15 novembre 2011

L'abat-jour était rose. Récit. (Work in Progress)

,,Il ne voulait pas être là. Tout en lui l'avait poussé à renoncer. Le temps qui venait de se mettre au froid, la lumière qui baissait et la nuit qui trop vite recouvrait tout d'un manteau de mystère. Encore un pont, puis la fondamenta, le passage étroit avec la jolie figure de la vierge dans son petit autel toujours fleuri. Il avançait machinalement, serrant nerveusement les poings dans ses poches. Il aurait dû mettre un autre pull. Il marchait en regardant ses pieds. Peu de monde dans les rues. Le silence de Venise soudain lui pesait. Pourquoi accepter ce rendez-vous ? Il savait bien que la silhouette jaune qui irradiait les couloirs du musée quand il l'avait vu pour la première fois, son rire chatoyant, la blancheur de ses dents, rien jamais plus d'elle ne pourrait être à lui. Il y a longtemps... Elle s'était abandonnée, prête et soumise à leur destin. D'un geste il avait balayé toutes les promesses de bonheur qui soudain s'offraient à lui. Trop imprégné encore de chimères bien trop lourdes pour son jeune cœur, il resta fermé à tout ce qu'elle s'apprêtait à représenter pour lui. L'autre, devenant chaque jour une vision un peu floue, attendait quelque part, loin d'ici. Il s'en persuadait, désirant avec force qu'il n'en soit rien. Il croyait être pur et agir comme un saint en ne cédant pas à celle qui déjà lui cédait. Peut-être préférait-il souffrir ? 
,,Elle était revenue. Son rire à l'autre bout du fil avait ranimé en un instant mille sensations qu'il croyait oubliées : - 19 heures 30, au Vapore. Les abats-jours sont-ils toujours aussi délicieusement roses ? Sois-bien à l'heure. Je t'embrasse. Le petit accent traînant, les roulades qu'il ne pouvait plus entendre depuis sa rencontre avec Luisa, sans voir sa chevelure brune, ses yeux verts, sa peau délicate et tremblante, tout resurgit et le troubla comme avant. Quel était ce mystère qui le renvoyait en quelques secondes à une vie qu'il croyait disparue, comme un rêve envolé ? Deux jours étaient passés. Maintenant, il fallait se décider. Luisa serait au restaurant, dans la petite salle du fond, près des grands miroirs. Sur la table damassée, la lampe avec l'abat-jour un peu mièvre répandrait sur son visage une douce lumière. 

,,Quelques années plus tôt, au même endroit, ils avaient prononcé la même phrase, avec la même intensité et le même désir. Son "que tu es belle" avait résonné en même temps que son joli "qué tou es beau". Il avaient ri tellement fort que tout le monde un court instant avait cessé de parler. La soirée fut merveilleuse. Elle le suivit chez lui. Quand elle s'étendit sur le lit étroit, il pensa à l'autre, l'élue, celle qui l'attendait dans sa vie d'avant. Il prit la main de Luisa, l'embrassa avec fougue puis, hésitant, les yeux dans le vague, il se détacha d'elle et lui proposa de la raccompagner à son hôtel. Elle eut un sourire incroyablement bon. Elle se leva. Il crut apercevoir dans l'ombre de la chambre mal éclairée, une larme sur son visage qu'elle essuya du revers de la main. Discrètement... Ils marchèrent main dans la main jusqu'au petit hôtel, près du traghetto. Elle devait partir pour Malaga le lendemain... Il ne la revit plus. Les années passèrent. Leurs vies... 

,,Et ce soir, elle était revenue. Enfin. Hélas. Qu'allaient-ils se dire ? Qu'avaient-ils à se dire ? Il ne voulait pas être là. Le quartier lui semblait laid. La ville, le ciel bas, le froid, il avait tout en horreur. Pourtant, il poussa la porte du restaurant, accueilli par Carlo, le serveur, qui ne semblait pas surpris de le voir surgir là après tant d'années : - La signorina vous attend, Monsieur, la table sous le miroir. Celle qui a l'abat-jour rose...


Work in Progress : 
Inédit extrait d'un récit à paraître, 
déjà initié sur Tramezzinimag en 2009. 

