20 mars 2020

Curiosités pour temps de confinement (1) : Une question de genre à Venise

Au Moyen Âge, les ruelles de San Polo abritent le quartier rouge de Venise. Rolandina vend des œufs le jour et ses charmes la nuit. Mais un jour, un client porte plainte : Rolandina l’aurait forcé à pratiquer la sodomie, un acte puni de mort à l’époque. Une enquête commence et on découvre que la prostituée est en réalité hermaphrodite. Un petit documentaire de derrière les fagots (des Seigneurs de la Nuit) produit par la chaîne Arte que Tramezzinimag avait signalé lors de sa diffusion, il y a un an.



Sujet délicat qui semble intéresser bien des lecteurs (et lectrices), la faiblesse de la nature humaine et les besoins compulsifs de la plupart des mâles de tous les temps en sont certainement à l'origine. Le plus vieux métier du monde a suscité un grand nombre d'ouvrages, des études les plus sérieuses aux romans les plus légers, thèses et articles ne manquent pas sur les courtisanes, les gitons, michetons et souteneurs en tous genres et de tous âges. Arte a demandé à l'écrivain frioulan, Marco Salvador de raconter l'histoire de cette jeune personne (28 ans selon les registres de baptême) vêtue en femme était-elle un travesti ? La vérité est plus originale, puisqu'il va s'avérer que la jeune prostituée est à la fois femme et homme. Non pas de goût et de mœurs mais physiologiquement. La nature l'a faite hermaphrodite... Aujourd'hui, pour être dans la phraséologie bien pensante, on parle de personne transgenre

Nous sommes en plein moyen-âge, en 1353 exactement, à la fin du règne du doge Andrea Dandolo, nommé très jeune (il avait à peine trente sept ans), c'était le quatrième membre de l'illustre famille à porter le corno dogal. Un homme sage et cultivé, un conte di virtu (*). L'affaire dont il question ici se déroule dans une Venise qui se remet à peine de la terrible Peste noire après avoir perdu les deux tiers de sa population selon certaines chroniques. Survenue après un terrible tremblement de terre, l'imagination populaire vit dans ces catastrophes une punition de Dieu. La dégradation des mœurs l'avait mis en colère. 

C'est dans ce contexte particulier que l'infortunée Rolandina se fit condamner. marco Salavdor le raconte dans son livre, Processo a Rolandina, paru en 2017, disponible pour les lecteurs italianisants dans toutes les bonnes librairies en ligne et pas encore traduit en français.


Plus scientifique, il existe un autre ouvrage, paru en 1985, écrit par Guido Ruggiero, The Boundaries of Eros: Sex Crime and Sexuality in Renaissance Venice (Studies in the History of Sexuality), qui n'a été traduit ni en italien ni en français à ce jour. Il contient tous les détails de cette horrible affaire, du procès retentissant et détaille toute l'histoire qui fait froid dans le dos. 

Le documentaire est disponible sur le site d'Arte jusqu'au 27 mars seulement. Comme toujours dans notre société de lucre ou rien de doit être gratuit, il sera ensuite retiré et impossible à télécharger sauf à en acheter le droit. Cela me fait enrager, tant la culture, comme l'éducation, les soins, les transports devraient être gratuits. Nos impôts sont sensés servir à cela... Mais Ces colonnes ne sont pas un lieu pour polémiquer... Et puis peut-être qu'à la suite d'autres, Arte va exceptionnellement prolonger le délai ou sacrifier le sacro-saint Profit à la solidarité dans le cadre de l'épidémie de Covid-19 !


Le documentaire est bien documenté malheureusement certaines approximations voire même des erreurs historiques auraient pu être évitées. Si la prostitution était effectivement tolérée à san Polo, le carampane ne devinrent le lieu autorise qu'à partir de 1412, sous le règne de Michele Steno et le ponte delle tette ne reçut cette appellation que bien plus tard, quand le Sénat en eut assez des plaintes à la fois des dames de petite vertu et de leurs clients devant le nombre de prostitués mâles travestis et réduire l'homosexualité. Tout le monde connait l'anecdote, les prostituées avaient pris l'habitude de se montrer seins nus à leurs fenêtres et aux alentours du pont qui fut ainsi nommé à cause de toutes ces poitrines qu'on pouvait voir aux heures autorisées dans son environnement immédiat. Très jeune, l'histoire me faisait rougir. aujourd'hui elle m'amuse, surtout à la pensée que beaucoup de ces pauvres femmes avaient un âge canonique et que le spectacle devait rarement être alléchant !

Tramezzinimag reviendra prochainement sur cette affaire et sur les mœurs à Venise du temps de la République. A suivre donc, Chers Lecteurs, et prenez soin de vous !

