Saint Second d'Asti, vous connaissez ? La légende raconte que ce jeune soldat romain originaire d'Asti refusa d'abjurer sa foi en dépit d'atroces tortures. Il aurait été décapité le 30 mars 119 de notre ère, date qu'a choisi le martyrologe romain pour fêter le saint. On ne sait rien de de lui que par ce qu'en écrit Jacques de Voragine dans sa Légende dorée. L'auteur se serait inspiré de l'histoire de Saint Marcianus de Tortona. Toujours est-il que le corps de ce saint vénéré dès le IXe siècle à Asti dont il est depuis lors le saint patron, fut transporté un temps à Venise. C'était en 1237. on le déposa dans la chapelle d'un couvent bénédictin de la lagune dédié à San Erasmo, sur une toute petite île à laquelle il donnera plus tard son nom, suite à un de ces miracles dont nos ancêtres étaient friands. On raconte ainsi qu'au moment où le corps fut débarqué, un puits d'eau miraculeuse surgit du sol de l'île.
San secondo existe toujours. c'est ce petit îlot couvert de verdure sauvage devant lequel passe le pont qui relie la terraferma à Venise. Vue du ciel, l'île abandonnée a une forme circulaire. Envahie par la végétation, elle abrite encore les vestiges d'un fort construit par les autrichiens qui était destiné à protéger l'entrée de la ville après la construction du pont. On sait qu'en 1030 s'installèrent à cet endroit des bénédictines. Puis le couvent fut dévolu aux dominicains qui agrandirent les bâtiments et refirent la chapelle. Ils furent chassés par Buonaparte devenu empereur et roi d'Italie, quand il décida de la fermeture de nombreuses communautés (décret du 28 juillet 1806 - lire à ce sujet l'excellent ouvrage de Monsieur de Fournoux, Napoléon et Venise).
L'île devint alors domaine militaire, ce qu'elle restera jusque dans les années 50. L'image ci-contre montre l'état de l'église quand les armées françaises envahirent la lagune. Plus grande qu'aujourd'hui, elle était protégée de l'érosion par le travail commun des moines et de l'Administration des Eaux qui veillait partout à diminuer les effets de l'érosion naturelle sur l'ensemble des territoires lagunaires de la Sérénissime. depuis le pont, l'île ressemble à un pauvre atoll abandonné et personne ne se doute que se trouve là les vestiges du plus ancien couvent bénédictin de toute la lagune. Les sbires du corse vidèrent l'église et le monastère de tout ce qu'il contenait de précieux. Certaines œuvres d'art considérées comme trop mineures pour être rabattues vers la France comme prise de guerre, furent réparties dans les églises et les couvents de la ville que l'ennemi voulait bien laisser ouverts. les autrichiens installèrent dans l'île une réserve de munitions qui explosa en 1848 au moment de l'ultime et héroïque tentative de soulèvement des vénitiens pour regagner leur indépendance.
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1 commentaire:
Merci Lorenzo pour cet épisode très intéressant de l'Histoire lagunaire.
Cela me donne envie de lire "Napoléon et Venise". Napoléon, ce prédateur en liberté.
En attendant, j'ai bien hâte de me plonger dans votre livre que je devrais recevoir prochainement.Bonne soirée.
Françoise


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