13 novembre 2011

L'automne est là avec ses gourmandises

© photographie Pierre - Tous Droits Réservés.
Lorsque la saison avance, après les poires juteuses et très sucrées qui viennent de l'arrière pays mais qu'on trouve aussi sur l'île de San'Erasmo, les raisins blancs ou le muscat noir des vignes du Veneto, les coings parfumés à souhait et les châtaignes, arrivent aussi les champignons.

Funghi porcini (cèpes) en tête, girolles, morilles, trompettes de la mort, costozza typiques des environs de Trévise et autres délices dont la cuisine vénitienne raffole. Quel parfum alors sur les étals du marché, au Rialto comme sur la Lista di Spagna ou chez ce petit marchand de Castello qui ne vend que la production d'une ferme amie, derrière Castelfranco Veneto et qui part chaque dimanche à la recherche des cèpes sur les collines d'Asolo, dans les bois touffus qui appartenaient autrefois à Catherine Cornaro, la divine Reine de Chypre. Ce qui était à Rome «il cibo degli Dei» (le Plat des Dieux) et en Egypte uniquement consommé par Pharaon, est très prisé dans toute la Vénétie. Avez vous déjà goûté le risotto ai Funghi que toute bonne trattoria inscrit à sa carte dès le mois de septembre ? Si vous insistez je vous en donnerez une des recettes. Comme pour le foie de veau ou les fritelle, chaque famille a la sienne…


1 commentaire:

Anne a dit…

Eh bien, puisque vous le proposez si aimablement, j'ose insister pour connaître votre recette...
Anne

20 octobre 2011

Du côté de Santa croce


4 commentaires:

Maïté a dit…

Buon compleanno ! Buona giornata !
A presto !

Coco a dit…

Buon compleanno Lorenzo !

venise a dit…

Joyeux anniversaire Lorenzo :) l'idéal aurait été de le fêter à Venise sans doute !

Lorenzo a dit…

Merci beaucoup à vous !

19 octobre 2011

Quand la nuit envahit la ville…

Qui ne s'est jamais promené la nuit sans but précis ne peut prétendre connaître Venise. Il faut sortir marcher, après dîner, en ayant si possible pris du plaisir à la nourriture servie. Que le vin égaie votre esprit. Alors, d'humeur joyeuse ou un brin nostalgique, laissez vous porter par vos pas.

Allez droit devant, sans hâte et seul. C.S. Lewis, l'auteur du magnifique Narnia, disait dans «Surpris par la joie» combien il est difficile de se promener en compagnie de quelqu'un. Tellement rare sont les compagnons d'errance qui voient instantanément les mêmes choses que nous et s'en émerveille au même moment. Rare celui ou celle qui sait avancer en silence et communiquer dans une même harmonie. Si vous ne pouvez trouver ce parfait complice dans votre entourage, partez seul à la rencontre de la Venise nocturne. Mais prenez garde et prévenez votre monde, vous pourrez peut-être en avoir pour la nuit entière ! 


Cette sensation unique, je l'ai ressenti la première fois alors que je n'avais pas quinze ans. Nous logions avec mes parents au Londra, sur les Schiavoni. Après le dîner, un soir, j'avais eu l'autorisation de sortir seul. J'ai marché vers San Marco puis contournant le palais épiscopal, je suis allé vers San Giovanni e Paolo, puis vers l'arsenal pour revenir par la fondamenta qui mène à l'hôtel. Deux heures dont j'ai encore en moi la marque. J'ai souvent erré depuis dans les rues la nuit et parfois, sur les canaux quand la barque éclairée d'une simple lanterne, glissait presque au hasard de l'aviron. 

Connaissez-vous Joseph Bodin de Boismortier, ce compositeur français du XVIIIème siècle ? Il a écrit de merveilleuses pièces notamment pour flûte. C'est cette musique là qui illustre le mieux la nuit vénitienne. N'emportez pas avec vous Mahler ni Wagner, sauf si vous êtes de ceux dont l'humeur romantico-romanesque aime à entretenir un secret et délectable désespoir. Peut-être des pièces religieuses de Vivaldi (j'écoutais souvent dans mes périples nocturnes le gloria et le magnificat du Prêtre roux) ou des motets de Monteverdi. Mais pour apprécier le silence plein de rumeurs qui caractérise la nuit à Venise, la flûte de Boismortier est parfaite. 

