28 juin 2008

Bonne vacances !

© Annette vorwerk-Dörries - Tous Droits Réservés

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27 juin 2008

A Venise aussi, voici les soldes


Les affichettes de chez Coin, 
LE grand magasin de Venise, annonçant les soldes d'été.
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24 juin 2008

La forme d’une ville

Dans son livre consacré à la ville de Nantes, "La forme d’une ville", le grand écrivain que fut Julien Gracq parle de Venise. Ce qu’il en dit mérite une place d’honneur dans les citations de TraMezziniMag, tant la perception que cet écrivain magistral a pu avoir de la Sérénissime est fine et profonde. Comme tout ce sur quoi il se penchait, Julien Gracq nous donne en quelques mots la manière idéale pour connaître et pénétrer une ville. Avec son âme. 
"Qui revoit dans sa mémoire une ville qu’il a visitée, que ce soit en touriste ou en pèlerin d’art, il s’attache d’habitude à quelques repères, aussi nettement distincts de la masse bâtie que le sont pour un marin les amers sur lesquels il se guide en approchant d’un port, et ces repères sont presque tous des monuments. Il est singulier qu’on concentre ainsi – par un mouvement moins naturel qu’il n’y paraît – le caractère et presque l’essence même d’une cité dans quelques constructions, tenues généralement pour emblématiques, sans songer que la ville ainsi représentée par délégation tend à perdre pour nous de sa densité propre, que nous soustrayons de sa présence globale et familière tout le capital de songeries, de sympathie, d’exaltation, qui vient se fixer sur ces seuls points sensibilisés. A la limite, une sensibilisation de ce genre, exacerbée et rendue systématique par la culture de Guide Bleu qui gagne aujourd’hui partout du terrain, finit par rendre une «ville d’art» classée à peu près exsangue pour le visiteur. Le touriste qui s’arrête deux jours à Venise pour «voir la ville» n’a pas le moindre soupçon de la vie populaire peu tapageuse,mais spontanée et charmante, qui s’embusque partout le long des calli, des rii, et des placettes pavées. On en vient à rêver quelquefois, à notre époque où le must architectural, en toute ville qu’il visite, est imposé d’avance au touriste par les média, d’un autre mode d’approche, plus fonctionnel, plus naturel et moins superstitieux, où on ne visiterait les cathédrales que parce qu’on va à la messe, les vieilles demeures que parce qu’on y a des amis, et - puisqu’il est question de Venise - le Pont des Soupirs sinon à titre de locataire des Plombs , tout au moins dans le seul prolongement de la lecture familière et souvent reprise des Mémoires de Casanova." 

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23 juin 2008

Cupio dissolvi...

Extrait de mon journal. Juin 2001 : 
"[...] Être hors du monde (1) [...] Est ce l'âge qui vient, la lassitude d'une vie ordinaire ? Non pas tant comme l'Apôtre Paul, l'envie de disparaître de cette terre où le chemin même pénible et rocailleux me parait toujours et me paraîtra certainement jusqu'à mon dernier souffle passionnant et joyeux, in spite of. Plutôt le désir profond de vivre autre chose. Pouvoir me consacrer entièrement à l'écriture, à la réflexion. Au silence. Cette envie omniprésente de prendre le temps. Enfin. Ne plus courir, ne plus m'éparpiller. Chercher vainement à satisfaire mille personnes, mettre en branle mille idées pour finalement n'aller jamais jusqu'au bout d'aucune [...] Venise représente depuis toujours pour moi, vous l’aurez compris, cet appel du silence et de la paix. Un temple où mon âme s’épanouit vraiment, ma pensée s’y reconstruit et mon esprit parfait sa connaissance. Car je sais bien aujourd'hui que je ne sais rien. J'ai tellement le désir d'apprendre. En savoir davantage. comprendre ce qui motive l'homme en général et ce qui me fait vibre en particulier. Venise est mon Ithaque, ma Thébaïde. Je ne suis pas l'anachorète qui peuplait mes rêves d'avenir quand j'étais adolescent. J'ai cherché dans les lointaines îles grecques, sur les rives de la mer de Marmara ce que j'ai trouvé soudain un jour en débarquant à Venise. Hélas la vie m'en a éloigné et quand j'y reviens ce n'est jamais qu'en visiteur, avec seulement une partie de moi-même [...] Il faudrait franchir le pas et sinon abandonner tout le reste, savoir tout transporter, tout transposer à Venise : mes biens, mes projets, mes désirs. Et que faire de mes liens humains : mes enfants, mes amis, ma famille ? Ah le poison de Venise dont parlait si bien Barrès... " 
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(1) cupio dissolvi et esse cum Christo (Paul : Philippiens I 21-24 "je désire être hors du monde et être avec le Christ" pour signifier le désir de l’apôtre de mourir."

19 juin 2008

Le concert d'Enrico Gatti : joie, joie, pleurs de joie...

