30 mars 2013

Le temps (gourmand) de Pâques

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.Voilà le monde sorti du Carême, un nouveau pape installé sur le trône de Pierre et loin de Rome, sur Venise et le Nord est de la Péninsule, Thor, redoutable diablotin climatique qui perturbe ces premiers jours de printemps quand nous pensons tous aux cerisiers en fleurs et aux doux parfums de la nature qui s'éveille. La Semaine Sainte s'achève ce soir. Les chrétiens du monde entier vont fêter la résurrection du Christ. Hier, selon un rite millénaire, les fidèles se pressaient pour venir s'incliner devant la Croix au son des Impropères, ces magnifiques chants qui montent du tréfonds de nos âmes
" Hagios ho Theos, hagios ischyros, hagios athanatos, eleinson amis..." 
..Ce soir, quand s’élèvera de nouveau la lumière, quand les églises retrouveront leurs ornements, tous proclameront la résurrection du Christ et un grand cri de joie retentira dans le monde. Demain au matin un peu partout des enfants iront à la recherche des œufs en chocolat et les cloches sonneront à toute volée. Tout ce rituel millénaire qui varie selon les régions et les peuples prolonge les rites anciens qui célébraient le retour du printemps, la renaissance de la nature et la fécondité toujours renouvelée de la terre, notre mère  nourricière. A Venise, acqua alta et bourrasques de neige en début de semaine, pas terrible pour annoncer le renouveau... Pluie et températures assez basses pour donner envie de cuisiner des plats d'hiver.

Vidéo non archivée

C'est ce que nous ferons cette année pour le traditionnel repas de Pâques familial. Mon aînée manquera une fois de plus à l'appel. Montréal n'est pas vraiment la porte à côté et ce sera par Skype que nous nous souhaiterons de Joyeuses Pâques ! Les trois autres seront là autour d'un repas semi-végétarien puisque Jean ne mange plus de viandes depuis près d'un an. Nous ne sommes pas de gros mangeurs de viande, cela tombe bien. Menu pascal un peu différent donc, Pas de gigot d'agneau avec ses flageolets, pas de foie gras truffé maison. A la place, un plat roboratif mêlant de la viande et du riz des oignons et du Noilly Prat. Inspiré d'une recette de Bœuf à la catalane de tante Randi, danoise de naissance mais italienne de cœur, a fait une de ses spécialités, j'y ai mis de l'agneau, pour rester un peu dans la tradition pascale, mais aussi du bœuf et du porc dans le charnu. Il y aura aussi du potiron à la vénitienne, et une salade faite d'épinards fraîchement cueillis trouvé ce matin au marché, de chou rouge (c'est la fin), de radis noir, de carottes de sable.

..Les vins choisis seront classiquement vénitiens : pinot grigio pour l'apéritif et Merlot, tous deux millésimés 2004, de Monti Rossi de la famille Bixio. C'est très convenable, sans être dans les sommets !

..En dessert, un Nègre en chemise comme chez ma grand-mère. Succès garanti. Même si ce n'est plus politiquement correct de baptiser ce très vieux dessert ainsi (hypocritement, on dit Noir et Blanc maintenant), ce nom est définitivement lié à mes souvenirs d'enfance, aux dimanches d'antan quand les grandes personnes restaient des heures à table et que nous déjeunions avec les bonnes à la cuisine. On attendait avec impatience d'être appelés pour le dessert, ce Nègre en chemise ou Nègre blanc qu'on avait vu préparer, nous léchant les babines d'avance. Enfin, pour le thé, j'ai fait à la place des habituels scones et des galettes irlandaises (devenues pancakes aux États-Unis, les délicieux hot cross buns, brioche traditionnelle d'Angleterre que l'on fabrique le vendredi saint et dont tout le monde raffole chez nous. Pour les gourmands intéressés, les recettes suivent.

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