12 octobre 2011

Quand Venise est bonheur

Crépuscule ou petit matin ? On peut rêver sur cette image reçue dans mes courriels. La douce lumière rosée qui annonce ou clôt une belle journée, la douceur de l'air, le silence de la fondamenta et surtout, l'absence de touristes. Une passante. Seule. Qui se laisse aller à une explosion de joie devant cet assemblage de petits riens. Mis bout à bout, ils délivrent une de ces bouffées de gratitude et de joie comme il arrive à tout amoureux de Venise de ressentir un jour, souvent de manière inattendue. Cela surgit d'un coup, nous assaille et nous rend meilleur, heureux, plein de reconnaissance et, une fois l'éclair de joie passé, il reste un sentiment de plénitude pareil à ce qui surgit en nous à l'écoute du prélude en La mineur de J.S. Bach, ce BWV 895, qui illustre si bien pour moi la contemplation de Venise dans ces moments-là…

 


2 commentaires:

Anonyme a dit…
Somptueuse photo !
Petit matin après une délicieuse nuit.
M.17
14 octobre, 2011

Anonyme a dit…
Petits riens, petits riens… Vous trouvez ?
Soazig
14 octobre, 2011

La vraie Venise du XVIIIe siècle


Seuls les historiens savent qu'il y a une autre histoire que celle enfermée dans les livres d'école et dont l'étude emporte bien loin des poncifs. Pour tout le monde, la Sérénissime au XVIIIe siècle est moribonde. La reine de l'Adriatique reste couverte de somptueux joyaux mais son corps est gangrené et la maladie entre en stade final. plus rien de bon n'y est produit et le monde entier ne vient à elle que par curiosité et appât des plaisirs faciles dont elle s'est faite la championne. Il y a du vrai dans tout cela. Période d'une certaine décadence, mais période tout sauf anarchique et molle. Les lois continuent d'évoluer et elles sont appliquées par une administration efficace et bien rodée, commerce et industrie prospèrent en dépit des crises économiques successives qui vont affecter l'Europe. D'actrice de premier plan, elle est devenue - sage et nécessaire mutation - observatrice. Cette position lui donne de nombreux privilèges. Hélas les hommes ne seront pas toujours à la hauteur et une fois encore un monde finira par s'écrouler à cause de la faiblesse des générations nouvelles, trop habituées au confort et à la facilité. Si Venise en ce temps-là n'innove plus beaucoup, elle conserve, elle catalogue et elle administre. C'est moins glorieux que la conquête du monde. Mais c'est aussi ce qui bâtit une réputation à travers les siècles.

Anne a dit…

Vous écrivez une juste et profonde conclusion à votre article. Je suis bien d'accord avec vous.
Anne

Condorcet a dit…

Je vous conseille la lecture de la thèse de Jean Georgelin, "Venise au siècle des Lumières. 1669-1797", Paris, EHESS, 1978, 1226 p.

http://www.editions.ehess.fr/ouvrages/ouvrage/venise-au-siecle-des-lumieres-1669-1797/
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1979-06-0329-037