19 août 2007

Oignons aigre-doux, la saveur de l'été vénitien sur votre table

Andrée, fidèle lectrice de TraMeZziniMag, me demande de publier la recette des Sarde in saor (sardines à l'aigre). Il existe plusieurs manières de préparer ce plat typique de la cuisine vénitienne. Je vous invite à vous reporter au billet du 16 octobre 2005 où je publiais celle que j'utilise. Pour ceux qui ont la chance d'être encore au bord de l'eau et qui peuvent se procurer des poissons frais, c'est le moment de vous lancer dans l'élaboration de ce plat qui se conserve bien. Servies avec un verre de vin blanc sec ou un rouge frappé (je conseille un Brouilly ou mieux un Bardolino, bien frappés). Plat typique pour la fête du Redentore, chaque cuisinière à Venise se doit d'en présenter à ses invités, lors du dîner pris en barque ou sur les altane en attendant les feux d'artifices traditionnels. 

Une autre recette typique bien agréable pour une tablée entre amis, le soir sur une terrasse au bord de l'eau ou dans le jardin : les oignons aigre-doux qui accompagnent délicieusement des viandes blanches, des grillades ou se dégustent comme accompagnement d'un bon vin. 
En voici ma recette :  

Il faut 1 ou 2 bottes d'oignons nouveaux. 1/2 verre d'huile d'olive pure, 2 verres de bon vinaigre de vin, 1 cuillère à soupe de sel, 2 cuillères de sucre roux, clous de girofle, poivre, éventuellement une poignée de raisins secs. 
Peler les oignons, s'ils sont gros, les couper en deux. Les placer dans une terrine allant au four avec l'huile d'olive. 
Verser le vinaigre dans lequel vous aurez dilué le sel et le sucre. Ajouter les clous de girofle et le poivre moulus. Mettre à four moyen et laisser mijoter. Les oignons sont cuits quand il n'y a pratiquement plus de liquide mais attention, ils ne doivent pas être trop caramélisés. Avant de sortir le plat, on peut ajouter une poignée de raisins secs que vous aurez fait revenir dans un fonds de vinaigre. 
Délicieux chaud comme froid pour accompagner des plats de viande ou en cicchetti à l'apéritif.

COUPS DE COEUR n°13

Alessandro Marcello, La Cetra.
par le Collegium Musicum 90
dirigé par Simon Standage.

Ed. 2007.
 
Ce concerto magique composé par le frère aîné du célèbre Benedetto Marcello annonce par l'usage débridé du contrepoint, les grandes oeuvres de Vivaldi. La vivacité du violon et le chant du hautbois en font une pièce musicale raffinée et très moderne. L'ensemble que dirige le violoniste anglaise Simon Standage interprète ce concerto avec brio en dépit d'une rigueur britannique qui aurait mériter de moins se contenir.
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Dreams : Ud and Voice
par Samir Tahar.
Next Music, 2006. 
CDS8973
Ce grand musicien arabe (il est algérien d'origine bédouine) présente dans ce magnifique disque des pièces chantées ou instrumentales sur des thèmes traditionnels bédouins et andalous. La parfaite illustration musicale de l'exposition sur "Venise et l'Islam" du Palazzo Ducale dont je vous parlais ce matin. On peut être parfois dérangé par cette voix aux inflexions tellement différentes du chant occidental mais les taqasim (pièces instrumentales solo) à l'oud nous offrent un vrai voyage. Ce disque est quelque part très vénitien. Je l'écoute souvent avant ou après le Gloria et le magnificat de Vivaldi quand je me promène à pied ou en bateau dans la cité des doges.
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Venise,
par Jean-Michel Brèque
PUF collection Culture-guides. 2007
"Née sur un site hostile et devenue ville du Titien et de Tiepolo, de Monteverdi et de Vivaldi, Venise est pour moi une cité miracle. Parcourir le Grand Canal, la plus belle rue qui soit au monde, ou flâner dans ses calli merveilleusement piétonnes, au milieu des façades ciselées que relèvent les ors de l'Orient, est toujours un pur bonheur, surtout dans le monde d'aujourd'hui. Je n'aime pas Venise seulement parce qu'elle est unique ou qu'elle a su garder sa splendeur au long des siècles, je l'aime aussi parce qu'elle est fragile et menacée : sa disparition serait une catastrophe pour l'humanité autant qu'une blessure intime pour tous ceux qui l'ont une fois visitée. " dit l'auteur dans la présentation de son ouvrage, l'un des premiers de la collection que viennent de sortir les Presses Universitaires de France avec Clio, cet organisme spécialisé dans le voyage culture. Il s'agit d'un guide culturel et politique plus que touristique où, chapitre après chapitre, on apprend mille choses sur l'évolution de la Sérénissime au fil des siècles et des évènements internationaux, de la fondation de la cité des doges à nos jours. Des encadrés très bien faits développent certains détails sur un monument,un lieu un personnage et font de cet ouvrage une source d'information passionnante.
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Venise n'est pas trop loin
Christian Bruel et Anne Bozellec.
Ed. Être, A propos d'enfances, 2007
Une BD envoûtante. L'histoire d'une jeune fille à peine adolescente en vacances à Venise avec sa mère. Sur un campo de Venise, elle découvre un jeu d'adresse fascinant mais réservé aux adultes, mais ne mesure pas l'enjeu avant de se retrouver au pied du mur : donner une heure de sa vie en gage. Comment se sortir de ce mauvais pas ? Le texte de Christian Bruel, très limpide est enluminé par les montages photographiques d'Anne Bozellec qui font de ce livre pour jeune adulte une réussite. Les auteurs ont parfaitement su appréhender la fascination de Venise, son atmosphère et cette capacité aux grandes choses qui y est donnée aux âmes romanesques et sensibles.

