Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du septembre, 2016

C'est demain le grand jour, ma fille se marie !

Je la revois, si petite, si fragile sous le regard étonné de sa grande sœur qui n'avait que deux ans et quelques mois de plus qu'elle. Venue très discrètement, en douceur, à l'heure du thé. Alix-Victoria-Marie-José. C'était en 1990 et voilà qu'aujourd'hui la plus mignonne des petites souris, la petite fille rêveuse, l'écolière mal assurée, la jeune guide rieuse est devenue une jeune femme déterminée. Classique et posée, elle n'a pas jamais hésité à se lancer et à aller de l'avant. Conventionnelle, elle n'a pourtant rien fait dans l'ordre. Voilà qu'aujourd'hui elle se marie. C'est avec joie que je vous annonce cet évènement, le premier mariage dans la fratrie. Nous sommes encore dans la fièvre des préparatifs, la dernière ligne droite avant le grand moment. Joie et bonheur aux jeunes mariés. Vivent Alix et Xavier !

La fille du consul en son joli palais

Billet publié initialement le 23/10/2007 sur TraMeZziniMag I
Avant que l'inanité des décisions bureaucratiques de Bruxelles ne nous pousse à la suppression de nos nombreux consulats et autres légations diplomatiques implantées depuis toujours dans les villes d'Europe, la République française occupait pour son administration le magnifique et imposant palais Clary sur les Zattere. 
Appelé aussi palais Priuli-Bon ou Michiel, cette vaste demeure est depuis longtemps la propriété des qui du temps du Consulat s'étaient réservés le dernier étage de l'immeuble. La Princesse Clary fut dit-on la maîtresse de Mussolini Le palais date vraisemblablement des premières années du XVIIe siècle. Récemment restauré, il retrouve peu à peu sa splendeur passée. Inutile de préciser que du temps de la France, il n'y avait pas de budget pour opérer une restauration de l'ampleur de celle qui vient d'être réalisée. Mais il était plein de charme et j'y ai bon nombre de très heur…

Connaissez-vous Angela Bacchini ?

Quand elle m'est apparue, par un de ces matins d'été si particuliers à Venise, avec cette lumière un peu voilée qui annonce les grosses chaleurs alors que l'air est encore frais ; avec derrière elle, ce ciel dégagé, d'un bleu vif à faire chavirer les âmes endurcies, et l'eau frétillante, je ne me doutais pas que se dressait devant moi une grande poétess vénitienne.
Elle était vêtue d'un manteau qui avait dû être vert pomme. Un détail qu'on ne pouvait pas ne pas remarquer, ce manteau, en été, quand nous étions en bras de chemise et que très vite le souffle du sirocco fait fondre les corps alanguis... Ce ne pouvait être qu'une folle ou un être d'exception. Je détaillais cette femme sans âge, tenant un sac de cuir noir entre ses mains. Elle était rentrée en soufflant, chargée d'une grosse valise comme on en voit dans les films. Chaussée de mocassins, défraichis comme son manteau, elle portait une robe sombre. Quelque chose de vague émanait de son re…

Sur mes pas d'autrefois...

Réédition d'un billet publié sur TraMezziniMag I, le 9 mai 2007 :

Cette photo empruntée au magnifique site Venice Daily Photo, montre le portique de la Corte del Sabion, qui permet de passer de la fondamenta où se trouve aujourd'hui la boutique de la Guggenheim (à mon époque la galerie de Bobo Ferruzzi où je travaillais) au campiello qui débouche sur la calle Navarro, où j'ai habité jusqu'à mon retour en France en 1986. 
Au bout de la corte vivait une vieille femme qui nourrissait (et abritait) une nombreuse colonie de chats. L'écrivain Dachine Rainer, aujourd'hui disparue, attendrie par ces chats abandonnés souvent faméliques, m'avait chargé de distribuer à la vieille femme une assez forte somme d'argent pour veiller à l'entretien des petits orphelins. Puis la dame a été expulsée. 
On m'a dit qu'elle s'était installée à Cannaregio, non loin du Teatro Italia avec ses chats. Parmi eux, Rosa, ma jolie petite chatte grise aux beaux yeux verts,…