18 mars 2020

Sous le soleil de l'exil, Venise et Bordeaux (1) : journal de confinement

Inspirée plutôt que copiée de la tirade de Garibaldi à ses soldats, la phrase célèbre de Winston Churchill résonne dans nos oreilles au moment où le pays entier s’installe après d’autres dans le confinement rendu obligatoire par cette situation inattendue que le monde est en train de vivre : "[Je n'ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur".
 
Le regard fixé sur le prompteur, les traits tendus, ce n’était pas ce qu’il fallait entendre dans les propos du Chef de l’État l’autre soir. Emmanuel Macron n’est pas le grand leader anglais encore moins le général Garibaldi. Nous ne sommes plus à la même époque et nos  dirigeants ne sont pas aussi grands. Mais il a fait ce qu’il était impératif de faire. Après trop d’atermoiements et d’hésitations, le gouvernement a pris des mesures draconiennes qu’il faudra certainement resserrer et durcir encore, maintenant que le temps semble vouloir se mettre au beau et que le printemps va bientôt titiller les corps et les esprits, répandant partout le besoin de sortir, de batifoler dans la nature, de marcher le long de la mer.

Certes il y a de fortes chances pour que l’épidémie s’amenuise bientôt et disparaisse comme d’autres avant ; On sait que la majorité des personnes contaminées ne développent rien de plus qu’une grippe bénigne. Mais le virus est mortel aussi et personne ne sait combien il fera de victimes si rien n’est fait pour l’arrêter. Les mesures prises, qui restreignent un peu nos libertés et nous obligent à rester chez nous, ont pour seul objectif d’éviter l’engorgement de notre système sanitaire, de rendre impossible la prise en charge des malades les plus atteints. On ne le répètera jamais assez, correctement soigné à temps avec un accès garanti aux soins intensifs nécessaires, le Covid-19 est guérissable. Si les hôpitaux sont pleins, le personnel soignant éreinté et pas assez nombreux, beaucoup mourront qui auraient pu rentrer chez eux. 


Respecter les mesures même si nous les trouvons ridicules, superfétatoires, contraignantes, difficiles, c’est en pensant aux autres penser à nous aussi. Moins de contacts signifie moins de risques de contamination. Le virus ne choisit pas, il se répandra effrontément tant que la voie restera libre. Renoncer physiquement à notre vie sociale pour un temps c’est vouloir ne pas renoncer à la vie, pour nous-même et pour les nôtres, pour tous les autres aussi. Ces contraintes passagères sont amères, mais elles nous offrent la possibilité de renouer avec la solidarité. En les acceptant, nous nous protégeons les uns et les autres. Et, lorsque tout cela sera fini, lorsque viendra l’heure des bilans, nous serons différents, plus humbles, plus posés, car nous aurons ressenti combien compte l’autre, proche ou inconnu et combien ensemble nous sommes forts. Plus que la force, l’union fait la joie. Le bonheur d’être ensemble, réunis pour profiter du soleil et de la nature, de la vie tout simplement. Vous verrez combien elle éclatera cette joie quand le Président annoncera solennellement que la guerre est gagnée. Que la maladie est vaincue. Que les larmes les grincements de dents ne sont plus que des souvenirs amers. La douceur des jours à venir, le renouveau de nos sociétés qui forcément auront changé, vaut bien quelques semaines de confinement et de précautions.  


Andrà tutto bene
Tout ira bien peut-on lire à Venise, dans les messages apposés aux balcons ou sur la vitrine des magasins fermés. Les français n'en reviennent pas de voir combien le peuple italien s'est vite rangé derrière cette idée que nous autres ici avons encore du mal à accepter. Chapeau bas, fratelli nostri ! Vous nous montrez le bon exemple. Partout des messages de solidarité, d'encouragement pour que ces temps difficiles de confinement et de limitation de nos habitudes et donc de notre liberté soient des moments heureux et paisibles. La plupart des vénitiens que je connais ont spontanément donné du sens à ces contraintes. Outre le bonheur qu'ils ressentent à voir leur ville paisible, débarrassée de la pression quotidienne et des flots de touristes, les canaux redevenus limpides avec les poissons qui nagent, les sons plus purs, le silence plus vrai. Après quelques mouvements de panique incontrôlée, les magasins sont tous approvisionnés, personne ne se précipite plus sur le papier toilettes, l'eau minérale, les pâtes ou le Nutella. Bien sûr renoncer à la passeggiata, aux cichetti et à l'ombretta de la fin du jour est difficile. Un sacrifice pour un vénitien. A l'intérieur des maisons, chacun s'organise et fait des tas de choses qu'il n'aurait jamais eu le temps de faire en temps normal, les parents sont avec leurs enfants, on jardine sur les balcons, les terrasses et les jardins, on cuisine de bons petits plats, on lit, on joue à des jeux. Ceux qui travaillent se sont organisés pour continuer leur mission à distance.

