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Articles

Affichage des articles du 2016

Gourmandises vénitiennes

Les fins d'années sont comme des fins de cycle, on ressent souvent le besoin de faire un grand nettoyage. Autour de soi, dans les placards, les tiroirs et les cartons entassés dans les armoires. Dans sa tête aussi. Cela va de pair. Votre serviteur, se retrouvant dans l'obligation de vider un magazzino où s'entassent depuis des années un fourbis de caisses et de malles, partage désormais son temps entre l'écriture et l'archéologie domestique. Parfois une trouvaille fait basculer l'âme dans un monde disparu, parmi les souvenirs enfouis qui rejaillissent soudain, frais comme s'ils naissaient entre nos mains. C'est d'un de ces petits bonheurs que m'est venue ce matin l'idée de ce billet gourmand. Dans un carton fatigué, une liasse de vieilles lettres. Millésime 1885 à 1892 - un autre monde - quelques carnets, un petit album de photographies, d'autres riens dans une boite de carton bouilli. Et dans cette boite un tout petit cahier joliment re…

Mériter Venise ou l'éloge de la Lenteur

TraMeZziniMag défend depuis sa création en 2005, la même conception du voyage et par conséquent du voyage à Venise. Nous sommes de ceux qui privilégient le temps et font leurs délices de la lenteur. Nous sommes convaincus que Venise se mérite, qu'il faut beaucoup de temps pour vraiment appréhender ce qu'elle est vraiment. Mais le temps, prendre le temps, avoir le temps, tout cela est un luxe aujourd'hui. Du moins, c'est ce qu'on cherche à nous faire croire. Nous sommes tous devenus des gens pressés - les parisiens surtout...
.. Le vrai tempo de VeniseLe temps nous fait peur finalement. Le perdre, ne pas en avoir assez... Autant d'alibis pour cacher l'angoisse humaine face à la conscience de n'être jamais que de passage. Mais nous avons le choix. Laisser cette angoisse s'emparer de notre vie au quotidien et courir, courir sans cesse ou bien le prendre, ce temps, comme il vient, comme il va et l'apprivoiser. Le voyage peut devenir notre allié et nou…

Caigo fisso : la poésie du brouillard vénitien

Il faut l'avoir vécu pour vraiment se faire une idée vraie de la vie à Venise, cet hiver vénitien qui peut se faire rude. Pluie, neige, froidure et humidité sont monnaie courante. Mais le plus caractéristique de la Venezia d'Inverno (Venise en hiver) reste le brouillard quand il se répand sur la lagune et se faufile partout dans la ville lui donnant un aspect onirique encore plus marqué qu'aux beaux jours que fréquentent les touristes. 
Le brouillard transforme notre manière de considérer l'espace, il pacifie les pensées ou les densifie. Le corps avance dans cette atmosphère magique et cotonneuse comme dans un rêve. Et le silence, le silence épaissi par la brume descendue des nuées. Il faut avoir lentement glissé en barque au milieu des eaux de la lagune, là où il n'y a plus d'éclairage, où les seuls repères, bricole et paline surgissent subitement et s'estompent aussitôt comme autant de fantômes plaisantins. Dans ces moments magiques, le seul bruit qui nous…

Venise, le miracle permanent du Giardino delle Maraviglie

Hugo Pratt en aurait fait un chapitre d'une des aventures de son Corto Maltese. En d'autres temps Casanova, Rousseau, Byron ou d'Annunzio n'auraient pu ignorer ces lieux. Tramezzinimag invite ses lecteurs à une promenade dans un lieu méconnu, caché. Derrière de hauts murs, un jardin reclus qui n'abrite pas des nonnes mais des femmes privées de liberté par la justice : le jardin merveilleux de la prison des femmes de Venise.
Mai 2016. Par une superbe journée, chaude et ensoleillée, nous débarquons du vaporetto à Sant'Eufemia, pour compléter le tournage du reportage que la RTS a commandé pour son émission Détours en juillet prochain. Depuis plusieurs semaines, nous tentons en vain de contacter des responsables de l'administration pénitentiaire italienne afin d'obtenir l'autorisation de visiter la prison pour femmes de la Giudecca. Notre objectif : suivre ces femmes qu'une association accompagne pendant leur détention pour les aider à conserver ou …

Penser à Venise un dimanche matin...

Réveillé ce matin avec les Boréades de Rameau, et plus précisément L'Entrée Pour Les Muses,Les Zéphyres, Les Saisons, Les Heures Et Les Arts,de l'acte IV de cette tragédie lyrique sous la direction du russe Teodor Currentzis. La plénitude et l’ampleur de cette musique, rien de tel pour commencer la journée. L'iconoclaste jeune chef - il est né en 1972 - qui affirmait pour je ne sais plus quel journal français qu'il ne voulait pas d'un Mozart de Novotel. (Et pan dans les dents de l’hôtellerie néo-classieuse sans âme et des musicaillons de Radio Classique), offre une interprétation qui n'a rien d'iconoclaste. Au contraire. Mais elle est tellement précise et articulée, qu'elle en devient totalement vivante et proche. Parfait pour ouvrir les yeux un dimanche matin, vraiment. 

Dehors le brouillard a tout recouvert d'un voile épais et par la fenêtre ouverte pénètrent les senteurs qu'il dépose sur la ville qui n'ont rien de la pestilence qui enfume …

La Venise d'Albert Marquet (2)

La Venise d'Albert Marquet (1)

Le bordelais Albert Marquet aimait à voyager et il aima particulièrement Venise. Certes pas au point de renoncer à sa vie pour s'installer dans la cité des doges mais suffisamment pour y travailler, remplir ses carnets de notes et de croquis, et réaliser de très belles toiles, toutes empruntes de la sensibilité si particulière que nous lui connaissons. Celui qu'on a baptisé le peintre du temps suspendu a laissé des images de Venise très chères à mon cœur. parce qu'elles émouvait le peintre Arbit Blatas qui l'avait bien connu et qui ne m'a laissé surprendre sa grande sensibilité qu'à deux reprises. Dans l'évocation du pogrom qui l'avait amené à fuir de Lituanie et sa proximité fraternelle d'avec Marquet, avec qui il avait travaillé sur une même toile représentant le Bacino di san Marco je crois bien. Une peinture à deux pinceaux en quelque sorte, de quoi alimenter un jour les experts et les historiens d'art ! ... Les dessins présentés ici sont ex…

Pierre Bonnard et Les Exigences de l'émotion, le coup de coeur de Tramezzinimag

Tramezzinimag reçoit depuis sa création de nombreux services de presse. Grands et petits éditeurs savent l'impact des nouveaux medias sur les ventes de leurs livres et ne manquent pas de nous adresser leurs publications. Parmi les envois, souvent faits à la chaîne par des stagiaires inexpérimentés, certains ouvrages retiennent particulièrement l'attention de notre (petit) comité de lecture. La plupart d'entre eux sont bien sûr en lien avec Venise, d'autres traitent d'art, de littérature ou de philosophie. Tramezzinimag se veut LE magazine des Fous de Venise et en tant que tel, il cherche à trouver un lien avec tout ce qui se publie de bien et de beau - avant tout en langue française - parce ce que nous l'assimilons à la Venise que nous aimons dépeindre et que nous défendons becs et ongles. Nous ne citons pas toutes les parutions, loin s'en faut. 

Parfois, un bijou apparait. A la gourmandise qu'il y a à découvrir ainsi un ouvrage qui nous aurait peut-…