François Mitterrand le vénitien, par Jean d'Ormesson

Billet initialement publié le 10 mai 2011 sur TraMezziniMag (l'original).
Le jour de la passation des pouvoirs entre le président Mitterrand et Jacques Chirac, et en dépit d'un emploi du temps chargé, Jean d'Ormesson fut invité, tôt le matin, par le président sortant. Pendant deux heures les deux hommes bavardèrent. Quelques mois plus tard, après la mort du président, l'académicien, qui partageait avec lui le même amour pour la littérature et pour Venise, a écrit pour l'Express un article où il décrit l'amoureux de Venise. Tramezzinimag avait cité naguère l'entretien d'Ida Barbarigo avec Mazarine Pingeot expliquant cette relation intime du chef de l’État avec la Sérénissime (lienICI).  "L'épithète homérique et italienne accolée le plus souvent - depuis François Mauriac - au nom de François Mitterrand est celle de «florentin». Il y a, dans l'opération, une connotation péjorative, et presque une intention de nuire: on voit des dagues, du poison…

Tramezzinimag, une renaissance : le chantier avance, peu à peu...

Les fidèles lecteurs de Tramezzinimag le savent, le 23 juillet dernier, Google a supprimé purement et simplement et sans aucune explication, le blog et toutes les publications réalisées depuis 2005 (ainsi que les autres blogs hébergés sur le compte Google+, les archives photos de chacun de ces sites, celles de mes différentes activités associatives, et de nombreux documents de famille...). 
Le combat juridique s'amorce et nous ne lâcherons rien. En attendant, des fidèles, férus d'informatique qui soutiennent ce combat viennent de trouver une page du blog piratée par un site pornographique américain... Ainsi un billet de juin 216 et un autre de juillet s'ouvrent sur des images vulgaires et vraiment disgusting avant de présenter l'article original de Tramezzinimag... Est-ce la raison de la suspension du compte et la suppression du blog ? L'enquête est ouverte. De quoi devenir républicain et s'inscrire au Tea Party (c'est une plaisanterie !) mais tous les yanke…

Le plus ancien ghetto du monde a 500 ans

29 mars 1516. La Sérénissime après un certain nombre de réunions, conversations, rencontres au sommet de l’État, décide d'imposer aux juifs de Venise de se regrouper à l’extrémité nord de la ville, dans la contrada San Girolamo, sur un terrain appelé Geto, vaste terrain formant une île borée par des canaux. Il fut décidé que l'accès à ce lieu serait limité à deux portes, ouvertes le matin et refermées le soir. Les habitants n'étaient autorisés à le quitter que dans la journée, pour vaquer à leurs occupations et devaient porter un signe distinctif, rond jaune apposé sur leur vêtement ou béret jaune... Seuls les médecins pouvaient sortir la nuit pour se rendre au chevet des chrétiens malades.  C'était il y a cinq cents ans. Le premier ghetto venait de naître. Son appellation sera désormais associée à tous les lieux de ségrégation dans le monde, à tort ou à raison. Cet anniversaire a été l'occasion de nombreuses manifestations sur place et dans le monde. Tramezzinimag

Arrigo Cipriani le sage

Ceux qui ont lu le superbe ouvrage paru chez Bouquins paru sous la direction de Delphine Gachet et de Alessandro Scarsella au printemps auront aimé le texte écrit par Arrigo Cipriani, intitulé avec sobriété et magnificence, le Goût à Venise. Le vieil homme a la plume acérée, le regard vif et reste un témoin incomparable d'autres temps et d'autres mœurs, quand Venise n'était pas envahie par les hordes de barbares, produits du tourisme low-cost qui semble vouloir donner le coup de grâce à une ville exsangue qui pourtant reste "pleine de sagesse comme elle a toujours été miroir de son temps." Un monument (le personnage autant que l'établissement).Je ne me lasse pas d'écouter l'impeccable gentleman raconter l'histoire du Harry's Bar :