Je connais - et nombre de mes lecteurs français ou francophiles de Venise savent de qui je parle - une enseignante qui continue de donner ses leçons de musique via internet. Si vous ne la connaissez pas et avez envie de prendre des leçons de piano, c'est le moment. N'est-ce pas original d'avoir un vrai professeur à Venise et être ailleurs dans le monde, confiné aussi mais apprendre le piano ou améliorer sa technique... N'est-ce pas génial de pouvoir ainsi communiquer en ligne. Jacques Ellul adorerait. Quand La Technique sert l'homme au lieu que l'asservir ! Imaginez-vous en train de dire autour de vous que vous suivez des cours de musique... à Venise. "Mais oui, ma chère, à Venise en Italie !" clouant le bec à vos copines vertes de jalousie qui en sont encore à essayer de comprendre le fonctionnement de Bilingo ! Mais le confinement m'égare ! Ne croyez pas que je critique les adeptes de cette application. Plus que jamais ce type de loisirs est d'actualité. Il n'encourage pas le repliement sur soi, mais au contraire favorise le lien social à distance puisque que nous ne pouvons le maintenir autrement pour le moment. J'entends déjà quelques lecteurs critiques et dubitatifs. Ils savent que je respecte leurs humeurs et entend leur avis sans pour autant le partager mais rien ne nous interdit de nous divertir et de sourire. 


Pour ma part, je me suis attaqué à la pile de livres reçus et pas encore lus et aux quelques manuscrits qu'on m'a envoyé. Avoir enfin le temps, quel luxe. Je ne sais pas vous, mais moi je garde encore quelques scrupules à disposer ainsi de mes journées sans rendez-vous, sans courses dans les transports en commun... Finir de ranger ma bibliothèque aussi, terminer ce classement par nom d'auteurs et par catégories commencé il y a plus d'un an et que je dois modifier à chaque nouvelle entrée... Je viens de relire - en me régalant - la Peste. Les hasards de l'exil font que mon édition en français soit à Venise. C'est donc en italien que j'ai relu l'ouvrage. Les phrases d'Albert Camus résonnent joliment dans la langue de Dante : "Questa città deserta, bianca di polvere, satura di odori marini, tutta un suono di grida del vento, geme come un’isola infelice." (Cette ville déserte, blanchie de poussière, saturée d’odeurs marines, toute sonore des cris du vent, gémissait alors comme une île malheureuse.).

Le mouvement spontané "Andrà tutto bene" avant le confinement en Italie. Tramezzinimag en reparlera bientôt
J'avais oublié combien ce livre est un trésor et combien Albert Camus est un grand écrivain. Certaines pages donnent des frissons, d'autres font sourire, toutes nous font penser et combien les phrases sont belles, les mots ciselés. Les personnages prennent vie au fur et à mesure des pages et nous les voyons, les comprenons. Impossible de ne pas faire de rapprochements avec la situation que nous vivons. "Toutes proportions gardées" est la phrase qui vient naturellement après. Je viens d'apprendre que l'ouvrage connait un succès incroyable en ces temps de coronavirus. En Italie et en France notamment, mais pas seulement. Joyeuse nouvelle soixante ans après la mort de son auteur : voilà un livre de qualité qui fait réfléchir, aide à penser et qui se vend  soudain largement plus que les romans de Musso, Pancol, Dicker ou Marc Lévy (que je ne critique pas car s'ils ont le mérite de faire lire en se vendant par milliers d'exemplaires c'est tout de même que cette littérature-là n'est pas si mauvaise que les critiques semblent le prétendre - et puis j'aime bien le suisse Joël Dicker personnellement...). La Peste est un grand livre vraiment, captivant comme un roman d'aventures et un traité de conduite morale.  

Ne fait-il pas réfléchir en effet sur la prise de conscience nécessaire dans des temps troublés de ce qui importe vraiment ? Le courage d'appréhender la situation avec calme et ouverture d'esprit, le refus de céder à la panique et à l'angoisse, la volonté profonde de continuer, après quelques aménagements parfois inconfortables (les renoncements le sont toujours au début) de vivre notre vie. Le parallèle avec la période que nous traversons est vite perçu. Comme ceux du livre, nous n'avons pas vraiment réagi comme il aurait fallu, quand l'évidence de l'épidémie nous éclatait à la figure et que les décrets gouvernementaux, en Italie, puis en Espagne, en France et ailleurs, en suspendant notre mode de vie habituel, nous ont laissé sidérés ; L'obligation d'une quarantaine collective encore mal suivie et en rechignant pour beaucoup, les fausses nouvelles et l'alarmisme de certains, la révolte et le refus d'autres, le durcissement et les contrôles plus incisifs à venir, tout est dans le roman de Camus. 