Partez du restaurant, raccompagnez la femme (l'homme) que vous aimez, vos amis, à l'hôtel. Rassurez-les en expliquant que tout va bien mais que vous avez envie de prendre un peu l'air en solitaire et partez. 

Vous marcherez au hasard, en suivant les itinéraires que vous avez repéré dans la journée. Rien ne sera pareil. la calle del XXII marzo ou les Mercerie n'ont plus rien à voir quand la nuit est tombée et les rideaux des boutiques sont baissés. Chaque campo est comme une scène de théâtre abandonnée sous les projecteurs encore allumés. 

Un garçon de café balaie une terrasse et range les chaises, plus loin un vigile vérifie que tout est en ordre sur son chemin. Un chien errant renifle poubelles et réverbères. Des petits groupes vous croisent. certains discutent sur un pas de porte. Parfois des rires ou les bribes de conversation descendent vers vous d'une fenêtre ouverte. Le boulanger met son pain au four et une odeur délicieuse vous chatouille les narines. Des marches, un pont, le bruissement de l'eau contre un bateau amarré et toujours le martèlement de vos pas sur les dalles des rues. 

U
n autre campo, puis un autre encore, un sottoportego un peu sombre qui vous fait frissonner trente secondes, de longues ruelles prises entre de hauts murs qui semblent être le corridor silencieux et humide d'une maison abandonnée, puis une église, un puits, des marches encore qui s'ouvrent sur une grande salle déserte : le campo du théâtre. Une treille, le péristyle de la Fenice, avec quelques buveurs invétérés, assis sur l'escalier. Leurs voix qui résonnent et vous suivent longtemps après que vous ayez quitté le campo... Soudain un cul de sac. «Acqua, acqua» vous aurait crié une vieille femme du haut de son balcon. Là, le silence amplifie votre surprise. Personne. Peut-être un chat effrayé qui vous toisera avant de se glisser entre les grilles d'un magazzino. L'air se fera plus vif, la nuit sera bien avancée. 

Par une trouée entre deux immeubles, vous apercevrez des bateaux au loin qui laisseront une trace blanche comme argentée sur l'eau de la lagune. A l'horizon, la masse noire du cimetière San Michele et les lumières éclairant les chenaux qui mènent à Mazzorbo ou à Torcello : les Fondamente Nuove désertes s'offrent à vous. Vous resterez là un long moment. 

Si vous fumez la pipe, je recommande le pont qui fait face au Palais qu'habitait la mère de Casanova, ce pont où il fut arrêté en revenant de chez le Comte Bragadin, son protecteur. Face à la lagune, battu par les courant d'air du Nord, c'est un endroit magique. Paisible aussi. Derrière vous, l'hôpital et le campo Zanipolo avec la fière statue du Colleone... Je pourrais décrire ainsi des dizaines et des dizaines de lieux merveilleux à toute heure du jour mais particulièrement fascinants en pleine nuit, car ils sont alors à vous qui les contemplez dans le silence et la confidentialité de la nuit. 

Un autre bonheur - un des miens en tout cas - c'est le brouillard, l'incroyable brouillard qui les soirs d'hiver se répand parfois sur la ville. Il transforme tout et se frayer un chemin, même sur les lieux habituels connus par cœur, devient presque impossible. Parfois même votre seul mouvement crée une sorte de tunnel qui demeure ainsi ouvert jusqu'à ce que vous repassiez au même endroit. J'ai le souvenir d'un matin à Cannaregio, près du Ghetto. J'allais chercher des croissants et le journal. 
Entre la porte de l'immeuble où j'habitais et le kiosque, voisin de la boulangerie, il y avait deux cent mètres à peine. Un mur de coton semblait avoir été dressé devant moi et à chaque pas, m'enfonçant dans cette matière impalpable, je creusais comme un passage. Et à ma grande surprise, sur le chemin du retour, cette ouverture était toujours là, se refermant peu à peu derrière moi... Sensation très particulière je vous l'assure. Brodsky en a bien mieux parlé que moi dans un de ses livres. Je chercherais la page. Bonne promenade.


Cet article est la Reprise d'un billet paru sur ce septembre 2006

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11 commentaires: 

Les Idées Heureuses a dit… 
"La lumière veille quand les passants désertent la scène à la gloire de la nuit." Michel Ménaché 

20 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Belle citation. 
Merci de nous la faire partager. 

