01 décembre 2006

16.000 euros le m² pour l'ex Pilsen

Derrière San Marco, il y a le bassin Orseolo, très connu des touristes puisque c'est là, au pied de l'hotel Cavaletto-Bonvechiatti que se trouve le "garage des gondoles" comme disait mon fils quand il était petit. Un lieu très passant où a l'angle de la calle del Salvadego, le bâtiment Pilsen a été mis en vente par adjudication à la demande de la Commune et a trouvé preneur hier.
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Les prix se sont envolés puisque l'entreprise qui l'a emporté a payé 16.000 euros par m² acquis ! 2.480.000 euros pour un local de 155 m² sur deux niveaux ! Espace très convoité depuis que la décision du conseil municipal de vendre aux enchères ce bâtiment a été rendue publique. Ce qui fut le restaurant d'entreprise des Assurances Generali deviendra un restaurant de luxe. Affaire à suivre. En espérant que les nouveaux propriétaires ne répercutent pas dans de trop grandes proportions leur mise de départ sur les prix des mets qui seront servis!
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C'est aujourd'hui l'ouverture du Xe salon des Biens et des Activités Culturelles de Venise organisé par VeneziaFiere dont le directeur est le très inventif Maurizio Cecconi, longtemps élu communiste de la ville et qui est aussi administrateur délégué de Villagio Globale, une société privée qui a organisée de grandes manifestations culturelles comme la belle exposition "Les Gonzague à Mantoue". Dix mille mètres carrés dévolus aux activités culturelles dans le grand hall du terminal de l'aéroport Marco Polo. Gageons que les exposants parleront de ce nouveau partenaire qui promet d'animer l'antichambre de la Piazza San Marco.
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Mais surtout les conversations porteront sur la révolution, insoupçonnée du public et des touristes, qui est en train de transformer tout le paysage commercial et touristique du quartier phare de la Venise touristique : dans quelques mois les locaux aménagés par Scarpa (l'architecte de la Querini Stampalia) pour Olivetti vont retourner sur le marché, Hermès a aménagé un gigantesque temple du luxe, d'autres marques haut de gamme s'implantent. Le musée de l'érotisme dont je vous avais parlé vient de fermer ses portes faute de visiteurs (quand on dit que la fesse ne fait plus recette !) et un loyer bien trop lourd. on parle à la place d'un grand magasin ou d'un hôtel de luxe... Plein d'innovations en vue. En revanche, il n'y a plus dans la proximité de San Marco, quartier dont l'habitat permanent reste dense, que deux boulangers, quelques marchands de fruits et trois épiceries...
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J'ai connu l'époque ou à côté d'un joaillier célèbre, se mêlaient marchand de tabacs, droguiste, épicier, antiquaires, coiffeur et bouchers. C'était rudement sympathique et le quartier vivait vraiment. Aujourd'hui, il faut courir au Rialto pour acheter du poisson et du persil ; trouver du bon pain vous fait prendre le traghetto pour aller du côté de Sti Apostoli ou jusqu'à Sta Margarita... C'est pas des plus pratiques. Mais on objectera à ces récriminations que les temps changent et que rien n'obligeait après tout le boucher ou l'épicier de vendre ou de se transformer en marchands de masques fabriqués en Corée ou de verreries yougoslaves ! Mais on va encore me traiter de rabat-joie...

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