Couleurs d'été...

© Copyright Yves Phelippot - 2007

Venezia et l'Islam


Grande exposition à ne pas manquer cet été : "Venise et l'Islam, 828-1797"

Après Paris et New-York, la grande exposition consacrée aux rapports entre la Sérénissime et le monde islamique, s'installe au Palais des Doges, avec la présentation de plusieurs centaines d'objets d'art, très beaux, souvent merveilleusement raffinés: peintures, verreries, céramiques, argenterie, tissus et livres, provenant pour la plupart de collections vénitiennes prestigieuses mais aussi de différents grands musées du monde entier rassemblés pour la première fois.

Les objets exposés témoignent de l'extraordinaire échange d'influence et de compétences entre les deux cultures dès le IXe siècle. On peut suivre l'évolution artistique des deux civilisations presque toujours liée aux évolutions politiques et économiques des deux mondes, et à la qualité des échanges quasi permanents entre Venise et l'Islam et à la transmission des techniques et des savoir-faire uniques de chaque type d'artisanat. En sortant de cette exposition on se rend compte combien fut important pour l'Occident cette relation de près de mille ans entre les marchands (et les artisans) vénitiens et leurs homologues turcs, perses ou égyptiens. 

Sont présentés aussi de grands chefs-d’œuvre de la peinture vénitienne entre le XIVe et le XVIIIe, de Bellini à Carpaccio, de Veronese à Tiepolo en même temps que d'extraordinaires dessins, des cartes géographiques, des gravures rarissimes. La section consacrée aux Arts Appliqués est passionnante tant elle démontre l'évidence de l'influence fondamentale des méthodes et des techniques arabes et ottomanes sur l'artisanat de la République. On comprend l'origine des thèmes et des motifs qui font l'originalité du langage artistique vénitien tout au long des siècles. Nulle part ailleurs en Europe (si ce n'est dans l'architecture hispano-mauresque) l'influence de la civilisation islamique n'a été aussi fondamentale. Une dernière section présente l'ampleur et la richesse des échanges scientifiques et philosophiques avec la présentation d'objets, d'instruments divers et de magnifiques ouvrages rarement présentés au public. Si à l'Institut du Monde Arabe, on pouvait regretter la relative superficialité des commentaires de présentation, l'installation vénitienne est amplement détaillée, les vitrines très faciles d'accès même avec au milieu d'une foule nombreuse comme à chaque exposition dans les salles du Palais des Doges.

L'exposition, intégrée dans un parcours didactique dans la ville "sur les traces de" (“sulle tracce”) de cet ample entremêlement historique et artistique des deux civilisations. Une série de manifestations(concerts, conférences, projections) est programmée sur ce thème un peu  partout dans Venise, est le fruit de la collaboration entre l’Institut du Monde Arabe de Paris, le Metropolitan de New York et les Musei Civici Veneziani. Elle est organisée par la Municipalité de Venise et de la Fondazione di Venezia.

"Venise et l'Islam, 828 - 1797"
Palazzo ducale, San Marco.
Depuis le 28/07 et jusqu'au 25/11/2007.
Entrée par la Porta del Frumento (Piazzetta).
Ouvert tous les jours de 9 à 19 heures.
Tarifs : 10 € (plein-tarif),  5 à 8 € (étudiants, chômeurs,etc.).
Gratuit pour les enfants de jusqu'à 5 ans.
Possibilité de réservation.
Catalogue édité chez Marsilio editori.

Venise en été...

 
Bora et sirocco se sont succédés cet été sur Venise et sa lagune. Pourtant, il a fait souvent beau et même très chaud. Peut-être moins que les autres années. Le changement climatique est-il en marche ? Cela n'a pas empêché les quelques vénitiens qui n'ont pas fui leur ville envahie par les hordes estivales, de vaquer à leurs occupations. Les terrasses ombragées accueillent à l'heure de la passeggiata, vénitiens et touristes. Il fait si doux quand le jour se termine...
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