26 juillet 2006

Réminiscences

En écoutant ce matin, dans l'excellente émission de mon ami Stéphane Grant (et oui, il y a des bordelais de qualité à Paris) sur France Musique, "certains l'aiment tôt", la suite "luciférienne" pour piano de Carl Nielsen, magistralement interprétée par le pianiste norvégien Leiv Ove Andsnes (dont le disque, Horizons, est une merveille !), je songeais aux concerts organisés dans les années 80, chaque mois, à l'Albergo Métropole, sur les Schiavoni. 

Le propriétaire de l'hôtel, il Signor Begiatto, avait un fils musicien qui mourut accidentellement dans je ne sais plus quelle circonstance. A sa mémoire, il organisait chaque année des soirées musicales dans le salon des miroirs du rez-de-chaussée. Pour le jeune étudiant fauché que j'étais, assister à ces concerts était un plaisir : L'entrée sur invitation était libre... Le cadre luxueux avec ces parois de damas rouge et le mobilier typiquement vénitien, les lumières tamisées, les tableaux, tout cela me reposait de mon petit taudis bohème de la calle dell'Aseo. La qualité des interprètes et le choix des programmes étaient un régal et, autre régal, mais au sens propre, une collation était proposée à l’entracte. Prosecco, Pinot Grigio, Bellini servis à volonté par d'impeccables serveurs en veste blanche et le buffet débordait de toasts. 

Musique, bons vins et charcutailles, ces soirées adoucissaient la rigueur de mon quotidien d'alors. Je me revois, souvent assis par terre comme d'autres jeunes, collégiens et étudiants, aux pieds des vieilles dames que nous aimions raccompagner. Nous formions tous un cercle d'habitués, surtout l'hiver quand - à l'époque du moins - les touristes se faisaient enfin rares... Il y eut un soir de novembre un programme de musique contemporaine européenne pour piano et j'entendis pour la première fois cette suite du compositeur danois.

posted by lorenzo at 13:30
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