés. Merci en tout cas à ceux qui ont pensé à Tramezzinimag. Je ne suis pas particulièrement attiré par cette manifestation, vaste défoulement collectif, où aux somptueux et très originaux costumes de certains, très élaborés, véritables pièces d'art, se mêle de plus en plus des déguisements ridicules, grotesques qui tiennent davantage du travestissement obscène que de l'esthétique traditionnelle des fêtes vénitiennes. Vieille polémique en vérité. Michey, Pierrot et les travelos font ils partie du paysage carnavalesque vénitien où doit on les laisser à Munich ou à Rio ? Les reconstitutions historiques mises en place depuis quelques années ne sont-elles pas des défilés à la Walt Disney pour touristes gogo en quête de dépaysement ? Et si les travestis, les costumes sans attache avec l'histoire de la Sérénissime étaient le dernier rempart contre la commercialisation et la Lasvegasition de Venise ? 
L'essentiel est de s'amuser. De se bien amuser. Et tant pis q'il y a du grotesque, du vulgaire et de l'obscène. Derrière les masques, laissons les foules de laisser un peu aller. Contre la grisaille et la tristesse des jours ordinaires...
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