Il y a beaucoup à retenir du livre pour les temps difficiles que nous vivons. Il y a aussi une évidence à retenir, celle qui termine le roman : “Tutto ciò che l’uomo poteva guadagnare dal gioco della peste e della vita era conoscenza e memoria.” ("Tout ce que l'homme pouvait gagner du jeu de la peste et de la vie, c'était la connaissance et la mémoire.").

Soleil, chant des oiseaux et viole de gambe 
Les fenêtres sont grandes ouvertes. Elles donnent sur le splendide palcoscenico qui m'a fait choisir il y a des années cet appartement au premier étage d'une modeste demeure datant du XVIe siècle voire même d'avant, largement remaniée au cours des siècles pour ne garder de son âgé vénérable qu'une partie de la façade en belles pierres jaunes comme le plus souvent ici. Une niche est restée qui devait abriter la statue de la madone ou d'un saint ou bien était-ce une lucarne. Une tour y est encore accolée, elle aussi transformée depuis longtemps mais qui a gardé son caractère antique avec une salle par étage. Ce fut longtemps une fabrique de sandales et d'espadrilles, l'équivalent local des furlane vénitiennes. Lorsqu'il m'a fallu quitter la grande maison "perchée dans les arbres" comme avait dit un jour l'un de mes enfants, la vue m'avait enchanté. 

A cet endroit, tout près d'un monument que les touristes prennent pour un arc de triomphe avec ses faux-airs de celui des Champs-Elysées, qui est l'une des portes d'accès à la ville (baptisée en l'honneur de la naissance du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XV qui mourra à dix ans) et qui ferme la scène, se dressent de grands immeubles datant pour la plupart du XVIIIe siècle, séparés par des ruelles pavées. Contrairement au reste de l'avenue, les maisons ne s'alignent pas symétriquement. La fuite dans la perspective qui s'offre à mes yeux permet des jeux de lumière splendides. Derrière les toits, la flèche - le campanile - de l'église Saint-Michel. Ajoutez à cela une double rangée de tilleuls dont les jeunes feuilles s'épanouissent depuis quelques jours. C'est là que je vis donc cet exil qui me retient per forza loin de Venise où plusieurs chantiers étaient en cours et que le virus a interrompu. Un vrai décor de théâtre avec toutes ces fenêtres, moins pittoresque qu'un campo vénitien certes, mais il règne ici une atmosphère qui me rappelle la Sérénissime. La ressemblance avec Venise est ténue mais elle m'a pourtant sauté aux yeux dès ma première visite. 

Mes quatre fenêtres largement ouvertes, le ciel bleu et le soleil qui persiste depuis ce matin comme on avait pu oublier qu'il existât et brillât, le silence de la rue qui permet d'entendre le pépiement des moineaux dans les arbres et cette lente mélodie échappée d'on ne sait où. Un air de viole. Un mien voisin est gambiste. Il n'est pas souvent là et le son de son instrument ne parvient que rarement jusqu'à mes oreilles.Quel bonheur que cette paix qui tempère les inquiétudes et les complications de ces derniers jours. Voilà l'heure du thé. La bouilloire siffle, quelques biscuits, un nuage de lait, une pincée de sucre (roux évidemment). Il est temps de refermer mon clavier pour aujourd'hui.


Bordeaux, le 18 mars 2020,
Deuxième jour du confinement à domicile

14 mars 2020

Venise et le Coronavirus : plongée dans une cité morte

L'Italie s'est repliée sur elle-même depuis quelques jours, fermant ses frontières et confinant l'ensemble de la population avec des mesures extrêmement sévères de contrôle. Tout le monde plaisantait au début, le beau temps aidant ; beaucoup criaient à l'exagération. 

C'est certainement exagéré cette restriction quasi totale des mouvements de la population, ces contraintes mises en place pour la protection des citoyens. Malgré eux presque. Aujourd'hui, tout le monde se terre chez lui et c'est triste bien sûr. A Venise plus qu'ailleurs, l'absence de gens dans la rue, les magasins fermés, créent une impression très bizarre et qui fait un peu peur. Chaque endroit de la ville ressemble désormais à un tableau de De Chirico : de grands espaces vides et solitaires... C'est beau, fascinant, jamais vu. Mais c'est aussi effrayant. En voici quelques images prises hier en pleine journée

A lire en écoutant la chanson de Vera Lynn, "The White Cliffs of Dover" !

Les vaporetti vides en pleine journée au point que l'ACTV envisage de réduire le nombre de bateaux en circulation et les passages :
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
Les tabacs et autres magasins restreignent les entrées pour se conformer aux instructions des autorités. Quelques exemples :

© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
Le marché du Rialto si vivant tous les jours de la semaine est comme abandonné, en dépit de quelques commerçants présents et qui donnent un peu de vie à ces lieux :

© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
Les bars et les terrasses fermées, comme ici la Pizzeria da Gianni sur les Zattere, le San Vidal ou le glacier Paolin sur le campo Santo Stefano, gardent leur rideau tristement baissé... Pas un chat dans les rues, pas d'enfants qui jouent.Et pourtant, la beauté éclate partout qu'on remarque d'autant plus facilement que rien d'autre ne vient distraire le regard, pas de groupes de touristes bruyants, pas de terrasses bondées sous le soleil...

© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
Partout, les places et les rues totalement et désespérément vide. A San Marco, le Florian aussi est fermé. Lavena semble abandonné aux pigeons qui n'en reviennent pas et commencent de s'inquiéter car, même interdits, les revendeurs de maïs ont disparu en même temps que le touristes gogos. Plus personne pour les nourrir en cachette et plus grand chose à se mettre dans le bec. Plus de musique non plus...

© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.

Il en est de même sur les Zattere ou hier encore les terrasses grouillaient de monde, de passants venus prendre le soleil face à la Giudecca...
 
© Catherine Hédouin - mars 2020.
© Catherine Hédouin - mars 2020.
Pour renforcer la sensation, outre le silence et la clarté des eaux que ne viennent plus troubler les nombreux bateaux qui en temps normal arpentent sans arrêt le grand canal et les voies d'eau partout dans la ville, le ciel s'est mis au gris... Les rues de Dorsoduro sont vides aussi... Mais le soleil va revenir et avec lui peu à peu le retour à la vie normale pour la Sérénissime et ses habitants.

© Catherine Hédouin - mars 2020.

Il y a aussi ce reportage émouvant, diffusé il y a quelques jours par le journal télévisé de la RAI, des images d'une Venise esseulée, silencieuse, mais qui vit malgré tout avec ses habitants déterminés, souriants qui restent soucieux des nombreuses personnes âgées souvent gagnés par l'inquiétude voire l'angoisse. Dieu qu'elle est belle cette ville unique même dans des moments comme ceux que nous vivons et qui ne peuvent plus laisser personne indifférents. une fois encore, Venise montre ce qu'elle est, un lieu unique au monde et un modèle. Gageons, de tout notre cœur, que ces panneaux qui surgissent un peu partout et sur laquelle on peut lire ces trois mots : " Tutto andra bene !" (Tout ira bien): ICI

Difficile de faire des photographies de la belle endormie en ce moemnt. En effet, il est enjoint aux habitants de rester confinés chez eux et de ne sortir que pour des motifs bien précis : se rendre au travail, faire ses courses, se rendre chez le médecin ou le pharmacien (il faut montrer l'ordonnance ou la preuve du Rendez-vous) et pour prendre l'air, faire de l'exercice et promener le chien. Les safaris photographiques ne sont pas prévu dans les activités autorisées (humour)

Mais ces mesures exceptionnelles, si elles restreignent la liberté de mouvements des citoyens, n'ont pas vocation à durer. Elles vont permettre d'enrayer la progression de l'épidémie et devraient aider à un retour à la normale en limitant les occasions de contaminations.Et puis rien n'empêche les vénitiens de se mettre aux balcons pour chanter et faire de la musique, ce qu'ils font, preuve en est une vidéo roborative qui circule partout sur Facebook. Je ne sais pas vous, mais moi cela me met du baume au cœur.

© Catherine Hédouin - mars 2020.
 

11 mars 2020

Le Coronavirus : L'incroyable initiative de la marque Dan John en Italie


Peu à peu, la réflexion se répand dans les esprits, l'idée que rien ne saurait être comme avant avec cette épidémie surgie sans qu'on s'y attende et qui bouleverse déjà le quotidien de millions de personnes rien qu'en Italie. Selon la sensibilité de chacun, l'analyse est différente bien sûr mais dans l'ensemble, semble voir le jour une prise de conscience inattendue sur les erreurs, les abus et les suites à donner à cette incroyable situation, inédite ou trop longtemps absente de nos vies et donc oubliée par tous. Ce virus qui bouscule et bouleverse l'organisation des États, le quotidien des populations et change, bien malgré nous, le regard que nous portons sur nos vies, notre quotidien, nos relations aux autres, nos priorités. Les bourses s'effondrent, des modes de fonctionnement devenus courants et obligés sont remis en question, les comportements sociaux sont redéfinis. Les mesures prises par les gouvernements semblent, comme en Italie, totalement exagérées, les interdits nouveaux exorbitants et tout semble céder devant ce nouvelles règles et obligations. Pourtant, la pandémie est là, l'OMS ne devrait pas tarder à l'annoncer et il est peut-être plus prudent, au moins pour quelques temps, de rester chez soi, surtout pour les personnes à risque...