Au risque de paraître trop sensible aux yeux de mes lecteurs en paraphrasant ce cher Blaise Pascal, je voudrais vous parler de la larme (presque) versée hier soir, à la fin du merveilleux concert donné par Enrico Gatti, Guillaume Rebinguet-Sudre et Aurélien Delage. Une larme, une vraie. Pas de tristesse ou de regret. Une larme de joie. "Que du bonheur" comme on dit trivialement. Cela vous fait déjà sourire. Pourtant je ne suis pas accoutumé à des débauches de sentimentalisme à la guimauve. Ce qui a motivé cette larme, je vais vous l'expliquer. 

La journée avait été longue, pénible. Il avait fallu courir pour éditer à temps les programmes, s'occuper des enfants, satisfaire quelques clients impatients, passer à la banque, aller à deux rendez-vous ennuyeux, ranger un peu, se laver, se changer et arriver sans trop avoir l'air défait sur le parvis de l'abbatiale Sainte-Croix. Ce n'était pas la foule des grands jours, mais peu à peu l'église se remplissait. L'abbatiale est une vaste nef en piteux état dont les parois sont couvertes de magnifiques tableaux dont certains datent du XVIe et du XVIIe siècles. Il y règne une atmosphère très forte qui attire le recueillement et la prière. C'est là qu'on peut admirer le magnifique orgue de Dom Bedos avec son somptueux buffet vert et or. 
Le concert s'ouvrait sur une première partie réservée à la musique italienne. Un peu toujours la même chose, avec quelques variantes de génie. Un voyage de Venise à Naples, en passant par Rome. Puis, après l'entracte, place fut faite à la musique française avec Leclair. Aurélien ensuite interpréta des extraits du de Clérambault au grand orgue, puis vint le de J.S. Bach magistralement interprétés par ces trois musiciens. Une foule heureuse, bon enfant, qui acclama le maestro et ses deux acolytes. Puis Enrico Gatti annonça le premier bis. Ce fut le premier mouvement de la première sonate de l'Opera Prima d'Antonio Vivaldi ! Comme sur le disque édité chez Glossa dont j'ai déjà parlé dans ces colonnes (cliquez sur le lien). Même son, même force, même limpidité. Guillaume Rebinguet était parfaitement à sa place aux côtés de celui qui fut son professeur et Aurélien participait de cette harmonie au continuo. Deuxième bis, le deuxième mouvement de la sonate... J'aurai aimé que la musique ne s'arrête jamais. Et c'est là que toute cette émotion embuât mon regard. Bonheur parfait. Après la rude journée, la récompense d'un grand moment de musique avec l'un des plus grands musiciens baroques d'aujourd'hui...

17 juin 2008

Un jardin

C’était le jardin clos d’un palais oublié 
Près d’un petit canal, au fond d’une ruelle 
Où les enfants venaient jouer à la marelle 
Dans l’ombre tranquille et muette des figuiers 

Personne jamais n’ouvrait la grille rouillée 
Où deux têtes de lion restaient en sentinelles 
N’entraient que les oiseaux, et quelques chats fidèles 
Du pas nonchalant des fantômes familiers 

Quel était le mystère des allées secrètes 
Quelle statue blanche gardait le puits mousseux 
Où gisait ignoré un espoir malheureux 

Un jour ont disparu le palais, son jardin 
Et même les enfants qui avaient tant d’entrain 
Sont morts, ou sont passés derrière la murette 

Poésie de Line Gingras, Maître-blogueur avec "Le chou de Siam"  
photo de Jas, extraite de l'excellent reportage du Campiello sur les jardins secrets de Venise 

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Dans Venise la rouge, pas un bateau ne bouge...


16 juin 2008

Chat à Venise




Être chat à Venise n'est pas une mince affaire. Presque un devoir. Une situation. "Un état" dirait Monsieur Goldoni... I gatti veneziani eux aussi sont moins nombreux qu'autrefois. Toujours aussi paresseux et rêveurs, il semblerait que la nostalgie soit courante chez la gent féline autochtone. Il serait temps de repeupler cette colonie et de leur montrer à ces humains ce que c'est qu'être chat à venise ! 


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Chronique bordelaise

Il y a dans l'existence de ces petits moments de bonheur qui réconcilient avec la vie. Je viens d'en vivre un, sans préméditation. Il pleuvait des cordes ce matin sur Bordeaux. un de ces matins à faire broyer du noir aux âmes les plus optimistes. Une kyrielle de rendez-vous, des appels téléphoniques se succédant les uns aux autres et plein d'impondérables. Bref de quoi ruminer pendant des heures et rêver d'un retour immédiat au fond de son lit. 

