19 octobre 2008

La Parmigiana di melanzane

Alors cette fameuse parmigiana. Il y a autant de recettes que de maitres-queue en Italie. Juste pour l'information, les italiens du sud, notamment ceux de Sicile, prétendent que la vraie recette ne comportait pas de parmesan, mais du cacciacavallo (délicieux fromage au demeurant), d'autres n'y mettent que de la mozzarella. certains en font uniquement un antipasti, d'autres un plat de résistance en développant le côté gratin. à vous de choisir. Il y en a même qui utilisent des tranchez d'aubergines préalablement grillées. Dernière chose : à Venise, on ne met pas d'ail. Trop rustique pour les palais vénitiens. Mais personnellement, faire la cuisine sans ail me perturbe ! 

Pour réaliser ce plat, il vous faudra 1 ou 2 belles aubergines, 1 gros oignon, 1 belle tomate cœur de bœuf mûre à point, du parmesan frais, un flacon de passata di pomodoro (celle que je préfère depuis que nous n'en faisons plus nous-même est celle de la marque Giaguaro), de l'huile d'olive, du basilic frais, de la coriandre, de l'ail, du sel et du poivre, de la mozzarella fraîche (de la vraie faite avec du lait de bufflesse bien entendu). 

Faire chauffer l'huile dans une sauteuse. J'en mets une assez large quantité car les aubergines absorbent vite la matière graisse. Y jeter les oignons hachés finement. Quand ils deviennent transparents, ajouter les aubergines coupés en tranches les plus fines possibles et non pelées, puis ajouter de l'ail haché et du sel (je mets du gros sel par habitude). Couvrir et laisser cuire à feu doux en remuant de temps à autre pour éviter que les aubergines n'attachent. Si besoin est, ne pas hésiter à ajouter de l'huile. Les légumes ne doivent pas brunir mais s'imbiber peu à peu de d'huile et du parfum des oignons et de l'ail. 

Quand l'appareil vous semble suffisamment cuit, ajouter les tomates en tranches fines et la passata di pomodoro. Bien mélanger et laisser réduire. Ma grand-mère ajoutait un morceau de sucre pour lutter contre l'acidité des tomates. Quand le mélange est onctueux comme crémeux, ajouter poivre et coriandre, le basilic et le parmesan. Si vous servez cette préparation avec des pâtes (je prends des penne rigate) qui auront cuit pendant la préparation de la parmigiana avec seulement un cube de bouillon aux herbes et un gros morceau d'ail, il faut mélanger la sauce obtenue avec les pâtes et ajouter au dernier moment la mozzarella en tranche. Il peut être nécessaire de rajouter un filet d'huile d'olive. 

Si la parmigiana est un plat unique ou destiné à accompagner une viande ou une volaille (c'est délicieux avec une écrasée de pommes de terre ou de la polenta en purée), mettre une partie de la préparation dans un plat allant au four, puis une couche de mozzarella, puis encore du parmesan (n'hésitez-pas, plus il y en a meilleur c'est), puis encore des légumes et finir par le reste de mozzarella et du parmesan, un filet d'huile d'olive et mettre au four jusqu'à ce que le dessus soit gratiné. Servir tout de suite. C'est délicieusement délicieux ! 

Photo empruntée à Bolli's Kitchen que je remercie. 


2 commentaires:

Lena a dit…
Exactement ce qu'on souhaite en ce moment, un plat délicieusement fondant, riche et parfumé...et une recette authentique! Je dis oui, trois fois oui!
Elsa a dit…
Demain j'achète des aubergines.

01 octobre 2008

L'art décoratif à Venise

L'art à Venise aujourd'hui est le plus souvent dans l'esprit des gens lié à son passé. Sans parler des trésors que contiennent ses musées, ses palais et ses églises, il y a partout, chez les quelques antiquaires qui restent, dans les galeries ou les boutiques, des objets d'autrefois ou inspirés par le passé, cette période où la Sérénissime rayonnait dans le monde par la magnificence de ses tissus, de ses décors, de sa production typographique manutienne qui fait aujourd'hui les délices des bibliophiles avertis. Mais l'art décoratif, comme la peinture ou la sculpture ne sont pas figés dans l'hier de la cité des doges. Il existe de nombreux artistes qui créent des choses nouvelles, souvent hasardeuses, parfois de très bon niveau. je pense aux tissus de Norelène dont je vous ai déjà parlé, des peintures et des gravures de certains artistes. Il faudrait tout un article pour les mentionner en en dressant la liste. Mais je voudrais insister sur les artisans qui perpétuent ou renouent la tradition décorative de la Sérénissime. J'ai une prédilection pour les tissus, de velours ou de soie, le plus souvent brodés et très colorés qui servaient autrefois à vêtir hommes et femmes et à orner les riches intérieurs. Symboles d'un art de vivre aujourd'hui disparu, ils incarnent un sens du beau, de l'esthétique qui rend vite un intérieur quelconque, chaleureux et vivant. Aux tissus, s'ajoutent les verreries (toujours fabriquées selon les méthodes d'antan mais rarement aussi fines et délicates qu'au XVIIIe siècle) et l'art du stuc et du staff, celui de la dorure, le goût des patines et de la couleur. En ce début d'automne, rien de plus agréable que de se plonger dans les revues de décoration où les velours de Mariano Fortuny, les brocarts et les cristaux de Venise gardent une place prépondérante dans les styles retravaillés par les professionnels. Au delà des modes, l'art décoratif vénitien demeure un symbole de confort et de chaleur. Rien à voir avec le show-room de Philippe Starck à Moscou, comble du mauvais goût et de l'art nouveau riche pour maffieux incultes ! 

Il existe un livre, plus très récent mais réédité en 2005, qui donne une assez bonne idée du goût des vénitiens, écrit par Doretta Davanzo Poli, la grande spécialiste du tissu ancien en Italie, avec de très belles photographies de Mark E. Smith, américain vivant à Venise depuis de nombreuses années : "L'art décoratif à Venise : Luxe et volupté" (Édition Place des Victoires). 

Je citerai aussi l'excellent "Demeures discrètes de Venise" de Elisabeth Vedrenne, avec des photographies de André Martin , (paru chez Albin Michel en 1990). Il y en a d'autres, très agréables à feuilleter mais aussi vraiment remplis d'informations passionnantes pour qui s'intéresse à ces arts mineurs dont je suis personnellement assez féru. Ne forment-ils pas un tout avec les autres arts pour constituer une civilisation, un art de vivre. L'art tout court. Je pense aux excellents ouvrages de Clara Santini : "L'oro di Venezia" (Artioli Editore, 2005), et le très documenté "Le lacche di Venezia" (même éditeur, 2003).

2 commentaires (publiés lors de la parution du billet sur le blog originel) :


anita a dit
...oui Philippe Starck a acheté à prix d'or souvent par snobisme , aime beaucoup sa toute petite maison de Burano ... ceci le "rachète" un peu . A mon avis , étant dans un système , il en profite au maximum ...
Anita
Lorenzo a dit
Il faut signaler le magnifique travail des brodeuses de Rochefort de l'atelier du Bégonia d'or, des mains magiques : Ces fées ont travaillé pendant plusieurs mois sur une broderie au fil d'or en forme de châle en trompe-l’œil de dentelle sur le cuir d'un grand canapé du show-room. Il faut rendre hommage à cet atelier incroyable où travaillent les meilleures brodeuses du monde dans une grande discrétion et un secret bien gardé !
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