© Catherine Hédouin - 11/03/2020
En Italie, le label de prêt-à-porter Dan John qui gère 80 magasins à travers la péninsule et se positionne depuis quelques années en concurrent de Zara, la marque espagnole, vient d'informer ses clients que l'ensemble de ses magasins demeurerait fermé jusqu'à la levée des mesures de confinement. Des adeptes du mouvement favorisé par les autorités sur les réseaux sociaux, Io Resto a Casa...

Pour rappel à ceux qui pourraient ne pas être au courant - si, si, cela est possible -  des mesures très strictes ont été prises par le gouvernement qui isolent l'Italie du reste du monde pour motif que le COVID-19 en a fait le second pays le plus touché par l'épidémie après la Chine et qu'une étude internationale a montré qu'il était à la traîne des démocraties occidentales pour ses capacités à prévenir, surmonter et résoudre des problématiques graves de santé publique (voir notre billet du 27/02/2020).
Panneau apposé sur la vitrine du magasin Dan John de San Lucà, à Venise. © Catherine Hédouin, 11/03/2020.
Tramezzinimag livre à ses lecteurs le message publié ce matin en italien et en anglais, sans autre commentaire que les lignes ci-dessus. Non pas pour hurler avec les loups et clamer que l'heure est grave. Non pas pour tourner en dérision ce qui semble pour une majorité de vénitiens une grande mascarade, modèle jamais égalé depuis la seconde guerre mondiale de l'exagération et de l'incapacité de ses élites politiques, mais pour informer de ce qui se passe au-delà des Alpes. Pour que chacun se fasse son opinion sur cette démarche en particulier, sur la situation en général. En voici la traduction en français :
Chers membres de la famille Dan John,
Ces dernières semaines, nous vivons une période très particulière et difficile. Nous avons rapidement et radicalement changé nos habitudes et notre façon de nous rapporter au travail et à la société.
En ce moment, nous devons nous engager conjointement à suivre, bien qu'avec des difficultés, les indications fournies par le gouvernement et les organismes de santé afin de répartir à plein rythme le plus rapidement possible.
Ce message est pour nous l'occasion de vous montrer notre proximité en cette période d'incertitudes, parce qu'ensemble, et seulement ensemble, nous y arriverons !
Nous avons beaucoup réfléchi à quelle contribution nous pouvions apporter à la société et comment faire au mieux notre part.
C'est pourquoi nous avons décidé de fermer tous les magasins Dan John en Italie jusqu'à la cessation de l'urgence, car nous ne vendons pas de biens de première nécessité, afin de garantir à nos clients et à notre personnel de préserver leur santé en ce moment.
Nous ouvrirons dès que possible et plus fort qu'avant, la nôtre est une famille forte et indivisible !
En outre, nous avons décidé d'offrir à tous nos clients l'expédition et le rendu gratuit pour toutes les commandes en ligne en Italie.
Notre site sera toujours mis à jour et continuera son activité en envoyant les articles Dan John à la maison, en suivant les règles d'hygiène les plus strictes.
Parce que de cette façon aussi, nous voulons être proche de vous.
Merci à tous,
Dan John

Communiqué original adressé par mail © Dan John - mars 2020

10 mars 2020

Io Sto a Casa, qu'en penser ?





Nota Bene :
Ce billet présente la vidéo d'un youtubeur un peu space qui explique à ses auditeurs pourquoi il faut rester chez soi et se soumettre aux restrictions imposées par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus... La teneur de ses propos, présentés à titre d'information documentaire, est un appel au civisme. 
 
Adressé par des amis italiens, il nous a paru présenter la situation d'une manière intéressante au moment où l’État italien a demandé à la population de rester à la maison. Je ne connais pas ses propos habituels, ses orientations politiques ou philosophiques. Il appelle à limiter les déplacements, avec son langage de comptoir. Et implore les habitués de sa chaîne à respecter les mesures prises par le gouvernement
 
Diffuser cette vidéo n'engage bien entendu en rien le positionnement et l'opinion des animateurs de Tramezzinimag. Cela s'appelle de l'information et l'information ne prend pas position. 
 
Ce type qui ne parle d'habitude que de vapo, de cigarettes électroniques, a pris la peine de se fendre d'une vidéo qui défend la nécessité provisoire de rester chez soi. Si on le fait, ça passera vite et "tutto andrà bene !"  
 
Que peut-on trouver à redire ? 
 
 

09 mars 2020

Soupe aux lentilles et promenades aléatoires : le blog de Nicoletta Fornaro

Copyright © Naturally Epicurean | Nicoletta Fornaro - 2020
Vous connaissez certainement le blog de Nicoletta l'épicurienne qui écrit et montre depuis Venise de bien belles choses, des photos magnifiques et donne des recettes gourmandes que Tramezzinimag ne peut pas ne pas recommander avec enthousiasme. Les propos de son plus récent article mériteraient d'être primés dans un concours à inventer - ou ré-inventer - qui récompenserait les billets les mieux écrits, les plus vrais et profonds, les idées les plus mesurées et l'esprit le plus positif. 