J'avais cependant rendez-vous à treize heures dans un sympathique restaurant presque privé que j'allais découvrir, à l'invitation de Stéphane Felici, notre charmante et simpaticissima consul d'Italie à Bordeaux. Elle nous traitait, mes compagnons et moi, dans cet endroit drôlement agréable en l'honneur d'Enrico Gatti, le célèbre violoniste fondateur de l'Ensemble Aurora, qui arrivait de Bruxelles et donnera un concert demain, en compagnie de Guillaume Rebinguet et Aurélien Delage, (Mardi 17 juin, à 20 heures 30, dans l'abbatiale Sainte Croix, cette magnifique église qui abrite le somptueux orgue de Dom Bedos). Il animera ensuite une classe de Maître au conservatoire de Bordeaux, mercredi et jeudi.

La conversation, éclairée, à défaut de soleil, par les mets et le vin, délicieux, porta bien entendu sur la musique, sur les orgues de salon en France et en Italie (une idée d'article pour ce blog) et ce fut un bien agréable moment. A l'heure du café, le ciel s'est enfin dégagé et il faisait presque chaud. Nous avions rendez vous avec le scénographe Giulio Achilli, directeur technique de l'Opéra, après l'Arena de Vérone, Covent Garden et l'Opéra de Rome, pour faire visiter à Enrico Gatti notre magnifique salle à l'italienne. De haut en bas, notre hôte entraîna la petite troupe dans l'histoire et la magie de ce théâtre qui n'en finit pas de se refaire une beauté (le plafond peint par Bouguereau dans le grand foyer a retrouvé sa splendeur et les salons rénovés auront noble allure bien qu'on puisse regretter cette décoration très fin XIXe qui n'a rien à voir avec le charme et la délicatesse de ce que furent les salons d'origine). Agréable évasion hors d'un quotidien bordelais pluvieux et bien gris. On a parlé mise en scène, décoration, et esthétique en parcourant les étages.

Pourquoi vous raconter tout cela me demanderez-vous ? Est ce parce qu'une partie de l'opéra a été construit sur pilotis selon des techniques empruntées aux constructeurs vénitiens ? Est-ce parce que le concert de demain mérite d'être médiatisé, avec un programme de musique vénitienne et française pour violons et continuo ? Parce que Guillaume et Aurélien sont des amis et de très bons musiciens ? Parce que le maestro Gatti est loin d'être le premier venu et qu'il est au violon baroque ce que Gustav Léonhardt est au clavecin ? Un monument ? Pour toutes ces raisons en effet. 

Mais aussi simplement parce que Bordeaux qui bouge, Bordeaux qui se cherche une destinée universelle avec son inscription au Patrimoine mondial de l'UNESCO et sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2013, laisse souvent passer sans frémir des évènements mal médiatisés - on se demande parfois pourquoi la presse locale relaie aussi mal les manifestations culturelles et artistiques - et que des concerts comme celui de demain soir méritent qu'on en parle et que le public s'y rende.

Comme il faut aller voir la magnifique exposition dédiée à Piranese sur le site de la Base sous-marine (ce lieu est devenu peu à peu une icône bordelaise et en cliquant sur le lien, vous lirez la description qu'en fait Dominique Fernandez pour le Nouvel Observateur). A visiter sans hésiter (on y expose davantage de gravures qu'à la Fondation Cini à San Giorgio de Venise). Venues du musée de Gajac, à Villeneuve sur lot, les gravures sont associées à des sculptures contemporaines et aux photographies de Ferrante Ferranti. Comme il faut aller aux concerts de Musica Malagar qui auront lieu ce week-end : deux journées de musique de chambre dans le cadre bucolique de la maison que François Mauriac aimât tant. Il s'agit en fait des examens du département de musique de chambre du conservatoire qui sont ouverts au public. Dans une atmosphère bon enfant, on pourra entendre les grands élèves de Dominique Descamps dans six concerts dirigés par Jean Luc Portelli, le bouillonnant directeur du conservatoire. Si le temps est beau, le charme des lieux, la qualité des interprètes, leur fougue et leur enthousiasme feront passer aux spectateurs, une fois de plus, un très agréable moment qui rime cette année avec la Fête de la Musique.

Il se passe bien des choses dans cette ville. C'est certainement pour cela que la ligne MyAir, dans le sens Venise-Bordeaux, est de plus en plus fréquentée. Quand je pense à l'époque où j'avais été chargé de mission par le Conseil Général à la B.I.T de Milan (la Borsa Internazionale del Turismo). Je devais, entre autres, essayer de décider Air France à maintenir la ligne Venise-Milan-Bordeaux pour que se développe le tourisme italien en Gironde. On m'avait ri au nez à l'époque, "vous n'y pensez-pas, des italiens en villégiature à Bordeaux, ce serait le monde à l'envers"... 

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15 juin 2008

Du côté de San Alvise



Un quartier peu fréquenté par les touristes où il fait bon vivre quand la douceur du printemps succède à la pluie. Déambuler dans les ruelles de cette partie un peu excentrée de Cannaregio est toujours un plaisir, tellement y est encore présente la vraie vie vénitienne.  


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