20 octobre, 2011 

Murissa Maurice a dit… 
Merci pour partager! 
Quand j'etais dans Venise l'anne derniere j'ai tombe en amour avec l'histoire, le vin, la nuit, mais je regrete quand j'ai manque le Ghetto. Je lit une livre qui s'appelle "The Midwife of Venice" par Roberta Rich. C'est magique et parle d'une femme de la 15e siecle. Elle est juif et tombe dans la trouble tres grave avec les Chrestiens et les regles contre les juifs. C'est tres interesant. Je m'excuse pour mes erreurs! Je suis Anglais, mais je sais un peux de Francaise Canadienne. 
The Wanderfull Traveler 

 20 octobre, 2011 

ytaba36 a dit… 
You have painted such a compelling picture of a solitary walk in Venice at night. I can hardly wait to see if I can produce a 'tunnel' in the fog, this winter. 
 Yvonne 

 21 octobre, 2011 

Mr Mustard a dit… 
j'aime beaucoup ces photos seul dommage : elles sont trop petites 

 21 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Il suffit de cliquer dessus pour les agrandir dans une nouvelle fenêtre. Mais effectivement, pour ne pas endommager la qualité de la vue, elles sont enregistrées en réduction. A l'époque de ce billet (déjà édité dans le blog il y a quelques années), je ne manipulais pas encore très bien les outils de blogger. 

21 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Les photos sur votre blog sont magnifiques. 

 21 octobre, 2011 

Anonyme a dit… 
De quoi plonger dans de beaux rêves ! Merci, Lorenzo. Je pars à Venise le 9 novembre, entre San Martino et la Festa della Salute, deux petits moments de bonheur. 
Fidèlement Gabriella 

 21 octobre, 2011 

Anonyme a dit…
De quoi plonger dans de beaux rêves ! Merci, Lorenzo. Je pars à Venise le 9 novembre, entre San Martino et la Festa della Salute, deux petits moments de bonheur. 
Fidèlement Gabriella 

21 octobre, 2011 

Douille a dit… 
Je dois avouer qu'il y a 2-3ans, je suis allé me prendre une vodka-Martini au Hilton... Ces gens sont des malades... En fait le shaker est rincé au Martini et on te sert une vodka quasi-pure dans un grand verre à cocktail, elle juste parfumée au Martini... Purée, le retour fut dur... 
Mais ça permet de voir la ville autrement! :D 

22 octobre, 2011 

Lorenzo a dit… 
Je peux l'imaginer. 

 24 octobre, 2011

17 octobre 2011

Une heure de ton temps

[ Billet retrouvé 
par un lecteur fidèle et assidu 
qui nous fait l'honneur 
de suivre Tramezzinimag depuis 2005 
et nous croyait disparu. 
Joie de lire son courriel et de découvrir les liens conservés. 
Je reproduis cette publication à l'identique et adresse à cet ami lointain 
un chaleureux Merci !]

17 octobre 2011

Une heure de ton temps.