Nicoletta Fornaro est vénitienne, du Lido plus précisément où elle est née d'une mère irlandaise et d'un père vénitien.  Après de nombreux voyages, mariée à un vénitien, elle vit à Venise. Elle est aujourd'hui photographe free-lance et la gourmande collabore aussi à des ateliers de cuisine.Des mots qui construisent et guérissent valent mieux que ceux qui inquiètent ou démolissent. Notre époque est reine pour la démesure et l'emportement, la colère méchante et l'expression totale de tout ce qui grouille en nous de sombre et pestilentiel. Nicoletta évoque les réseaux sociaux et l'inanité des milliers de noms qu'on collationne dans la rubrique de nos "Amis". Combien, dans la vraie vie, le sont vraiment ? Bien souvent, nous rechignons à poser la question. (sa biographie ICI).

Mais revenons à ce blog magnifique et roboratif et à ce qui motive notre chronique du jour. La période que nous vivons aujourd'hui, ce temps que l'on peut qualifier de difficile tellement nous nous sommes habitués - en Occident du moins - à la facilité et à la paix, à une routine que ne sont venus perturber jusqu'à présent que quelques actes, certes atroces et sauvages, pour nous rappeler à la réalité de la nature humaine ; de la nature tout court, qui est par essence bien plus violente que paisible. 

Cette situation de confinement, inédite dans notre monde protégé, pacifié, organisé, nous porte à l'introspection et "remet les pendules à l'heure". Il ne s'agit pas de laisser le doute pas plus que la rancœur s'installer en nous. Il ne nous faut pas céder à la peur et encore moins à l'angoisse. Ne pas jeter la pierre à d'improbables responsables. Ne pas redonner vie à l'ignoble, avec une nouvelle chasse aux sorcières, des règlements de compte et une justice approximative. Les chinois de Wuhan au milieu de qui s'est répandu le virus, sont avant tout des victimes et leurs morts ont droit à notre compassion, pas à notre vindicte. Gardons notre hargne pour ce que nous avons fait ou laissé faire de ce monde depuis que l'Occident ne connait plus ni la faim, ni le manque, ni les menaces des canons. Ces peuples souverains à qui on refuse le dernier mot, les discours lénifiants des gouvernements, ceux-là même à qui nous avons confié le soin de conduire nos pays sur un chemin de liberté, d'égalité et de fraternité et qui, sourds aux cris des foules descendues dans la rue, ne savent plus répondre que par la violence policière et des myriades de lois et de règlements imposés... Gardons notre colère contre nous-même, qui consommons, détruisons, avec l'indifférence et l'arrogance des nantis à qui rien ne peut arriver quand la sagesse aurait dû nous rappeler à davantage de mesure et de bon sens.

C'est ce qui émane du billet de Naturally Epicurean (oui, le site de Nicoletta est en anglais, certainement au nom de l'universalité et absolument pas par soumission à la globalisation aveugle prônée depuis des lustres par les ultra-libéraux yankees !). La nécessité d'une introspection collective, l'urgence d'une réflexion tournée vers d'autres paradigme que le progrès, le profit, l'individualisme, l'argent, le travail. L'épidémie enrayée, les confinements levés, les écoles rouvertes et les offices religieux comme les manifestations culturelles et sportives de nouveau autorisés, rien ne sera plus comme avant. D'un point de vue économique bien sûr, car il va falloir ramasser les morceaux, prendre en compte les pertes financières, les manque-à-gagner à tous les niveaux, prendre acte de nos faiblesses et de nos manquements et donc redéfinir quelles sont les vraies priorités. Pour l'individu, pour la société, pour la planète.

Cela n'implique pas de la sueur et du sang, et encore moins des larmes, mais du bon sens et de la détermination pour ne pas refaire les erreurs qui ont été les nôtres. Notre temps sur la terre est trop court pour continuer de courir après des chimères. Nos familles, nos amis, nos voisins c'est la planète entière et c'est au prix d'une véritable solidarité universelle que nous la préserverons comme nous pourrons peut-être préserver l'espèce humaine, bien davantage menacée que la terre. en consommant moins ou mieux, en pendant l'autre avant de penser notre confort personnel, en réapprenant à partager, en redécouvrant la véritable communication, par la parole, par les mots, sur nos places et dans nos rues, dans les écoles et les ateliers, dans les cafés et sur les marchés. Échanger, correspondre, écouter et entendre l'autre. 

