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Articles

Affichage des articles du décembre, 2017

C'est déjà mieux que rien : les maxinavi définitivement interdits à Venise

S'il faut modérer notre enthousiasme car le péril n'est pas définitivement écarté, l'intervention de l'UNESCO a tout de même finalement fait bouger les autorités locales et la solution la plus viable a été retenue : Si les maxinavi continueront de décharger à Venise des hordes de touristes - cela ne se fera plus - d'ici 4 ou 5 ans, selon les délais impartis - ce sont seulement les navires de plus de 55.000 tonneaux, les gigantesques monstres marins qui n'ont de bateau que le nom, qui seront bannis des eaux urbaines. Pour l'instant, les autres navires pourront continuer de passer et repasser devant le palais des doges et la pointe de la douane en toute légalité.
Cette décision définitive et incontestable est certes un progrès. Cela éloigne un danger potentiel pour la cité des doges et son inestimable richesse architecturale, mais aussi pour son écosystème. Dès l'achèvement des travaux, les navires pénètreront dans la lagune via le canal emprunté autrefois…

Un affreux cauchemar...

L'autre nuit, après un dîner trop copieux et une longue discussion avec d'autres féals, afficionados de Venise, j'ai fait un cauchemar. Un de ces songes odieux qui vous réveille au milieu de la nuit, suant et transpirant, les cheveux dressés sur la tête. Je venais d'apprendre horrifié qu'une municipalité devenue hystérique avait transformé d'un coup de baguette magique la cité des doges en un monopoly géant. Laissez-moi le partager avec vous. Comme un remède réconfortant.
Un être hybride que je reconnus être le maire grâce à son couvre-chef hybride, à la fois corno du doge et haut de forme des banquiers d'avant la crise de 29, sur lequel on lisait le mot  SINDACO en lettre d'or, occupait tout mon champ de vision. Cette énorme créature avait parfois le visage de Trump puis celui de Berlusconi, mais toujours avec mèche et moustache à la Adolf et une grimace à la Mussolini, fumait un énorme cigare. Il trônait, assis dans le plus simple appareil à califourch…

Isabelle Khana déploie ses ailes pour Venise (Suite et fin)

Pluie de messages et de commentaires sur la première partie de ce billet consacré aux malheurs de Venise et à cette jeune femme passionnée qui cherche de toute son énergie comment aider les vénitiens au mieux et tenter ainsi, comme la plupart d'entre nous, de renverser la vapeur. Écrites sur une table d'un café de Milan, entre deux trains, il est vrai que ces lignes respirent un certain pessimisme. Trop vite mis en ligne avant de monter dans le train qui allait me ramener en France où je n'avais vraiment pas envie de retourner, le texte aurait mérité d'être revu et adouci. Mea culpa donc, chers lecteurs.
Il s'agissait d'introduire l'entretien informel que j'ai eu avec cette sympathique et charmante parisienne dont tout le monde parle. Isabelle Khana, dont le combat pour Venise a attiré l'attention des médias italiens et par ricochet des réseaux sociaux. Introduit par un ami, la dame qui était encore quelques jours à Venise avait un peu de temps pour…

Tanto sono sublimi e maestosi che nulla più...

On inaugurait hier une bien belle exposition du côté des Zattere. L'Accademia di Belle Arti lançait les célébrations du bicentenaire de la mort de Giacomo Quarenghi, l'architecte vénitien à l'origine de la splendeur de Saint Petersbourg, "La Didattica all'Accademia di Belle Arti di Venezia ai tempi di Giacomo Quarenghi". C'est au Magazzino del Sale n.3, du 15 décembre 2017 au 28 février 2018.La classe d'architecture de l'Accademia di Belle Arti née en même temps que l'établissement, une des rares décisions sensées de Buonaparte quand il s'empara de Venise, aura dès sa création et jusqu'aux vingt premières années du XIXe siècle, une réputation internationale, car influencée - impulsée en jargon d'aujourd'hui - par les travaux de l'architecte bergamasque, un des piliers du mouvement palladien qui  devint l'architecte favori de la grande Catherine II à seulement trente ans et, par ses réalisations, il fit du style palladie…

Isabelle Khana déploie ses ailes pour Venise (1)

Il y a toujours beaucoup de bonheur à faire de nouvelles rencontres, surtout lorsqu'elles sont fortuites. Venise qui est un village offre souvent ce genre d'opportunités. On y croise des gens que le hasard nous permet de connaître alors qu'ailleurs dans le monde, nous n'aurions jamais connus...

Il en fut ainsi très souvent pendant les années vénitiennes. Arrivé sans aucune recommandation, sans lien autre que ceux du sang et du cœur, livré pour la première fois à moi-même, je n'avais aucune attente particulière, pas d'ambition. Je ne fuyais rien. J'étais venu là où une voix intérieure m'avait suggéré d'aller.  A Venise, la ville des miens. Entre les mains de la Providence... J'ai déjà raconté dans ces colonnes et ailleurs ces belles rencontres dont certaines ont vraiment permis à ma vie de prendre un tour dont je n'avais même pas rêvé. Je ne suis plus le jeune homme timide et hésitant qui avançait pas à pas dans un épais brouillard. Ma vie es…