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Les brioches de Robert De Niro

Robert De Niro ha una faccia cupissima anche quando non recita. Era assolutamente di cattivo umore e anche ingrassato di almeno dieci chili, e vestito con una maglietta neanche pulitissima, e con le ciabatte. Ma era Robert De Niro e aveva intorno una specie di alone lucente di splendore/invidiabilità/fascino/charme, che non aveva nulla a che fare con niente di oggettivo, eppure c'era. Era un brutto uomo grasso e antipatico e irresistibile. Non tutti gli attori americani possiedono questa invidiabile caratteristica : i più sembrano ragionieri, baristi, banconisti di Mc Donald's. De Niro, no. De Niro ha carisma. Puè essere vestito da ragioniere, avere la faccia da banconista, ma è De Niro comunque. E c'era un vassoio di brioches.Allora è successo che De Niro si è mangiato prima una brioche, poi due, poi tre, poi tutte le brioches del vassoio ; e, arrivato all'ultima, ha sollevato lo sguardo, ha incrociato il mio (io facevo signorilmente finta di stare facendo colazione con un banconista di Mc Donald's) e ha detto, con la sua voce grave: "Do you mind?". E qui è successo che io, forse stremata dalla lunga compostezza che mi ero imposta, ho detto qualcosa come: "Veramente si", e lui si Ò messo a ridere (senza esagerare, diciamo una specie di vago sorriso accompagnato da baluginare di denti) e mi ha ceduto la brioche. Abbiamo cominciato a parlare : di brioche. Di Venezia. Del Festival del cinema. Del motoscafo del padrone di casa. E alla fine, mentre si alzava da tavola, De Niro mi ha chiesto se mi era piaciuta la mia brioche. Io avrei detto si, tranne che lui ha continuato a parlare senza darmi il tempo di rispondere. Ha detto che le donne vanno pazze per le brioches (lui le chiamava "croissants"); e anche che le donne sono pazze per tutte le cose dolci ; e che lui è una donna, perchè gli piacciono i dolci. E sembrava molto soddisfatto del ragionamento. Io, non so perchè, forse per l'evidente idiozia della conversazione, gli ho chiesto, a bruciapelo : "Ma lei non si stanca mai di dover fare De Niro?" E allora, per un momento, mi è sembrato vivo e vero e fatto di carne come tutti. Ha girato intorno al tavolo, mi è venuto vicino e ha detto : "Si, ma non lo dico a nessuno" e io ho avuto l'impressione che, per mantenere il segreto, mi avrebbe strangolato senza difficoltà. 
 Antonella Boralevi (1)
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Ce petit texte assez drôle de la Boralevi pour introduire mon sujet : les croissants. "Pâte abaissée en triangle et roulée sur elle-même pour former un croissant" dit un dictionnaire de cuisine. Cette pâtisserie très riche en beurre a été créée à Budapest en 1686 pour commémorer la défaite des turcs a été introduite en France par la reine Marie-Antoinette. Le plus souvent au beurre, on le trouve aussi fourré de chocolat, de pâte d'amandes ou de compote de fruits. Il peut aussi servir à préparer des sandwiches. Un croissant nature au beurre fournit 400 calories... Forum Italia faisait sur son site un sondage : "Come ti piacciono i Cornetti" (les croissants, tu les aimes comment ?) : nature, à la crème, à la confiture ou au nutella. Une majorité écrasante d'italiens (mâles en général !) ont voté pour le nutella. 
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Je les suis dans leur choix. Pour le plaisir qu'apporte un délicieux croissant à la pâte onctueuse fourré de la fameuse crème à la noisette (et non pas de crème au chocolat) le dessus délicatement glacé au sucre comme on en sert à Rome ou à Naples, le matin avec un cappuccino... Un petit moment de paradis. Les petits croissants bien rondouillards et tellement onctueux de Rosa-Salva à Venise, avec juste assez de crème pâtissière pour répandre sur le palais une douce sensation qui se mêle divinement à l'arôme du café macchiato et plus simplement tous ceux qu'on vous sert dans n'importe quel bar entre le café de la gare Santa Lucia et la Piazza... Ceux qu'on déguste enveloppés dans une petite serviette en papier avec le logo du café imprimé dessus, debout en buvant un café bien chaud l'hiver, en attendant le vaporetto... Les cornetti (on dit aussi "brioche" en Italie)bien chauds du petit boulanger de la Lista di Spagna, le premier ouvert le matin dans tout Venise, quand la nuit se retire à peine, et dont les fours répandent un parfum merveilleux jusqu'aux Santi Apostoli... 

Cette odeur que j'associe depuis toujours à la vision que j'eus le premier matin de mon premier séjour seul à Venise : vers sept heures du matin, partant pour rejoindre mon cours d'italien à la Dante Alighieri, à l'Arsenal, je croisais un jeune garçon d'une quinzaine d'année, tout de blanc vêtu, les cheveux longs et ondulés comme dans les tableaux du Carpaccio. Il portait en équilibre sur la tête un grand plateau de tôle rempli de croissants fumants. Il avançait ainsi, devant moi, montant et descendant gracieusement les marches des ponts, en direction du Rialto, en sifflotant. Je pensais à cette scène du film de Lionel Bart, "Oliver!"Mark Lester se promène avec Jack Wild au milieu du marché de Londres par un beau matin d'été... 

Pendant trois semaines, je croisais presque chaque jour cet enfant joyeux qui portait avec tant de grâce son précieux chargement de brioches. Un matin, alors que je sortais de la ruelle où se trouvait la maison où j'habitais, nous nous sommes retrouvés face à face. Souriant, l'enfant a attrapé un croissant qu'il m'a donné ; "ciao" me lança-t-il en reprenant sa route. J'ai encore le goût de ce croissant dans la bouche, je sens encore l'air qui était très doux en ce matin d'été,je revois la lumière très pure et le décor, le pont des Guglie, le palais Labia et San Geremia, à sept heures du matin... Nous sommes devenus ensuite assez bons amis. Le croissant du jeune livreur devint un rite matutinal. Il s'appelait Paolino et venait avoir quinze ans. C'était le fils du patron. Il fornaio di Cannareggio. Je me demande parfois ce qu'il est devenu. Est-il toujours livreur de croissants ou bien est-ce lui qui à son tour prépare ces délicieux cornetti parfumés ?

(1) : Pour les non italianophones, Antonella Boralevi est une femme assez inévitable en Italie. Florentine vivant à Milan, elle est de toutes les fêtes, de toutes les émissions télévisées où elle apparait comme la passionaria de la cause féminine bon ton. Ultra-mondaine, elle écrit des romans sirupeux qui ont du succès. Elle sait se mettre en avant et on la voit partout en compagnie des plus grandes célébrités. Elle a de l'esprit. Elle est drôle et a beaucoup d'ennemis.

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