Giacomo a cinq ans. Une petite bouille mignonne qui fait fondre toutes les maîtresses de l'école maternelle Diego Valeri, sur la fondamenta du rio Brati à Dorsoduro. Son papa travaille dans une agence de voyage près de la stazione. Ce soir, le petit garçon est devant la porte du palazzo où vit sa famille. il attend son père. La nuit tombe déjà quand il aperçoit enfin une silhouette déboucher du sottoportego. "C'est lui, c'est papa", se dit-il joyeusement. Le père est sorti tard de l'agence. Il est fatigué, énervé aussi, rempli de lassitude et de frustration liées à son travail et à ses collègues.
- Depuis combien de temps es-tu là ?" demanda le père en le voyant devant la porte de l'immeuble.
- Seulement depuis une heure papa." répondit timidement le petit.
- Combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? Je veux qu'après dîner tu ailles te coucher" grogna le père.
- Mais papa, j'attendais que tu reviennes c'est pour ça que je ne suis pas couché !"
- Hmm" grommela le père pressé de rentrer pour se reposer de sa journée. Il se dirigea vers le hall de l'immeuble. L'enfant le suivit, en se faufilant pour rester à ses côtés.
- Papa, est-ce que je peux te poser une question ?
- Oui bien sur" répondit le père qui avait pris son fils par l'épaule et marchait vers l'escalier qui menait chez eux, "de quoi s'agit-il ?"
- Tu es payé combien pour une heure de travail ?" lança l'enfant en levant son joli regard vers son père. Surpris et agacé, celui-ci répliqua avec brusquerie, "Ce ne sont pas tes affaires. Pourquoi cette question ?"
- Je voulais juste savoir. Allez, dis -moi papa !" insista l'enfant tandis qu'ils pénétraient dans l'appartement.
- Je ne sais pas moi, disons 15 euros de l'heure" finit par répondre le père en posant ses affaires sur le canapé du couloir.
- Ah!" lâcha l'enfant en baissant la tête. Il resta un instant silencieux, puis il demanda : "Et si on te donnait davantage, tu ferais un autre travail ?"
- Oui peut-être" répondit le père, agacé par les paroles de l'enfant qui rejoignaient ses préoccupations du moment. Après avoir profondément respiré, le petit ajouta : "Est ce que tu peux me donner 10 euros, papa ?"
- Alors tu me poses toutes ces questions et tu m'attendais dehors au lieu d'aller te coucher seulement pour que je te donne de l'argent ! Juste pour t'acheter encore une de ces bêtises de chez Petenello! Va te coucher immédiatement"
gronda-t-il en montrant du doigt la porte de la chambre de l'enfant.
Le petit embrassa sa mère, puis son père qui s'était mis à table, et alla dans sa chambre. Il ferma la porte doucement, grimpa dans son lit, attrapa sa peluche préférée qu'il colla contre lui, et éteignit la lumière. Il cherchait encore son sommeil quand son père entra. S'approchant du lit, il demanda doucement à l'enfant : "Est-ce que tu dors, mon fils ?"
- Non papa"
répondit l'enfant.
- Tu sais, j'ai eu une rude journée au bureau. J'ai été un peu dur avec toi tout à l'heure... J' étais énervé."
En s'asseyant sur le rebord du lit, il caressa le front du petit bonhomme qui se redressa, se laissant un peu aller sous la main du père, comme un jeune chiot qu'on caresse. "C'est toi qui a pris, j'en suis désolé. Tiens, mon grand, voici les 10 euros que tu voulais."
- Oh merci papa !"
s'écria l'enfant. Il fureta sous son oreiller et en retira un porte-monnaie. En l'ouvrant, le père aperçut un billet de 10 euros. De nouveau en colère, il hurla : "Mais tu es incroyable ! Tu as déjà de l'argent et tu m'en redemandes ! Qu'est ce que cela veut dire ? "
- Et bien, maintenant que j'ai 20 euros, je voudrais t'acheter une heure de ton temps, papa !"
lança l'enfant, le regard brillant et les mains tremblantes. "S'il te plait, tu viendras plus tôt demain. Nous dînerons ensemble et je te montrerai les dessins que j'ai fait à l'école."

Photographie © Servane Pauchenne - 2009

4 commentaires:

ytaba36 a dit…

That was a lovely, warm story!

Yvonne

Veneziamia a dit…

Quelle belle histoire. Les enfants sont souvent nos maîtres !

christophe a dit…

Emouvant dialogue. C'est incroyable combien vous savez rendre visible les situations et les attitudes. notre atelier d'écriture travaille sur l'émotion. Nous avons déjà utilisé certains de vos billets.
Christophe

Lorenzo a dit…

Merci Christophe, je suis flatté !


14 octobre 2011

Bonne nouvelle !

Le service de presse de la municipalité de Venise vient d'annoncer que les épouvantables publiciés géantes qui cachent les échafaudages entourant le plaias des doges et les Prisons vont être démontées. Le public va pouvoir enfin revoir les façades restaurées et nettoyées. une bonne nouvelle pour tous !

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Enfin une bonne nouvelle, de plus très symbolique je trouve. Souhaitons que ce soit le début d'une série dans le même esprit.
Merci de nous en avoir fait part.
Soazig

Veneziamia a dit…

Ouf, quelle bonne nouvelle, d'autant plus que nous serons à Venise au printemps prochain !
Merci de nous avoir passé le message.
Françoise

ytaba36 a dit…

Hurray!

Yvonne

Maïté a dit…

Une bonne chose en effet ; bonne fin de semaine, a presto !

anita a dit…

...autre bonne nouvelle ....peut-être ? le Thello : sera-t-il plus "avenant" que l'autre ?????