L'absence de visiteurs à Venise, le confinement qui fait penser inexorablement à certains films de science-fiction où des forces armées jusque aux dents tiennent les frontières hermétiquement closes, est une aubaine pour les vénitiens. Déjà, la structure de la ville, l'absence de l'automobile, sa taille humaine, les habitudes et les usages locaux rendent l'échange plus facile. Mais c'est aussi l'incroyable et fabuleuse beauté que les vénitiens ont sous les yeux à tout moment et qui leur est rendue par la quarantaine qui est une chance. Gageons que l'introspection qui chemine dans les cœurs et les esprits ne mènera pas au désespoir ni à la hargne, mais bien plus à une remise en question des fausses valeurs que nous avons fait trop facilement nôtres. Le tourisme après le coronavirus ne pourra plus être le même. Tout comme le commerce, la vie culturelle, sociale, politique. Non pas tant parce que les confinés auront été confrontés plus qu'ailleurs à l'idée de la mort, de la maladie, de la finitude, ce que les anglo-saxons appellent "the mortality salience".  

Certains sortiront de  cette expérience transformés. Leur regard sera différent, non pas comme celui de qui a échappé à la mort ou revient d'un épisode extrêmement violent et horrible, mais parce qu'un esprit sain ne peut pas ne pas constater dans le confinement, combien ce que nous pensons être acquis peut vite disparaître, combien nous dépensons inutilement de précieuses énergies simplement pour satisfaire dans l'immédiat des caprices de nantis. Peut-être alors, aurons-nous la chance d'en tirer des leçons et de ne pas refaire les mêmes gestes, ne pas refaire les mêmes erreurs et orienter nos vies davantage vers l'autre et le bien commun. Pour que jaillisse de nouveau la Joie !

Une fois encore, Venise m'apparaît comme un laboratoire, l'exemple de tous les possibles.

05 mars 2020

Venise vidée de ces touristes... Une aubaine ?

Piazza San Marco mardi 14h30 / © Catherine Hédouin - mars 2020
Lorsque j'ai laissé Venise au début du mois de février, juste à temps pour éviter la ruée du carnaval, le temps était froid mais sec, la lumière comme toujours splendide, et les journées, encore très courtes, toutes ensoleillées. Un régal comme chaque année à la même période. Janvier est vraiment l'un des meilleurs moments de l'année à Venise. Un bémol cependant, c'est le moment choisi par un grand nombre de vénitiens dont la vie professionnelle est en rapport avec le tourisme, profitent de l'accalmie pour s'en aller vers d'autres horizons. Ils partent en général au ski ou à l'autre bout de la planète à la recherche d'une mer chaude, de sable fin et de cocktails exotiques. Les gondoliers surtout qui méritent bien de se la couler douce au bord d'une piscine ou sous les palmiers.

Lorsque je reviens, longtemps après que les effluves du carnaval se sont évanouies, la ville est transformée. Les décorations de Noël qu'on garde ici jusqu'au temps du carnaval retirées, les boutiques de fanfreluches et de pacotilles chinoises rouvertes, la Sérénissime dégorge de nouveau d'une foule disparate venue des quatre coins du monde. Du moins c'est ainsi depuis des années en cette période qui précède le printemps. Partout les touristes se répandent et il est de nouveau difficile d'avancer dans les ruelles aux alentours de la Piazza et du Rialto notamment. C'est un bonheur - au début - de voir l'émerveillement des petits et des grands qui découvrent pour la première fois la cité des doges. Puis la lassitude reprend le dessus. Voir les visiteurs d'un jour ou moins encore s'arrêter en plein milieu d'un pont étroit simplement parce que de là la vue sur le campanile de San Marco doit servir impérativement de fonds à leurs selfies, où devoir en enjamber d'autres vautrés sur les marches pour une pause-pitance. Je ne parle pas de ceux qui s'arrêtent en plein milieu d'une rue pour regarder une vitrine ou interroger leur GPS, ceux qui en groupe bouchent carrément l'accès au vaporetto, parlent fort et pénètrent partout où une porte est restée entrouverte... L'insupportable parfois mais qui n'empêche tout de même pas de bien vivre ce quotidien unique dans une ville unique. Quel centre urbain ailleurs dans le monde dispense autant de beauté et de sérénité, autant de poésie et de silence ? 

Autant dire que la présence de ce virus dont on nous rabat les oreilles depuis quelques semaines peut sembler être une aubaine. Il n'y a littéralement plus personne dans les rues d'habitude les plus fréquentées de la ville. En voici des images envoyées par mon amie Catherine. Du jamais vu depuis longtemps. La Piazza et le Rialto quasiment vides à des heures de pointe.

Mais en voyant ces rues et ces places vides du point de vue de ceux qui vivent du tourisme, l'absence de visiteurs n'a pas le même sens. Cette peur et cette paranoïa qui a fait fuir le monde risque de coûter cher à l'économie locale et mettre dans l'embarras plus d'un petit commerçant...

Campo San Luca, mardi 13 heures © Catherine Hédouin - mars 2020.

Pont du Rialto, mardi 15 heures / © Catherine Hédouin - mars 2020

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