Lorenzo a dit…

Anita, vous me donnez l'occasion d'annoncer un prochain billet consacré à cette nouvelle société italo-française qui va remplacer Artesia.

Pour commencer la journée

Venise et l'Amour. Un lien qui remonte à des siècles et n'a pas toujours eu la même signification. De la licence entretenue par les somptueuses courtisanes qui attiraient les chauds lapins de toute l'Europe au nom de la raison d’État, à la vision romantique d'une promenade en gondole au clair de lune, en passant pas les frasques du fringant Giacomo Casanova, chevalier de Seingalt… Il y aurait beaucoup à écrire et certains s'y sont aventurés. Mais l'amour c'est la vie et tant qu'il se manifeste à Venise, Venise vit. 

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 1 commentaire: 

Douille a dit… 

J'ai demandé ma femme en mariage à Venise sur le balcon de la cathédrale Saint Marc… Qui peut en dire autant??? 

29 octobre, 2011

13 octobre 2011

Gita scolastica

 

C'est le nom italien pour les voyages scolaires. Les enfants s'en font une fête, et ils ont bien raison. En dépit d'un trajet souvent éreintant en autocar, d'un hôtel la plupart du temps aussi confortable qu'une caserne et situé à Jesolo obligeant à des allers et retours longs et fatigants, le voyage à Venise laisse d'impérissables souvenirs. En prime le plus souvent les organisateurs rajoutent Vérone avec le balcon de Juliette et les arènes. Hélas les visites se font au pas de charge et nulle fantaisie dans le programme : mêmes itinéraires la plupart du temps que ceux proposés aux millions de touristes qui arpentent la ville de la gare à San Marco en passant par le Rialto, San Giovanni e Paolo et l'Arsenal. Peu de temps pour ressentir l'atmosphère unique et s'imprégner de tous les particularismes qui rendent l'étape vénitienne unique au monde. Mais c'est un début.

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Les Idées Heureuses a dit…

Plus tard quelques uns d'entre eux se souviendront... et commencera alors le plaisir de la vraie découverte de Venessia.

f.veneta a dit…

oui ,oui ,c'est tout à fait mon cas !
bonne journée.


vdh24 a dit…

Ca permet une première approche et des souvenirs inoubliables. L'hébergement à Lido di Jesolo n'est absolument pas satisfaisant car il nécessite un trajet de 1h20 le matin à renouveler le soir. L'arret à Vérone est quasi imposé par les organismes de voyages scolaires car il permet un arrêt obligatoire de 9h après 11h de conduite du chauffeur (normes sécuritaires européennes). Avec mes élèves je peux échapper à cette obligation car nous ne sommes qu'à 700km de Venise. Visiter Vérone au pas de charge ne m'intéresse pas et ça me permet 1 jour de plus à Venise ce qui n'est pas négligeable. Notre voyage en mars 2011 : http://die-venise.over-blog.com/
Pour le prochain (mars 2012) nous allons tenter l'auberge de jeunesse des Zitelle, mais notre budget explose entre les tarifs de l'auberge et le vaporetto indispensable. C'est quand même dommage que la culture ne soit pas plus accessible aux scolaires !

12 octobre 2011

Quand Venise est bonheur

Crépuscule ou petit matin ? On peut rêver sur cette image reçue dans mes courriels. La douce lumière rosée qui annonce ou clôt une belle journée, la douceur de l'air, le silence de la fondamenta et surtout, l'absence de touristes. Une passante. Seule. Qui se laisse aller à une explosion de joie devant cet assemblage de petits riens. Mis bout à bout, ils délivrent une de ces bouffées de gratitude et de joie comme il arrive à tout amoureux de Venise de ressentir un jour, souvent de manière inattendue. Cela surgit d'un coup, nous assaille et nous rend meilleur, heureux, plein de reconnaissance et, une fois l'éclair de joie passé, il reste un sentiment de plénitude pareil à ce qui surgit en nous à l'écoute du prélude en La mineur de J.S. Bach, ce BWV 895, qui illustre si bien pour moi la contemplation de Venise dans ces moments-là…
 

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2 commentaires:

Anonyme a dit…
Somptueuse photo !
Petit matin après une délicieuse nuit.
M.17
14 octobre, 2011

Anonyme a dit…
Petits riens, petits riens… Vous trouvez ?
Soazig
14 octobre, 2011